Lourdes 2024: «On est 29 à être venus à pied au pèlerinage»
Grégory Roth, envoyé spécial de cath.ch au Pèlerinage de printemps interdiocésain à Lourdes, envoie chaque jour un portrait de pèlerin à la rédaction. Retrouvez-les ici dans ce dossier spécial.
Lourdes 2024: «On est 29 à être venus à pied au pèlerinage»
Lourdes 2024: "Ce pèlerinage a changé ma vie"
Lourdes 2024: "Un lieu de déplacement et de non-discrimination"
Lourdes 2024: "A la découverte des orgues de Sainte-Bernadette"
Lourdes: revoir la messe de Pentecôte pour le 100e pèlerinage romand
En 1909, 630 pèlerins romands participent au pèlerinage de Lourdes
Lourdes 2024: "recherche infirmières bénévoles pour le pèlerinage"
Lourdes 2024: «une nuit avec les veilleuses de l’hôpital»
Lourdes 2024: «une nouvelle Messe pour les pèlerins»
Lourdes 2024: «trouver des réponses à mon questionnement de foi»
Mgr Jean-Marc Micas: Lourdes offre un «projet d’humanité réussie»
Lourdes 2024: une centenaire au 100e Pèlerinage romand
Lourdes 2024 sous la loupe d’une anthropologue
Lourdes 2024: «On est 29 à être venus à pied au pèlerinage»
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Lourdes 2024: "Ce pèlerinage a changé ma vie"
Après avoir été engagé comme responsable d’hôtel et de car, Hubert Python a rejoint l’équipe d’hospitaliers. Pour ce 100e Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande, en 2024, il est venu comme infirmier auprès son épouse.
Lourdes 2024: "Un lieu de déplacement et de non-discrimination"
Avec les sept autres médecins du pèlerinage, la Vaudoise Marie-Denise Schaller s’occupe du groupe de malades jurassiens. Elle rend hommage à tous les malades heureux d’être à Lourdes, en ce 100e Pèlerinage de printemps interdiocésain de Suisse romande.
Lourdes 2024: "A la découverte des orgues de Sainte-Bernadette"
Depuis 20 ans comme organiste titulaire du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande, Edmond Vœffray se réjouit de cette 100e édition. Le titulaire de Sion et Matigny organise un premier concert d’orgue à l’église Ste-Bernadette pour l’occasion.
Lourdes: revoir la messe de Pentecôte pour le 100e pèlerinage romand
Le Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande fête son 100ème anniversaire. Ce dimanche 19 mai 2024, à 9h, une messe a été proposée en direct de l’église Ste-Bernadette, 'côté grotte', à Lourdes, sur Espace 2 et en vidéo live streaming sur cath.ch.
En 1909, 630 pèlerins romands participent au pèlerinage de Lourdes
Le 100e pèlerinage interdiocésain de la Suisse romande à Notre-Dame de Lourdes se déroule au printemps 2024. En raison des interruptions des deux guerres mondiales et du covid-19, il faut remonter à 1909 pour sa première édition. 630 pèlerins romands ont fait le voyage cette année là.
Lourdes 2024: "recherche infirmières bénévoles pour le pèlerinage"
Domiciliée à Yverdon-les-Bains, Agnès Meier-Rovelli est cheffe infirmière du groupe de malades du Jura. Pour cette 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain, elle espère de nouvelles vocations chez les infirmières et hospitalières.
Lourdes 2024: «une nuit avec les veilleuses de l’hôpital»
Pendant les nuits de pèlerinage, les malades sont sous bonne garde. Rencontre avec le groupe de veilleuse et d’hospitaliers qui s’occupent de 24 malades, durant le 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain.
Lourdes 2024: «une nouvelle Messe pour les pèlerins»
Chef de la chorale du pèlerinage depuis 2022, le Fribourgeois Emmanuel Pittet a composé une Messe en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie, accessible à tous, pour marquer durant le 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain.
Lourdes 2024: «trouver des réponses à mon questionnement de foi»
Participante au pèlerinage dit des «quatre jours», Patricia Salerno est venue à Lourdes dans une démarche de foi personnelle. Directrice d’établissement scolaire dans le canton de Berne, elle est venue se ressourcer durant le 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain.
Mgr Jean-Marc Micas: Lourdes offre un «projet d’humanité réussie»
Après deux années presque 'blanches’ en raison de la pandémie de Covid-19, la reprise des pèlerinages depuis 2022 a permis au sanctuaire marial de Lourdes de retrouver progressivement un rythme normal. Alors que le Pèlerinage d'été se déroulera à Lourdes du 14 au 20 juillet, Mgr Micas revient sur le...
Lourdes 2024: une centenaire au 100e Pèlerinage romand
Dans sa centième année, Marthe Moreno-Perroud a participé à la 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain. Et quatre pèlerins sont venus à moto...
Lourdes 2024 sous la loupe d’une anthropologue
La série de portraits des pèlerins de Lourdes 2024 sur cath.ch a interpelé Aurélie Netz. L’anthropologue vaudoise s’intéresse aux relations que des personnes estiment vivre avec des êtres spirituels et en a publié un ouvrage récemment. Interview
Lourdes 2024: «On est 29 à être venus à pied au pèlerinage»
Pour marquer le 100e Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande, ils sont 29 à être arrivés à pied jusqu’au sanctuaire marial, le 18 mai 2024 au soir. La Fribourgeoise Francine Jaquet a fait partie des randonneurs.
