Algérie: l’Université de Fribourg sur les traces de saint Augustin
Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg ont sillonné l’Algérie du 17 au 29 juin 2023. En parcourant les sites historiques et archéologiques de cet immense pays du Maghreb, ils ont retracé le parcours de saint Augustin (354-430).
Algérie: l’Université de Fribourg sur les traces de saint Augustin 1/3
Algérie : l’héritage patrimonial de saint Augustin 2/3
Algérie : un intérêt archéologique émergent 3/3
Algérie: l’Université de Fribourg sur les traces de saint Augustin
Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg ont sillonné l’Algérie du 17 au 29 juin 2023. En parcourant les sites historiques et archéologiques de cet immense pays du Maghreb, ils ont retracé le parcours de saint Augustin (354-430).
Algérie: l’Université de Fribourg sur les traces de saint Augustin 1/3
Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg ont sillonné l’Algérie du 17 au 29 juin 2023. En parcourant les sites historiques et archéologiques de cet immense pays du Maghreb, ils ont retracé le parcours de saint Augustin (354-430).
Algérie : l’héritage patrimonial de saint Augustin 2/3
Quel héritage saint Augustin (354-430) laisse-t-il aux Algériens d’aujourd’hui ? Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg, en Algérie du 17 au 29 juin 2023, ont parcouru les trois sites historiques où Augustin d’Hippone a vécu.
Algérie : un intérêt archéologique émergent 3/3
L’Algérie possède un incroyable patrimoine laissé par les anciennes civilisations. Encore peu de touristes en profitent. Mais cela pourrait changer à l’avenir. Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg ont parcouru, en juin 2023, quelques-uns des principaux sites archéologiques.
Algérie: l’Université de Fribourg sur les traces de saint Augustin 1/3
Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg ont sillonné l’Algérie du 17 au 29 juin 2023. En parcourant les sites historiques et archéologiques de cet immense pays du Maghreb, ils ont retracé le parcours de saint Augustin (354-430).
Par Grégory Roth, de retour d’Algérie
Une vingtaine de professeurs, chercheurs et doctorants ont pris part à ce circuit scientifique, organisé par le Département de Patristique de l’Université de Fribourg et l’Ambassade de Suisse en Algérie. Le voyage a permis de retracer le parcours algérien de saint Augustin, de son lieu de naissance, Souk Ahras (Thagaste) à son siège épiscopal, Annaba (Hippone), en passant par un de ses lieux d’étude, M’daourouch (Madaure).
A travers Timgad, Lambèse, Tebessa (Théveste), Constantine (Cirta) et Cherchell (Caesarea), entre autres, le parcours a permis de découvrir de nombreux sites archéologiques, qu’ils soient d'origine romaine, chrétienne (latine, donatiste et byzantine), vandale ou musulmane.
« De multiples attentes »
« Il y a vraiment de quoi réjouir les multiples et diverses attentes des membres de cette délégation suisse, composée de professeurs et étudiants de plusieurs facultés, spécialisés en Patristique, Histoire de l’Église, Histoire des religions, Histoire de l’art, Philosophie contemporaine, Archéologie, Latin, Grec, Langues de l’Orient chrétien, et j’en oublie », détaille un des organisateurs du circuit.
A noter la présence de Franz Mali, vice-recteur de l’Université de Fribourg, et de Joachim Negel, doyen de la Faculté de Théologie. Pour accompagner le groupe, Sabah Ferdi, ancienne directrice au Centre National de Recherche en Archéologie d’Alger, et Pierre-Yves Fux, ambassadeur de Suisse à Alger. Les universitaires fribourgeois ont également eu l’occasion de rencontrer des communautés catholiques encore actives et leurs représentants, comme à Alger, Annaba et la communauté du Chemin-Neuf à Tibhirine.
Renforcer les liens entre les pays
Dans chaque 'wilaya' (comparable à un canton suisse), des rencontres avec des professeurs et des représentants locaux de la culture et du patrimoine ont été organisées, afin de créer ou de renforcer des liens scientifiques et contacts universitaires entre les deux pays.
