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  • DOSSIERS

    Une famille yézidie au Centre spirituel yézidi de Lalesh, en juin 2018

    Les communautés religieuses en Irak: les Yézidis

    Le pape François se rend en Irak du 5 au 8 mars 2021. Avant cette visite historique, cath.ch présente ces prochains jours sept communautés religieuses vivant en Irak.

    Contenu du dossier
    Une famille yézidie au Centre spirituel yézidi de Lalesh, en juin 2018
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Yézidis 1/7

    Sherzad Mamsani, sur la colline au-dessus de la tombe du prophète Nahoum à Alqosh, en juillet 2017
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Juifs 2/7

    Le père Emmanuel Denkha dans la grotte de Mar Audicho' à Déré avec les offrandes des fidèles, en septembre 2017
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Assyriens 3/7

    Le cardinal Louis Raphaël 1er Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, en février 2018
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Chaldéens 4/7

    Le prieur et évêque Moussa al Shamani avec un groupe de visiteurs syriaques-orthodoxes au monastère Mar Matta, en avril 2017
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Syriaques-orthodoxes 5/7

    La communauté syriaque-catholique, réunie dans l'église Mar Touma de Mossoul restaurée, pour la fête de l'apôtre, en juillet 2019
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Syriaques-catholiques 6/7

    Mourad Vartanian, maire de la communauté arménienne de Havresk, en aout 2017
    Actualités

    Les communautés religieuses en Irak: les Arméniens 7/7

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    Une famille yézidie au Centre spirituel yézidi de Lalesh, en juin 2018 © Pascal Maguesyan

    Les communautés religieuses en Irak: les Yézidis 1/7

    Le yézidisme est une religion strictement communautaire (nationale). On naît yézidi, on ne le devient pas. Le yézidisme est monothéiste. Dieu est unique. Il est le créateur du cosmos et de la vie. Dieu est lumière. Il est tel le soleil qui rayonne sur la Terre.

    Par Pascal Maguesyan

    C’est la raison pour laquelle les Yézidis prient systématiquement face au soleil. En cela, le yézidisme est comparable au zoroastrisme mésopotamien et persan. Dieu est bon, infiniment bon. C’est pourquoi les Yézidis cultivent l’altruisme et prient d’abord pour le monde et ensuite pour eux-mêmes.

    Dieu est en tout et partout. Le yézidisme fait corps et esprit avec l’ensemble de la Création: cosmique, humaine, animale, végétale et minérale. Le yézidisme croit au jugement des âmes et au jugement dernier. Il se distingue toutefois du christianisme par sa croyance en la réincarnation.

    Généralement considérés comme des Kurdes non islamisés, souvent diabolisés en raison de leur culte, les Yézidis constituent une communauté dont il est bien difficile d’estimer le nombre. Avant 2003, Bagdad n’en comptait que quelques milliers alors qu’ils étaient plus vraisemblablement quelques centaines de milliers!

    Les conditions d’une tentative de génocide étaient déjà réunies avant même que les djihadistes de Daesh ne les massacrent et ne les enlèvent en août 2014 dans les montagnes du Sinjar de la province de Ninive. Malgré la reprise de Sinjar en novembre 2015 par les forces irakiennes et par des groupes de résistants coalisés, la plupart des 500’000 à 600’000 Yézidis irakiens reste encore déplacés. (cath.ch/pm/bh)

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    Sherzad Mamsani, sur la colline au-dessus de la tombe du prophète Nahoum à Alqosh, en juillet 2017 © Pascal Maguesyan.

    Les communautés religieuses en Irak: les Juifs 2/7

    S’il ne subsiste aujourd’hui plus que quelques Juifs en Irak, l’héritage juif est en revanche considérable et perceptible. Ainsi, la préservation de la tombe de Nahoum à Alqosh constitue bien plus qu’un clin d’œil de l’histoire. C’est aussi et surtout le témoignage incontestable de l’enracinement de l’identité juive au cœur de l’antique Mésopotamie.

