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  • DOSSIERS

    Sophie Buchs est directrice de Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021

    Sophie Buchs, des Noëls dans les deux hémisphères

    En chemin vers Noël Pour la période de l'Avent, cath.ch vous invite à la rencontre de quelques personnes de Suisse romande qui nous ont raconté un de leurs souvenir de Noël.

    Contenu du dossier
    Sophie Buchs est directrice de Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021
    Actualités

    Sophie Buchs, des Noëls dans les deux hémisphères

    Le Père Georges Conus devant une croix décorée ramenée d'Haïti
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    Sophie Buchs est directrice de Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021 © Raphaël Zbinden

    Sophie Buchs, des Noëls dans les deux hémisphères

    La famille de Sophie Buchs, nouvelle directrice de Caritas Genève, est partagée entre la Suisse et l’Argentine. Dans ces deux pays, elle a passé des Noëls bien différents.

    Noël à la fondue chinoise ou au barbecue. Sophie Buchs a eu la chance de vivre les deux.

    Depuis sa petite enfance, celle qui a pris la direction de Caritas Genève le 1er septembre 2021, a alterné les fêtes de la Nativité entre la Suisse et l’Argentine, où résidaient ses grands-parents.

    Vers les chutes d’Iguazu

    Ces derniers ont émigré du Tessin en Amérique du Sud dans les années 1950. Ils se sont installés dans la province de Misiones, au nord-est du pays, où ils sont devenus cultivateurs de yerba maté. Les feuilles de cette plante proche du houx, infusées dans l'eau chaude, donnent le maté, une boisson stimulante très prisée en Argentine.

    Quand elle venait passer les fêtes dans cette région à la frontière avec le Brésil et le Paraguay, Sophie Buchs a pu admirer les spectaculaires chutes d’Iguazu. Elle a aussi visité les vestiges des missions jésuites fondées au 17e siècle. Un pan de l’histoire locale auquel son grand-père s’intéressait de près, allant jusqu’à créer dans la province argentine plusieurs musées consacrés à ce thème.

    40 degrés à l’ombre

    La Genevoise passait ainsi Noël, un an sur deux, dans ce contexte totalement différent de la Suisse. Après presque 24 heures de voyage, elle atteignait, avec sa famille, l’exploitation de ses grands-parents.

    Le premier défi était de s’habituer au climat. La zone étant située dans l’hémisphère sud, les températures y oscillent, fin décembre, entre 37 et 42 degrés. Avec un taux d’humidité très élevé rendant l’atmosphère étouffante.

    La nouvelle directrice de Caritas Genève se rappelle aussi que les séjours étaient parfois marqués par un déchaînement des eaux du ciel. Des pluies habituelles à la période de Noël, dans une région touchée par le phénomène climatique El Nino (qui signifie justement Petit Jésus).

    La province argentine de Misiones se trouve à la frontière avec le Brésil et le Paraguay (Google Maps)
    La province argentine de Misiones se trouve à la frontière avec le Brésil et le Paraguay (Google Maps)

    Noël dans la piscine

    Malgré cela, et la présence d’animaux tropicaux pas toujours attachants, tels que les serpents, Sophie Buchs a gardé de ces visites des flashbacks précieux. «J’ai des souvenirs de liberté et de jeu, avec le grand jardin et la piscine.» Et surtout une chaleureuse ambiance de fête. «Comme il fait très chaud, les habitants célèbrent Noël surtout à l’extérieur, et en se réunissant, ce qui rend les assemblées nombreuses et joyeuses».

    Les festivités débutent comme en Suisse, par un repas pris dans le cercle familial proche. Comme il est de coutume en Argentine, la viande, également au barbecue, est au centre du menu. Avec les salades et bien sûr la possibilité de savourer des fruits tropicaux fraîchement cueillis.

    A mesure que la soirée avance, on rencontre les familles amies, la communauté élargie. La messe de minuit constitue le temps fort. La région étant peuplée principalement d’Européens d’origine, de confession surtout catholique, les célébrations ne sont pas tellement différentes de celles en Suisse. Ce qui change, en revanche, c’est qu’après la messe, la fête ne fait que commencer, se poursuivant souvent jusqu’au matin.

    Le «cocon» suisse

    De lumineux souvenirs, qu’elle se remémore avec beaucoup d’émotion. «C’était génial, c’était l’aventure, la liberté». Elle se rend compte aujourd’hui à quel point ces expériences sous les tropiques l’ont ouverte à la joie de la rencontre, du partage, aux autres façons de vivre.

