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    Simone Previte: «Je ne suis pas celui qui fermera l’Abbaye"

    Les vœux solennels que Simone Previte va prononcer à l’Abbaye de Saint-Maurice, le 28 août prochain, «sont avant tout une grâce donnée pour surmonter les doutes et les épreuves qui ne manqueront pas sur le chemin».

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    Simone Previte: «Je ne suis pas celui qui fermera l’Abbaye"

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    "Ma vocation ne relève pas de l'extraordinaire", confie Simone Previte © Bernard Hallet

    Simone Previte: «Je ne suis pas celui qui fermera l’Abbaye"

    Les vœux solennels que Simone Previte va prononcer à l’Abbaye de Saint-Maurice, le 28 août prochain, «sont avant tout une grâce donnée pour surmonter les doutes et les épreuves qui ne manqueront pas sur le chemin». Mes vœux n’attestent pas «que j’appartiens à une élite située au-dessus du peuple, mais que je m’engage pour le servir».

    Simone Previte le dit d’emblée, sa vocation n’est pas de l’ordre de l’extraordinaire. «En regardant en arrière, cela paraît évident». Pourtant le natif de Monthey (VS) ne peut pas «se vanter» d’être issu d’une famille pratiquante. «Mais j’ai reçu une éducation catholique par tradition et par attachement». Il fait allusion aux origines siciliennes de la famille.

    Ses parents sont italiens - sa maman de la troisième génération est née à Bex (VD) - mais Simone est né à Monthey en 1996. «Mon enfance a été assez banale».  Il a habité à Massongex, puis 10 ans à Epinassey (VS). Ses études le mènent au collège de Saint-Maurice, de 2012 à 2016, où il obtient une matu avec l’option italien. «Cela m’a permis de bien connaître la culture et les auteurs italiens». Son travail de matu est d’ordre théologique et historique: «La primauté pontificale entre Vatican I et Vatican II».

    Jeunes, il veut servir la messe, mais les parents ne sont pas d’accord. Il contourne l'obstacle en allant chez ses cousins, qu’il accompagne à la messe presque tous les dimanches.

    Elevé dans la foi chrétienne

    Même s’il ne pratique pas, Simone revendique une éducation dans la foi chrétienne, notamment en ce qui concerne les valeurs que ces parents lui inculquent, ainsi qu’à ses deux frères: le sens et la dignité du travail. On gagne son pain à la sueur de son front. «Cela induit une forme de générosité: tu bosses pour toi, mais aussi pour les autres, pour le bien commun». Il ne le revendique pas parce que c’est chrétien. «Non. Cela correspond aussi à une solidarité très forte du noyau familial».

    D’ailleurs, illustre-t-il, lorsque son père, maçon de profession, a construit la maison familiale, tout le monde s’y est mis. «C’est une grâce d’aider. Il ne s’agissait pas de voir monter les murs sans rien faire». Il donne des coups de main à la cantine du football club de Massongex (VS) que tient son père. Et il seconde ses parents à la pizzeria.

    L’aumônerie, un «tremplin»

    A l’adolescence, la fréquentation assidue de l’aumônerie du collège va lui permettre de satisfaire son désir d’eucharistie et de prière. «Ce fut comme un tremplin», d’autant que le chanoine responsable de l’aumônerie l’aide à avancer dans sa vie de prière. On ne parle pas encore de vocation, mais l’étudiant s’investit dans sa vie chrétienne et le chanoine lui propose de servir la messe à la basilique, la première fois à Pâques 2016.

    Un job d’été passé à l’accueil de la boutique de l’Abbaye en 2015 le rapproche du lieu. «On est en plein 1500eme anniversaire de la fondation de l’Abbaye, la communauté est rayonnante. C’était une belle effervescence. Ca a été une expérience forte pour moi sur les plans culturel et spirituel».

    Abbaye de Saint-Maurice le 20 juin 2022. Simone Previte (g.) et Maurice Sessou
    Abbaye de Saint-Maurice le 20 juin 2022. Simone Previte (g.) et Maurice Sessou @ Bernard Hallet

    Après la matu, suit une année de théologie à l’uni de Fribourg, «par curiosité». Le contact avec des séminaristes de son âge casse le cliché que Simone s’était construit sur ces jeunes «séminaristes religieux». «Je ne voyais plus l’écart que j’avais imaginé entre moi et ces autres jeunes, qui se posaient finalement les mêmes questions». Cette expérience le fait avancer dans sa réflexion.

    A Pâques 2017, il est accepté au postulat à l'Abbaye et continue ses études de théologie au séminaire à Givisiez. Le fait d’entrer à l’abbaye n’est pas un grand changement, Simone est familier des lieux et de la communauté. Sa trajectoire l’y a amené et «une fois que tu as les deux pieds dedans, le 'oui’ te tombe dessus». D’autant plus qu’au même moment, une amie lui confie son projet d’entrer dans les ordres. «J’ai d’abord été très surpris pour elle et j’ai pensé que si elle avait dit «oui», alors pourquoi pas moi?». Ce n’est pas foudroyant, mais «quand même, on prend une gifle quand on accepte cela», souffle le jeune homme.