    Par Pascal Maguesyan

    La Bible hébraïque nous parle très souvent de la Mésopotamie, ce pays entre deux fleuves, de son Paradis, de son Déluge, de la Tour de Babel, des déportations du peuple hébreu à Ninive, puis à Babylone. Cette période de captivité sera à l’origine des prophéties de Daniel, de Jérémie, d’Ézéchiel, de Tobie et de Jonas, dont le livre dit qu’il fallait trois jours pour traverser la ville de Ninive.

    Nahoum est connu dans la Bible comme le septième des douze petits prophètes. Il vécut au VIIe siècle avant Jésus-Christ. On le dit originaire de la ville d’Elqosh en Galilée, mais les assyriologues penchent plutôt pour Alqosh en Mésopotamie. Il n’apparaît que dans le livre de ses prophéties, le Livre de Nahoum, mais son rayonnement est immense.

    Ses écrits marquent profondément les peuples de Mésopotamie pour plusieurs raisons. D’abord, c’est L’Éternel qui s’exprime à travers le prophète. Ensuite, le récit dit la prochaine destruction de Ninive, capitale de l’Assyrie, la plus grande cité et le plus grand royaume du monde de ce temps.

    Le chaos qui s’est encore une fois abattu sur Mossoul, la plaine de Ninive et l’ensemble de la Mésopotamie fait écho à l’ancienne prophétie. Les ruines de Mossoul recèlent aujourd’hui encore les restes et les traces de la mémoire juive de la cité. (cath.ch/pm/bh)

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    Le père Emmanuel Denkha dans la grotte de Mar Audicho' à Déré avec les offrandes des fidèles, en septembre 2017 © Pascal Maguesyan

    Les communautés religieuses en Irak: les Assyriens 3/7

    Les Chrétiens restés fidèles au long des siècles à la tradition originelle de l’Église apostolique assyrienne de l’Orient sont appelés Assyriens. Cette Église, née à Séleucie-Ctésiphon, sur les bords du Tigre, est connue sous plusieurs appellations.

    Par Pascal Maguesyan

    Retenons  «Église de l’Orient» par opposition à «l’Église d’Occident», «Église d’Assyrie» et «Église de Mésopotamie» par identification de ses membres avec ces grandes civilisations de l’Antiquité, «Église de Perse» sous l’Empire duquel ces Chrétiens orientaux ont structuré leur espace géopolitique et donné tant de martyrs, «Église nestorienne» par consentement avec la christologie du patriarche de Constantinople Nestorius déposé au Concile d’Éphèse en 431.

    La dénomination officielle «Église apostolique assyrienne de l’Orient» est plus complète. Fondée et légitimée par l’apôtre Thomas, elle revendique ses sources antiques et souligne son espace missionnaire.

    Au XVIe siècle, le schisme qui se produisit au sein de l’Église apostolique assyrienne de l’Orient donna naissance à l’Église chaldéenne (unie à Rome) et engendra un très grand bouleversement. Les conséquences de ce schisme furent telles que la grande Église de l’Orient des premiers siècles devint «à la fin du Moyen Age, une simple Église-nation» (source Joseph Alichoran), isolée dans les régions frontalières montagneuses des Empires perse (nord-ouest de l’Iran) et ottoman (extrême sud-est de la Turquie et nord de l’Irak).

    En avril 1915, lorsque commença le génocide des Arméniens et des Assyro-Chaldéo-Syriaques dans les provinces orientales de l’Empire ottoman, 150’000 Assyriens survivaientregroupés dans les montagnes du Hakkari du vilayet de Van (extrême sud-est de la Turquie) autour de leur siège patriarcal à Kotchanès (établi en 1662).

    Ils résistèrent farouchement aux assaillants turcs et kurdes, avant d’être contraints à un exode mortel vers la Perse puis l’Irak.

    Le reste du XXe siècle ne fut guère moins chaotique. Dès 1961 et jusqu’en 2003, les guerres civiles successives qui opposèrent les séparatistes kurdes au gouvernement de Bagdad affectèrent douloureusement les communautés chrétiennes assyro-chaldéennes du nord du pays: assassinats, racket, destructions de patrimoine, déplacements contraints de populations, arabisation forcée, gazage, (…).

