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    La ville d'Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis

    COP28: le pape François se rendra à Dubaï

    Le pape François fera le déplacement à Dubaï pour participer à la COP28, le sommet international sur le climat, qui débutera le 30 novembre, ont confirmé au quotidien français La Croix plusieurs hautes sources vaticanes. Une première pour un pape.

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    COP28: le pape François se rendra à Dubaï

    La présence du pape à la COP28 montre que la défense de l’environnement constitue un thème central de son pontificat
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    COP28: la présence du pape à Dubaï peut stimuler une «paradiplomatie»

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    Le pape fixe le cap écologique avec des politiques italiens

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    Le programme du pape François à la COP28 à Dubaï

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    Le pape François confirme sa participation à la COP28 à Dubaï

    | © Vatican Media
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    Le pape renonce à son voyage à Dubaï sur les conseils de ses médecins
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    Le pape François annule son voyage à Dubaï pour la COP28

    A la COP28 de 2021, le cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Saint Siège, avait lu un message du pape François aux chefs d'État présents à Glasgow, en Écosse
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    COP28 de Dubaï: le cardinal Parolin représentera le pape François

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    La ville d'Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis © Pixabay

    COP28: le pape François se rendra à Dubaï

    Le pape François fera le déplacement à Dubaï pour participer à la COP28, le sommet international sur le climat, qui débutera le 30 novembre, ont confirmé au quotidien français La Croix plusieurs hautes sources vaticanes. Une première pour un pape. François devait se rendre à la COP 26 en 2021, mais le voyage n'avait pas eu lieu.

    L’information avait été annoncée comme une hypothèse par deux médias anglo-saxons, The Pillar et Reuters, elle a été confirmée à La Croix par de hautes sources vaticanes. Le pape François se rendra bien à la COP28, qui aura lieu à Dubaï, aux Émirats arabes unis, du 30 novembre au 12 décembre.

    Il a pris sa décision ces derniers jours, après avoir rencontré au Vatican, le 11 octobre, le président désigné de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat. Le pape devrait ainsi se rendre aux Émirats arabes unis au début du sommet, lors duquel il prendrait alors la parole de manière solennelle.

    Au cours de sa rencontre avec le sultan Al Jaber, désigné à la tête de la COP28 en janvier, qui est aussi président de la compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi et ministre de l’industrie et de la technologie innovante du pays, les deux hommes ont notamment évoqué la nécessité d’un «plan d’action détaillé» pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, conclu en 2015. Un traité international dans lequel les parties s’étaient engagées à maintenir «l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels» et à poursuivre les efforts «pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels». Un mécanisme fragilisé par le retrait de cet accord en 2017 des États-Unis de Donald Trump.

    Une première

    Ce serait la première fois qu’un pape participerait à une conférence des Nations Unies sur les changements climatiques. En octobre 2021, les évêques écossais avaient annoncé que le pape argentin participerait à la COP 26 de Glasgow mais ce voyage n’avait finalement pas eu lieu. En 2015, la rédaction de l’encyclique Laudato si’ sur «la sauvegarde de la maison commune» avait été accélérée pour qu’elle puisse être publiée en amont de la COP 21 de Paris.

    Le pape espère «un tournant» dans la lutte contre le réchauffement

    Le 4 octobre dernier, le pape François a publié une actualisation de cette encyclique sur l’écologie dans une exhortation apostolique intitulée Laudate DeumLouez Dieu. Il y dédie un chapitre entier à la prochaine conférence sur le climat avec ce titre: «Que peut-on espérer de la COP 28 de Dubaï?».

    Dans ce chapitre, le pontife dit espérer «un tournant» en décembre prochain et fixe des objectifs élevés à ce sommet: la mise en place de «formes contraignantes de transition énergétique». Elles devront être «efficaces, contraignantes et facilement contrôlables». «Ce n’est que de cette manière concrète qu’il sera possible de réduire notablement le dioxyde de carbone et éviter à temps les pires maux», prévient-il, arguant par ailleurs que de telles mesures rétabliraient «la crédibilité de la politique internationale».

    Ce voyage à Dubaï serait le deuxième du pape François aux Émirats arabes unis. Le pontife s’était rendu dans la capitale Abou Dabi en février 2019 pour y signer avec le Grand Imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayeb, le document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune. (cath.ch/lcx/imedia/bh)

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    La présence du pape à la COP28 montre que la défense de l’environnement constitue un thème central de son pontificat © Vatican Media

    COP28: la présence du pape à Dubaï peut stimuler une «paradiplomatie»

    Le pape François se rendra à Dubaï, du 1er au 3 décembre 2023, à l’occasion de la COP28. Il sera le premier pontife à participer à un sommet international sur le climat. François Mabillle, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), analyse cette participation historique du pape François à la COP28 à la lumière des efforts diplomatiques du Saint-Siège au cours des dernières décennies.

    Propos recueillis par Cyprien Viet/I.Media

    Depuis le pontificat de Paul VI, les papes ont investi les enceintes onusiennes, permettant au Saint-Siège de retrouver une légitimité internationale perdue après la chute des États pontificaux au XIXe siècle. Dans son exhortation Laudate Deum sur le changement climatique publiée le 4 octobre, le pape a rappelé l’importance du multilatéralisme et des accords internationaux afin d’affronter ces défis écologiques et sociaux qui ont un impact sur l’ensemble de l’humanité. François Mabillle, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), analyse cette participation historique du pape François à la COP28.

