Bénévolat: Jean-Paul Aloysius, enfant de chœur et de cœur à Genève
Qui sont les bénévoles en Église, qu’est-ce qui les motive? A l’occasion de la Journée internationale des volontaires du 5 décembre 2024, cath.ch part à la rencontre de quelques-uns d’entre eux.
Bénévolat: Jean-Paul Aloysius, enfant de chœur et de cœur à Genève
Simon Escalle: bénévole en paroisse, «Je nourris ma foi par les actes»
Bénévolat: “Rendre un peu de ce que nous avons reçu”
Le bénévolat: se faire plaisir et se former en aidant les autres
Bénévolat: Jean-Paul Aloysius, enfant de chœur et de cœur à Genève
Qui sont les bénévoles en Église, qu’est-ce qui les motive? A l’occasion de la Journée internationale des volontaires du 5 décembre 2024, cath.ch part à la rencontre de quelques-uns d’entre eux.
Bénévolat: Jean-Paul Aloysius, enfant de chœur et de cœur à Genève
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Simon Escalle: bénévole en paroisse, «Je nourris ma foi par les actes»
Simon Escalle est bénévole à la paroisse du sacré-Cœur de Sion. Le curé lui a demandé de prendre en charge la «Messe 18» du dimanche où il est responsable de l’acceuil, de l’animation et de l’apéro. Un bon moyen pour ce trentenaire de «nourrir sa foi par les actes», au service de tous.
Bénévolat: “Rendre un peu de ce que nous avons reçu”
Elles ne sont pas moins de quatre bénévoles pour recevoir le journaliste à la paroisse catholique de Payerne. Toutes font partie de la Conférence Saint-Vincent de Paul mise en place il y a un an dans l’unité pastorale valdo-fribourgeoise de Saint Barnabé.
Le bénévolat: se faire plaisir et se former en aidant les autres
«Les premières motivations des bénévoles réside dans la joie de l’engagement et d’’être ensemble’ dans l’activité», explique à cath.ch Isabelle Jonveaux, sociologue des religions au bureau romand du SPI. A la suite des portraits de bénévoles que cath.ch a publié ces dernières semaines, elle fait le...
Bénévolat: Jean-Paul Aloysius, enfant de chœur et de cœur à Genève
Qui sont les bénévoles en Église, qu’est-ce qui les motive? A l’occasion de la Journée internationale des volontaires du 5 décembre 2024, cath.ch part à la rencontre de quelques-uns d’entre eux. Depuis plus d’une décennie, soit la moitié de sa vie, Jean-Paul Aloysius est servant de messe à Genève. Une manière pour lui de «rendre à la société» ce qu’il a reçu et de faire communauté.
La famille, la foi catholique, les liens sociaux et communautaires sont les piliers sur lesquels Jean-Paul Aloysius, 21 ans, s’appuie pour construire sa vie. Et ce sont eux qui l’ont conduit à s’engager comme enfant de chœur, à la paroisse anglophone St-Nicolas de Flüe d’abord, pendant 10 ans, puis à la paroisse St-Joseph, dans le quartier des Eaux-Vives. Depuis deux ans, il y assure fidèlement ce service tous les samedis soirs, avec un groupe d’une dizaine d’autres bénévoles, dont son frère James, 14 ans.
Être enfant de chœur demande de la constance, et le jeune homme ne paraît pas en manquer. Ce bénévolat structuré, bien cadré, est compatible avec ses autres activités, explique-t-il, en particulier ses études de médecine qu’il vient de débuter. Ce qui ne l’empêche pas de donner un petit coup de main supplémentaire lors d’événements ponctuels, comme des messes de confirmation ou des ventes de pâtisserie en vue de récoltes de fonds.
L’apprentissage de la solidarité
Né en Grande-Bretagne, d’une mère originaire de Singapour, «où le catholicisme est bien ancré dans la société», et d’un père d’origine indienne, Jean-Paul rejoint la Suisse avec ses parents en 2006. «Mes parents sont très croyants. La religion tient la place centrale dans notre foyer. Mon prénom d’ailleurs est lié en partie au pape Jean Paul II, qui s’est rendu à Singapour et avec qui ma mère a eu l’occasion d’échanger quelques mots.»
