Avent: "La bougie résistera aux lumières artificielles"
Série "En Avent vers la lumière" En 2020, la période de l'Avent est très particulière. A cause de la situation sanitaire, les célébrations de la période de Noël sont très perturbées. Beaucoup voient également l'avenir en noir. Malgré tout, la Lumière du Christ est toujours là pour nous amener vers...
Avent: "La bougie résistera aux lumières artificielles" 1/6
La lumière qui transfigure les religions 2/6
La lumière en liturgie: symbole de la nativité, signe de salut 3/6
Et la lumière fut… avant le soleil 4/6
La lumière qui dissipe la luminosité 5/6
Michel Maxime Egger: "Dieu est lumière et cette lumière est vie!" 6/6
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La lumière qui transfigure les religions 2/6
On prête couramment aux religions la cause de presque toutes les guerres de l'Histoire de l'humanité. A contrario, il est des symboles qui embellissent, enrichissent, voire illuminent un grand nombre de religions. Telle est la Lumière, qui attire l'homme vers son dieu. Eclairage.
La lumière en liturgie: symbole de la nativité, signe de salut 3/6
Dans la liturgie catholique, la lumière est l’un des motifs principaux des textes et des rites. Selon Hélène Bricout, professeure à l’Institut Supérieur de Liturgie de Paris, elle évoque le salut sous ses deux principales manifestations: l’incarnation et la résurrection de Jésus. Symbole de la vie n...
Et la lumière fut… avant le soleil 4/6
Selon la Bible, la lumière a été la première chose créée par Dieu. Bien avant, même, le soleil. Des intuitions des anciens Hébreux corroborées aujourd'hui par la science, qui nous renseignent aussi sur la façon dont Dieu manifeste Sa Création.
La lumière qui dissipe la luminosité 5/6
Aujourd’hui, si nous voulons faire l’expérience qu’une bougie éclaire l’obscurité, nous éteignons d’abord la lumière artificielle et, en plus, nous tirons les rideaux pour que la lumière de la rue ne pénètre pas à l’intérieur. Nous avons plus qu'assez de lumière artificielle, qui nous envahit à cha...
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Avent: "La bougie résistera aux lumières artificielles" 1/6
Pour Arnaud Join-Lambert, docteur en théologie de l’Université de Fribourg, la bougie occupe une place centrale dans la foi catholique. Selon lui, elle résistera aux lumières artificielles de la consommation parce qu'elle est un symbole qui fonctionne encore très bien, notamment dans le temps de l'Avent et en cette période de pandémie. "Si on ne peut pas se rassembler, le feu peut se diviser."
Quelle place occupe la lumière dans la foi catholique?
Arnaud Join-Lambert: Dans la piété populaire, le geste principal de la pratique, c’est la bougie, occupe une place centrale. C’est le geste par excellence: celui de la demande, de la prière, de l’acte de dévotion, de confiance ou de la présence continuée. Dans n’importe quelle église on trouve un emplacement pour des bougies, même sans statue de la Vierge Marie. Des personnes viendront allumer des bougies. Même des personnes qui ne sont pas croyantes font ce geste. C’est un symbole très puissant. Cela explique que la bougie résiste et résistera bien aux lumières artificielles. Je ne vois pas par quoi la remplacer.
Comment vivre cette période de l’Avent, éloignés les uns des autres et donc éloignés de la lumière qui nous rassemble?
Il faut rappeler que l’usage de la lumière, avec les cierges, est important et constant chez les chrétiens. C’est le symbole de la prière personnelle ou en communauté. Cette lumière est commune à tout le monde, même au-delà du christianisme. Le fait de ne pas pouvoir se rassembler nous permet d’entrer encore plus dans ce symbole de la bougie et partant, du feu partagé. Les chrétiens l’ont adopté dès le début du christianisme, pour des motifs pratiques, mais aussi pour la symbolique de ce qui ne diminue pas en se partageant.
Pour l’Avent cette année, on pourrait valoriser le partage de la Lumière de la paix (cette flamme allumée dans la grotte de la Nativité à Bethléem, et transmise en Europe). Tous les chrétiens pourraient nourrir chez eux cette flamme apportée de Terre Sainte. Ce serait une manière de nous unir sans être rassemblés. Si on ne peut pas se rassembler, le feu peut se diviser.
La bougie occupe une place centrale. C’est le geste par excellence: celui de la demande, de la prière, de l’acte de dévotion, de confiance ou de la présence continuée."
L’Avent, ce temps de l’attente, n’est-il pas dépassé par cette époque du «tout – tout de suite», symbolisée dans la lumière de l’internet, de la consommation?
Il y a une tension en effet: les éclairages et les décorations de Noël sont déjà installés, même s’il n’y a personne dans les rues. L’Avent est devenu festif alors que, historiquement, ce temps était un temps de conversion, de pénitence, avec le violet pour couleur liturgique. Il y avait des limitations strictes sur le plan liturgie: pas de Gloria, et en terme de nourriture on pratiquait le jeûne.
Actuellement l’Avent n’est plus perçu, à l’exception peut-être de quelques chrétiens, comme le temps de la conversion, du recentrement. Dans nos sociétés, c’est déjà une forme de fête, mais ce n’est pas Noël. Même si l’attente est forte, on ne fête pas Noël avant Noël. Et il serait impossible qu’il n’y ait pas toutes ces lumières pendant le mois de décembre. On est dans l’aspect consommation, avec en plus cette année, la difficulté de se réunir autour de la flamme, que ce soit les messes «Rorate», les feux de l’Avent ou des fêtes autour du thème de la lumière.
Le «Gaudete» ("Réjouissez-vous") du 3e dimanche de l’Avent, n’est-il pas déjà vaincu par le «Consommez!»?
Combien de personnes ont encore, ne serait-ce qu’une vague perception de ce «Gaudete»? Très peu. Je ne me suis pas sûr que ce mot ait encore du sens. Son origine est d’être une respiration, une anticipation de la joie de Noël dans la période de restriction qui précède Noël.
Si le temps de l’Avent n’a plus de dimension ascétique et de sobriété, ce «Gaudete» n’a plus aucun sens. John Reader, un théologien anglais, disait, que dans la théologie et la pratique chrétienne, on avait des mots et des usages «zombis»: qui ont toujours cours mais que plus personne ne comprend. Tout l’Avent est imprégné de la joie de Noël. De l’attente de réjouissances. Donc ce «Gaudete» n’a plus de sens. Parce qu’on n’est pas dans une forme d’ascèse ni de renoncement. C’est une survivance qui n’a pas beaucoup de signification.
"On touche à quelque chose de très profond dans l’humain qui est ambivalent: on maîtrise le feu et en même temps, il symbolise notre fragilité."