    Cette participation du pape à la COP28 marque-t-elle une nouveauté dans l’histoire des relations internationales du Saint-Siège, ou s’inscrit-elle dans la continuité de l’action diplomatique de ses prédécesseurs?
    François Mabille: La présence du pape dans une instance internationale est relativement classique, car les papes se sont régulièrement déplacés au sein de l’ONU. Cette présence personnelle du pape à la COP28 montre toutefois que la défense de l’environnement constitue un thème central de son pontificat, comme l’ont prouvé son encyclique Laudato si’ (2015) et son exhortation Laudate Deum (2023), qui rentrait dans des détails assez techniques concernant la lutte contre le réchauffement climatique.

    Cette tonalité proche d’une ONG peut surprendre mais son encyclique Fratelli tutti, publiée lors de la crise du Covid en 2020, proposait aussi des actions à promouvoir pour défendre la fraternité humaine. Le pape se situe dans cette matrice, avec une approche très pragmatique. Certains peuvent l’interpréter comme le signe d’un engagement trop politique et éloigné de sa mission de chef spirituel. Mais l’ampleur et l’urgence des crises actuelles conduisent le pape à être concret, afin de proposer des lignes d’action pour les catholiques et pour tous ceux qui sont prêts à l’écouter.

    Concernant la dimension multilatérale, les entretiens qu’il devrait mener avec les chefs d’État présents à la COP28 seront observés avec attention. La présence de cet homme de près de 87 ans, qui n’est pas soumis à un mandat électoral contrairement à la plupart de ses homologues, peut-elle réellement peser dans ce type de réunions internationales? Ou est-il plutôt perçu comme un personnage symbolique, dont l’influence serait finalement limitée?
    D’une manière globale, son influence est limitée. Sa rencontre de 2014 au Vatican avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son homologue israélien de l’époque Shimon Peres avait apporté une image forte. Mais neuf ans plus tard, nous voyons bien qu’elle n’a pas porté les fruits espérés. Le pouvoir du pape est forcément limité, car le Saint-Siège ne dispose pas des moyens habituels des États, qui entretiennent des rapports de force induits par un pouvoir de coercition.

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    Mais on peut voir les choses sous un autre angle: la diplomatie peut aussi être officieuse, relever de la paradiplomatie, avec une dimension de conseil et de médiation. Je crois que c’est plutôt sur ce créneau que l’action du pape et du Saint-Siège peut se situer. Le pape peut faciliter certaines rencontres: par exemple, les bonnes relations entretenues par le Saint-Siège avec l’Iran peuvent permettre au pape de faire passer des messages de l’Iran vers d’autres pays, et inversement. Cette politique de médiation ou de bons offices du Saint-Siège peut ainsi être utile pour les États traditionnels.

    "La diplomatie peut aussi être officieuse, relever de la paradiplomatie, avec une dimension de conseil et de médiation. (...) C’est plutôt sur ce créneau que l’action du pape et du Saint-Siège peut se...

    Les COP sont l’un des lieux où s’exprime la rivalité entre pays du Nord et pays du Sud, particulièrement exposés aux conséquences du changement climatique. En tant qu’homme venu d’Argentine, très critique par rapport au modèle occidental, le pape peut-il permettre d’éviter que la polarisation entre pays riches et pays pauvres ne se cristallise d’une façon encore plus violente?
    Il a en effet donné un écho nouveau à l’Amérique latine sur la scène internationale, mais le fait que la papauté soit en décalage avec la politique occidentale, cela ne date pas seulement de François. On peut se souvenir de l’opposition virulente de Jean Paul II face à l’offensive des États-Unis en Irak en 2003: le pape avait alors clairement dit que cette guerre n’était pas légale, et que si les catholiques étaient associés à cette offensive, on en reviendrait à identifier le catholicisme comme une affaire occidentale, ce qui accentuerait encore la perception d’un choc des civilisations.

    Mais il est vrai que le pape vient du Sud avec une parole très ciblée. Il vient d’Argentine, et il observe les pays occidentaux comme étant extérieurs à sa sphère culturelle et à l’approche politique traditionnelle dans laquelle il a baigné en Amérique latine. En associant l’écologie au «cri des pauvres», il se situe par ailleurs tout à fait dans la mobilisation catholique latino-américaine traditionnelle, qui est très active depuis plusieurs décennies. Son plaidoyer se situe ainsi dans la ligne de la Conférence épiscopale latino-américaine, définie notamment lors de la conférence d’Aparecida à laquelle il avait participé en 2007. Cela peut donc lui donner une certaine légitimité du point de vue des pays du Sud.

    "Le fait de venir du Sud peut lui [le pape] permettre de s’exprimer au nom des pays les plus défavorisés."

    Sur certaines prises de position – notamment sur les migrations -, il froisse une partie des catholiques européens, qui ont l’impression que le pape ne comprend pas leur réalité et s’exprime d’une façon extérieure. On est toujours en situation d’extériorité par rapport à une identité, mais le fait de venir du Sud peut lui permettre de s’exprimer au nom des pays les plus défavorisés.