    Sophie Buchs n’est plus allée depuis quelques années en Argentine, notamment à cause du Covid. Elle souhaite emmener un jour ses deux filles voir les chutes d’Iguazu et les ruines des missions jésuites. Nées en 2019 et 2020, elles sont cependant trop petites pour voyager aussi loin.

    Il est ainsi certain que le prochain Noël se déroulera à Genève. Un contexte moins «exotique» que l’Argentine, mais pour Sophie Buchs, tout aussi précieux. La Genevoise a toujours apprécié la fête en Suisse pour son ambiance intime et familiale. «J’ai la chance d’avoir une grande famille, avec trois frères. J’ai des souvenirs de fêtes avec beaucoup de gens et de joie». Et l’aspect «cocon» a pris de l’importance depuis la naissance des deux petites.

    La joie d’être ensemble

    Le temps de Noël a également toujours été pour elle un événement spirituel particulier. «Dans ma famille, l’Avent était une période importante. Mes parents ne priorisaient jamais le calendrier, mais plutôt les temps de partage, avec un fort accent sur le religieux. Et Noël, ce n’était pas seulement aller à la messe de minuit. Avec toute la famille, nous avions une discussion, après la célébration, sur les valeurs liées à cette fête».

    Sophie Buchs passera le prochain Noël chez ses parents, avec sa propre famille, ses frères et leurs familles respectives. «Maintenant que nous avons grandi et que chacun a eu sa propre évolution spirituelle, la fête est moins axée sur l’aspect religieux, admet-elle. Mais la joie d’être ensemble est toujours la même». (cath.ch/rz)

    Agée de 34 ans, mariée et mère de deux enfants, Sophie Buchs occupe le poste de directrice de l’œuvre d’entraide catholique Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021. Titulaire d’un master en Sciences politiques de l’Université de Genève, elle est depuis 2016 directrice générale de la Fondation Pro Juventute Genève, récemment rebaptisée 022 Familles. De 2011 à 2016, elle a également été la secrétaire générale du Parti démocrate-chrétien genevois (aujourd’hui Le Centre). RZ

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    Le Père Georges Conus devant une croix décorée ramenée d'Haïti © Maurice Page

    Georges Conus: Un Noël haïtien sous la 'neige'

    «Le souvenir de mon premier Noël en Haïti est celui de la 'neige' sur les toits» raconte Georges Conus. En 1975, il est encore un jeune diacre missionnaire, à Anse-à-Foleur, au Nord-Ouest de l’île.

    Maurice Page

    «Comme il n’y avait à l’époque pas d’électricité dans la région, la messe de minuit était avancée à 9h du soir. A la sortie de la célébration, une belle lune brillait dans la nuit. Son reflet sur les toitures de tôle du bourg me donnait l’impression d’une jolie couche de neige sur les toits, comme dans mon enfance dans la campagne fribourgeoise.» Des petits groupes de personnes blaguaient encore dans les rues prolongeant une fête bien loin des illuminations et des guirlandes de l’Occident.

    Le deuxième souvenir est celui des cantiques de Noël. Les Haïtiens possèdent un beau répertoire de chants en créole. «Je me souviens de l’un d’eux qui dit: 'Noël c’est chaque jour sur la terre. Noël c’est quand chacun aime son prochain'.»

    Arrivé au début de l’année 1975, j’avais déjà suffisamment assimilé le créole pour comprendre ces cantiques très souvent inspirés directement des récits évangéliques. Un peu comme une Bible en chansons. Ce qui était un moyen d’évangélisation très intéressant dans un pays où il y avait encore une très forte proportion d’analphabètes. Lorsque vous ne savez pas lire, vous développez une mémoire auditive beaucoup plus importante. Il suffit souvent d’une ou deux répétitions pour apprendre par cœur un chant et tous ses couplets.

    A l’époque, dans cette campagne pauvre où je vivais, la tradition des cadeaux de Noël n’existait pas. Seule l’église était décorée de bougies et de guirlandes. La fête collective se vivait plutôt lors du Nouvel An où les gens se rassemblaient autour de grandes marmites de soupe aux courges 'géomon'. Chacun souhaitait alors aux autres «l’areuse ané».