Par Grégory Roth, à Lourdes
Infirmière de métier, Francine Jaquet (68) vient de Bulle. Après deux participations au pèlerinage de Lourdes auprès des malades, elle a décidé de venir à pied pour cette 100e édition. «Cinq pèlerins et trois accompagnants sont partis de Genève, le 1er avril. D’autres ont rejoint le groupe depuis Le Puy-en-Velay. Un dernier groupe est parti de Cahors, pour les deux dernières semaines de marche. 29 sont arrivés à Lourdes, avec le corps fatigué, mais une immense joie et un grand soulagement», confie la Fribourgeoise.
«46 ans de mariage»
«Le marcheur le plus âgé a 78 ans et a arrêté sa chimiothérapie pour participer à cette marche. Les deux plus jeunes marcheuses, dont l'une est partie de Genève, ont beaucoup apporté au groupe. Et mon mari, qui ne connaissait pas encore Lourdes, a décidé de m’accompagner. C’est une très belle manière pour nous deux d’avoir pu faire ensemble cette rencontre avec Lourdes, alors que nous fêtons aujourd’hui nos 46 ans de mariage», se réjouit Francine Jaquet. (cath.ch/gr)
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Après avoir été engagé comme responsable d’hôtel et de car, Hubert Python a rejoint l’équipe d’hospitaliers. Pour ce 100e Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande, en 2024, il est venu comme infirmier auprès son épouse.
Par Grégory Roth, à Lourdes
Pour Hubert Python (67), anesthésiste de métier, Lourdes est un lieu de ressourcement. «Ma première expérience remonte à l’âge de 18 ans. L’aumônier des jeunes avait dit: 'Laissez-vous faire, vous n’en ressortirez pas indemnes!’ Et après plus d’une quinzaine de pèlerinages, je peux dire qu’à chaque fois, quelque chose de nouveau ou d’inattendu s’est passé pour moi», se rappelle l’accompagnateur spirituel en milieu hospitalier.
«Infirmier auprès de mon épouse»
«Après différents engagements au sein du pèlerinage, y compris dans la chorale, je suis arrivé l’année passée comme infirmier auprès des malades, et cette année auprès de mon épouse, qui a une maladie chronique invalidante et qui progresse gentiment», explique le Fribourgeois.
Pour les prochaines années, «les services restent multiples, mais les professionnels de la santé sont peu nombreux, c’est donc dans ce domaine-là que je vais continuer», se projette Hubert Python. (cath.ch/gr)
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Lourdes 2024: "Un lieu de déplacement et de non-discrimination"
Avec les sept autres médecins du pèlerinage, la Vaudoise Marie-Denise Schaller s’occupe du groupe de malades jurassiens. Elle rend hommage à tous les malades heureux d’être à Lourdes, en ce 100e Pèlerinage de printemps interdiocésain de Suisse romande.
Que ce soit lorsqu’elle était professeure de médecine à l’Université de Lausanne ou actuellement comme présidente de la Fédération de l’Église catholique du canton de Vaud (FEDEC), Marie-Denise Schaller explique que, dans tout ce qu’elle fait, elle cherche Jésus et cherche à vivre avec lui.
«Aujourd’hui à la retraite, je suis médecin du groupe jurassien et participe à toutes les activités cultuelles durant le pèlerinage. Je mets à disposition mes compétences médicales et je profite d’être pendant toute une semaine, ensemble, en équipe avec les autres médecins pour refaire ma formation continue», explique la Jurassienne d'origine.
«Si le ciel, c’est comme à Lourdes…»
«A chaque fois, je trouve magnifique à quel point les personnes sont heureuses d’être ici. Comme pendant le pèlerinage de Lourdes en 2008, une femme de 90 ans me disait: 'Si le ciel, c’est comme à Lourdes, mon mari doit être aux anges'. Elle se croyait au paradis, en étant comme malade à Lourdes. Ici, les malades sont vraiment mis au centre», se réjouit Marie-Denise Schaller. (cath.ch/gr)
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Lourdes 2024: "A la découverte des orgues de Sainte-Bernadette"
Depuis 20 ans comme organiste titulaire du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande, Edmond Vœffray se réjouit de cette 100e édition. Le titulaire de Sion et Matigny organise un premier concert d’orgue à l’église Ste-Bernadette pour l’occasion.
Edmond Vœffray n’avait pas vraiment compté le nombre de fois qu’il avait accompagné la chorale du pèlerinage. C’est en préparant ce jubilé qu’il a réalisé avoir déjà effectué 20 années comme 'magicien des tuyaux' de Lourdes au service des Romands.
«Jean-Paul Lécot a mis de sa personne pour que des nombreuses basiliques et églises de Lourdes soit pourvues d’orgues de qualité, avec une préférence pour celles du 19e siècle. Une manière à lui de rendre hommage à l’univers musical qui existait du temps de Bernadette», explique le musicien valaisan féru d’histoire.