Malgré tout, la flamme qui aide le chrétien à veiller, qui pouvait paraître désuète, attire toujours du monde, notamment lors des messes «Rorate», tout comme la fête Lumina, à Saint-Maurice, qui a connu un grand succès populaire. Comment expliquez-vous cela?
C’est anthropologique. On se situe presque dans la signification de Pâques: le lever du jour ou son anticipation dans l’humanité, c’est toujours une joie, une espérance et c’est aussi vaincre une nuit qui est hostile. Elle l’est moins pour nous mais pour les millions d’êtres humains qui nous ont précédés, la nuit était hostile. C’était un temps où on se protégeait. Toute la théologie de Pâques s’est greffée là-dessus. Le matin, c’est Pâques. Tout comme l’office des matines qui n’existe plus et qui précédait le jour. Et cela touche à ces pratiques de se lever très tôt, la nuit pour suivre la messe «Rorate». L’autre aspect qui explique ce succès est spirituel. On touche à quelque chose de très profond dans l’humain qui est ambivalent: on maîtrise le feu et en même temps, il symbolise notre fragilité.
Autre risque, outre la pandémie qui devrait rester ponctuelle, la baisse de la pratique. Est-ce qu’on ne risque pas de perdre l’espérance de l’attente du sauveur symbolisée dans cette flamme?
Les modalités qui touchent la célébration de Noël en Europe occidentale changeront peut-être, parce que le christianisme n’est plus au cœur de l’espace public, même si on y voit encore des crèches. Mais je ne crois pas au risque que vous évoquez parce que le mystère de Noël, le dévoilement au sens théologique du terme, reste au cœur de la foi chrétienne. Tant qu’il y aura des chrétiens, il y aura Noël, tout comme le temps inouï où le verbe de Dieu s’est fait chair. C’est une composante de la foi chrétienne aussi forte que la résurrection du Christ. C’est au cœur de la liturgie et de notre foi personnelle et de la prière domestique. On verra sans doute un effacement de Noël dans son aspect religieux de l’espace public, mais pas une disparition. (cath.ch/bh)
Un symbole profond
A Noël, période où les journées sont courtes, ce symbole parle de lui-même. C’est profond. La bougie fonctionne sans grande explication théologique et quel que soit l'âge de ceux qui la tienne. La fragilité de la flamme dit quelque chose de notre fragilité qui doit être protégé. Elle symbolise aussi la fragilité de l’enfant qui naît à Noël. On n’a pas besoin d’expliquer cela, contrairement à notre liturgie catholique où beaucoup de symboles ne fonctionnent plus. Parce qu’on ne les comprend plus.
Il y a ce fondement anthropologique du feu ou de la bougie, de la lampe à huile qui est tellement constitutif de la lumière que cela fait appel à l’imaginaire. On peut en parler spontanément sans devoir l’expliquer. Il n’y a jamais besoin d’expliquer pourquoi vous posez une bougie quelque part. Cela exprime instantanément un accent festif, solennel ou spirituel. Le moment où vous le faites suffit à l’expliquer. Ces lumières naturelles font appel au sens. Je pense au mouvement de la flamme, au parfum de la bougie. C’est un symbole qui fonctionne encore, contrairement à d’autres symboles qui ne fonctionnent plus dans la théologie catholique.
Bio express
Arnaud Join-Lambert, marié et père de trois enfants, est docteur en théologie de l’Université de Fribourg. Il est professeur de liturgie et de théologie pratique à l’Université catholique de Louvain en Belgique. Ses recherches portent sur les mutations des paroisses et du ministère des prêtres, les nouvelles formes de présence chrétienne et de mission dans la société, la ritualité et la liturgie en contexte postmoderne. Il a été théologien expert pour le Concile provincial de Lille et pour plusieurs assemblées et synodes diocésains en France, Belgique et Allemagne. Il a publié récemment Faire nôtre l’exhortation Amoris laetitia (Médiaspaul 2020), Sacrés objets (Bayard 2019), Entrer en théologie pratique (Presses Universitaires de Louvain, 2018) et Donner du goût à nos liturgies (Lumen Vitae 2018).
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La lumière qui transfigure les religions 2/6
On prête couramment aux religions la cause de presque toutes les guerres de l'Histoire de l'humanité. A contrario, il est des symboles qui embellissent, enrichissent, voire illuminent un grand nombre de religions. Telle est la Lumière, qui attire l'homme vers son dieu. Eclairage.
Par Grégory Roth
La lumière et son origine céleste lui confèrent un statut surnaturel dans de nombreuses civilisations antiques. Parce qu’elle descend du ciel – domicile des dieux – la lumière est fréquemment associée au divin, ou à son reflet, selon les religions. Il arrive aussi que la signification symbolique attribuée à la lumière solaire soit comparée à la lumière artificielle, comme celle produite par des luminaires. Elle peut enfin être utilisé pour sacraliser l’architecture, en matérialisant la présence divine au sein d'un édifice religieux.
Quasiment toutes les traditions religieuses font allusion à la recherche de la Lumière souvent dotée d'attributs de la divinité. La lumière est créatrice, capable d'illuminer la terre et de transformer l'homme. Cette expérience vitale de la lumière, en opposition aux ténèbres, suit dans toutes les époques les hommes des diverses traditions religieuses et culturelles.
Les religions antiques
Dans l'Égypte antique (14e siècle av. J-C), l'hymne au dieu solaire égyptien Aton débute par ces mots: "Magnifique est ton apparition à l'horizon du ciel, ô Disque solaire vivant qui vécus le premier... tu remplis toute la terre de ta beauté".
Pour le zoroastrisme, la lumière représente le bien. Elle surmonte les ténèbres (le mal) et ouvre à l'homme une vision de sagesse, lui permettant d'accomplir "de bonnes pensées, de bonnes paroles et de bonnes actions", les trois principes fondamentaux du zoroastrisme pour atteindre le bonheur suprême.
Pour cette religion monothéiste, née en Iran au 10-11e siècle av. J.-C., la lumière est symbolisée par le feu sacré, "Atar", qui ne s'éteint jamais. Représenté dans chaque temple, ce feu est consubstantiel au Dieu suprême et unique, Ahura Mazda. Il est, dans une certaine mesure, comparable à l'Esprit-Saint pour les chrétiens, lorsque ceux-ci l'invoquent: "Viens, Esprit-Saint, remplis les cœurs de tes fidèles, allume en eux le feu de ton amour". Ou à la Pentecôte: "Viens Esprit-Saint, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière […] Viens, lumière des cœurs […] Ô lumière bienheureuse".
L'Écriture sainte comme lumière
Dans l'Islam, le symbolisme de la lumière trouve son origine dans le Coran. Dans le passage appelé "verset de la lumière", dans lequel la lumière est littéralement assimilée à Dieu, et comparée à celle émise par un flambeau.
"Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa Lumière est à la ressemblance d’un flambeau; le flambeau est dans un récipient de cristal; celui-ci semblerait un astre étincelant; elle est allumée grâce à un arbre béni: un olivier, ni oriental ni occidental, dont l’huile est si limpide qu’elle pourrait éclairer même si nul feu ne la touchait. Lumière sur Lumière. Dieu guide, vers Sa Lumière, qui il veut. Dieu propose aux hommes des paraboles. Dieu connaît toute chose. (Sourate XXIV, 35.)"
Dans la tradition musulmane, la lumière est aussi comprise comme un instrument de la connaissance, voire comme la connaissance elle-même: la lumière permet de 'voir' clairement la vérité du monde. Le Coran mentionnent deux des précédents livres saints – la Torah et les Évangiles – qu'il identifie à la lumière. "De la même manière, le Livre donné à Moïse est décrit comme 'lumière/clarté', c’est également vrai de la Révélation reçue par le prophète Muḥammad, identifiée à une lumière envoyée par Dieu aux hommes", explique Julie Bonnéric, historienne et archéologue française.
L'illumination orientale
Dans le bouddhisme et l'hindouisme, l'homme est prisonnier du cycle des morts et des renaissances (saṃsāra), tant qu'il n'arrive pas à s'en sortir et atteindre la lumière, l'illumination, la libération (nirvāṇa pour le bouddhisme; mokṣa pour l'hindouisme et le jaïnisme; mukti pour le sikhisme), qui est le but final. Toute proportion gardée, une comparaison pourrait être faite dans le christianisme avec la vision béatifique, la vision directe de la Lumière que constitue la Béatitude finale: voir Dieu face à face pour l'éternité.
En 2013, le Dalaï-Lama a publié un ouvrage intitulé La voie de la lumière : toute la sagesse du bouddhisme tibétain. Dans ce livre, il insiste sur l'importance du progrès spirituel. Il précise que les signes deviennent palpables quand l'aspiration à la liberté commence à exercer une influence continue sur l'esprit, de nuit comme de jour.
Le soleil en Amérique précolombienne
En Amérique précolombienne, le soleil a occupé une place importante dans les croyances et les rituels. Chez les Mésoaméricains, il difficile à dire si leur vénération du soleil s’adressait à l’astre visible ou si le soleil n’est que le symbole attribué à un dieu. En outre, leurs dieux solaires sont de jeunes mâles dotés de la vigueur du soleil levant.
Chez les Mayas, le soleil est un symbole du droit divin. Il représente le jour est s'oppose à la nuit, qualifiée de 'Monde inférieur'. Pour apaiser les dieux et perpétuer le cycle des jours et des nuits, les souverains mayas devaient accomplir des rites, comme celui de faire couler leur sang. Chez les Aztèques, le soleil occupait la place centrale au sein du panthéon. Huitzilopochtli, le soleil au zénith, était le dieu tribal des Aztèques. Par ses oracles, il guidait le "Peuple du soleil" dans ses pérégrinations. Leur mission était de repousser à jamais l’assaut du néant en procurant au soleil (et à d’autres dieux) la nourriture par excellence, le sang humain. D’où des conquêtes et des guerres destinées à s’approvisionner en prisonniers à sacrifier.
Quant aux Incas, ils furent de tous les peuples précolombiens ceux qui accordèrent la plus grande place au soleil. Les récits sur leurs origines les présentent comme les "fils du Soleil" (Inti). La mythologie inca fait du soleil le dieu suprême. Par analogie, les Incas sont au sommet de la hiérarchie sociale et leur peuple domine les autres. Ils ont ainsi créé une religion impériale axée sur les cultes du soleil et des morts. Leurs momies étaient exhibées à certaines fêtes, notamment dans le temple du Soleil, à Cusco (Pérou), le lieu sacré de l'empire des incas. A l'arrivée des Espagnols, le temple fut rasé et pillé de fond en comble. Il ne resta que les fondations qui, peu après, servirent d'assise à la construction de l'église et du couvent Santo Domingo.
De Maître de lumière et Lumière du monde
Les courants spirituels contemporains, comme le New Age, font souvent recours à des entités spirituelles – comme des anges, "guides de lumière" – et des entités issues d'autres plans de conscience – des "Maîtres de Lumière", comparables aux divinités hindous ou aux bouddhas. Dans ce dernier registre, la représentation populaire du Christ est parfois utilisée, mais plutôt dans un rôle de "principe" ou d'"énergie", et non véritablement d'une personne.
Dans le judaïsme et le christianisme, la première parole divine est une formule parfaite de création: "Que la lumière soit. Et la lumière fut". Grâce à la lumière, le temps est posé. C'est l'alternance jour-nuit (Gn 1, 1-4). Et dans le Nouveau Testament, le Christ, en venant en ce monde, témoigne du "Père des Lumières" (Jc 1, 17) et "illumine tout homme" (Jn 1, 9). Jésus le dit à plusieurs reprises: "Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie" (Jn 8, 12). (cath.ch/gr)
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En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
La lumière en liturgie: symbole de la nativité, signe de salut 3/6
Dans la liturgie catholique, la lumière est l’un des motifs principaux des textes et des rites. Selon Hélène Bricout, professeure à l’Institut Supérieur de Liturgie de Paris, elle évoque le salut sous ses deux principales manifestations: l’incarnation et la résurrection de Jésus. Symbole de la vie nouvelle dans le Christ, elle illumine toute la vie du chrétien – du baptême jusqu’aux obsèques.
Par Davide Pesenti
Que ce soit la faible lueur des bougies éclairant la voûte d’une chapelle lors des messes Rorate pendant le temps de l’Avent. Ou la flamme puissante du feu nouveau qui illumine la nuit de Pâques. Aujourd’hui comme à l’origine du christianisme, la lumière est un symbole qui joue un rôle théologique primordial au cours des célébrations liturgiques.
Et cela, non seulement durant les temps fort de l’Avent et de la Nativité. Tout le cycle du calendrier liturgique, notamment le temps pascal, déploie abondement le riche symbolisme de la lumière.
Signe sensible du mystère du salut
«Le symbole de la lumière constitue en lui-même une image dont le contexte de la célébration permet de décrypter le sens qu’il faut lui donner», explique Hélène Bricout, professeure de liturgie et théologie sacramentaire à l’Institut Supérieur de Liturgie (ISL) de l’Institut Catholique de Paris.
"La lumière de la Nativité est en opposition avec le péché et les ténèbres du monde"
Dans le contexte liturgique, comme c’est le cas pour les textes bibliques, la lumière évoque et représente en effet le salut apporté par Dieu, au plus haut point, dans la mort et la résurrection du Christ. «Ceci se révèle typiquement au cours de la veillée pascale, lors que le cierge allumé représente le Christ ressuscité, derrière lequel la communauté des fidèles rassemblés se met en marche, précise Hélène Bricout. En évoquant le Christ ressuscité, la lumière du cierge pascal relie les participants à lui et entre eux ».