    25 ans plus tard à Chénot

    "Le troisième souvenir se rapporte à mon séjour à Chénot, une localité isolée dans les montagnes du centre du pays, où j’ai vécu de 1994 à 2002. Avec Ciliane, la missionnaire laïque suisse qui m’accompagnait, nous étions les deux seuls étrangers dans la paroisse», note Georges Conus. La grande église de 800 places se remplissait pour Noël. Nous disposions de l’électricité grâce à l’installation de panneaux solaires et donc d’une église éclairée. Ce qui avait fait dire à un de mes catéchistes «l’Eglise riba nou» (l’Eglise nous sourit).

    Haïti. A Noël, les enfants font la crèche vivante.
    Haïti. A Noël, les enfants font la crèche vivante. @ B. Roduit

    La communauté des religieuses haïtiennes qui tenait une école primaire très florissante organisait une grande veillée de Noël à 9h du soir, avec des sketchs des enfants des écoles et bien sûr toujours les fameux chants créoles. Puis arrivait la messe de minuit.

    Les fidèles dorment sur place

    Après la messe, les fidèles venus des collines les plus éloignées s’installaient sur place dans l’église pour continuer la fête et dormir quelques heures sur les bancs. Il faut dire que sur tout le territoire de la paroisse, il n’y avait pas de route mais seulement des sentiers et que les gens se déplaçaient uniquement à pied. En plus, en décembre, le temps est souvent pluvieux dans la région rendant les chemins boueux peu sûrs durant la nuit. Après une nuit de bivouac, les gens participaient encore à la messe du matin de Noël, avant de s’en retourner chez eux.

    La grand-messe de 9h (à 9h30 en été et 10h en hiver!) était célébrée avec deux chorales, celles des anciens et celle des jeunes accompagnées de tambours, de guitares et de 'keyboard' (piano électrique). Nous en avions bien pour une heure et demie deux heures.

    Prier autour de la crèche

    Crèche de Noël à Chénot en Haïti
    Crèche de Noël à Chénot en Haïti @ DR

    Comme dans toutes les églises du monde, la crèche de Noël occupait une place particulière. Les  gens qui avaient un peu voyagé revenaient éblouis avec des images de crèches occidentales assez kitsch. Ciliane avait trouvé une femme de la paroisse qui faisait des poupées au teint bistre. C’est elle qui réalisait les personnages de la crèche. Dans ce pays d’élevage, la présence de l’âne, du bœuf et des moutons avait toute son importance. La crèche était réalisée avec des branches de pins et des feuilles de bananier sur le modèle du 'joupa', abri pour les animaux typique de la région. Ce qui correspondait parfaitement à la pauvreté de la crèche décrite dans l’évangile. Inaugurée la nuit de Noël, la crèche restait en place jusqu’à la fête du baptême de Jésus. Beaucoup de personnes venaient la voir pour l’admirer ou y prier.

    A part quelques personnes qui avaient voyagé ou travaillé chez les missionnaires, les gens ne faisaient pas de crèche à la maison. Je me souviens cependant d’une dame qui avait travaillé chez les Pères Monfortains fondateurs de la paroisse et qui avait visité la France. Elle faisait une crèche chez elle et y conviait ses voisins pour y prier. (cath.ch/mp)

    Georges Conus
    Missionnaire de Bethléem Immensee, (SMB) Georges Conus a passé trois périodes en Haïti: de 1975 à 1976 comme diacre à Anse-à-Foleur au Nord-Ouest de l’île, de 1978 à 1986, comme prêtre à Bombardopolis, toujours dans la province du Nord-Ouest puis de 1994 à 2002, comme curé à Chénot, au centre de l’île. dans la région montagneuse des Cahos. Il est aujourd’hui prêtre auxiliaire dans l’unité pastorale Saint Joseph à Fribourg.

    O nuit trè sen chanson de Noël (Créole haïtien)

    O nuit trè sen, bèl zetwal yo ap briye
    Se lannuit lè Jezi Kri te fèt
    Lontan lemonn te egare nan peche
    Jouk li parèt e nanm mwen te viv ankò.

    Kè:
    O jou de jwa, tout lemonn ape rejwi
    Pou gwo limyè kap fè yon nouvo jou
    Mete jenou atè, tande zanj yo ap chante
    O nuit trè sen, O nuit lè Kris te fèt
    O nuit diven, O nuit, O nuit diven.

    Nou swiv limyè sa avèk tout gran jwa
    Kè nou briye avèk lanmou pou Jezi Kris
    Nou adore Li ki vin fèt pou sove nou
    Nou swiv li menm jan moun saj yo te swiv li.

    Ò nuit très sainte (français)

    Ô nuit très sainte, de belles étoiles brillent,
    C'est la nuit où Jésus-Christ est né.
    Longtemps, le mondé était égaré dans le péché
    Jusqu'à ce qu'il est apparu et mon âme revit.