La famille s’établit à Veyrier, une commune genevoise située aux pieds du Salève, où Jean-Paul fréquente l’école primaire ‘La Salesienne’ – un institut catholique longtemps dirigé par les sœurs de Don Bosco.
«Ce n’est pas une grande école, tout le monde se connaît. Il y règne aussi un esprit de solidarité. Les sœurs étaient très attentives, toujours prêtes à discuter avec chacun d’entre nous. Elles nous ont appris à aider ceux qui vivent des temps plus durs. J’avais un ami qui avait des difficultés scolaires, avec un léger syndrome d’autisme, un problème cardiaque et des parents en train de divorcer. Elles m’ont enseigné à être là pour lui, à me tenir à ses côtés, moi qui avais la chance d’avoir la santé et un foyer stable.»
Aujourd’hui, Jean-Paul est toujours encore en contact avec les sœurs de la communauté salésienne de Veyrier. Il participe parfois à la messe là-bas, mais pas en tant qu’enfant de chœur, car elles ont assez de volontaires pour cela, précise-t-il. «Par contre, elles m’appellent quand elles ont un problème ‘technique’, avec l’un de leurs téléphones par exemple. Elles ne sont pas très habiles avec ce qui est technologique et c’est normal car c’est aussi une question de génération», souligne-t-il avec un petit rire.
Des cailloux et des anges sur le chemin
Pour ce jeune homme sociable, la vie communautaire est source de bien-être et toute mise à l’écart d’autant plus mal vécue. Il en fait la cruelle expérience à 13 ans, quand il intègre le Collège de Genève avec deux ans d’avance. Le décalage d’intérêt avec ses camarades est trop grand. «Ça a été un gros choc et je n’ai pas réussi à me faire beaucoup d’amis. J’étais isolé et c’était difficile.» L’échec scolaire s’en suit.
L’adolescent intègre alors l’École de culture générale, passe sa maturité en option santé, fait des stages dans le domaine hospitalier auprès d’un cardiologue... «C’est à travers mes échecs et deux années ‘sabbatiques’ forcées que j’ai découvert que je voulais devenir médecin. J’y vois un signe de Dieu. Le chemin a pris un sens», déclare Jean-Paul. Ce sont aussi, du reste, deux rencontres effectuées durant de ce parcours scolaire un brin chaotique qui le mènent à s’engager à St-Joseph.
Marlène et Jérôme
«Marlène et Jérôme ont été les portes d’entrée de ma famille ici. Marlène est une prof d’anglais que j’ai eu à la Salésienne. Elle fréquentait l’église St-Joseph et elle a invité ma famille à découvrir la paroisse. Nous avons aimé la façon dont l’abbé Thierry Schelling (le curé modérateur de l’UP Eaux-Vives et Champel, et le répondant de Saint-Joseph: ndlr) exprime la foi. Il se rapporte toujours dans son homélie à des choses de la vie de tous les jours, faciles à comprendre et parlantes pour chacun. En plus, il y a une vraie communauté paroissiale ici. Les gens sont toujours prêts à s’entraider et il y a beaucoup de jeunes.»
Ce sentiment de former une communauté, Jean-Paul dit l’avoir aussi trouvé dans le groupe des enfants de chœur - ‘Les ados du cœur’ - de la paroisse. Ils se retrouvent parfois en dehors des messes pour des activités de loisirs, en compagnie de l’abbé Schelling. «J’avais eu des cours de santé avec Jérôme, le plus vieux et expérimenté des enfants de chœur de St-Joseph. Il m’a repéré sur les bancs durant la messe. C’est grâce à lui que j’ai rejoint le groupe des servants de messe des Eaux-Vives. Cela me permet d’être actif durant la messe, de retrouver le samedi des visages connus et de prier avec la communauté.»
Jean-Paul souligne encore, avec bonne humeur, comment ce service varie selon l’abbé auprès de qui il est effectué. «Nous servons l’abbé Thierry Schelling mais aussi l’abbé Karol Garbiec, qui fait les messes en polonais. Chaque prêtre a sa manière de faire, avec ses petites subtilités.» Quand c’est l’abbé Thierry, explique-t-il, les servants de messe portent par exemple l’Évangile lors de la procession d’entrée, ce qui n’est pas le cas avec l’abbé Karol. Ils sont aussi appelés à donner la communion, alors que l’abbé Karol ne recourt à eux que s’il n’y a pas assez de monde pour la donner.