Concert d'orgue 'inédit' à Lourdes
«Toutefois, l’orgue à Lourdes reste au service de la liturgie et de la chorale. Aussi, je ne crois pas que Lécot ait pu organiser un seul concert d’orgue dans tout le sanctuaire. C’est donc un honneur pour moi, à l’occasion de ce centième pèlerinage romand de printemps, d’avoir pu proposer un moment dédié à l’orgue, à l’église Ste-Bernadette, à l’attention de tous les pèlerins et les malades», se réjouit Edmond Vœffray. (cath.ch/gr)
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Lourdes: revoir la messe de Pentecôte pour le 100e pèlerinage romand
Le Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande fête son 100ème anniversaire. Ce dimanche 19 mai 2024, à 9h, une messe a été proposée en direct de l’église Ste-Bernadette, 'côté grotte', à Lourdes, sur Espace 2 et en vidéo live streaming sur cath.ch.
Revoir la messe en image sur vimeo: début de l'émission à 6'24''.
Cette messe de Pentecôte a été présidée par le Doyen Robert Zuber, directeur diocésain du Valais romand. L’homélie a été prononcée par Mgr Rémy Berchier, directeur romand du pèlerinage. Don Anne-Guillaume Vernaeckt, chapelain du Sanctuaire de Lourdes, a accueilli les pèlerins suisses, et l'abbé jurassien Pierre Rebetez a concélébré. Les chants de la liturgie ont été assurés par la Chorale du pèlerinage, dirigée par Emmanuel Pittet et accompagnée à l’orgue par Edmond Voeffray.
Une Messe en première mondiale
Les lectures et prière universelle ont été prononcées par Anne-Marie Kolly, Véronique Denis, Marie-Claude Favre, Françoise Michellod, Catherine Oberson et Claudine Rossier. Composée pour l'occasion par le chef de chœur Emmanuel Pittet, une Messe en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie a été chantée en première mondiale durant la liturgie de ce jour.
Les pèlerins et les malades ont pu vivre cette célébration par internet et les ondes pendant leur trajet en train ou en bus. La messe a été réalisée en image par Fabrice Junod, de Cleanfeed, et présentée par Grégory Roth, pour Cath-Info et RTS-Espace2. Ingénieur son de l'opéra de Toulouse, Félix Rouhaud a œuvré pour la captation sonore. (cath.ch/com/gr)
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"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
En 1909, 630 pèlerins romands participent au pèlerinage de Lourdes
Le 100e pèlerinage interdiocésain de la Suisse romande à Notre-Dame de Lourdes se déroule au printemps 2024. En raison des interruptions des deux guerres mondiales et du covid-19, il faut remonter à 1909 pour sa première édition. 630 pèlerins romands ont fait le voyage cette année là.
Un retour dans le passé permet de constater que les choses n’ont fondamentalement pas beaucoup changé en un siècle.
L’essor du pèlerinage de Lourdes est étroitement lié à l’arrivée du chemin de fer dans la localité. Ce sont les apparitions de la Vierge qui décident la Compagnie des chemins de fer du Midi de construire une déviation passant par Lourdes. Le premier train de pèlerins arrive en 1866, soit huit ans seulement après les apparitions.
Un pèlerinage étroitement lié aux chemins de fer
Les assomptionnistes qui gèrent le pèlerinage ont immédiatement compris l’intérêt de ce nouveau moyen de transport bien plus rapide et confortable, en particulier pour les malades. Un confort qui reste cependant relatif. En 1909, les trains ne sont pas encore électrifiés et circulent à la vapeur.
Un vétéran de l’association des brancardiers et infirmières de l’Île de France raconte et on peut aisément imaginer ce que les pèlerins romands ont vécu: “La durée du trajet en chemin de fer était de 26 ou 28 heures. En voitures de 3e classe avec des banquettes de bois, bien dures durant la nuit (…) Les voitures n’étaient pas communicantes et les déplacements ne pouvaient se faire que dans les arrêts; assez fréquents il est vrai. Le service des brancardiers n’était pas une sinécure! Il n’y avait que des bidons et des brocs qu’il fallait remplir avant le départ, et entre temps, tout au long du trajet. A chaque arrêt, une équipe descendait en vitesse remplir les bidons et remontait. (...)
Les brancardiers disaient les prières dans chaque voiture de malades. Aussi, l’équipe de la prière du soir circulant une bonne partie de la nuit, se logeait n’importe comment dans un coin du wagon, car il n’y avait pas de place prévue pour elle.
Pour les repas nombreux, les hospitalières installaient une petite cuisine dans chaque voiture, et surtout pour le café du matin attendu avec tant d’impatience par les malades ! (...) Au départ comme à l’arrivée du train, une foule très nombreuse accourait. La Municipalité envoyait sa fanfare, nous débarquions au son des jeunes tambours!”
Une vénération très rapidement répandue
Le train permet aussi aux pèlerinages beaucoup plus lointains de se rendre aux pieds de la Vierge de Lourdes dont la dévotion s’est répandue bien au-delà de la France. L’image de la Vierge, uniformisée grâce à la photographie et à la production industrielle, se répand dans les églises et les foyers; on construit des répliques de la grotte de Lourdes non seulement dans des églises, mais aussi dans les forêts, sous les rochers évoquant Massabielle. Fribourg, le Valais ou le Jura en comptent encore aujourd’hui plusieurs dizaines. Lourdes devient très populaire parmi les catholiques suisses.