    A-t-on assisté sous ce pontificat à un réinvestissement du Saint-Siège au sein des Nations unies?
    Le pape François a en effet réinvesti ces enceintes onusiennes et semble plus impliqué dans la politique internationale que son prédécesseur immédiat Benoît XVI. Lui était plus concentré sur l’Europe et la promotion de son héritage chrétien, même s’il s’est exprimé devant les Nations unies à New York, en 2008. Jean Paul II s’était pour sa part beaucoup investi dans les institutions onusiennes, dans le contexte de la guerre froide et de son combat frontal contre l’Union soviétique et le communisme.

    François est arrivé avec un regard différent, qui n’est pas celui d’un diplomate ou d’un professionnel des relations internationales. Il peut être perçu comme un militant, mais sa façon de considérer que les enjeux actuels sont globaux et relèvent d’une dimension supranationale se ressent dans sa pastorale, dans ses voyages et dans le réinvestissement des diplomates du Saint-Siège au sein des instances onusiennes.

    Dans le souci de donner au Saint-Siège sa place dans un monde multipolaire, il semble que le rôle de Jean Paul II dans la chute du communisme en Europe tende aujourd’hui à être relativisé dans le langage public du pape et de ses diplomates, afin de ne pas froisser la Chine… La stabilisation des contacts avec ce pays resté officiellement communiste implique-t-elle de prendre une distance par rapport à cet héritage, du point de vue du Saint-Siège?
    Un certain «droit d’inventaire» par rapport au pontificat de Jean Paul II avait déjà été exprimé par Benoît XVI dans certains entretiens. Il avait exposé clairement ses différences d’approche par rapport à son prédécesseur, à sa façon, avec nuance, humilité, respect. En ce qui concerne la volonté actuelle du Saint-Siège de se montrer conciliant avec le Vietnam et la Chine, on peut y lire une dimension à la fois personnelle et collective.

    Un drapeau du Vatican flotte près de la cathédrale de Phat Diem, au nord du Vietnam
    Un drapeau du Vatican flotte près de la cathédrale de Phat Diem, au nord du Vietnam @ Flickr/Jeannie Zakharov/CC BY-NC-ND 2.0

    La dimension personnelle est liée à l’identité jésuite du pape François. La Compagnie de Jésus nourrit depuis plusieurs siècles une appétence missionnaire à l’égard de l’Asie et de la Chine. Le pape François se situe dans cette filiation, comme cela s’est perçu fortement lors de son hommage appuyé à Teilhard de Chardin, au terme de sa récente visite en Mongolie.

    Mais il y a aussi une dimension collective. Un peu comme l’administration de Barack Obama qui avait opéré un «pivot vers l’Asie», l’Église catholique comprend que le monde change et que l’Asie constitue un enjeu majeur pour son avenir, dans une dynamique missionnaire. Cette vision explique aussi la politique du pape, qui, vis-à-vis de la Chine, est assez risquée.

    Dans ses destinations de voyages, le pape François favorise les pays dans lesquels les catholiques sont minoritaires. Est-ce une façon de montrer aux Européens, souvent angoissés par le déclin statistique de l’Église catholique, que la condition de minorité ne doit pas empêcher les catholiques d’œuvrer pour la paix et le dialogue, entre les nations comme à l’intérieur de chacune d’elles?
    Il est vrai que les structures de l’Église sont en crise dans de nombreux endroits et que le fait catholique tend à devenir minoritaire, même si certains pays enregistrent encore une croissance du nombre de catholiques. C’est un enjeu majeur. La position du pape, c’est d’inviter les catholiques à assumer leur rôle dans des sociétés pluralistes, et donc à le faire avec humilité.

    Des approches plus défensives apparaissent cependant, et certains courants populistes instrumentalisent cette inquiétude liée au déclin du fait religieux, en cherchant à retourner cet ordre des choses. On a vu cela en France avec la campagne d’Eric Zemmour et en Italie avec la victoire électorale de Giorgia Meloni en 2022, même si elle s’est trouvée confrontée aux limites de son propre discours et se montre pragmatique dans son exercice des responsabilités. Le pape cherche en tout cas à éviter l’assimilation des catholiques à toute polarisation agressive.

    "La position du pape, c’est d’inviter les catholiques à assumer leur rôle dans des sociétés pluralistes, et donc à le faire avec humilité."

    Quand on observe le niveau de violence et de polarisation du monde actuel, les célèbres paroles de Paul VI aux Nations unies en 1965 – «Plus jamais la guerre» – semblent idéalistes, voire naïves. Ont-elles toutefois permis à la diplomatie pontificale de trouver sa place dans les relations internationales, après que le Saint-Siège ait été très marginalisé lors des deux guerres mondiales et des traités qui avaient suivi, notamment le Traité de Versailles en 1919?
    On a retenu ces mots forts de Paul VI, mais il faut préciser que dans la suite de son discours, il reconnaissait la possibilité de l’usage des armes en cas de légitime défense. Ce qui a été marquant, c’était surtout l’image d’un pape dans l’enceinte onusienne. Ses prédécesseurs avaient été critiques vis-à-vis de la Société des Nations dans l’entre-deux-guerres, puis vis-à-vis de l’Organisation des Nations Unies lors de sa création en 1945. La position du Saint-Siège pouvait se résumer à un «non, mais…» à la SDN et à un "oui, mais…» vis-à-vis de l’ONU.