Si la lumière de la Nativité est plutôt en opposition avec le péché et les ténèbres du monde, celle de Pâques l’est vis-à-vis de la mort, vaincue dans la résurrection du Christ au matin de Pâques. «Mais la nuance est faible par rapport à la signification salvifique commune ces temps liturgiques. Ils célèbrent bien tous les deux ce même mystère du salut».
De l’anthropologique au théologique
La liturgie dévoile la signification théologique de la lumière sous plusieurs modalités. Mais cette puissance évocatrice de la lumière s’enracine tout d’abord dans une expérience anthropologique ancestrale qui remonte à la nuit des temps, comme aussi dans les rythmes cosmiques qui gouvernent la Création. En liturgie, elles s’enrichie et se déploie, en acquérant ses significations théologiques complémentaires, sa dimension mystagogique.
«Dans ce sens, l’acclamation du prêtre ‘Lumière du Christ’, au début de la vigile pascale, à laquelle répond le peuple avec ‘Nous rendons grâces à Dieu’, est emblématique. Elle indique en effet que le cierge ne sert pas simplement à voir dans l’obscurité de la nuit pascale…», annote la liturgiste française.
Plus forte que les ténèbres du péché et de la mort
Ce symbole se comprend donc qu’à travers l’action liturgique, car c’est dans l’expérience rituelle que la lumière donne à voir le salut qu’apporte Dieu et l’espérance chrétienne qui s’enracine dans le Christ. Une espérance qui balise et accompagne toute la vie du chrétien, dès le baptême jusqu’à l’enterrement.
«D’une part, dans la liturgie du baptême d’un enfant, précise la directrice-adjointe de l’ISL, le petit cierge, allumé au cierge pascal et remis aux parrains et marraines, est le signe de la foi au Christ à laquelle ils sont invités à veiller. D’autre part, dans les funérailles, les cierges allumés au cierge pascal et posés autour du cercueil, symbolisent la foi en la résurrection du défunt, qui découle de la foi en la résurrection du Christ».
Présence du Ressuscité au milieu de son Peuple
Au-delà de vie nouvelle offerte par le Christ, le signe de la lumière renvoie aussi à la dimension cosmique. Intrinsèque à la liturgie, celle-ci fournit en effet d’autres caractéristiques au riche symbolisme qu’abrite la lumière.
"Allumer des cierges exprime notre vénération et le caractère festif de la célébration"
«La célébration de la Nativité du Christ au cœur de l’hiver, c’est-à-dire au moment où la lumière est la moins présente dans l’hémisphère nord, n’est évidemment pas un hasard, note Hélène Bricout. Dans cette perspective astronomique, elle symbolise la puissance de vie salutaire que la venue du Christ a apportée à l’humanité qui s’égare».
Marque d’honneur
Mais l’emploi de la lumière en liturgie est aussi un signe de respect envers Dieu. La Présentation générale du missel romain (PGMR) précise à cet égard, toute l’importance d’allumer au moins deux cierges pendant chaque célébration; ceci «afin d’exprimer notre vénération et le caractère festif de la célébration» (PGMR no 307).
Car les cierges allumés désignent ce que les fidèles désirent honorer. Ils accompagnent la croix lors de la procession d’entrée, le Saint-Sacrement lorsqu’on le déplace dans l’église, l’évangéliaire avant la lecture de l’Evangile… Toutes des représentations symboliques spécifique du Christ ressuscité au milieu de son Peuple.
«La lumière des cierges est une marque d’honneur venant de l’ancienne liturgie impériale romaine, une cérémonie qui accompagnait les déplacements de l’empereur précise la théologienne. Et on trouvait ce même usage de la lumière pour le pape dans l’ancienne liturgie romaine.»
Dès le début de la chrétienté
Les multiples usages de la lumière en liturgie ramènent donc à un seul et unique même mystère du salut. «Le symbolisme de la lumière peut être repéré dès le début du christianisme et il est assez constant. Et c’est ce que montrent les évangiles et les autres écrits du Nouveau Testament qu’on lit aujourd’hui pendant les liturgies des temps forts de l’année liturgique, répond la professeure de l’ISL de Paris. Et les Pères de l’Eglise n’ont pas non plus hésité à déployer ce thème. Leurs sermons s’y réfèrent régulièrement, comme en témoignent, par exemple, les textes patristiques de l’Office des lectures».
«Le symbolisme de la lumière peut être repéré dès le début du christianisme et il est assez constant."
Une prise en compte de la lumière et de sa symbolique qui se reflétait clairement dans les liturgies de l’époque. « Dans l’antiquité, les catéchumènes, juste avant leur baptême, renonçaient à Satan tournés vers l’Occident – le côté où le soleil se couche, donc le coté de l’obscurité et des ténèbres – et prononçaient leur adhésion au Christ en se retournant vers l’Orient – le côté où le soleil se lève, qui évoque donc la résurrection», note la liturgiste.
Nouveau rapport à la lumière
Si la lumière joue aujourd’hui encore un rôle principal dans la liturgie, à partir de l’époque contemporaine, l’introduction de l'illumination artificielle a eu un impact non négligeable sur ce symbole.
«À notre époque, sans doute, nous sommes moins sensibles à ce thème que dans les siècles passés, relève Hélène Bricout. Cela parce que nous ne faisons pas l’expérience que la lumière nous ‘manque’, du fait que nous pouvons nous éclairer artificiellement quand nous le voulons. Toutefois, son symbolisme reste bel et bien accessible parce que les rythmes cosmique et naturel entre été-hiver ou entre jour-nuit nous marquent toujours encore, physiquement et culturellement. De ce point de vue, la signification symbolique de la lumière demeure bel et bien efficace». (cath.ch/dp)
Signe de l’être en prière
Lors de la veillée pascale, la liturgie de la lumière est tout entière symbolique du passage de la mort à la vie, de la résurrection du Christ. L’annonce solennelle de la Pâque s’en fait l’écho: ‘La lumière éclaire l’Eglise, la lumière éclaire la terre… Ô nuit qui rend la lumière…‘
Les fidèles reçoivent ensuite la lumière pour leur petit cierge, et s’avancent en procession derrière le cierge pascal, signifiant la marche du peuple de Dieu à la suite du Christ, accomplissant au passage la figure du peuple hébreu derrière la colonne de feu à travers la Mer rouge.