    Refrain :
    Ô jour de joie, tout le monde se réjouit,
    Car la grande lumière fait un nouveau jour,
    Mettez les genoux à terre, entendez les anges chanter.
    Ô nuit très sainte, ô nuit où le Christ est né,
    Ô nuit divine, ô nuit, ô nuit divine.

    Nous avons suivi cette lumière avec très grande joie,
    Nos cœurs brillent de l'amour pour Jésus-Christ
    Nous L'adorons, lui qui vint pour nous sauver
    Nous Le suivons comme les mages sages L'ont suivi.

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    Oksana La Spina: "Dans mon enfance en Russie, j'ouvrais mes cadeaux de Noël à la veille du Nouvel An" © Grégory Roth

    Oksana La Spina: bribes de souvenirs de Noël en Russie

    Domiciliée à Fribourg, Oksana La Spina est une "inconditionnelle" de Noël. Famille réunie, repas, cadeaux sous le sapin… Des incontournables pour cette Russe qui a grandit dans un pays où les festivités chrétiennes ont peu à peu refait surface.

    Grégory Roth

    Aujourd'hui, Noël est une grande fête populaire en Russie. Et Moscou fait partie des villes européennes les plus réputées pour ses illuminations et décorations de Noël. Mais il n'en pas toujours été ainsi. Du temps de l'URSS, la religion n'avait pas de place. Il fut interdit de célébrer Noël à partir de 1929 et c'est le Nouvel An qui fit dès lors office de fête populaire.

    Née dans les années 1970, Oksana La Spina a grandi dans la ville de Stavropol. "Pour être honnête, j'ai très peu de souvenirs d'enfance de Noël en Russie. Parce qu'à l'époque, l’État n'était pas encore très favorable aux festivités chrétiennes, même s'il commençait à tolérer progressivement certaines pratiques".

    Les cadeaux à Nouvel An

    Oksana se rappelle qu'avec son petit frère, ils ouvraient encore leurs cadeaux en famille à la veille du Nouvel An – la Russie communiste ayant commencé, en 1918, à suivre le calendrier grégorien, comme l’Europe, en adoptant le 1er janvier pour marquer la nouvelle année.

    Quant à la fête religieuse de Noël, la tradition orthodoxe russe, qui a conservé le calendrier julien, la célèbre dans la nuit du 6 au 7 janvier. "A part la messe à l'église, les festivités n'occupaient que peu de place dans l'espace public. Je ne m'en rappelais plus, mais ma maman m'a raconté que, de Noël au Nouvel An orthodoxe [7 au 14 janvier, ndlr], je me déguisais et j'allais chanter quelques airs de Noël dans le quartier, en faisant du porte à porte chez les voisins. Un peu à la manière les enfants à chaque 1er mai, dans le canton de Fribourg."

    Poisson, rôti et 'kutya'

    Typique pour Noël en Russie: le gâteau salé, contenant des champignons, du poulet, du riz et des œufs.
    Typique pour Noël en Russie: le gâteau salé, contenant des champignons, du poulet, du riz et des œufs. @ DR

    Elle se rappelle bien en revanche des dîners de Noël que ses parents organisaient chez eux. "C'était l'occasion de partager un repas festif, non pas avec la famille élargie, comme on le fait en Europe, mais avec quelques amis du quartier. Au menu, il y avait la traditionnelle 'kutya' (koutia), une galette à base de riz, de raisins secs, de miel et de pavots. Mais aussi un plat de poisson, avec antipasti au vinaigre, et un autre plat de viande rôtie – pour les familles qui avaient les moyens –, et comme dessert, des pommes au four, fourrées aux fruits secs et au miel".

    "Dans les mets de Noël, le miel est très présent, relève Oksana, il joue un rôle presque 'théologique', parce qu'il évoque la douceur, en lien avec la naissance de Jésus". Les souvenirs d'Oksana pour ces repas de fête sont restés intacts. Pas étonnant qu'elle ait continué à y accorder une importance fondamentale jusqu'à aujourd'hui. "Pour moi, il est essentiel que Noël se vive à table. D'ailleurs, je suis capable de passer plusieurs jours aux fourneaux, si la préparation du menu le nécessite."