Une marque de reconnaissance
Mais pourquoi donner de son temps à l’Église plutôt qu'à une association laïque? «Nous avons de la chance, nous vivons dans un pays stable, sans guerre. Faire du bénévolat, c’est une façon pour moi de rendre un peu tout ce que j’ai reçu de la société. Mes parents m’ont toujours enseigné que c’était important. Et si le fais en tant qu'enfant de chœur, c’est pour marquer ce que la foi me donne.»
«La foi m’a aidé pendant mes périodes plus difficiles, quand j’ai raté le collège par exemple, poursuit le jeune homme. Elle habite aussi de manière heureuse mon quotidien. Chaque soir, je fais une prière avant de dormir, et le matin, quand je me lève, je remercie Dieu de m’avoir donné cette journée.»
Un service rendu avec conviction
Combien de temps encore Jean-Paul image-t-il continuer à servir la messe ici, lui qui a déjà été dix ans enfant de chœur à la paroisse St-Nicolas de Flüe? «C’était long», glisse-t-il, avant d’enchaîner, «mais je remplissais ce rôle par tradition quand j’étais enfant. Aux Eaux-Vives, je le fais par conviction. Et il n’y a pas d’âge pour cette fonction. Pour l’instant, je continue, jusqu’à ce que la relève soit assurée en tout cas.» (cath.ch/lb)
Le bénévolat en Suisse a la cote
L’Observatoire du bénévolat en Suisse a été créé en 2002 à l’initiative de la Société suisse d’utilité publique. Il dresse régulièrement un état des lieux de l’engagement bénévole en Suisse, basé sur une large enquête. La dernière enquête date de 2020 et la prochaine aura lieu en 2025.
Le travail bénévole pris en compte comprend les activités non rémunérées en faveur d’une organisation, d’une association ou d’une institution publique (travail bénévole organisé) et les prestations non rémunérées fournies à titre volontaire à des personnes qui ne vivent pas dans le même ménage (travail bénévole informel).
Selon les chiffres relatifs à l’année 2020, et publiés par l’Office fédéral de la statistique, 41% de la population résidente permanente du pays de 15 ans et plus déclare avoir effectué du travail bénévole (organisé et/ou informel) au cours des 4 dernières semaines, à savoir près de 3 millions de personnes. En moyenne, elles ont accompli 4,1 heures de bénévolat par semaine.
Le travail bénévole organisé est plus souvent l’affaire des hommes, et l’informel celui des femmes, âgées de 55 à 74 ans en particulier. Le bénévolat est aussi plus pratiqué par les diplômés de degré tertiaire et par les habitants de Suisse alémanique.
Le bénévolat dans des institutions religieuses vient en 4e position, après les associations sportives, de loisirs et culturelles. Il est prioritairement l’apanage des femmes (près de 2 volontaires sur 3). LB
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Simon Escalle: bénévole en paroisse, «Je nourris ma foi par les actes»
Simon Escalle est bénévole à la paroisse du sacré-Cœur de Sion. Le curé lui a demandé de prendre en charge la «Messe 18» du dimanche où il est responsable de l’accueil, de l’animation et de l’apéro. Un bon moyen pour ce trentenaire de «nourrir sa foi par les actes".
A droite, au pied de l’autel, une jeune femme se chauffe la voix sur quelques accords de ukulélé. Non loin, deux étudiantes échangent à voix basse sur les chants à prendre à la messe. Des ombres s’activent à la mise en place d’éclairages, d’une image du Sacré-Cœur avec des bougies, dans l’église pour l’instant éclairée a minima. La moyenne d’âge ne pas doit pas dépasser les 25 ans. Parmi elles, Simon Escalle.
La trentaine, plus du mètre huitante, athlétique et souriant, il va et vient d’un groupe à l’autre pour s’assurer que tout se passe bien. Il y a quelques temps, il a accepté la responsabilité de la «Messe 18» (à 18h) le dimanche à l’église du Sacré-Cœur de Sion. Il supervise les pôles de l’accueil, de l’animation et de «l’after» (entendez l’apéro ou la soupe que les fidèles sont invités à partager après la célébration). "Je ne suis pas seul, chacun des 'dicastères' a un responsable avec lequel je travaille."