Mais au-delà de la célébration communautaire, pendant une prière dans une église ou lors d’une liturgie domestique, allumer une bougie ou un cierge signifie l’attitude, la disposition à prier, voire la vigilance dans la prière, et continue à être signe du priant lorsqu’il a quitté le lieu de prière. DP
Hélène Bricout: bio express
Hélène Bricout, mariée et mère de quatre enfants, est docteur en théologie de l’Institut Catholique de Paris (ICP). Professeur de liturgie et théologie sacramentaire à l’Institut supérieur de liturgie de l’ICP, elle en est la directrice-adjointe. Ses recherches portent sur la liturgie du haut Moyen Age, la théologie du mariage et les temps liturgiques. Elle est membre du Conseil scientifique de l’Institut d’Etudes Médiévales de l’ICP et du Conseil scientifique de la revue La Maison-Dieu.
Elle a publié récemment La réconciliation pour les baptisés divorcés remariés, un chemin de guérison (La Maison-Dieu 301/2020) et coédité La dynamique de la liturgie au miroir de ses livres (Aschendorff 2020), Du bon usage des normes en liturgie. Approche théologique et spirituelle après Vatican II (Paris 2020) et Liturgie, pensée théologique et mentalités religieuses au haut Moyen Age. Le témoignage des sources liturgiques (Aschendorff 2016).
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Par Raphaël Zbinden
"Parmi tous les textes de l'Antiquité arrivés jusqu'à nous, seule la Bible des Hébreux raconte que le soleil a été créé bien après la lumière dans l'univers", souligne Brunor. Le bédéiste français est un fin connaisseur de la Bible. Mais également un passionné de science. Par son art, il tente de bâtir des ponts entre ces deux mondes qui semblent de prime abord n'avoir rien en commun. Il est persuadé que l'ouvrage millénaire n'est pas qu'un récit mythologique, mais qu'il contient des informations cruciales sur la nature de l'homme et de l'univers, car elles sont vérifiables. Des réflexions dont certaines ont été mises en dessin dans sa série Les Indices-pensables, dont le onzième tome est paru en août 2020.
La preuve d'un "Fiat lux"?
Le thème de la lumière, omniprésent dans la Bible, ne pouvait donc qu'être attiré dans l'orbite du "dessinateur-théologien". Ce phénomène physique est déjà mentionné au tout début de l'ouvrage, lorsque, en vue de créer le ciel et la terre, Dieu dit: "Que la lumière soit". Et la lumière fut (Genèse, 03).
Cette idée hébraïque d'un commencement de l'univers a été souvent raillée au cours de l'histoire, explique Brunor à cath.ch. La majorité des philosophes grecs estimaient que l'univers était éternel, qu'il avait toujours existé et existerait toujours. Pas de place donc, pour une création et un Dieu créateur. Une conception reprise par de nombreux tenants de la science moderne, jusqu'il y a encore peu de temps.
Que la matière ait pu naître à un moment donné d'un jaillissement d'énergie paraissait même risible à beaucoup de physiciens. Ils ne s'intéressaient guère aux calculs du Russe Alexandre Friedman et du chanoine belge Georges Lemaître, qui émettaient l'hypothèse d'un "commencement". Pas plus d'attention aux observations de l'astronome américain Edwin Hubble confirmant l'expansion des galaxies.
Des thèses "marginales" cependant soutenues par quelques grandes figures, telles que le pape Pie XII, un proche de Georges Lemaître. Le pontife avait ainsi proclamé en 1951 que "la science a réussi à se faire le témoin du 'Fiat lux' initial." Le jésuite belge l'avait cependant invité à la prudence, la théorie n'étant alors pas encore validée.
Pas si "impuissant", le dieu des Hébreux
Ce fut le cas jusqu'en 1965, lorsque deux astronomes américains (Arno Penzias et Robert Wilson) découvrirent par hasard le "fonds diffus cosmologique", un "rayonnement fossile", rien d'autre que la "signature" du Big Bang, l'événement prétendument à l'origine de l'univers. Le début d'une série de commencements dans cet univers, dont nous apprenons à lire les étapes de nouveauté et d'évolution.
Et un nouvel indice que les Hébreux n'étaient pas si éloignés de la vérité. Ils l'étaient davantage en tout cas que bien des philosophes antiques. Le néoplatonicien du Ve siècle Proclus de Lycie se moquait même du dieu des Hébreux, si "impuissant" qu'il lui faut plusieurs longues étapes (six "jours") pour créer le monde et qu'il doit ensuite se reposer. La Genèse est sur ce point effectivement assez éloignée de la plupart des récits cosmogoniques antiques, où la création est immédiate.
Proclus trouvait également ridicule l'idée selon laquelle le soleil ne surgissait selon la Bible qu'à la quatrième étape de la création, après la lumière. Le philosophe ne pouvait pas concevoir que la lumière ait une autre source que l'astre solaire.
Or, on sait aujourd'hui que c'est 380'000 ans après le Big Bang que la lumière est devenue visible pour la première fois dans l'univers. "Avant cette date, les photons (particules) de lumière existaient déjà, mais pour les observer, il fallait attendre que la température de l'univers ait suffisamment baissé." Cette lumière-là est ainsi beaucoup plus ancienne (13 milliards d'années) que celle émise par notre soleil, qui s'est formé il y a moins de cinq milliards d'années", explique Brunor. Encore un point marqué, donc, par le Livre de la Genèse, contre ses détracteurs. Même si les Hébreux n'ont pas cherché à rédiger un texte scientifique, puisque le mot 'sciences' n'existait pas!
La victoire de la lumière
Mais pour Brunor, la principale leçon de ces constatations est peut-être ailleurs. "Cela nous renseigne sur le fait qu'évolution et création sont deux concepts qui ne doivent pas forcément être opposés". Une vision du monde que plusieurs papes ont soutenue. Pie XII (décédé en 1958) n'a pas pu constater de son vivant que la théorie du Big Bang était juste. Il avait cependant déjà affirmé qu’il n’y avait pas d’opposition entre l’évolution et la doctrine de la foi sur l’homme et sur sa vocation. Une conception reprise par Jean Paul II et Benoît XVI, qui a reconnu que l'évolution était un fait scientifique.
Le pape François s'est référé à la découverte d'Arno Penzias et Robert Wilson pour renforcer ce point de vue, devant l'Académie pontificale des sciences, en 2014. "Le Big Bang, qui aujourd'hui se pose à l'origine du monde, ne contredit pas l'intervention divine, mais l'exige […] Dieu n'est pas un magicien avec une baguette magique. Il a créé les êtres et les a laissés se développer selon les lois internes qu'il a données à chacun, pour qu'ils parviennent à leur plénitude", a relevé le pontife argentin.