    Paul VI lors de son discours à l'ONU, le premier d'un pape
    Paul VI lors de son discours à l'ONU, le premier d'un pape @ UN Photo/Yutaka Nagata

    Cette présence de Paul VI marquait finalement un soutien du Saint-Siège aux institutions internationales comme lieu de dialogue entre les États. Cet accueil du pape à New York, au siège de l’ONU, vingt ans après sa fondation, représentait un progrès considérable par rapport à la marginalisation du Saint-Siège lors du Traité de Versailles en 1919, puis son impuissance face à la montée des totalitarismes.

    "La position du Saint-Siège pouvait se résumer à un «non, mais…» à la SDN et à un "oui, mais…» vis-à-vis de l’ONU."

    Pendant la Seconde guerre mondiale, malgré sa position neutre, le Saint-Siège avait même été marginalisé par rapport à son rôle traditionnel d’acteur caritatif car c’est plutôt la Croix-Rouge qui a porté assistance aux prisonniers. C’est seulement à partir de 1945 que le Saint-Siège a pu progressivement retrouver ce rôle humanitaire d’une façon plus structurée.

    La visite du Paul VI à l’ONU a donc permis de solder cette période de marginalisation et d’ouvrir un nouveau cycle, qui a permis au Saint-Siège de s’impliquer dans de nombreuses réunions internationales, de la négociation d’Helsinki qui avait abouti à un accord entre l’Est et l’Ouest en 1975 dans le contexte de la guerre froide, jusqu’aux COP actuelles. (cath.ch/imedia/cv/bh)

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    Les représentants des régions d'Italie centrale touchées par les séismes ont rencontré le pape François, 24.11.2023 © Vatican Media

    Le pape fixe le cap écologique avec des politiques italiens

    Recevant le 24 novembre 2023 une délégation d’Italie centrale, région en reconstruction après les séismes de 2016 et 2017, le pape François a livré un programme écologique concret et a exhorté à agir «sans se laisser décourager par les critiques et les mécontents». Alors qu’il vient de publier à l’automne son document Laudate Deum, une suite de sa fameuse encyclique Laudato si’, le pape est à quelques jours de son voyage à Dubaï (1er-3 décembre) pour la COP28 sur le changement climatique.

    Évoquant «l’accélération» des dérèglements climatiques devant la délégation, le pape a appelé à «stopper la dérive en cours» et à «faire face» aux changements constatés «au niveau global aussi bien que local». Alors qu’il s’apprête à faire aux Émirats arabes unis un déplacement consacré à ce thème, le pontife de bientôt 87 ans a énuméré des lignes directrices: «prendre davantage soin de nettoyer les forêts et les lits des rivières et des ruisseaux; réduire et décourager la bétonisation du territoire; introduire de nouveaux types de cultures et d’espèces d’élevage dans le domaine agricole, avec des investissements appropriés pour les années à venir».

    Au fil de son discours, le 266e pape, qui a fait de l’écologie une des priorités de son pontificat, a exhorté à «remettre la personne au centre de la ville». Il s’agit entre autres, pour François, de veiller à «ne pas défigurer le paysage par des constructions trop envahissantes et inesthétiques, […] à ne pas altérer les habitats d’autres espèces animales et végétales, à réduire la consommation d’eau, à trier les déchets, […] à planter des arbres».

    S’adressant à l’Italie en particulier, l’évêque de Rome a recommandé de «corriger les erreurs du passé» et de «mettre en place des plans de croissance d’une façon différente». Et d’inviter la Péninsule à «affronter les crises de la dépopulation et de la décroissance démographique», à «contrôler la légalité des contrats et des procédures, ainsi que la sécurité au travail». Il a aussi plaidé pour «la sécurité hydrogéologique», sur le territoire italien souvent en proie à des inondations.

    Le pontife argentin a encouragé le programme de renaissance socio-économique ‘Next Appennino’ mis en place après les secousses sismiques meurtrières du 24 août 2016 – qui ont fait près de 300 morts – et de janvier 2017. Il les a particulièrement félicités d’avoir inclus dans la reconstruction «l’élimination des déchets, la valorisation et la répartition équitable des ressources, la protection des plus fragiles et la suppression des barrières architecturales». (cath.ch/imedia/ak/gr)

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    Le pape se rend en décembre à Dubaï pour la COP28 © vaticanmedia

    Le programme du pape François à la COP28 à Dubaï

    Le pape François s’apprête à effectuer du 1er au 3 décembre 2023 son 45e voyage à l’étranger depuis son élection en 2013. En se rendant à la COP28 de Dubaï, il sera le premier pontife de l’histoire à participer à un sommet international sur le climat. Devant des chefs d’États et de gouvernement du monde entier, il prononcera samedi un discours en espagnol avant d’enchaîner une vingtaine de rencontres bilatérales.

    Le pape François ne célèbrera pas de messe en public durant ce déplacement dans la Péninsule arabique, contrairement à sa dernière venue aux Émirats arabes unis, en 2019. Dimanche, il inaugurera le «Pavillon de la foi» aux côtés du grand imam d’al-Azhar Ahmed el-Tayeb.