«On se cherche encore»
«Nous en sommes encore à un stade embryonnaire. On se cherche encore et nous devons recruter du monde. On a fédéré un bon groupe de base, mais nous devons étoffer notre répertoire téléphonique des jeunes pour l’animation. Actuellement, nous sommes assurés d’avoir deux ou trois personnes chaque dimanche pour l’animation». Avec une violoniste, une joueuse de ukulélé et deux voix, pour le bénévole, c’est un bon dimanche côté animation.
Il a des projets pour la sonorisation qu’il faut moderniser. «Nous essayons aussi de mettre en place une méditation d’un quart d’heure avant la messe. On verra ce que ça donnera». Au seuil du chœur, deux jeunes étudiantes tentent de positionner au mieux une grand poster d’un Jésus au Sacré-Cœur, en testant différents alignements de bougies.
Par les jeunes et pour tous
«C’est la messe 'par les jeunes’ et 'pour tous’. L’horaire permet en effet aux étudiants de faire une halte après une journée à la montagne avant de reprendre leur train pour Lausanne, Genève ou Fribourg, résume-t-il. Tout le monde est bienvenu, y compris les familles!»
Il avait auparavant proposé ses services à la paroisse de Saint-Guérin, lorsqu’il est arrivé à Sion. Simon a ensuite été approché par l’abbé Jean-François Luisier, curé du Sacré-Cœur qui lui a proposé de prendre en charge la «Messe 18». Après un délai de réflexion, Simon a accepté: Après avoir reçu, il faut donner et c’est une manière pour le trentenaire de nourrir sa foi par les actes.
Le scoutisme et la Route pour la vie de foi
Un engagement naturel pour le jeune homme qui grandit dans une famille où la foi est habituelle. Originaire de Briançon, dans le sud-est de la France, Simon grandit dans une famille croyante, les parents sont pratiquants. Simon est d’abord servant d’autel avant de s’engager chez les scouts d’Europe. Il poursuit dans un groupe de La Route (une branche aînée du scoutisme, destinée aux scouts de plus de 17 ou 18 ans). Ce temps passé à marcher en prière sera déterminant pour la suite et permet à Simon d’approfondir sa foi dans le silence, la méditation et la lecture. Il est en charge d’un clan pendant un an.
«Je me suis engagé dans la Route Chantante. Deux semaines par an, nous allions un peu partout en France dans des paroisses défavorisées pour animer les messes et donner un coup de main.»
A-t-il songé à une vocation religieuse? «Oui. J’ai demandé à Dieu un signe». Le signe s’est fait attendre. «Je lui ai mis un ultimatum.» Et la réponse? «Klara, ma femme, que j’ai rencontrée en 2015 sur une ile, dans l’océan Arctique».
Mission en mer du Groenland
En parallèle de sa vie de foi, un parcours d’études scientifiques l’amène dans une école d’ingénieurs en mécatronique à Besançon. Il y obtient l’équivalent d’un master en Suisse. Puis un master 2, à Paris, dans le domaine du biomédical. Mais cette voie s’avère décevante à un moment où un ami lui parle d’un cdd à l’Institut polaire français. C’est-à-dire un poste comme ingénieur mécanicien, responsable du matériel technique d’une base située à Ny-Âlesund, sur l’archipel norvégien de Svalbard, dans la mer du Groenland.
La mission se déroule bien, l’ambiance est bonne dans l’équipe de scientifiques qui viennent effectuer leurs recherches à la base. Il fait la connaissance de Klara, une jeune scientifique allemande qui étudie le phytoplancton. Pas d’église pour prier, pas de messe et personne avec qui partager sa foi pendant un an. «C’était difficile pour ma vie de foi. J’avais aménagé un coin de prière dans ma chambre. J’ai découvert les psaumes que je lisais le matin et le soir».
Après un retour en France, un séjour en Allemagne auprès de sa future femme et un passage en Autriche, Simon a fini par poser ses valises à Sion, où il s’est installé avec Klara. Ils ont un bébé de 5 mois. Il compte bien se poser à plus long terme.