Brunor rappelle que la lumière aussi à une histoire et un "destin". Avec le refroidissement accompagnant l'expansion de l'univers, (380'000 ans après le Big bang) les protons ont pu s'associer aux électrons pour former les premiers atomes. A partir de là, les protons sont devenus comme "indifférents" à la lumière qui passait près d'eux. Elle a donc pu commencer à se propager sans encombre. "C'était là une première victoire de la lumière", note le bédéiste. Il rappelle le début de l'Evangile de saint Jean: "En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise." (cath.ch/rz)
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La lumière qui dissipe la luminosité 5/6
Aujourd’hui, si nous voulons faire l’expérience qu’une bougie éclaire l’obscurité, nous éteignons d’abord la lumière artificielle et, en plus, nous tirons les rideaux pour que la lumière de la rue ne pénètre pas à l’intérieur. Nous avons plus qu'assez de lumière artificielle, qui nous envahit à chaque instant. C'est peut-être symbolique que cette lumière, même pendant la nuit, soit si forte que nous n'arrivons plus à contempler les étoiles dans le ciel de nos villes. Comment donc suivre l'étoile de Bethléem?
Barbara Hallensleben, professeure de théologie dogmatique et de théologie de l’œcuménisme à l’Université de Fribourg
Nous connaissons Lucifer, par son nom de „porteur de lumière“. La tradition de l’Église associe à ce nom la chute du monde angélique. «Comment! Tu es tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore! Tu es renversé à terre, toi qui faisais ployer les nations ». Celui dont il est question en Isaïe 14,12 s’appelle «Lucifer» dans la traduction latine de la Bible, rejoignant ainsi la parole de Jésus qui exclame: «Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair » (Lc 10,18). Était-il l’ange de lumière avant sa chute? Ou le devient-il dans un certain sens précisément à cause de sa chute? Ce n’est pas par hasard que Georges Bernanos intitule un de ses romans «Sous le soleil de Satan» …
L’ambiguïté de la lumière
Jean Ferrat a mis en musique et chanté de nombreux poèmes du poète français Louis Aragon, dont la chanson «Les feux de Paris». Le Paris d’aujourd’hui, mélange de lumière rouge et de néons, le submerge de tristesse: «Au diable la beauté lunaire et les ténèbres millénaires ...». Mais la nostalgie pure des coins sombres et intimes ne suffit pas pour s’échapper: «Plein feu sur l’homme et sur la femme, sur le Louvre et sur Notre-Dame, du Sacré-Cœur au Panthéon. Plein feu de la Concorde aux Ternes, plein feu sur l’univers moderne, plein feu sur notre âme au néon ...».
Le théologien russe Pavel Florensky, fusillé en 1937 dans le camp des îles Solovki en mer Blanche, parle lui aussi de l’ambiguïté de la lumière en utilisant l’exemple de l’icône. Une icône est faite pour la lumière vacillante, chaude et embaumante des lampes à huile. Elle meurt sous les projecteurs du musée.
«Car chacun sait que la lumière électrique détruit aussi la réceptivité psychique» (La perspective inversée). Non sans critique face à la culture occidentale, Florensky ajoute son interprétation: dans la perception occidentale, l’objet et la lumière existent chacun séparément, et leur relation est accidentelle. On peut aussi mettre en lumière des détails insignifiants, répugnants, obscènes. La lumière devient elle-même un objet, la «source de lumière».
La théologie orientale témoigne d’une conception différente, et pas seulement dans l’iconographie: les icônes sont en quelque sorte «faites de lumière». Couche par couche, les formes sont modelées, pour ainsi dire, à travers la lumière, oui, produites par la lumière à partir du fond sombre. La lumière n’est pas un objet parmi d’autres, la lumière est la véritable essence des choses.
"La lumière n’est pas un objet parmi d’autres, la lumière est la véritable essence des choses."
Florensky voit le mot biblique de son côté: «Car tout ce qui devient manifeste est lumière » (Eph 5,13), non «illuminé». «Dieu est lumière; en lui, il n’y a pas de ténèbres» (1 Jean 1,5). Dieu n’a pas besoin d’un projecteur. La fête de l’Épiphanie est la fête de la «manifestation» du Seigneur, parce que les cœurs croyants reconnaissent et reçoivent sa venue, non parce qu’il marche sous les feux de la rampe („plein feu“).
La tradition de l’Église d’Orient
C’est pourquoi, dans la tradition de l’Église d’Orient, entre la naissance, la mort et la résurrection du Christ, la fête de la Transfiguration joue toujours un rôle important: la lumière divine brille à partir du Christ, de l’intérieur et non de l’extérieur ! Les disciples découvrent qu’il est possible d’apercevoir la vérité divine des choses déjà avec des yeux terrestres, ne serait-ce qu’en passant. Ils ne peuvent pas s'installer définitivement dans cette lumière, mais en descendant de la montagne avec Jésus, le chemin vers la Passion à Jérusalem commence.
Il en va de même pour l’expérience des saints: le laïc Nicolas Motovilov est accablé par la question de savoir ce qui est le plus important dans la vie chrétienne, car il a perdu l’orientation dans la multitude de commandements et d’interdictions de l’Église de son temps et les ressent de plus en plus comme un fardeau. C’est pourquoi il se tourne vers le moine et ermite Séraphin de Sarov (1759-1833), qui lui donne une réponse d’une simplicité étonnante: «Le vrai but de la vie chrétienne consiste dans l’acquisition de l’Esprit Saint de Dieu».
Mais il ne reste pas avec une instruction en paroles. Séraphin emmène Nicolas dans la sombre forêt russe, et soudain ses yeux s’ouvrent : « Représentez-vous le visage d’un homme qui vous parle au milieu d’un soleil, dans l’éclat le plus éblouissant des rayons de midi. Vous voyez les mouvements de ses lèvres et l’expression changeante de ses yeux. Vous entendez sa voix. Vous sentez des mains qui vous serrent les épaules. Mais vous n’apercevez ni ses mains, ni son corps, ni le vôtre. Seulement une éclatante lumière qui se diffuse alentour sur plusieurs mètres de distance, illuminant la neige qui couvre la prairie comme celle qui tombe sur nos épaules, le grand starets et moi-même. Qui pourrait imaginer mon état en cet instant-là!»
La chaleur et le silence, la paix et la joie accompagnent cette expérience. Un «miracle» – oui, et pourtant aussi une expérience humaine élémentaire que nous connaissons, lorsque toutes les tensions, confusions et luttes de la vie se résolvent et tout devient clair et simple...
Sainte-Lucie peut être considérée comme une patronne du ministère diaconal dans le monde d’aujourd’hui
Ferrat chante avec le poète Aragon un chemin vers la lumière qui dissipe l’éclat: «Plein feu sur la noirceur des songes, plein feu sur les arts du mensonge. Flambe perpétuel été, flambe de notre flamme humaine, et que partout nos mains ramènent le soleil de la vérité". Nos mains, que peuvent-elles faire ici?