    Un rituel bien rôdé

    Arrivée en Suisse à l'âge de vingt ans, Oksana a commencé à vivre au rythme européen et a "appris" à fêter Noël le 25 décembre, tout en se familiarisant avec les coutumes et traditions qui y sont liées. "Chaque année, le rituel est bien rôdé: on se retrouve une première fois en famille au début de l'Avent autour d'un repas. C'est l'occasion pour les adultes de tirer au sort de nom de la personne à qui ils offriront un cadeau. Les noms tirés restent secrets, bien sûr. Cela permet de ne pas démultiplier les cadeaux, mais de se concentrer sur un seul qui sera vraiment utile à la personne qui nous a été attribuée. Et bien sûr, cela permet que chacun reçoive au moins un cadeau et que personne ne soit oublié".

    Oksana La Spina, devant le sapin de son salon version 2021
    Oksana La Spina, devant le sapin de son salon version 2021 @ Grégory Roth

    "Une semaine après, je décore le sapin dans le salon, avec ma fille, et on prépare les biscuits de l'Avent. Elle est aussi passionnée de Noël que moi, je pense que je lui ai transmis le virus. D'ailleurs c'est elle qui prépare toute la décoration de la table. À une semaine de la fête, j'installe un autre sapin – un vrai cette fois-ci – dans le corridor, avec chaque année de nouveaux éléments, si possible. Et finalement, j'attaque la préparation du repas, chaque année différent". Et que sera le menu cette année? Malheureusement pour nous, il fait aussi partie de la surprise. Elle se réserve donc le droit d'en garder le secret…

    "L'Ancien Nouvel An"

    Pour Oksana La Spina, établie de longue date en Suisse et ayant épousé un italien 'catholique', c'est devenu presque instinctif de fêter Noël le 25 décembre. Mais, à l'arrivée du 7 janvier, elle réunit toujours quelques amis proches pour fêter le Noël orthodoxe, autour des plats traditionnels. Et si elle est en Russie à cette période, elle fêtera volontiers l'Ancien Nouvel An, dans la nuit du 13 au 14 janvier. Avec quelques amis d'enfance, ce sera alors l'occasion de se souhaiter "S Novim Godom!", en sabrant le champagne. Et pourquoi pas une vodka? (cath.ch/gr)

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    "Certaines années, nous avons été jusqu'à 30 personnes chez mes grand-parents" © Bernard Hallet

    Pascal Tornay: Noël, deux fêtes pour une nuit

    Pascal Tornay, diacre à Martigny, et membre du service de la diaconie du diocèse de Sion, raconte à cath.ch le souvenir de la fête de Noël chez ses grands-parents. Mieux que magie de Noël, il évoque «la joie d’être ensemble».

    Bernrard Hallet

    «Le réveillon de Noël, c’était chez Colette et Tony», lance Pascal Tornay, diacre permanent et membre du service de la diaconie du diocèse de Sion. Colette et Tony, les grands-parents paternels chez qui il a passé tous ses 24 décembre, depuis petit jusqu’à l’âge de 16 ans. Les six enfants, leurs conjoints et les petits enfants, au moins une douzaine «de zéro à 15 ans», se retrouvaient dans la grande maison familiale de Vollèges, dans le Val de Bagnes.

    La fête de Noël, un rituel «programmé d’année en année», inoubliable pour l’enfant puis l’ado que le diacre a été. «Pour moi, c’était le grand moment de l’année!... Avec le 1er août». Il décrit l’attente exaspérante et joyeuse de ces retrouvailles familiales. Presque un Avent dans l’Avent! Même s’il habitait à cent mètres de chez ses grands-parents, «on arrivait sur une autre planète!»

    «Nous avons été jusqu’à 30 personnes!». Des mètres de tables alignées traversaient la grande maison sur lesquelles on disposait des caquelons pour l’incontournable fondue chinoise, ou bourguignonne, que complétaient des légumes généralement accompagnés de riz ou de patates.

    La joie d’être ensemble

    Les poèmes de circonstance plus mitraillés que scandés, le chahut à la table des enfants, le disque des chansons de Noël «à fond» mais que l’on entendait à peine, un oncle qui jouait le Père Noël furtif, l’assiette de sel déposée à l’entrée de la maison pour les rennes et des tonnes de cadeaux que tout le monde s’échangeait. Les images se bousculent, ses bras miment les souvenirs et semblent les englober. Pascal marque une pause puis poursuit. «Ce n’était pas la magie de Noël, mais la joie d’être ensemble. Pas de 'bling bling’, rien de royal, mais il y avait une unité et une paix».

    Une joie et une unité que la famille doit surtout à sa grand-mère Colette. «Elle a insufflé cela. Toujours positive, elle aimait la fête, les enfants, faire à manger et décorer la maison pour Noël».