    À bientôt 87 ans et alors qu’il s’est rendu samedi 25 novembre à l’hôpital pour un contrôle dû à une « inflammation au poumon », le pape voyagera pendant plus de 12 heures en avion pour cet aller-retour. Dans un briefing ce mardi 28 novembre, Matteo Bruni a confié qu’il n’y avait pour l’heure pas de dispositif médical particulier, précisant que le pape avait repris ses activités.

    Pour ce 6ème voyage à l’étranger de l’année 2023, le chef de l’Église catholique sera notamment accompagné du cardinal Miguel Ángel Ayuso Guixot, préfet du dicastère pour le Dialogue interreligieux, ainsi que du cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral qui s’est investi dans cette COP28.

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    Vendredi 1er décembre

    Le pape François voyagera le vendredi 1er décembre à bord d’un avion affrété par la compagnie ITA Airways. Il s’envolera de l’aéroport Fiumicino de Rome à 11h30 (UTC+1) pour rejoindre l’aéroport international de Dubaï où son avion doit atterrir à 20h25 (UTC+4 ; il sera donc 17h25 à Rome). Durant le vol, le pape François saluera les journalistes – dont un de l’agence I.MEDIA – qui l’accompagneront durant tout le périple. L’avion survolera l’Albanie, la Grèce, la Turquie, l’Irak, le Koweït, Barheïn et le Qatar.

    À son arrivée (1), le pape sera accueilli par le nonce apostolique en poste aux Émirats arabes unis, Mgr Christophe Zakhia El-Kassis, ainsi que par un officiel des Émirats. Le pontife saluera aussi le vicaire apostolique d’Arabie méridionale, Mgr Paolo Martinelli. Une voiture le conduira ensuite à l’hôtel Al Habtoor Polo Resort, un complexe 5 étoiles où il résidera durant son séjour à Dubaï. Le pape dînera dans sa villa, en privé.

    Habituellement, les papes séjournent à la nonciature du pays visité. Celle des Émirats arabes unis se situe à Abou Dabi, soit près de 140 kilomètres de Dubaï.

    Samedi 2 décembre

    Le pape célèbrera la messe en privé à 7h du matin, avant de se rendre à l’Expo City de Dubaï, un vaste complexe construit à l’occasion de l’exposition universelle (octobre 2021- mars 2022). C’est ici que se tiendra la COP28, du 30 novembre au 12 décembre, où quelque 200 pays seront représentés.

    À 9h15, le pape sera accueilli par le secrétaire général des Nations unis, António Guterres, a indiqué Matteo Bruni durant le briefing. Il ira ensuite prononcer son discours en espagnol (2). Le pape sera le premier à prendre la parole ce samedi avant que ne parlent ensuite une soixantaine de chefs d’État, dont le français Emmanuel Macron ou bien l’Italienne Giorgia Meloni. La veille, quelque 80 chefs d’État ou de gouvernement auront déjà pris la parole, dont le Palestinien Mahmoud Abbas, l’Israélien Isaac Herzog ou bien encore le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    À partir de 9h45, le pape participera à des rencontres bilatérales en privé (3) jusqu’à 12h. Après une pause pour le déjeuner à sa résidence, le pape reprendra ses rencontres à huis clos à 15h. Il devrait revenir à sa résidence entre 17h et 18h.

    Sans donner encore la liste de ces rencontres, Matteo Bruni a annoncé que le pape s’entretiendrait avec une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement. Si le thème de ces rencontres portera d’abord sur le climat, il est probable que le chef de l’Église catholique veuille profiter de cette plateforme de contacts au plus haut niveau pour des échanges liés aux crises internationales en cours, notamment les conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient. Le pape devrait aussi rencontrer une dizaine de personnalités investies sur les questions environnementales.

    Dimanche 3 décembre

    Après une deuxième nuit passée à Dubaï, le pape François célèbrera la messe en privé à 6h45 puis ira inaugurer à 09h le «Pavillon de la foi», lui aussi situé à l’Expo City (4). Ce pavillon veut réunir durant le temps de la COP divers hauts responsables religieux soucieux de l’environnement pour promouvoir le rôle des religions dans la transition écologique.

    Le pape sera accueilli par le président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed Al Nahyane et par le grand imam d’al-Azhar Ahmed el-Tayeb. À cette occasion, le pape François prononcera un discours, à nouveau en espagnol. Il signera avec le grand imam et le président des Émirats la déclaration « Confluence of Conscience », fruit de la rencontre de responsables religieux début novembre – à laquelle a participé le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin.

    Il quittera ensuite les lieux pour se diriger vers l’aéroport de Dubaï où une cérémonie de congé aura lieu à 10h15. Après un vol de près de 6h45, l’avion du pape se posera à l’aéroport de Rome Fiumicino vers 14h30, heure locale.

    Comme c’est la coutume, le pape de bientôt 87 ans devrait tenir une conférence de presse durant le vol retour de ce qui sera son 6e déplacement international de l’année 2023.