Pour la délégation, un moment fort a été la rencontre avec le président du Haut Conseil islamique algérien, à Alger. Une rencontre que plusieurs médias algériens ont relayé le jour même. « La délégation scientifique suisse a [découvert] les missions et les projets du Haut conseil islamique et a exprimé admiration pour la culture et les monuments de l'Algérie, notamment dans les wilayas qu'ils ont visitées », a indiqué Algérie Presse Service.
Une « prise de conscience »
Un programme scientifique de treize jours ne s’improvise pas. Il a été concocté à quatre mains par Gregor Emmenegger, professeur de patristique à l’Université de Fribourg, et Pierre-Yves Fux, ambassadeur de Suisse en Algérie depuis 2022.
« M. Emmenegger et moi-même étions déjà venus les deux en 2001 sur les traces de saint Augustin et nous nous étions promis de revenir plus nombreux pour poursuivre la découverte. D’avoir été nommé ambassadeur sur place et d’avoir des contacts directs a permis de réaliser aujourd’hui ce projet de longue haleine. Je constate qu’en vingt-deux ans, il y a une prise de conscience des Algériens pour leur patrimoine et une volonté de le valoriser et le pérenniser », explique le diplomate suisse.
« Construire quelque chose de solide »
C’est un jeune trentenaire algérien qui a guidé le groupe à travers le pays. « C’est la première fois que nous proposons ce circuit-là, réalisé par l’ambassadeur et l’Université de Fribourg. Nous espérons que ce projet permettra de construire quelque chose de solide à proposer pour les touristes algériens ou étrangers sur les traces de saint Augustin. Pour l’instant, c’est surtout le parcours de Charles de Foucauld dans le désert qui a davantage de succès », précise Khalil Moula, qui a monté son agence de voyage Nboujiw.
Durant tout le voyage, le groupe suisse a été accompagné par différents corps de police algérienne, qui se relayaient pour assurer une escorte pendant tous les déplacements et une présence durant les visites des différents sites patrimoniaux.
« En Algérie, c’est une procédure habituelle pour garantir la sécurité les touristes étrangers, a fortiori s’il y a, parmi eux, des diplomates, des professeurs et des journalistes », déclare à cath.ch un membre des forces de l’ordre. (cath.ch/gr)
Une petite série algérienne
Cath.ch, qui a pris part à une partie du voyage, propose une deuxième partie sur l’héritage de saint Augustin pour l’Algérie et une troisième sur l’émergence du patrimoine algérien. GR
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Algérie : l’héritage patrimonial de saint Augustin 2/3
Quel héritage saint Augustin (354-430) laisse-t-il aux Algériens d’aujourd’hui ? Une vingtaine de personnes de l’Université de Fribourg, en Algérie du 17 au 29 juin 2023, ont parcouru les trois sites historiques où Augustin d’Hippone a vécu.
Par Grégory Roth, de retour d’Algérie
Lorsque l’on évoque saint Augustin d’Hippone, on pense d’abord à sa conversion au christianisme, à ses traités de philosophie et de théologie, à ses combats contre le manichéisme et le donatisme. Père et Docteur de l’Église latine, il est surtout considéré comme un saint d’Afrique. On le situe moins souvent dans l’actuelle Algérie. Toutefois, pour les Algériens d’aujourd’hui, saint Augustin est perçu comme un philosophe chrétien qui a contribué à l’histoire de leur pays : un personnage qui fait partie de la richesse de leur patrimoine.
L’olivier de saint Augustin
Augustin naît en 354 à Thagaste, au nord-est de l’actuelle Algérie. Au cœur de cette ville – appelée aujourd’hui Souk Ahras – se dresse encore l’olivier de saint Augustin. Il est situé sur la colline centrale de la zone urbaine, à côté de la mairie. « Cet olivier est le témoin du passage de saint Augustin, car lui-même le mentionne souvent dans ses ouvrages », explique le guide du site à la délégation de l’Université de Fribourg.