Sainte Lucie, que nous avons fêtée le troisième dimanche de l’Avent «Gaudete», nous ouvre une perspective: elle ne portait pas sa belle couronne de lumières, qui fait encore partie des coutumes de la fête, surtout en Scandinavie, pour des raisons esthétiques. Elle avait besoin d’avoir les mains libres pour apporter secrètement de la nourriture et d’autres dons à ses compagnons chrétiens persécutés. Pour cela, elle avait besoin de l’obscurité, car dans la lumière éblouissante de ses persécuteurs, elle mettait en danger soi-même et les autres.
Nous avons besoin de femmes diacres pour une église diaconale
Sainte-Lucie peut être considérée comme une patronne du ministère diaconal dans le monde d’aujourd’hui. Elle ne cherche pas le plein feu de la publicité intrusive, elle ne cherche pas le plein feu de la force militaire, elle ne cherche pas le plein feu du spectacle sur les scènes du monde où les grands et les puissants aiment tant se présenter et se faire célébrer. Elle dissipe la lumière «sur les arts du mensonge», elle ramène les choses et les gens au «soleil de vérité» qui nous est né à Noël, loin du «plein feu» des empires de ce monde.
L’année prochaine, je commencerai mon travail dans la nouvelle commission du Vatican que le pape François a convoquée pour examiner la possibilité d’un diaconat pour les femmes. S’il s’agissait simplement d’ajouter à «plein feu sur l’homme» encore «plein feu sur la femme», on n’y gagnerait rien. Nous avons besoin de femmes diacres pour une église diaconale. Et nos mains peuvent commencer aujourd’hui ... (cath.ch/be)
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Michel Maxime Egger: "Dieu est lumière et cette lumière est vie!" 6/6
Lorsqu'il tient l'enfant Jésus dans ses bras lors de la présentation au Temple, le vieillard Syméon s'exclame: "Mes yeux ont vu (…) la lumière qui se révèle aux nations". Plus qu'une métaphore ou un symbole, cette lumière est une expérience, explique le théologien suisse d'enracinement orthodoxe Michel Maxime Egger.
La Bible et la tradition chrétienne, en particulier orthodoxe, utilisent très souvent la notion de lumière pour parler de Dieu.
Dans l'Ecriture, on trouve en effet quantité d'expressions de Dieu comme lumière, du buisson ardent de Moïse au chemin de Damas où saint Paul est terrassé par la lumière. Avec bien sûr l'évangile de Jean où Dieu est lumière et en qui il n'y a pas de ténèbres. Les Pères de l'Eglise, comme Grégoire de Nazianze, en font un de leurs thèmes récurrents. Cette lumière, inaccessible, ineffable, incompréhensible se communique à l'humanité notamment en Jésus.
Doit-on y voir autre chose qu'une métaphore ou un symbole?
Dans la Bible et chez les Pères, il s'agit d'un aspect visible, réel de la divinité, qui renvoie à une expérience.
Le prologue de l'évangile de Jean relève que la manifestation de la lumière de Dieu passe par le Verbe incarné dans la personne de Jésus. Noël ou la Nativité rappelle ce Dieu qui se fait chair. La lumière divine va d'une certaine manière se concentrer dans Jésus qui naît. "Car en lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité", comme l'explique Paul aux Colossiens (2,9). Le vieillard Syméon lorsqu'il tient l'enfant Jésus dans ses bras lors de la présentation au Temple s'exclame: "Car mes yeux ont vu (…) la lumière qui se révèle aux nations".
La tradition orthodoxe lie sa réflexion sur la lumière à l'événement de la transfiguration.
Jésus monte sur la montagne avec trois de ses disciples et leur apparaît resplendissant de lumière au cœur d'une nuée. La discussion sur la nature de cette lumière et de cette expérience est à l'origine de la théologie orthodoxe des énergies incréées ou divines, qui n'a pas ou peu été reconnue par les autres confessions chrétiennes. Le débat, qui fait rage au XIVe siècle, porte sur la nature de la lumière contemplée par des moines du Mont Athos au cœur de leur prière.
A cette époque, Grégoire Palamas établit une distinction entre l'essence de Dieu et les énergies divines. Il utilise la métaphore du soleil et de ses rayons. Dieu dans son essence est inconnaissable, au-delà de tout nom, mais en même temps, il se manifeste par amour dans sa création à travers ses énergies qui sont comme les rayons du soleil. Or le soleil et ses rayons sont de même nature. C'est la conception de la grâce divine ou incréée, dans la tradition orthodoxe.
Dans ce sens, la transfiguration est la manifestation de la nature divine du Christ. A ce moment, le Christ n'est pas transformé, mais ce sont plutôt les yeux des apôtres qui s'ouvrent à la gloire de Dieu cachée jusque là. Un verset des Psaumes dit: "à ta lumière, nous verrons ta lumière." La lumière est ce qui est perçu et en même temps ce qui permet de percevoir. Les apôtres « tombent la face contre terre, saisis d’une grande crainte », car ils ne sont pas encore complètement prêts à la voir. L'expérience est à la mesure de l'état intérieur de la personne.
"Dieu est lumière et cette lumière est vie. Le Christ est le Vivant"
Vous parlez des énergies divines quelle est leur action?
C'est par ces énergies que Dieu se manifeste dans la création et se communique à l'être humain. Dans le buisson ardent qui brûle sans se consumer, Dieu dit à Moïse: 'Je suis celui qui suis'. Les langues de feu sur la tête des apôtres, lors de la Pentecôte, sont du même ordre. Saint Paul sur le chemin de Damas est jeté à terre par la lumière. Il en reste aveugle un certain temps, parce qu'il n'est pas encore capable de l’intégrer. Nous sommes au-delà de la réalité matérielle ou physique, mais le phénomène est bien réel et pas seulement symbolique. Il relève d'une expérience. Le sacrement du baptême fait aussi une référence explicite à cette illumination de tout l'être.
Les énergies divines, c’est leur deuxième mode d’action, sont également la puissance créatrice et dynamique au cœur de la création, comme l'explique notamment Cyrille d'Alexandrie. La création n'est pas achevée après les six jours de la Genèse, mais Dieu continue son œuvre dans le monde avec l'être humain qui devient co-créateur.
Cela amène à la troisième fonction des énergies divines qui sont source de vie. Dieu est lumière et cette lumière est vie. Le Christ est le Vivant. En lui la mort est vaincue. Enfin le dernier élément est la divinisation de l'être humain et de toute la création. C'est-à-dire que l'être humain, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, est appelé à participer à la vie divine en entrant dans sa lumière et en se laissant habiter par elle. Par l'ouverture à la grâce, la lumière déjà présente en lui, va pouvoir se manifester pleinement.
L'affrontement entre la lumière et les ténèbres traverse toute l'Ecriture.