Le jeune homme est ravi de se mettre au service de tous, «et du plus faible en particulier, comme je l’ai appris avec les routiers». De plus, son engagement lui permet de faire communauté. Une bonne chose pour faire des connaissances dans une ville où il a débarqué sans connaître personne. (cath.ch/bh)
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Bénévolat: “Rendre un peu de ce que nous avons reçu”
Elles ne sont pas moins de quatre bénévoles pour recevoir le journaliste à la paroisse catholique de Payerne. Toutes font partie de la Conférence Saint-Vincent de Paul mise en place il y a un an dans l’unité pastorale valdo-fribourgeoise de Saint Barnabé. “Nous sommes encore en phase d’apprentissage”, avouent Marie-Jeanne, Véronique, Danièle (1) et Danièle (2).
Marie-Jeanne est enseignante retraitée. “Je me suis beaucoup occupée de ma maman et de ma soeur aujourd’hui décédées et j’ai voulu continuer à rendre service. C’est ainsi que j’ai répondu à l’appel de la paroisse. Véronique vient aussi de l’enseignement. “Je suis maman et grand-maman et j’ai été sollicitée par ma soeur Catherine qui est agente pastorale ici à Payerne. Quand mes enfants étaient petits j’avais été catéchiste. Dans l’enseignement, nous faisons beaucoup de social mais pas tout à fait dans ce sens-là.”
Danièle (1) est arrivée à Payerne il y a trois ans. “J’ai connu la conférence St-Vincent de Paul par une amie de Fribourg et je garde de très bons contacts avec les Filles de la charité. Je m’occupe du secrétariat du groupe.” Danièle (2), ancienne infirmière, avait déjà d’autres engagements bénévoles. “En fait je suis réformée et j’ai même été présidente de la paroisse protestante, mais l’idée de travailler de manière œcuménique m’a plu.”
Avant leur engagement, les quatre femmes ne connaissaient pas le travail des Conférences St-Vincent de Paul fondées à Paris au milieu du XIXe siècle par Frédéric Ozanam pour venir en aide aux miséreux. Bien implantées dans le canton de Fribourg, les conférences ne l’étaient encore que peu dans le canton de Vaud. “Nous avons passé une journée à Fribourg chez les Filles de la charité qui nous ont introduites à l’esprit des conférences.”
"La foi ce sont les actes"
Toutes les quatre se considèrent comme des 'privilégiées' et pour elles il a été tout naturel, une fois la retraite arrivée, de 'rendre' un peu de ce qu’elles avaient reçu. “La foi, ce sont les actes. Mon engagement découle de ma foi que j’ai retrouvée après avoir perdue ma confiance en l’Église pendant quelques années”, raconte Danièle (1). Marie-Jeanne parle de la fraternité qui lie tous les humains. Véronique évoque “le lien avec la tradition. Mes enfants ont été baptisés et confirmés. Je ne suis pas forcément une pratiquante très régulière, mais maintenir ce lien est important. Cet engagement me permet aussi de garder des liens sociaux.” “C’est une manière de vivre ma foi en essayant d’apporter quelque chose aux autres, mais aussi en recevant beaucoup d’eux”, complète Danièle (2).
L’aspect personnel et humain prime
L’aspect personnel et humain prime ainsi sur l’aide matérielle. “Nous essayons de comprendre et d’aider, par exemple à faire un budget ou à solliciter une aide officielle. Pour moi c’est une découverte, parfois difficile aussi. La misère matérielle est souvent sociale. Nous rencontrons beaucoup de solitude, relève Danièle (2).
“Nous faisons toujours nos visites chez les gens à deux. Ensuite, nous rapportons le cas lors de la réunion de la conférence et nous pouvons décider des mesures à prendre. Les aides sont le plus souvent ponctuelles. L’idée étant, le plus possible, de donner aux personnes les moyens de s’en sortir”, renchérit Véronique. “Dans ce sens, aller à domicile et ne pas convoquer les gens dans un bureau est important.”
"Nous ne pouvons pas aider tout le monde, mais tout le monde peut aider quelqu'un" Ronald Reagan
Les conférences St-Vincent de Paul ne font aucune distinction de religion, de nationalité ou de classe sociale. Elles veillent aussi à protéger l’anonymat et la vie privée des bénéficiaires. Leur clientèle est très variée: familles mono-parentales, personnes âgées isolées, jeunes à la dérive, victimes d’addictions. “Les gens dans la précarité se coupent de la vie sociale, à cause des difficultés ou par honte. Certains sont découragés et se laissent aller. Nous essayons de leur donner un coup de pouce”, explique Danièle (2). Comme à cette maman et son fils de 15 ans qui vit de sa petite rente AI et dont le mari est parti à l’étranger. Elle avait, de plus, une grosse facture de dentiste. Dans l’attente du versement de sa rente, elle n’arrivait pas à boucler son mois. “Ces visites nous obligent aussi à réfléchir aux situations, à nous questionner, à ne pas porter de jugement. A admettre qu’il n’y a pas de solution miracle. “
“Les questions financières sont souvent complexes, avoue Marie-Jeanne. Heureusement nous avons dans l’équipe une assistante sociale qui nous donne les bons tuyaux et nous aide à obtenir les aides officielles, c’est souvent beaucoup de paperasse, de documents, de formulaires, de signatures...”