    Le pape François ne célébrera donc pas de messe publique à l’occasion de ce déplacement consacré à la COP28. Les Émirats arabes unis comptent environ 1 million de catholiques venant pour la plupart des Philippines ou de l’Inde.

    En février 2019, à l’occasion de son voyage à Abou Dabi pour signer le Document sur la fraternité humaine, le chef de l’Église catholique avait célébré une messe dans un stade de la capitale des Émirats arabes unis. C’était la première fois qu’un pape posait le pied sur la péninsule arabique, berceau de l’islam. En 2022, le pontife était retourné dans le Golfe, dans le royaume de Bahreïn, pour participer notamment à un sommet interreligieux.

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    Pavillon du Saint-Siège à la COP28 © Vatican Media

    Le pape François confirme sa participation à la COP28 à Dubaï

    «Le week-end prochain, je me rendrai aux Émirats Arabes Unis pour prendre la parole lors de la COP28 qui se tiendra à Dubaï», a assuré le pape François au terme de l’Angélus du 26 novembre 2023, prononcé depuis la chapelle de la maison Sainte-Marthe où il réside. Après avoir alerté sur les dangers du réchauffement climatique dans son exhortation apostolique Laudate Deum, le pape, malgré son inflammation au poumon, tient toujours à maintenir son voyage programmé du 1er au 3 décembre à Dubaï.

    «Outre la guerre, notre monde est menacé par un autre grand danger, le changement climatique, qui met en péril la vie sur Terre, en particulier les générations futures. Et cela est contraire au plan de Dieu, qui a tout créé pour la vie», a expliqué le pape François, qui s’est exprimé par la voix de Mgr Paolo Braida, official de la secrétairerie d’État.

    «Prendre à cœur la protection de notre maison commune»

    «C’est pourquoi, le week-end prochain, je me rendrai aux Émirats Arabes Unis pour prendre la parole lors de la COP28 qui se tiendra à Dubaï samedi», a confirmé le pontife argentin, qui devrait prendre la parole le 2 décembre à 9h15 heure locale devant les participants à la COP28, avant de mener une série d’entretiens bilatéraux. «Je remercie tous ceux qui accompagneront ce voyage de leurs prières et de leur engagement à prendre à cœur la protection de notre maison commune», a-t-il ajouté.

    Ce voyage à Dubaï sera le second du pape François aux Émirats Arabes Unis et son troisième déplacement dans le Golfe arabo-persique, après ses visites de 2019 à Abou Dhabi et de 2022 à Bahreïn. Il s’agira de son 45e voyage apostolique en dehors de l’Italie.

    Le pape déplore le manque d’engagement des dirigeants

    La cause de la lutte contre le réchauffement climatique lui tient particulièrement à cœur depuis la publication de l’encyclique Laudato si’ en 2015, diffusée en appui à la COP21 organisée cette année-là à Paris, et qui avait débouché sur un accord ambitieux pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Dans son exhortation Laudate Deum, publiée le 4 octobre dernier, le pape a néanmoins regretté le manque d’engagement des dirigeants des États dans la mise en application concrète de cet accord. (cath.ch/imedia/cv/be)

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    COP28 à Dubaï: le pape François, un écologiste au front

    Si la participation active du Saint Siège à la COP21 a contribué efficacement à l’Accord de Paris, le pape fait de la COP28 un défi personnel. En attendant de se rendre à Dubaï, aux Émirats arabes unis, grâce à l’intense mobilisation de deux dicastères et l’implication inédite du réseau "Economie de François", il est à l’avant-garde de ce 28e sommet pour l’environnement.

    Mi-Novembre. Alors que l’événement est prévu du 30 novembre au 12 décembre, le pape François a confirmé sa participation. S’il ne reste que du 1er au 3 décembre à Dubaï, le pape aura été, dans l’ombre, un acteur déterminant de la réussite de la COP28. Conscient que l’implication active du Vatican lors de la COP21 en France, ait "impacté sur la conclusion de l’Accord de Paris", le souverain pontife revient à la charge. Et pour cause, depuis l’Accord de Paris en 2015, les COP successives ont eu du mal à obtenir des avancées.

    En se rendant aux Émirats Arabes Unis, le pontife veut à la fois influer sur les discussions mais aussi conforter les relations diplomatiques que le Vatican entretient avec cet état du Golfe depuis 2007. Lesquelles ont été marquées par l’ouverture d’une Nonciature apostolique à Abu Dhabi en février 2022. Mais en amont, porté par la Secrétairerie d’Etat et le Dicastère pour le service du développement humain intégral ou encore le réseau "Economie François", le pontife aura été plus qu’actif dans les coulisses.

    La diplomatie du Saint-Siège à l’œuvre

    "Transition énergétique contraignante!". C’est devenu presque un slogan pour François dans sa campagne en faveur de la COP28. Un rendez-vous qu’il évoque "à tous les coups avec ses visiteurs", chuchote-t-on au Palais San Callisto à Rome. Au centre de la capitale italienne, c’est ce discret édifice jouissant de l’extraterritorialité qui abrite le Dicastère pour le service du développement intégral, sorte de ministère hyper-puissant de l’environnement du Vatican. En y accueillant cath.ch fin octobre, Muriel Fleury constate "l’importance incontestable de l’environnement dans les priorités du Saint-Père".