Selon son biographe, la sainte couturière fribourgeoise Marguerite Bays se serait ainsi rendue à Lourdes dans les dernières années de sa vie, avant son décès en 1879. Peut-être en 1877, lors d’un ‘pèlerinage national’ à la Grotte de Lourdes du 26 au 30 août au départ de Genève par Lyon et Toulouse.
Pèlerinage interdiocésain
Assez tôt, d’abord dans le Jura, des curés organisent des pèlerinages paroissiaux ou régionaux, mais il faut attendre le 19 février 1909, pour apprendre par La Liberté et Le Nouvelliste que «Nosseigneurs les évêques de Lausanne et Genève (pas encore de Fribourg NDLR) et de Sion ont bien voulu approuver et encourager l’organisation d’un pèlerinage de la Suisse française à Notre Dame de Lourdes».
Le 5 mai 1909, un train spécial part de Fribourg à 9h06. Les voyageurs sont rejoints à Palézieux par les gens venus de Bulle par les Chemins de fer électriques de la Gruyère. A Lausanne les pèlerins des autres cantons se joindront au convoi. Une étape est prévue à Lyon avant une deuxième journée de train jusqu’à Lourdes.
Sur place, le programme est peu ou prou le même que de nos jours: messes, processions, bénédictions du Saint Sacrement, passages aux piscines, chapelet devant la Grotte et éventuellement pour les bien-portants une excursion dans les montagnes.
Un élan de solidarité
Avec une centaine de francs, le pèlerinage coûte cher. Pour beaucoup, il sera le premier et le seul grand voyage de leur vie. Par l’intermédiaire de La Liberté, l’Oeuvre de Lourdes, fondée par le curé de Remaufens (FR), avec les bénédictions pontificale et épiscopale, organise la solidarité entre les fidèles. En cotisant une modique somme chaque mois, les ‘associés’ alimentent une cagnotte qui servira à payer le pèlerinage à un ou plusieurs d’entre eux. Grâce à elle, quinze ‘associés’ à Châtel-st-Denis et six à Remaufens ont été tirés au sort pour représenter les sections locales au prochain pèlerinage.
Recrutement des brancardiers
En 1910, pour le 2e pèlerinage qui prend le titre d’interdiocésain, et qui associe les pèlerins du Jura bernois, le comité insiste sur le recrutement de brancardiers chargés de «prodiguer aux malades les soins les plus capables d’adoucir leurs douloureuses fatigues.» «Afin de favoriser le développement de ce corps si édifiant et si utile, nous offrons aux moins favorisés de la fortune (...) de leur payer à Lourdes, en tout ou en partie la pension commune aux brancardiers.»
On compte cette année là déjà 880 pèlerins dont 46 malades. Les brancardiers reçoivent leur première bannière «offerte par une famille de Lourdes apparentée à Bernadette Soubirous (...) un vrai petit bijou que Mgr l’évêque de Tarbes dans son excessive amabilité, a déclaré vouloir bénir lui-même», rapporte La Liberté.
Le bureau des constatations
Lourdes est aussi la capitale des miracles. L’Ami du peuple rapporte la guérison de Mme Bollens, de Lausanne (no 1 du registre du Bureau des constations pour 1909). Gravement atteinte au niveau gastrique depuis plus d’un an, cette femme de 38 ans s’était rendue à Lourdes en désespoir de cause, la médecine étant incapable de la guérir. Après deux immersions dans l’eau miraculeuse “la malade se relève et marche avec un peu de faiblesse d’abord, mais les forces reviennent rapidement. En même temps tout les malaises qu’elle éprouvait du côté de l’estomac disparaissent et à son retour à l’hôpital Mme Bollens fait un copieux repas qu’elle digère facilement. “Elle a en outre engraissé d’un kilo en deux jours.”
Un fait singulier ou un miracle?
Pour le 2e pèlerinage de 1910 La Liberté relate un «fait singulier» qu’elle se garde néanmoins de qualifier de miracle. «Une jeune fille de 16 ans environ Louise Genoud était paralysée depuis de longs mois de tous les membres à tel point qu’on était obligé de la nourrir comme un enfant. Depuis Pâques 1910, elle était en outre devenue aveugle: Au départ du pèlerinage de Lourdes, il était question qu’elle en fit partie, mais son état était tel qu’on dut renoncer à ce projet.
Elle fut recommandée aux prières des pèlerins et une neuvaine fut commencée (...) Le dernier jour de la neuvaine, le lundi 13 juin, dans la matinée, Louise Genoud éprouva une commotion dans tout le corps au moment des dernières invocations à Notre-Dame de Lourdes. Au même instant, appelant la soeur qui la soignait, elle lui déclara qu’elle était guérie: En effet, elle se leva, s’habilla et descendit elle-même à la chapelle. (...) Aujourd’hui à l’arrivée des pèlerins de Lourdes, elle a participé au cortège qui de la gare se rendit à l’église.»
A leur retour en Suisse, “tous les pèlerins, ravis, emportent le plus doux souvenir de leur séjour aux roches de Massabielle”, comme l’écrit La Liberté. (cath.ch/mp)
Pèlerinage et tourisme
Dès les premières années, le caractère plus touristique du pèlerinage de Lourdes n’est pas négligé. Le correspondant de La Liberté relate ainsi le 9 juin 1910, une visite à Lyon: «L’arrêt que nous avons eu à Lyon nous a paru bien court. Il nous permit toutefois de nous retrouver tous à Fourvières. (...) Différents groupes se répandent ensuite dans la ville et nous avons encore le temps de visiter les églises que l’on revoit toujours avec plaisir, Saint-Jean, Saint-Nisier, Saint Bonaventure, la chapelle de Sainte-Philomène. Nous poussons jusqu’à Sainte-Blandine, la belle église gothique du quartier excentrique de Perrache.»