    Une communauté donnée

    Aucun doute non plus sur le lieu de sa vocation, il n’a pas du tout senti la nécessité de chercher plus loin que Saint-Maurice. «Ce lieu et cette communauté m’étaient donnés avec ma vocation». Il prend ensemble la magnifique expérience du 1500ème de l’abbaye et une communauté fragile, âgée. «Ce sont des amis, ils m’ont aidé et m’aident à évoluer dans mon parcours». D’autant qu’il n’envisage pas sa vocation autrement que par le sacerdoce mêlé à la vie religieuse.

    Il a fait son choix de vie librement et il en est heureux. La seule chose qui aurait pu le dissuader de poursuivre sa voie vers l’Abbaye aurait été les doutes de sa famille. «Cela aurait pu me faire changer d’avis. Ça aurait été terrible pour moi». Passées les larmes de sa maman et la stupéfaction de son père, l’entourage a bien compris son engagement. Il en fut soulagé.

    D’autant que pour apaiser la tristesse sur l’absence de la filiation, il a évoqué ses deux frères qui pourront donner des petits-enfants à ses parents. «Pour être sûr de ne pas me laisser influencer, j’avais déjà écrit la lettre au Père-Abbé», sourit-il.

    En fait, il a fallu expliquer de quoi il s’agissait concrètement pour chaque étape: le postulat, les vœux simples et les vœux solennels (définitifs). «Les gens, à commencer par mes frères, ne voyaient pas exactement de quoi je parlais». Concernant son engagement religieux, Simone parle d’une éducation à faire pour que l’entourage fasse son deuil.

    Le Père-abbé, Mgr Jean Scarcella, a clairement posé la problématique lorsqu’il est venu lui demander d’entrer à l’Abbaye: «Tu as vu notre communauté?» «J’ai répondu que si personne ne faisait le premier pas, personne d’autre ne suivrait. Et je ne suis pas celui qui fermera l’Abbaye à clé» (cath.ch/bh)

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    D'origine béninoise, Maurice Sessou est le huitième d'une fratrie de 12 enfants © Bernard Hallet

    Maurice Sessou prononce ses vœux solennels en terre de mission

    Maurice Sessou prononcera ses vœux solennels à l’Abbaye de Saint-Maurice le 28 août. Ce Béninois d’origine raconte le parcours qui l’a mené de Dajkotomey, sa ville natale, dans la communauté valaisanne qui a l’a accueilli et où il se sent missionnaire.

    «Dieu appelle les incapables pour en faire des capables de la mission à laquelle il les appelle», sourit Maurice Sessou, à propos de sa vocation. Il prononcera ses vœux solennels (définitifs) fin août avec son confrère Simone Previte. Ce Béninois d’origine modeste, né en 1983 à Djakotomey, non loin de Cotonou, est huitième d’une fratrie de 12 enfants. Les parents travaillaient la terre pour produire du manioc, des céréales et du maïs. «Ils étaient païens avant de se convertir et dans la famille, une grande sœur est religieuse». Son père est aujourd’hui décédé.

    A l’internat catholique

    Maurice Sessou reçoit une éducation catholique en entrant à 6 ans, avec un de ses frères, dans un pensionnat tenu par des religieux. Avec le catéchisme, le service à l’autel, et la participation à la chorale, le jeune garçon découvre la pratique religieuse. Il est baptisé à 9 ans. «Ce fut le creuset dans lequel est née ma foi. En fait, je ne le savais pas, mais j’étais en route vers ma vocation religieuse».

    Une vocation qu’il attribue en grande partie à Adonekpo Valentin, un prêtre très dévoué à la cause des pauvres. Maurice loue l’humanité de cet homme si attentif aux enfants en difficulté d’apprentissage. Ce qui était son cas, et il en garde un vif souvenir. Lorsqu’on lui pose la question de son avenir, il répond qu’il «veut être Valentin!». «Je n’étais pas mûr pour la vocation, bien sûr!», sourit-il.

    D’autant que, son bac littéraire en poche en 2003, il consacre ses études supérieures aux sciences de l’éducation. Il a «à cœur d’aider à son tour les enfants en difficulté scolaires», pour mieux se connaître, ajoute-t-il, et sans doute tenter de maîtriser son appréhension des études.

    Abbaye de Saint-Maurice le 20 juin 2022. Simone Previte (g.) et Maurice Sessou
    Abbaye de Saint-Maurice le 20 juin 2022. Simone Previte (g.) et Maurice Sessou @ Bernard Hallet

    Le jeune homme s’implique beaucoup dans les activités de l’aumônerie de l’Université de Cotonou, que tiennent des frères jésuites. Il fait partie de groupe de jeunes très engagés sur la paroisse, il s’occupe de l’adoration, de la chorale. D’où lui vient peut-être cette frénésie d’organiser des événements qu’on lui connaît bien à l’Abbaye. «J’étais très impliqué dans la vie de foi».