« Thagaste est un véritable carrefour des civilisations : romaine, numide, vandale, byzantine, islamique et ottomane. Thagaste, ancien nom numidien, signifie en berbère 'terre de trésor', et reflète les nombreux personnages qui y ont vécu et qui ont influencé toute l’humanité, dont saint Augustin, Apulée de Madaure, Maxime de Madaure, Martianus Capella, … »
Débat sur la datation
La datation de l’olivier de saint Augustin donne lieu à débat. « Certains pensent qu’Augustin aurait planté cet olivier. Mais c’est faux, il est beaucoup plus ancien », tranche le guide soukahrassi. « On sait aujourd’hui qu’Augustin a utilisé son ombre et sa fraîcheur pour écrire plusieurs de ses écrits. Des recherches scientifiques récentes ont même daté l’olivier de 29 siècles ».
Pour les enseignants locaux, l’ancienneté quasi-trimillénaire de l’olivier de saint Augustin ne fait aucun doute. Certains soutiennent même que la feuille d’olivier que la colombe avait rapporté à Noé pour annoncer la future baisse des eaux – dans le récit du Déluge, raconté dans la Bible et le Coran – provient sans doute de l’olivier de saint Augustin.
Madaure, première académie africaine
Le même jour, le groupe suisse se dirige vers l’antique cité de Madaure (actuelle M’Daourouch), dans laquelle le jeune Augustin va étudier de l’âge de 14 à 16 ans. « Augustin a fait une partie des études de grammaire latine de Madaure, qui abrite, avec Carthage, la plus ancienne académie africaine, fondée par les Romains. Mais le christianisme a laissé des traces importantes. Six églises ont déjà été trouvées dans les ruines, bien que seuls 15% de la ville aient été déblayés ; le reste est encore sous terre. Les archéologues ont pratiqué des fouilles entre 1902 et 1930. Le site est classé d’importance nationale, mais nous aimerions qu’il accède au plan international », plaide le guide de Souk Ahras.
Jusqu’à Hippone
Après son retour d’Italie, Augustin va fonder une communauté religieuse à Thagaste, avant d’être appelé comme évêque à Hippone (actuelle Annaba) de 395. Il y restera jusqu’à sa mort en 430, pendant le siège de la ville par les Vandales. Aujourd’hui, au pied de la colline où trône fièrement la basilique Saint-Augustin, achevée en 1900, le site archéologique comprend un antique forum et un marché romain, ainsi que les traces de ce qui fut la 'Basilique de la Paix', siège épiscopal d’Augustin.
Sur la colline, à l’arrière de la basilique, une maison de retraite est gérée par quelques sœurs augustiniennes. C’est dans la chapelle des sœurs que les Fribourgeois ont été accueillis pour la messe, avec le Père Hilary Basil, et recteur de la basilique Saint-Augustin.
Une communauté qui se porte bien
Ce père augustin, originaire du Nigeria, est depuis 7 ans à la tête de la basilique. « La communauté se porte bien. Elle est composée entre autres d’Algériens, d’expatriés et d’étudiants subsahariens, qui viennent pour la messe. Quelques étudiants protestants qui participent également à nos activités. Nous sommes ouverts pour accueillir tout le monde.
Comment le Père Hilary se sent-il, là où Augustin vécut? « Je me sens très petit, mais c’est un privilège. J’ai toujours beaucoup aimé saint Augustin, et quand on m’a proposé de venir ici, j’ai accepté tout de suite, même sans savoir où l’Algérie se trouvait sur la carte du monde... Le plus grand défi pour moi étant d’apprendre la langue et la culture, où je ne manifeste pas visiblement ma foi, comme dans mon pays ».