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Agnès Meier-Rovelli est venue avec le pèlerinage de printemps de Lourdes comme infirmière les 23 dernières fois depuis 1999. C’est la troisième fois qu’elle endosse la responsabilité de cheffe infirmière de son équipe.
«Mon rôle n’est pas vraiment différente des autres infirmières, il faut simplement que j’ai une vision d’ensemble. Et pour me faciliter la tâche, je téléphone à tous les malades avant le départ. Cela me permet de vérifier que leur dossier est à jour, de leur de transmettre des renseignements et d’apaiser quelques éventuelles angoisse», explique l’Ajoulote d’origine.
"Sur les rotules, pour la bonne cause"
«Dans le car jurassien, nous étions 37 personnes, dont 24 malades en hôpital et 5 à l’hôtel. Et 1 médecin, 1 prêtre, 2 hospitaliers et 4 infirmières pour les accompagner. A la fin d’un pèlerinage, je suis sur les rotules, mais c’est pour la bonne cause. Mon souhait pour ce 100e, c’est la relève: trouver des gens qui veulent s’engager bénévolement au service des pèlerins malades», espère Agnès Meier-Rovelli. (cath.ch/gr)
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L’étage Ste-Anne, dans l’aile gauche de l’hôpital de Lourdes, retrouve son calme en fin de journée. Sur la table, une cafetière pleine est posée. Tout est prêt pour veiller jusqu’à six heures du matin. Dans ce secteur des malades «jurassiens», les veilleuses Danielle et Madelaine, et l’hospitalier Michel, le sont également, mais pas seulement : Gérald, le doyen du groupe, est Valaisan. Il vient à Lourdes depuis 1959 et en est à son 24ème pèlerinage.
Chaque personne raconte pourquoi ses premières fois à Lourdes et ses souvenirs les plus marquants. «Je me souviens d’une dame qui, en pleine crise de démence, voulait rentrer à pied chez elle. Ne pouvant pas, elle a lancé sa canne et a cassé la vitre de sa chambre. Aujourd’hui, j’en rigole, mais sur le moment, on n’en menait pas large », se souvient Madelaine, à son 12e pèlerinage. Michel (23e fois) ajoute : « Mais à Lourdes, tout problème compliqué devient une solution simple. »
"La fatigue, ça s'oublie vite"
Pour Gérald, ce sont les retours: « Une fois à la maison, la fatigue, on a vite oublié ». «C’est le sentiment de reconnaissance qui reprend toujours le dessus », complète Danielle (12e fois). «On devient une famille et les malades nous font des confidences », est l’observation que les quatre font sans hésitation. En en 2025 ? « Nous serons là », clame le groupe de veilleurs. (cath.ch/gr)
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Lourdes 2024: «une nouvelle Messe pour les pèlerins»
Chef de la chorale du pèlerinage depuis 2022, le Fribourgeois Emmanuel Pittet a composé une Messe en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie, accessible à tous, pour marquer durant le 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain.
Pour ce centième pèlerinage, Emmanuel Pittet a décidé d’écrire l’ordinaire d’une petite messe dédiée à Marie. « Je voulais que cette messe soit, à la fois, intéressante harmoniquement, pour les choristes, et simple, pour que les pèlerins et les malades puissent chanter facilement la mélodie », explique le liturgiste de formation.
Des choristes qui prennent du temps
A 40 ans, le Fribourgeois est le directeur du Centre romand de pastorale liturgique (CRPL), basé à Granges-Paccot. Il est également chef de chœur paroissial. « C’est à ce titre-là que j’ai été convié, en 2022, à prendre les rênes de la chorale du pèlerinage, composée d’une septantaine de choristes de toute la Suisse romande, qui prennent du temps pour travailler leurs partitions durant un week-end et trois samedis »
« Notre mission est d’animer les chants de toutes les célébrations durant le pèlerinage : les messes, les célébrations du pardon, les célébrations de l’onction des malades, etc. afin d’aider tous les pèlerins et les malades à chanter et prier», précise le chef de chœur.
Le sourire d’un malade
« C’est une chance pour nous d’être là pour ce centenaire. Ce qui me marque le plus, c’est le plaisir qu’ont les malades à se retrouver ensemble pour vivre ce temps fort. Et, pour moi, il n’y a rien de plus beau que de voir le sourire sur le visage d’un malade à la fin d’une journée », se réjouit Emmanuel Pittet. (cath.ch/gr)
Revoir la messe en image sur vimeo: début de la messe composée par Emmanuel Pittet à 12'54'' :
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Lourdes 2024: «trouver des réponses à mon questionnement de foi»
Participante au pèlerinage dit des «quatre jours», Patricia Salerno est venue à Lourdes dans une démarche de foi personnelle. Directrice d’établissement scolaire dans le canton de Berne, elle est venue se ressourcer durant le 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain.