    Le palais San Calisto abrite le
    Le palais San Calisto abrite le

    Pour la responsable à la communication, "c’est la suite logique de l’encyclique Laudato si’". D’ailleurs, en recevant le 11 octobre dernier le Sultan Al Jaber, président du comité de la COP28, le pape a insisté sur le fait que l'échec de la COP28 met "drastiquement en danger toute l’humanité". Fin mai déjà, François avait réuni des représentants d'autres confessions religieuses chrétiennes et les autorités des Émirats Arabes Unis à Rome pour leur rappeler combien "le défi environnemental est un appel de Dieu à sauver notre planète". Dès lors, fort du fait que le Vatican entretient des relations diplomatiques avec 184 pays, la Secrétairerie d’État, multiplie des échanges avec de nombreuses capitales pour que les propositions de Dubaï "soient contraignantes". Et pour épauler les aspects techniques de sa diplomatie verte, le pape sait compter sur Michael Czerny.

    Le "cardinal vert" du pape

    A la tête du stratégique Dicastère pour le service du développement humain intégral qui regroupe quatre anciens Conseils pontificaux, le prélat tchèque coordonne la politique environnementale du Vatican. "Notre dicastère s’occupe aussi des migrants, de la pastorale de la santé", ajoute Muriel Fleury qui rappelle que ce ministère "intègre aussi les Conseils pontificaux Justice et paix  et Cor unum". Une posture qui fait du cardinal Czerny "un élément clé des priorités de François et une influente personnalité dans l’entourage papal" concède-t-on à la Curie romaine.

    Cardinal-Czerny-Pape
    Cardinal-Czerny-Pape

    A 77 ans, ce travailleur acharné évolue dans les arcanes du gouvernement central de l’Eglise depuis 2010, où il était déjà consultant auprès du cardinal Turkson au Conseil pontifical Justice et Paix. Tout aussi jésuite que le pontife, il est devenu l’un de ses récurrents visiteurs et s’entretient chaque semaine avec le pape sur les sujets d’actualité notamment l’environnement et l’immigration. C’est lui qui a proposé à François d’impliquer davantage le réseau citoyen "Economie François" dans son engagement écologique, "afin d’élargir le combat à la société civile".

    "Economie de François", efficace rescousse

    Mi-septembre au Vatican. Au cours d'un entretien avec le nonce apostolique à Abu Dhabi, le pape a insisté pour que l’ambassadeur du Saint Siège facilite "la participation à la COP28 du réseau 'Economie de François’", son chef-d’œuvre. En mai 2019, l’évêque de Rome envoie une invitation aux économistes, entrepreneurs et femmes d'affaires de moins de 35 ans dans le monde. Ainsi voit le jour un nouvel instrument acquis à ses causes. Aujourd’hui, ce réseau regroupe des dizaines de milliers de jeunes, "peut-être cent mille" estime une source crédible, "dans plus de 120 pays sur les cinq continents", précise Muriel Fleury.

    "Economie de François" a plusieurs avantages: il regroupe des experts sur les questions écologiques mais aussi peut mobiliser facilement des financements institutionnels. Au-delà de la propagation du message de l’encyclique Laudato si’ qui décline la vision écologique du Saint-Père, ce réseau laïc fait du lobbying autour de la COP28 et grâce aux origines diverses de ses membres, il a une force de pénétration "dans tous les milieux", se réjouit un de ses initiateurs au Kenya. A Dubaï, "Economie de François" sera d’une aide cruciale à la diplomatie pontificale. Mais pour joindre l’acte à la parole, le Vatican accélère sa neutralité carbone.

    Horizon 2030

    A quelques jours de la COP28, le Vatican donne le ton à travers "Conversion écologique 2030". Inspiré par Laudato si’, il s’agit d’un grand programme de réduction énergétique mené par le gouvernorat du Vatican et qui implique toutes structures et édifices ainsi que le parc automobile du petit Etat. Et pour y parvenir, François a encouragé et soutenu un partenariat, là encore inédit, avec Volkswagen mi-novembre "pour rendre tout le parc automobile du Vatican neutre en carbone" d'ici 2030.

    Le Vatican a signé un partenariat avec Volkswagen qui équipera la cité-Etat avec des voitures électriques
    Le Vatican a signé un partenariat avec Volkswagen qui équipera la cité-Etat avec des voitures électriques @ Volkswagen

    "Nous sommes l’un des premiers états à opter pour des solutions durables et innovantes", s’est réjoui Mgr Gabriele Giordano Caccia en juillet 2022 lors de l’adhésion du Vatican à la Convention-cadre de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur les changements climatiques. L’ambassadeur du Saint-Siège à l’ONU ne manque aucune réunion et autres activités des Nations Unies sur les questions environnementales, d’autant que le Vatican a été parmi les premiers états à ratifier les Accords de Paris.

    En lançant la Conversion écologique à la veille du voyage du pape à Dubaï, le Saint Siège veut s’imposer en exemple "pour faire avancer les discussions". Une idée géniale du très pragmatique pontife pour "sortir du carcan de la théorie" murmure-t-on dans son entourage. (cath.ch/msc)

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    Le pape renonce à son voyage à Dubaï sur les conseils de ses médecins © Vatican Media

    Le pape François annule son voyage à Dubaï pour la COP28

    À la demande de ses médecins, le pape François a annulé son déplacement à Dubaï où il devait se rendre pour la COP28, du 1er au 3 décembre. Dans un communiqué publié dans la soirée du 28 novembre 2023, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège assure néanmoins que l’état de santé général du pape s’améliore.