Oui, on peut citer en période de Noël, le fameux passage d'Isaïe: "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi." (Is.9.1). C'est ainsi que la lumière se manifeste aux bergers dans la nuit de Noël. "La gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière", raconte l'évangéliste Luc (Lc 2.9)
Les ténèbres renvoient à tout ce qui, à l'intérieur de lui-même, empêche l'être humain de voir et de laisser passer la lumière: l'ignorance de sa vocation, le mensonge, l’inconscience, le sommeil de l'âme… Depuis son exil du paradis à cause d'un mauvais usage de sa liberté, l'être humain est dans l'aveuglement, fermé à la lumière. A l'inverse, les apôtres Jean ou Paul invitent à devenir des fils et filles de la lumière, à marcher comme des enfants du jour. Le chemin vers la lumière passe par l'ascèse, au sens de purification du cœur et d'unification intérieure en se libérant des passions et des divisions qui sont sources d'obscurité.
Les ténèbres sont aussi le royaume du Mal.
Les ténèbres renvoient aussi à l'action du Satan, l'adversaire. Autrement dit, le diable, celui qui divise, qu’il faut voir au-delà des mythologies et des représentations infantiles. Cette puissance spirituelle fait obstacle à la lumière divine parfois en se parant des attributs de la lumière et en faisant naître des illusions. Le nom de Lucifer (porte-lumière) fait allusion à cette lumière trompeuse qui nous attire vers la tentation de nous prétendre nous-mêmes des dieux. Dans le monde contemporain, cette tentation d'une 'divinisation sans Dieu' est très présente, sur tous les plans. C'est la raison pour laquelle le discernement est extrêmement nécessaire.
Précisément comment opérer ce discernement?
Selon les pères spirituels, la réalité d’une expérience de Dieu se mesure à ses fruits qui sont l'amour, l'humilité et la joie. A l'exemple de Marie qui, enceinte de Jésus, conservait ce mystère dans le secret de son coeur. L'envie de le raconter à tout le monde pour s'en vanter n'est pas un bon signe.
"La joie ne se fabrique pas par la pensée positive ou même par la prière. Elle est avant tout un don gratuit"
La joie au cœur des tribulations, selon les termes de Paul, est l’une des expressions de cette lumière, plus grande que toutes les souffrances et les peines. La joie ne se fabrique pas par la pensée positive ou même par la prière. Elle est avant tout un don gratuit. Elle n'est pas pour autant automatique. Il s'agit d'ouvrir un espace à l’intérieur de notre être et au sein de nos relations avec les autres et la nature pour que la présence et l'énergie divine puissent se manifester. Se connecter à cette énergie-là est une des voies pour traverser les épreuves et donner du sens. Ainsi les tristesses que nous ressentons face à nous-mêmes ou face à l'état du monde sont pour ainsi dire habitées et enveloppées. Ce dont témoignent toutes les traditions spirituelles.
Pour beaucoup de chrétiens Dieu reste le plus souvent vu comme une entité extérieure et lointaine.
C'est un des problèmes de la tradition occidentale qui a mis d’une manière exagérée l’accent sur la transcendance de Dieu. C’est le "Notre Père » qui est loin dans les cieux. Pour moi, cette théologie des énergies divines permet de retrouver un équilibre dynamique entre la transcendance et l’immanence de Dieu, c'est-à-dire sa présence au cœur de l'être humain et de la création.
"Nous avons un travail pour retrouver la dimension cosmique du Christ"
Certains théologiens ont défini les ténèbres comme de la lumière qui ne s'est pas encore manifestée, qui est restée prisonnière. La transfiguration ouvre ces ténèbres et libère la lumière. J'aime beaucoup cette vision. Ce qui ne veut pas dire que la nature et l'humain seraient divins par nature. On parle de panenthéisme (tout en Dieu et Dieu en tout), à ne pas confondre avec le panthéisme.
A un moment donné, les apôtres sortent de la nuée et doivent redescendre de la montagne de la transfiguration.
Les apôtres souhaitent construire des tentes pour rester au sommet de la montagne où ils ressentent la plénitude. Mais la vie spirituelle n’est pas une évasion hors du monde., A leur image, nous sommes appelés à redescendre dans la plaine, à faire l'expérience de Dieu dans sa création. Comme l'explique le pape François dans Laudato si, cette terre est sacrée parce qu'elle animée par l'Esprit et habitée par la présence du Christ.
Au moment où nous fêtons Noël, il est bon de rappeler la dimension magnifique de l'incarnation propre à la tradition chrétienne. Mais nous avons un travail pour retrouver la dimension cosmique du Christ, complémentaire de ses dimensions humaine et divine. Comme le dit Paul, le Christ récapitule en lui toutes choses (Eph.1.10). (cath.ch/mp)
Peut-on dire que la pensée des Pères de l'Eglise préfigure en quelque sorte les données de la science contemporaine?
Un nombre croissant de scientifiques, notamment chez les physiciens quantiques, sont ouverts à une dimension de mystère, d’une réalité qui dépasse l'explication rationnelle. Par exemple, les frontières entre l'énergie et la matière s'estompent en fonction du regard. J'ai l'impression que l'expérience de l'unité profonde et invisible du réel que les mystiques ont faite est de plus en plus confirmée par la science. En même temps la science restera toujours sur le plan de réalité du créé par rapport à l'incréé qui est le divin par essence. Mais nous pouvons trouver des résonnances, des analogies voire construire des ponts.
Parler de lumière et de soleil évoque la redécouverte des énergies renouvelables.
Oui cela participe de ce à quoi nous sommes appelés pour opérer la transition écologique, c'est-à-dire une reconnexion profonde à la terre à la nature. Dieu lumière est la source de la lumière que nous offre le soleil. Tout cela est lié à notre vie concrète, à travers les éléments de la nature qui vit en nous et dont nous sommes partie. Cette démarche dépend de processus économiques ou politiques, mais elle contribue aussi à à la redécouverte de notre vocation d'intendant ou jardinier de la planète. MP
Michel Maxime Egger
Sociologue de formation, journaliste pendant une dizaine d’années, écothéologien d’enracinement orthodoxe et acteur engagé de la société civile, Michel Maxime Egger, a accompli pendant plus de vingt ans un travail de plaidoyer pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables.
En 2016, il a rejoint l'œuvre d'entraide protestante Pain pour le Prochain avec pour mission de créer et développer un laboratoire de la transition intérieure, dans l'interface entre la société civile et les milieux d'Eglise. Ce laboratoire est aujourd’hui porté également par Action de Carême.
Il est l'auteur d'essais sur l'écospiritualité et l'écopsychologie, notamment La Terre comme soi-même (2012) et Soigner l'esprit, guérir la Terre (2015), parus chez Labor et Fides, où il codirige la collection «Fondations écologiques», ou tout récemment Se libérer du consumérisme (Jouvence, 2020). Il vient de publier également L’être caché du cœur (Labor et Fides, 2020), une anthologie de textes mystiques sur la prière du cœur et l’expérience de la lumière divine. On retrouve une partie de ses réflexions sur www.trilogies.org. MP
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