«Je suis venue à Lourdes, sans mari et enfants, afin de trouver des réponses à mes questionnements de foi, mais aussi pour rencontrer d’autres pèlerins, ce qui n’a pas manqué», confie Patricia Salerno, montrant de la tête sa voisine de car d’un air complice. «C’est la curiosité et le hasard qui m’ont motivée à participer à ce pèlerinage; quelqu’un m’en avait parlé il y a deux ans en sortant de la messe à Malleray».
"Un petit paradis sur terre"
Pour cette conseillère de paroisse, ce sont les veillées et processions mariales à la tombée de la nuit qui l’ont le plus marqué durant le pèlerinage. «Par le passé, je partais en vacances dans une logique de voyage matériel. Aujourd’hui, ce sont davantage les voyages culturel et spirituel qui m’attirent. Et de ce point de vue, Lourdes est un petit paradis sur terre. Mais c’est surtout grâce à la dynamique de groupe des pèlerins que l’on se sent plus fort et surtout fortifié dans sa propre foi », remarque la directrice principale des écoles primaires et enfantines de Moutier.
Ce sont justement ses responsabilités professionnelles qui l’ont empêchée de pouvoir effectuer le pèlerinage d’une semaine. «Je souhaites m’engager davantage les prochaines années. Pourquoi pas, comme responsable d’hôtel ou de car. Mais comme hospitalière, j’attendrai d’abord d’être à la retraite », sourit la Française d’origine. (cath.ch/gr)
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Mgr Jean-Marc Micas: Lourdes offre un «projet d’humanité réussie»
Après deux années presque 'blanches’ en raison de la pandémie de Covid-19, la reprise des pèlerinages depuis 2022 a permis au sanctuaire marial de Lourdes de retrouver progressivement un rythme normal. Mgr Micas revient sur le message spécifique véhiculé par Lourdes dans le contexte de la crise politique et sociale actuelle.
Après ces années difficiles marquées par la pandémie, le sanctuaire de Lourdes a-t-il retrouvé son élan?
L’affluence totale, avec plus de trois millions de pèlerins, se rapproche du niveau de 2019, la dernière année avant la pandémie de Covid-19. La reprise avait commencé en 2022 et la courbe ascendante s’est accentuée en 2023 et 2024, avec une modification du profil des visiteurs et des pèlerins. Les Européens restent majoritaires mais on observe une croissance du nombre de pèlerins venus du continent américain et d’Asie. C’est un phénomène nouveau, et ces nouveaux pèlerins de l’hémisphère Sud ne viennent pas forcément dans la période habituelle des pèlerinages, concentrée de mars à octobre. Cela pose de nouveaux défis pour l’accueil, mais c’est un défi heureux, que tout le monde est heureux de relever.
Nous constatons aussi une inversion des proportions entre le nombre de pèlerins individuels et celui des pèlerinages organisés: de plus en plus de gens viennent spontanément, ce qui nous pose aussi de nouveaux défis face à la perte de l’identité religieuse et chrétienne en Europe. Il faut mettre en place de nouvelles façons d’accueillir ces visiteurs qui peuvent venir à Lourdes avec bonne volonté mais qui n’ont pas forcément le fond de culture qui leur permettrait de comprendre où ils mettent les pieds.
Nous avons eu récemment une réunion avec les responsables afin d’évaluer toutes ces données statistiques. Il y a beaucoup de monde et un bon climat dans le sanctuaire. Notre communauté d’accueil, avec les chapelains et le personnel laïc, a finalement retrouvé le sourire, après la période difficile du Covid.
"De plus en plus de gens viennent spontanément, ce qui nous pose aussi de nouveaux défis face à la perte de l’identité religieuse et chrétienne en Europe."
La société française et l’Église elle-même sont très polarisées… Lourdes est-il un lieu qui peut permettre de guérir ces fractures, en invitant des personnes peut-être opposées d’un point de vue politique ou idéologique de se retrousser les manches ensemble au service des plus faibles?
Lourdes est un lieu qui rassemble des gens de toutes les générations, de toutes les sensibilités. Avec le chapelain chargé de la liturgie, nous savons qu’il y a de nombreuses difficultés et tensions entre catholiques en France, mais ici à Lourdes nous sommes au service de toute l’Église universelle, avec une règle simple : tout le missel et rien que le missel. On fait ce que l’Église nous demande de faire, cela ne suscite pas de tensions particulières. Même le pèlerinage de la Fraternité Saint-Pie X, en octobre dernier, s’est passé paisiblement.
Il y a des lieux où c’est beaucoup plus tendu et difficile, mais il me semble que Lourdes peut servir une vraie communion entre sensibilités différentes. Le monde entier vient, y compris des gens d’autres religions. Les gens se croisent, se sourient. Lourdes constitue ainsi un projet d’humanité réussie, pour quelques jours ou quelques heures, au pied de la Grotte.
Comme le dit le Concile Vatican II, l’Église est au service de la fraternité universelle et de la communion des hommes entre eux et ensemble avec Dieu. Ces dimensions se réalisent lors d’un pèlerinage à Lourdes, et nous avons été heureux d’en témoigner auprès du Saint-Père.
La personne malade et fragile est au centre des attentions à Lourdes, qui offre à certaines personnes leur unique occasion de sortie et de vie sociale dans l’année. Est-ce en quelque sorte un message prophétique adressé à toute la société, dans le contexte du débat sur la fin de vie ?