Une aide sur appel 7 jours sur 7
Les membres de la conférence répondent essentiellement aux appels téléphoniques des personnes dans le besoin. “Nous assurons une permanence grâce à un téléphone portable que nous nous passons entre nous. Nous essayons de répondre aux sollicitations dans la semaine. Cette réaction et cette souplesse sont importantes, car obtenir une aide officielle peut demander des semaines, voire des mois. Cela peut aller d’un bon d’achat au règlement d’une facture, voire à une contribution pour le payement d’une voiture pour une personne habitant un hameau isolé, ou encore à signaler la personne aux cartons du cœur.“
Vente de chocolat
Les bénévoles ne cachent pas non plus quelques désillusions face à certains 'professionnels’ de l’aide. Elles sont aussi conscientes de ne pas devoir attendre une forte reconnaissance. “D’un côté, c’est très bien, si ce que nous recherchons est que les personnes s’en sortent par elles-mêmes. Nous ne sommes pas un service social, dont nous n’avons ni les moyens ni les compétences. “
Pour financer ses engagements, la Conférence St-Vincent peut compter sur des contributions des paroisses et des communes, sur des quêtes ou des dons privés. Enfin, cette année la conférence bénéficiera du produit d’une vente de chocolat à la sortie des églises. “C’est l’occasion de glaner quelques sous mais aussi de nous faire connaître. Certains préfèrent le chocolat au lait, d’autres aux noisettes, mais la plupart de gens sont assez généreux.” Sur l'emballage du chocolat elles ont écrit une devise attribuée l'ancien président américain Ronald Reagan: ""Nous ne pouvons pas aider tout le monde, mais tout le monde peut aider quelqu'un". (cath.ch/mp)
Les conférences St-Vincent de Paul
Les Conférences de Saint-Vincent de Paul forment une association chrétienne caritative. Elle agissent sur le terrain et dans le monde entier. Le nom provient de saint Vincent de Paul, qui s’engageait déjà au 17e siècle en France en faveur des pauvres, des malades. En 1833, le laïc Frédéric Ozanam a fondé à Paris la première conférence. Depuis, le mouvement vincentien s’est étendu à plus de 140 pays et rassemble quelque 800’000 bénévoles.
En Suisse, la première conférence a été fondée en 1846 à Genève. Jusqu’en 1900, des conférences ont été créées dans plusieurs régions de Suisse.
Chaque association agit de manière indépendante. Elle décide elle-même de la manière dont l’aide est apportée et des projets qui sont réalisés. Les conférences sont regroupées par région. Des événements annuels servent à échanger des expériences et à renforcer l’action commune.
Les personnes de tout âge, sexe ou origine qui souhaitent participer aux activités caritatives et les soutenir sont les bienvenues. MP
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Auparavant, le bénévolat se situait dans la durée alors qu’il est aujourd’hui plus ponctuel. Comment expliquez-vous cela?
C’est une tendance générale de la société qui a plus de mal à s’engager d’une manière longue. Globalement, cela correspond au principe des options: "si j’ai une meilleure option qui se présente, je la favorise et je change mon engagement." L’engagement ne sera plus régulier, parce que les gens veulent ménager leur liberté de choisir ce qui leur va le mieux. Les gens veulent pouvoir essayer: «Est-ce que ça me plaît ou pas?» L’idée d’en retirer quelque chose pour soi a remplacé la notion de sacrifice. Nous ne sommes plus dans la perspective: «donner sans attendre d’autre récompense que elle de savoir que je fais sa sainte volonté» (saint Ignace), mais d’en récupérer quelque chose de personnel.
"L’idée d’en retirer quelque chose pour soi a remplacé la notion de sacrifice."