    Aujourd’hui, contre toute attente, dans le Kurdistan d’Irak, les Assyriens bénéficient d’un répit historique grâce à la politique bienveillante du gouvernement régional kurde en faveur d’une réimplantation des communautés chrétiennes autochtones. L’Église de l’Orient peut enfin penser à l’avenir. (cath.ch/pm/bh)

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    Le cardinal Louis Raphaël 1er Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, en février 2018 © Pascal Maguesyan

    Les communautés religieuses en Irak: les Chaldéens 4/7

    L’Église chaldéenne est une église catholique née au XVIe siècle d’un schisme au sein de l’Église de l’Orient. En 1552, plusieurs évêques établis dans le nord de l’Irak, le sud de la Turquie et le nord de l’Iran (au XVIe siècle, l’Empire ottoman et la Perse) contestèrent la succession héréditaire du catholicos assyrien.

    Par Pascal Maguesyan

    Ils élurent à Mossoul un autre patriarche, Yohannan Soulaqa, supérieur du monastère de Rabban Hormizd d’Alqosh qui se rendit à Rome pour y faire profession de foi catholique. En avril 1553, le pape Jules III le consacra patriarche de l’Église chaldéenne catholique.

    Jusqu’au XIXe siècle, ce schisme fut d’autant plus conflictuel qu’un grand nombre de fidèles de l’Église de l’Orient choisit la communion avec Rome. Incontestablement majoritaires parmi 1,2 millions de chrétiens irakiens estimés avant la première guerre du Golfe en 1991, les Chaldéens étaient 750’000 au dernier recensement en 1987, contre 300’000 Assyriens.

    En 2021, il resterait bien moins de 400’000 Chaldéens en Irak répartis entre Bagdad, le Kurdistan, la plaine de Ninive, Kirkouk, Souleimaniyé et Bassora.

    Aujourd’hui, l’Église chaldéenne est constituée d’une importante diaspora éparpillée sur les cinq continents: aux États-Unis, en Europe, en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Russie (Moscou, Rostov sur le Don), en Ukraine, en Géorgie (Tbilissi) et en Arménie (Erevan). (cath.ch/pm/bh)

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    Le prieur et évêque Moussa al Shamani avec un groupe de visiteurs syriaques-orthodoxes au monastère Mar Matta, en avril 2017 © Pascal Maguesyan

    Les communautés religieuses en Irak: les Syriaques-orthodoxes 5/7

    C’est à Antioche, en l’an 38, que naquit l’Église et que les apôtres du Christ reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens. Antioche était alors la capitale de la province de Syrie de l’Empire romain, qui s’étendait de la Méditerranée à la Perse. Les Chrétiens de cette province étaient appelés «syriaques» ou «syriens».

    Par Pascal maguesyan

    En 451, au concile de Chalcédoine, les Églises arménienne, copte, éthiopienne et syriaque-occidentale furent accusées de soutenir la théorie monophysite selon laquelle la nature divine du Christ aurait absorbée sa nature humaine et que le Christ n’aurait en définitive qu’une seule nature, divine. Cette doctrine controversée aboutit à un nouveau schisme et les Églises concernées, soucieuses de préserver leurs intérêts géopolitiques propres, devinrent autocéphales.

    Au VIe siècle, l’évêque d’Édesse Yacoub Al-Baradaï (saint Jacques Baradée) développa et structura l’Église syriaque. Il entreprit un grand voyage dans toutes les régions syriaques pour ordonner des évêques, des prêtres et des diacres. C’est en son honneur qu’on appellera l’Église syriaque-orthodoxe, Église «Jacobite».