Je l’ai souvent dit: l’évêque de Lourdes est particulièrement concerné par ce débat, car avec les critères qui sont proposés, peut-être qu’un tiers ou la moitié des pèlerins de Lourdes devraient déjà avoir disparu! Ce n’est pas possible! Je ne peux pas me résoudre à imaginer une société qui promeuve cela.
Il y a aussi toutes sortes de pauvretés à Lourdes, la pauvreté matérielle, mais aussi les difficultés psychiques qui sont au cœur des activités de certaines associations. Et puis Lourdes a accueilli 400 familles ukrainiennes. Nous avons été interpellés par le pape François, par son attention aux migrants. L’Évangile nous oblige, et nous nous interrogeons sur la compatibilité de certaines postures de la campagne électorale actuelle avec l’idéal de l’Évangile que nous servons et que nous communiquons.
"Le Jubilé se tient essentiellement à Rome, mais nous avons fait une proposition de faire de Lourdes une étape sur le chemin de Rome."
Est-ce que l’Année Sainte 2025 donnera lieu à des évènements spécifiques à Lourdes?
Le Jubilé se tient essentiellement à Rome, mais nous avons fait une proposition de faire de Lourdes une étape sur le chemin de Rome, à l’aller ou au retour. Cette année sera jubilaire spécifiquement pour Lourdes aussi car elle marquera le centenaire de la canonisation de sainte Bernadette, ce qui donnera lieu à des évènements spécifiques en février.
Une visite du pape François à Lourdes est-elle envisageable?
Je lui ai naturellement formulé une invitation à venir… Mais simplement, il a souri ! L’enjeu de l’entretien, que j’avais sollicité, était plus simplement de me présenter et de lui présenter un premier bilan de mon épiscopat, un petit peu plus de deux ans après ma nomination en mars 2022. (cath.ch/imedia/cv/bh)
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Lourdes 2024: une centenaire au 100e Pèlerinage romand
Dans sa centième année, Marthe Moreno-Perroud a participé à la 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain. La Fribourgeoise, qui s’est mariée à Lourdes il y a 65 ans, y a passé toute la semaine avec son fils Maurice.
Des 1800 Romands présents durant ce 100e pèlerinage, Marthe Moreno fut incontestablement la doyenne. Née Perroud le 21 mars 1925, cette fille de Châtel-Saint-Denis est venue 'inaugurer’ sa centième année avec ses compatriotes. «Lourdes est comme une deuxième patrie», déclare-t-elle.
Une rencontre « sous les yeux de la Vierge »
Sa première venue au sanctuaire remonte à 1958, lors des cent ans des apparitions de la Vierge à la jeune Bernadette Soubirous. Elle avait promis de s’y rendre en pèlerinage "en remerciement d'une grâce obtenue", et c’est là qu’elle y rencontra son futur mari Claude, devant la grotte de Massabielle. Une rencontre pourtant inattendue avec cet hospitalier de Lourdes, originaire de Béziers, mais qui s’est passée «sous les yeux de la Vierge». Et ils se marièrent année suivante à l’église paroissiale de Lourdes, tous deux alors âgés de 33 ans. La voiture de l'évêque amena Marthe devant la grotte pour qu'elle y dépose son bouquet sur l'autel.
Lourdes, une histoire de famille
«Lourdes, c’est le début de ma vie de famille», souffle la quasi-centenaire, signifiant que le sanctuaire a rythmé la vie du couple Moreno et de leurs trois enfants. Maurice, son fils cadet, évoque tous les petits miracles que sa maman a vécus sur place, comme le fait d’être consacrée hospitalière devant la grotte, alors que cela ne s'était jamais produit. "Alors que maman demandait à la Vierge si cette dernière était contente de son service, un feutier vient lui offrir un fragment de roche de la grotte", raconte Maurice, comme si la Vierge avait donné sa réponse. (cath.ch/gr)
Le pèlerinage des motards
Pour marquer la 100e édition du Pèlerinage de Lourdes de printemps interdiocésain de Suisse romande, il y a eu des marcheurs et des cyclistes. Quatre pèlerins sont venus à moto. Pour éviter un maximum d'autoroutes et profiter du paysage, ces trois Jurassiens et un Bernois ont fait le trajet en quatre jours. GR
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Lourdes 2024 sous la loupe d’une anthropologue
La série de portraits des pèlerins de Lourdes 2024 sur cath.ch a interpelé Aurélie Netz. L’anthropologue vaudoise s’intéresse aux relations que des personnes estiment vivre avec des êtres spirituels et en a publié un ouvrage récemment. Interview
Que peut-on dire anthropologiquement de Lourdes?
Lourdes est un lieu pluriel, en grande partie cadré par l’Église catholique romaine, qui s’est développé sur la base d’une histoire très forte qui a débuté en 1858 avec Bernadette. Au fil du temps, des dispositifs ont été organisés ici, des rituels variés, sacramentels ou non, qui cherchent à favoriser et cadrer une mise en relation entre humains et êtres divins.
Les pèlerins, vont négocier, lors de ces temps rituels, comment comprendre leurs expériences de maladie, de malheurs, de questionnements, leurs difficultés de vie, de manière subjective et en regard avec ces temps vécus ensemble.