Contact respectueux avec les musulmans
Le contact avec les musulmans est très respectueux, selon le religieux. « Avec les musulmans, nous pouvons parler aisément de Marie, la mère de Jésus, ou de saint Augustin, qui est un Algérien. Ce sont des points communs qui nourrissent le dialogue. J’essaye d’éviter de parler de points plus gênants, comme la vie de Jésus et sa divinité. Mais si un musulman me le demande, je lui répondrai que Jésus est Dieu pour moi. Je suis toujours surpris quand un musulman me reconnait dans la rue et m’appelle ‘mon Père’, je prends cela comme une marque de respect pour la fonction que je représente dans la culture d’ici », se réjouit le Frère Hilary. (cath.ch/gr)
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Cath.ch, qui a pris part à une partie du voyage, propose une troisième partie sur l’émergence du patrimoine algérien. GR
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Par Grégory Roth, de retour d’Algérie
L’Algérie est le plus grand pays d’Afrique, mais la majorité des habitants se concentre sur le Nord du pays et les côtes méditerranéennes. Bien avant eux et avant notre ère, Phéniciens puis Romains avaient déjà investi les lieux et laissé une trace de leur savoir-faire architectural.
La vingtaine de professeurs, chercheurs et doctorants qui ont pris part au circuit scientifique « Sur les traces de saint Augustin » du 17 au 29 juin 2023, organisé par le Département de Patristique de l’Université de Fribourg et l’Ambassade de Suisse en Algérie, ont visité plusieurs sites archéologiques majeurs, attestant de la présence numide, romaine, chrétienne, (latine, donatiste et byzantine), vandale, puis musulmane.
Madaure et Hippone
Le parcours algérien de saint Augustin, au 4e siècle, a été évoqué précédemment. L’antique cité de Madaure (actuelle M’Daourouch), dans laquelle il a étudié, remonte au 1er siècle, avec la fondation par les Romains de la plus ancienne académie africaine.
En ce qui concerne Hippone (actuelle Annaba), au nord-est de l’Algérie, où saint Augustin a fini sa vie, des traces de vie remonte au Paléolithique. « Plus exactement 58'000 ans », d’après l’archéologue du site. Mais sa fondation se situe, vers 2'000 ans av. J.-C., à l'arrivée des Phéniciens sur les côtes de l'océan Atlantique. Il reste des traces de forum, de marché et de termes.
Des Algériens passionnés
« Nous rencontrons actuellement de nombreux algériens passionnés par leur histoire et leur archéologie », explique l’ambassadeur suisse Pierre-Yves Fux, co-organisateur du circuit. « Ils souhaitent les faire découvrir aux jeunes générations de leur pays. Et ce n’est pas seulement de l’art pour de l’art, mais il y a une véritable quête d’identité patrimoniale algérienne qui est en jeu ».
Dans la ville de Tébessa (anciennement Theveste) se trouve une basilique donatiste, dédiée à sainte Crispine, martyrisée par les romains en 304. En vieille ville, près du Temple romain de Minerve, l’ancienne église Notre-Dame du perpétuel secours, construite à la fin du 19e siècle, a été aménagée en musée.
Des sites classés et conservés
La délégation fribourgeoise s’est rendue également un jour dans la commune de Ghardaïa, au cœur du désert, pour découvrir l’architecture typique de cette région, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le site militaire romain de Lambèse est resté en bon état de conservation, malgré les aléas de l’histoire.
Idem pour le site de Djémila, antique Cuicul, l'établissement d'une ancienne colonie romaine fondée sous le règne de l’empereur Nerva (96-98 de notre ère).
Détour à Timgad, la 'Pompéi d’Afrique'
A Timgad, surnommée la « Pompéi d’Afrique », à cause de son état de conservation impressionnant, le site fondé par l'empereur Trajan s’étend sur plus de 90 hectares. Il est composé d'une grande diversifications des édifices religieux : temples païens, capitole, églises chrétiennes et donatistes, for byzantin.
« Nous espérons que ce projet archéologique permettra de construire quelque chose de solide à proposer pour les touristes algériens ou étrangers », souhaite Khalil Moula, responsable de agence de voyage Nboujiw, qui a accompagné le groupe universitaire suisse. « Durant ce voyage, nous avons engagé un vidéaste, afin de visibiliser ce parcours sur nos réseaux. » (cath.ch/gr)
Une petite série algérienne
Pour approfondir le sujet, l'émission Hautes Fréquences consacre un dossier sur l'héritage de saint Augustin, à 19h sur RTS La 1ère, le dimanche 27 août 2023, fête de sainte Monique, et veille de la saint Augustin.
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