La crise des abus a-t-elle eu une influence sur le bénévolat?
L’enquête sur l’Eglise catholique de Saint-Gall a montré qu’il n’y a pas eu d’influence sur le bénévolat. Il y a un recul du nombre de servants de messe, mais qui n’est pas un effondrement. La pandémie a en revanche eu une incidence plus grande. Moins de gens sont revenus après le covid et ce n’est pas propre à l’Eglise.
Le bénévolat implique une notion de gratuité par opposition à une rémunération. Est-ce qu’on ne parlerait pas plutôt de service en Eglise?
Selon l’enquête effectuée à l’échelon de la Suisse, on constate que le remboursement de frais ou l’obtention d’une contrepartie ne jouent pas dans l’engagement des bénévoles, qui souhaitent donner un sens à leur engagement.
En Eglise, le bénévolat concerne-t-il plus la paroisse, l’aide aux personnes âgées, les festivals ou les activités pour les jeunes?
Globalement, l’engagement bénévole concerne plus le fonctionnement de la paroisse en tant que telle, puis les jeunes et l’aspect social de l’Eglise. L’engagement est moindre pour la santé car il faut une formation. Des événements particuliers, telles qu’une fête patronale ou un festival, vont mobiliser un grand nombre de bénévoles ponctuellement le temps d’un week-end.
"Globalement, l’engagement bénévole concerne plus le fonctionnement de la paroisse en tant que telle."
Comment voyez-vous le bénévolat des plus jeunes?
Les 16-18 ans, ont plus de mal à s’engager, faute de moyen et d’autonomie. Mais les étudiants plus âgés ou les jeunes adultes, moins liés à la structure familiale, apprécient qu’on leur confie des responsabilités. Ils ont le souhait d’acquérir des compétences qui pourront être valorisées dans un engagement professionnel. Le bénévolat participe à leur formation. Ils en retirent quelque chose de personnel. Être bénévole «ensemble», avec des amis compte aussi beaucoup à leurs yeux, parce qu’ils auront plus de plaisir dans leurs activités.
Les jeunes peuvent plus facilement se former en Eglise… Avec la formation «Jack» dans le canton de Vaud ou le parcours «JB» (Jeune bénévole) dans le diocèse de Sion. C’est une manière pour l’Eglise pour motiver ses bénévoles?
Oui, il est important pour eux d’acquérir des compétences, de le marquer sur leur CV, de mettre en avant des compétences d’animation de groupe, de gestion de projet. Autant d’activités qu’ils peuvent valoriser dans le monde du travail. Ils y trouvent donc aussi un intérêt.
Dans la structure de la pastorale des jeunes, il y a peu d’employés, les jeunes ont été assez tôt appelés à prendre des responsabilités.
Oui comme à Genève par exemple, ce qui fonctionne bien. Mais quand ils grandissent, ces jeunes aimeraient proposer leurs propres compétences pour faire évoluer l’Eglise en y apportant quelque chose. Le problème, c’est que les compétences attendues de l’Eglise sont essentiellement des compétences estampillées «religieuses/pastorales» et qui ne sont pas toujours ce que des jeunes aimeraient apporter. Ce sont plutôt, par exemple, des compétences techniques, informatiques qui sont jusque-là peu valorisées.
"Ces jeunes aimeraient proposer leurs propres compétences pour faire évoluer l’Eglise."
Un phénomène de tradition familiale qui peut jouer, lorsque la famille est pratiquante, on se tournerait plus naturellement vers un bénévolat en Eglise?
Cela ne ressortait pas particulièrement dans mon étude sur les jeunes en Eglise, mais il apparaît qu’ils s’engagent dans le bénévolat pour prendre des responsabilités. Plutôt que de rester dans la frustration, ils s’engagent pour faire évoluer le monde.
L’Eglise est-elle le plus gros «employeur» de bénévoles en Suisse?
Je pense que les Eglises arrivent en tête, en particulier l’Eglise catholique qui est très présente en tant qu’organisation dans la société. En revanche, dans les domaines d’engagement, le sport, qui se subdivise en une multitude de petites associations, arrive en première position. Les organisations culturelles et de temps libre (ou de «hobby») suivent en deuxième et troisième position. L’Eglise se place au quatrième rang devant les domaines du social et du caritatif. (cath.ch/bh)
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