"Avec les autres pèlerins, le malade n'est plus seul avec son expérience de souffrance"
L’expérience d’un malade qui va aussi être mis en lien avec les autres personnes…
Oui, c’est une des grandes forces de l’expérience pèlerine! Avec les autres pèlerins, les hospitaliers, les brancardiers, les bretelles de cuir, les prêtres, et les autres malades, la place que la personne se fait dans ces nouvelles relations peut avoir un véritable effet sur la manière dont elle se perçoit et interprète ce qu’elle vit: elle fait pleinement partie d’une communauté!
Lourdes est un temps rituel qui favorise et ordonne l’expérience en lui donnant une profondeur particulière. Ainsi la personne n’est plus seule avec son expérience de maladie et de souffrance, mais elle la partage avec d’autres, et aussi, selon ses conceptions, avec Marie, Jésus, Dieu, … et Bernardette.
Il y en a pour tous les goûts…
Pour certains, c’est l’adoration eucharistique qui sera le point focal de la semaine, ou les processions à la Vierge en fin de journée. Pour d’autres, ce sera d’aller se baigner à la piscine ou le fait de ramener de l’eau de Lourdes à la maison pour pouvoir en boire toute l’année ou en distribuer à ses proches. C’est un lieu construit avec des dispositifs multiples pour permettre des expériences intenses, qui peuvent être donc transformantes pour les personnes.
"A Lourdes, la personne 'bienportante' va modifier son regard sur la maladie"
Les 'bienportants' disent souvent : «ici, ce sont les malades qui nous portent…»
Oui, parce que nous sommes dans une société 'santéiste' : la santé est le bien et la valeur suprêmes. Être en santé confère un statut enviable ; la personne malade est plutôt dévaluée socialement, notamment car elle peut vivre de la dépendance et avoir besoin des autres dans plusieurs sphères de sa vie. Dans l’espace public, il y a peu de représentations de corps malades.
Alors qu’à Lourdes, la proximité de la personne 'bienportante' avec le malade va lui permettre de modifier son regard sur la maladie et l’imaginaire associé. Le rapport à l’altérité n’est plus si marqué, parce que le point de rencontre est la foi : tout le monde est en cheminement dans cette vie vers quelque chose d’autre qui est au-delà du statut « terrestre », au-delà de la maladie.
"Un lieu qui souhaite rendre le divin plus proche, y compris de la maladie"
Pour les hospitalier·ère·s aussi, une expérience transformante est possible…
Oui, car les malades ne sont pas forcément avec les personnes qui s’occupent d’eux durant l’année. Et pour les hospitalier·ère·s – qui soient professionnel·le·s de soin ou non –, la sortie du contexte habituel permet davantage de rencontres. Le livre de Laurent Amiotte-Suchet est très éloquent à ce sujet. Pour une fois, la maladie n’est pas un obstacle, mais une porte d’entrée à la spiritualité et à la foi. Et Lourdes a vraiment cela de particulier: c’est un lieu qui souhaite rendre le divin plus proche, y compris de la maladie et de la souffrance humaine.
A Lourdes, tout ne tourne pas autour de la figure du clergé. Comment l’expliquer?
Il faut d’abord rappeler que dans l’histoire de Lourdes, il y a tout un temps de tâtonnements pour l’Église, entre ce que Bernadette dit de ses perceptions, et comment l’Église se positionne, communique à ce sujet et cadre la dévotion. Le livre d’Elisabeth Claverie est intéressant car elle raconte ces négociations à travers le temps.
Lourdes est un univers unique, où des personnes venues d’horizons divers se rencontrent, qui permet à différentes sensibilités de s’exprimer, que ce soit dans les dévotions mariales, dévotions personnelles, liées aux soins et à l’eau, qui ne nécessitent pas toujours de sacrement. Et pour les prêtres aussi, peut-être le changement de lieu leur permet d’expérimenter d’autres aspects de leur ministère, de se laisse porter et de se mettre à l’écoute des malades et des pèlerins d’une autre manière.
"Être valorisé et reconnu dans son chemin de maladie peut être une forme de guérison"
Qu’est-ce qui fait que les malades – non guéris – vont retourner à Lourdes?
Cela dépend comment vous voyez la guérison. Si la personne se met en relation avec des personnes intéressantes, des êtres spirituels et divins, et elle est valorisée et reconnue dans son chemin de maladie, cela peut être une forme de guérison ou d’apaisement. L'idée de la guérison, c’est d’abord un 'mieux', trouver un équilibre, et pas forcément la disparition de la maladie. En anglais, on distingue le 'healing' (guérir) du 'curing' (soigner).
Et cela dépend où vous situer l’attente, car elles sont multiples : désir de miracle ou non, mieux-être physique ou « miracle des cœurs »,... Il serait intéressant pour moi de m’entretenir avec plusieurs malades, accompagnant·e·s et membres du clergé pour découvrir ce que Lourdes a changé (ou non) dans leur vie. Cela pourrait être l’objet d’une prochaine étude [rire]… (cath.ch/gr)
En dialogue avec l’invisible
Aurélie Netz a publié un troisième livre d’entretiens pour comprendre la spiritualité d’aujourd’hui. Après une étude des cercles de femmes et des femmes en quête de guérison, elle élargit le spectre de recherche aux personnes qui estiment avoir des relations avec des êtres spirituels. Comment entretiennent-elles cette relation? Pourquoi est-ce important pour elles? Et comment cette relation change-t-elle leur vie? GR
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