    Le pape François aurait dû être le premier pape à participer à un sommet international sur le climat. Il avait annoncé début novembre sa présence à la COP28 de Dubaï, aux Émirats arabes unis, afin d’alerter les consciences quant aux conséquences du réchauffement climatique. Le pontife devait prendre la parole le 2 décembre puis enchaîner une vingtaine de rencontres bilatérales avec des chefs d’État et de gouvernement.

    «Les médecins ont demandé au pape de ne pas effectuer le voyage prévu dans les prochains jours à Dubaï», a expliqué Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, tout en précisant que «l’état clinique général du Saint-Père concernant son état grippal et l’inflammation de ses voies respiratoires [s’était] amélioré» ces derniers jours.

    «Le pape François a accepté avec grand regret la demande des médecins et le voyage est donc annulé», a ajouté Matteo Bruni qui explique que le pape souhaite participer aux discussions de la COP par d’autres moyens.

    L’audience générale de mercredi maintenue

    Après son passage à l’hôpital samedi, le pape n’avait pas pu apparaître le lendemain à la fenêtre du Palais apostolique pour réciter la prière de l’Angélus comme chaque dimanche. Dans une intervention vidéo retransmise en direct, il avait confié avoir une «inflammation au poumon» et avait laissé un prélat lire sa catéchèse. Il avait toutefois maintenu son projet de se rendre à Dubaï en fin de semaine.

    Lundi, l’agenda du pape avait été modifié, le pape ajournant notamment une rencontre avec des victimes françaises d’abus sexuels. Le pape avait tout de même rencontré le président du Paraguay. Le 28 novembre, le pape François a pu finalement recevoir dans l’après-midi à sa résidence Sainte-Marthe la délégation de victimes françaises.

    «Il est arrivé avec son déambulateur. Il s’est assis parmi nous, dans les mêmes fauteuils. Il n’y avait pas de protocole et l’atmosphère était très simple, familiale», a confié une des victimes à I.MEDIA au sortir de la rencontre.

    Demain matin, le pape François doit honorer l’audience générale du mercredi dans la salle Paul VI du Vatican, en présence de plusieurs milliers de fidèles. Cette audience est pour l’heure maintenue.

    Troisième annulation de voyage à l’étranger pour François

    C’est la deuxième fois que le pape François est obligé de renoncer à un voyage pour raison de santé. En 2022, le pape avait annulé à trois semaines du départ son voyage en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud prévu début juillet. Là encore, le pape avait dû accepter la requête de ses médecins qui lui demandaient de ne pas compromettre les résultats des thérapies effectuées pour son genou. Le pontife argentin avait finalement honoré ce déplacement africain en février dernier.

    En 2020, le pape avait par ailleurs dû ajourner un déplacement à Malte prévu en mai en raison de la pandémie de Covid-19. Finalement, ce voyage avait été effectué deux ans plus tard.

    Cette année, le pape François a été hospitalisé à deux reprises, en mars pour une pneumonie, et en juin pour une opération à l’abdomen qui a nécessité une anesthésie générale. Le pape, qui aura 87 ans le 17 décembre prochain, n’a pas d’autre déplacement à l’étranger programmé à son agenda.(cath.ch/imedia/hl/bh)

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    A la COP28 de 2021, le cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Saint Siège, avait lu un message du pape François aux chefs d'État présents à Glasgow, en Écosse © Keystone

    COP28 de Dubaï: le cardinal Parolin représentera le pape François

    Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, présidera la délégation vaticane lors de la COP28 à Dubaï le 2 décembre 2023. Il remplacera le pape François, qui avait annoncé faire le déplacement avant d’être contraint par ses médecins d’y renoncer, confirme le 1er décembre le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

    En marge d’un événement organisé au Vatican le 30 novembre, le cardinal italien a déclaré à plusieurs journalistes, dont I.Media, que le discours qu’il prononcerait samedi reprendrait tous les éléments de celui que comptait prononcer le pape. Le texte, a-t-il confié, a seulement été modifié formellement, par exemple pour enlever la première personne du singulier qu’allait employer le pontife.

    À Dubaï, le cardinal Parolin, qui quitte Rome ce 1er décembre, fera le déplacement avec un autre membre de la Curie, le cardinal Miguel Ayuzo Guixot. Le préfet du dicastère pour le dialogue interreligieux doit remplacer le pape lors de l’inauguration, le 3 décembre, du Pavillon de la foi – un lieu en marge de la COP28 témoignant du soutien des religions à la démarche écologique –, a annoncé Matteo Bruni.

    Le cardinal Ayuzo Guixot avait été un des grands artisans de la venue du pape François aux Émirats arabes unis du 3 au 5 février 2019. Il avait notamment participé à la rédaction du Document sur la fraternité, un texte invitant les religions à agir ensemble pour la paix, que le pape avait signé avec le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, lors de sa visite. (cath.ch/imedia/cd/gr)

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