    En dépit des bouleversements géopolitiques incessants au Proche-Orient au cours du XXe siècle et depuis le début du XXIe siècle, les Syriaques-Orthodoxes maintiennent encore des communautés vivantes mais fragilisées à l’extrême, en Syrie, en Turquie et en Irak, soutenues par une diaspora très active en Europe, aux États-Unis et en Australie. (cath.ch/pm/bh)

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    La communauté syriaque-catholique, réunie dans l'église Mar Touma de Mossoul restaurée, pour la fête de l'apôtre, en juillet 2019 © Pascal Maguesyan

    Les communautés religieuses en Irak: les Syriaques-catholiques 6/7

    L’Église syriaque-catholique est née d’un schisme au sein de l’Église syriaque-orthodoxe. Après plusieurs tentatives de rapprochement et d’union à Rome dès le XVe siècle, c’est en 1662 que fut reconnu le premier patriarche syriaque-catholique, Ignace André Akhijan, préalablement élu patriarche d’Antioche par le synode orthodoxe.

    Par Pascal Maguesyan

    Le patriarcat syriaque-catholique fut aboli en 1702 mais définitivement rétabli en 1783 avec l’élection de l’évêque orthodoxe d’Alep Mar Ignace Michel III Jarweh sur le trône patriarcal syriaque-catholique.

    Ainsi, deux siècles après la fondation de l’Église chaldéenne, la refondation de l’Église syriaque-catholique consolidait la prégnance du catholicisme sur les deux grandes branches du christianisme mésopotamien. Cette mutation consacra l’aboutissement de plusieurs siècles d’activisme diplomatique, politique et religieux du Saint-Siège et des monarchies catholiques européennes, mais aussi l’audace des missionnaires catholiques en Mésopotamie.

    Le siège patriarcal des Syriaques-Catholiques fut établi à Mardin, Alep, Mossoul et enfin Beyrouth où il se trouve encore aujourd’hui. Si les Syriaques-Catholiques sont environ 150 000 dans le monde, c’est en Irak que se trouve leur « capitale », Bakhdida (Qaraqosh), dans la plaine de Ninive, où ils étaient près de 50 000 en 2014 (avant Daesh), mais environ 25’000 en 2021. (cath.ch/pm/bh)

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    Mourad Vartanian, maire de la communauté arménienne de Havresk, en aout 2017 © Pascal Maguesyan

    Les communautés religieuses en Irak: les Arméniens 7/7

    Les sources de la présence arménienne en Mésopotamie ont accompagné l’histoire des siècles dès l’Antiquité.  Au Ier siècle avant J.-C., l’Adiabène (Arbelès / Erbil en était la capitale) fut partie intégrante du Royaume d’Arménie de Tigrane II le Grand.

    Par Pascal Maguesyan

    Au tout début du IVe siècle, l’Adiabène était encore la marche méridionale de l’Arménie, devenue en l’an 301 le tout premier royaume chrétien de l’histoire.

    Au XVIIe siècle, de nouvelles communautés arméniennes s’implantèrent en Mésopotamie irakienne après que le Perse Shah Abbas Ier eut conquis Bagdad en 1623. La reprise de Bagdad en 1638 par le sultan ottoman Mourad IV avec l’aide de soldats arméniens ottomans ouvrit un nouvel épisode de l’implantation arménienne à Bagdad. Au début du XIXe siècle, les Arméniens étaient près de 90 000 en Irak.

    Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman en 1915-1917 constitua une dramatique source migratoire des Arméniens vers la Mésopotamie irakienne. Déportés des provinces orientales de l’Empire, venant du nord (Diyarbakır) le long du Tigre, de l’ouest (Ras-Al-Aïn) le long de la ligne de chemin de fer allant d’Alep à Bagdad, mais aussi de Van, ces nouveaux arrivants Arméniens s’implantèrent à Zakho, Havresk, Avzrok, Mossoul, Kirkouk, Bagdad et Bassora.

    Très majoritairement membres de l’Église apostolique arménienne, les Arméniens d’Irak comptent également nombre de catholiques ainsi qu’une petite communauté évangélique. Avant 2003, il y avait plus de 25'000 Arméniens en Irak. En 2021, ils sont 10'000 à 13'000 à vivre encore en Irak.

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