    Peur de la formation

    A tel point que l’appel se fait ressentir. Que ce soit à l’université ou, plus tard, au séminaire, Maurice appréhende les études et cette peur persiste encore chez le jeune homme. «C’est pour cette raison que le sacerdoce me faisait peur». L’appréhension disparaît au contact des jésuites qui le confortent dans son choix. Si la peur intellectuelle s’estompe, reste «la peur financière». La formation est en effet payante, un obstacle apriori insurmontable.

    C'ets sans compter sur la providence intervient quand une famille accepte de le parrainer. Il entre alors au Grand séminaire de Ouidah pour la philosophie qu’il poursuivra ensuite à l’université pour l’obtention d’une maîtrise en 2011. Puis, il est admis au Grand Séminaire de Lomé, au Togo, où il commence un cycle de quatre ans de formation théologique. Avec l’aide de son recteur de séminaire, le Père Godfroy Kouégan, il discerne sa vocation à la vie consacrée.

    La Suisse, terre de mission

    «J’étais loin de m’imaginer que je viendrais en Europe!», lance Maurice lorsqu’il évoque le grand virage de son existence. Le théologien est «ancré» en Afrique, il s’estime trop pauvre pour venir en Europe et surtout s’adapter à la culture occidentale. Pourtant Godfroy Kouégan, le recteur du Grand Séminaire, le voit bien en missionnaire. Il lui propose alors de rejoindre la Suisse et plus précisément l’Abbaye de Saint-Maurice (VS). Il l’aide dans ses démarches, dissipe les appréhensions du jeune homme. «Ma vie est donnée pour l’Évangile, où que ce soit. J’étais convaincu, en quittant l’Afrique, que ce n’était pas pour un temps d’observation et que la communauté de Saint-Maurice serait le lieu de ma vie religieuse».

    Maurice débarque en août 2017 à l’Abbaye. «On a appris à se regarder, à s’accueillir, j’ai vu la communauté accueillir admirablement un Africain», relève-t-il au sujet de ses confrères, qu’il estime et dont il loue l’ouverture à son encontre. Il en a été de même avec la communauté de fidèles de l’Abbaye. «Au début, les gens étaient réservés, mais ça n’a pas duré». L’inculturation est passée par les études: il a obtenu un master avec spécialisation en liturgie.

    Suivre des études à l’Université de Fribourg était important pour le jeune homme. Les nombreux contacts noués sur place lui ont permis de découvrir la Suisse romande et de s’intégrer au-delà de sa communauté.

    Personne de sa famille ne sera présent à la célébration, mais il ne se sent pas triste. Au contraire, «J’entre dans une communauté qui est désormais ma famille. Qu’est-ce qui parle plus fort: le sang biologique ou le sang spirituel? Je suis serein à l’idée de prononcer mes vœux», assure Maurice», assure Maurice. «En quittant l’Afrique pour cette terre de la Suisse, j’ai a écrit dans mon calepin: «Tout à toi Marie. Conduis-moi patiemment vers Jésus: Ad majorem Dei gloriam, Virginis salutem (pour la plus grande gloire de Dieu, l’honneur de la Vierge Marie et le salut de l’humanité)». (cath.ch/bh)

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    Saint-Maurice: deux chanoines prononcent leurs vœux solennels

    Jour de fête à l'abbaye de Saint-Maurice, le 28 août 2022, où Simone Previte et Maurice Sessou ont prononcé leurs vœux perpétuels dans une basilique pleine. Cath.ch était sur place.

    Une longue ovation a salué Simone Previte et Maurice Sessou alors qu'ils venaient de regagner leur place dans les stalles du chœur de la basilique, parmi leurs confrères après leur avoir donné l'accolade. Ils portaient le camail rouge dont le Père-Abbé, Mgr Jean Scarcella, les avait revêtus quelques minutes plus tôt en signe de l'acceptation de leurs vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance prononcés dans une basilique bondée. (cath.ch/bh)

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    Ordination diaconale de Maurice Sessou et Simone Previte, le 8 décembre 2022 à l'Abbaye de St-Maurice © Abbaye de St-Maurice

    Deux chanoines de Saint-Maurice ordonnés diacres

    L’ordination diaconale des chanoines de St-Maurice (VS) Maurice Sessou et Simone Previte a été célébrée le 8 décembre 2022, en la solennité de l’Immaculée Conception. Le nonce apostolique en Suisse, Mgr Martin Krebs, a présidé la célébration.

    Les deux chanoines ont prononcé leurs vœux solennels à l'Abbaye de St-Maurice le 28 août dernier. Simone Previte, né en 1996 à Monthey est un enfant du lieu. Maurice Sessou, né en 1983 au Bénin, est en Suisse depuis 2017. (cath.ch/com/rz)

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