    Le stress de la sacristie

    Et vers 22h30, il fallait partir pour une autre fête. «Papa dirigeait la chorale, maman y chantait et je servais la messe». Difficile de quitter la soirée pour aller servir une autre réalité. «J’arrivais à m’arracher parce que je trouvais aussi l’esprit de la fête à la célébration de Noël».

    Pascal n’imaginait pas une seule seconde ne pas aller servir la messe. Il évoque le stress de la sacristie, une électricité qui survoltait les enfants de chœur pour cette messe si importante. A hauteur d’enfant, il y avait quelque chose de théâtral – dans le bon sens du terme: le trac avant de quitter la sacristie, se souvenir quoi faire et à quel moment précis. «C’était captivant. On avait à cœur de ne rien louper.» Avec en plus la pression due à la présence de la famille dans l’assemblée.

    «On ne comprenait pas la liturgie, mais cela avait l’air si important pour les adultes.»

    De retour à la sacristie, tout s’était bien passé et on se congratulait, on passait en revue les détails en se faisant d’hypothétiques frayeurs rétrospectives. «Enfant, on n’a pas les mots, mais l’impression diffuse de faire partie d’un 'truc immense' et d’entrer dans le mystère».

    Un groupe humain qui vibre

    «C’était aussi une fête parce que j’avais la certitude de faire corps avec un groupe humain qui vibre à la même corde. En fait la liturgie parachevait ce qu’on avait créé de beau en famille.»

    Pascal retrouvait la famille à une heure du matin, pour le dessert. Ce n’était plus pareil. Fin de soirée qu’il avait quittée et la fatigue. «Après le sommet de l’eucharistie, la descente tranquille. Il rentrait vite se coucher pour être d’attaque à la messe du matin de Noël, à 10h. Et les enfants se retrouvaient l’après-midi de Noël pour jouer dans la neige: «Bob, luge, ski, tout était bon pour dévaler les talus».

    «A l’aune de ce que j’ai vécu à chacune de ces fêtes de Noël, je mesure combien il est difficile de se retrouver seul à cette période de l’année, quelle que soit la cause.»

    Impossible de dire comment ce rituel familial est né. «Je l’ai toujours connu». Lorsque j’en reparle avec des cousins, on a conscience que ce n’est pas fréquent. Nous avons eu un très grand cadeau. C’est puissant pour un enfant.

    «Je participais à deux fêtes, l’une appelant l’autre. C’était les deux pieds sur lesquels il fallait marcher». (cath.ch/bh)

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    Olivier et Delphine devant l'église de Savièse où tout a commencé. © DR

    «Je suis tombé amoureux de Delphine et du Christ à la messe de minuit»

    Un coup de foudre et une conversion religieuse, ça peut présenter des similitudes. Les deux sont tombés sur Olivier au même instant. Il était une fois, à Savièse, en Valais, par une froide nuit de Noël…

    Christine Mo Costabella

    Olivier sortait de table. Un beau réveillon de Noël en famille. A 31 ans, cela fait longtemps qu’il n’est plus vraiment croyant, mais ce soir du 24 décembre 2012, il se dirige quand même vers l’église de Savièse. Par habitude. Pour revoir aussi ses copains scouts, qui distribuent traditionnellement le vin chaud à la sortie de la messe.

    «On s’était donné rendez-vous sur le parvis à minuit moins dix. On se réjouissait surtout du vin chaud, et on n’était pas pressés de rentrer», se souvient-il. A ce moment-là arrive Delphine. «Je la connaissais, j’avais été son chef scout plus de dix ans auparavant. Pour moi, c’était l’originale en dreadlocks qui parlait aux arbres. Mais quand elle m’a fait la bise, il s’est passé quelque chose. Je voyais la scène au ralenti. Elle m’a souri, s’est penchée vers mon oreille et a susurré: ‘Salut.’ Ça m’a emporté.»

    Delphine, elle, n’a aucun souvenir du ralenti ni d’avoir susurré quoique ce soit. Elle se dit juste: «Tiens, je ne me souvenais pas que ce type était si souriant». Puis elle entre dans l’église avec son père et sa sœur. Pour Olivier, c’est comme si un ange l’invitait à le suivre.

    Un cœur fissuré

    Un peu sonné, le jeune homme s’assied. Il aperçoit la chevelure blonde de Delphine une dizaine de bancs devant lui. La messe commence, l’encens s’élève, les chants de Noël emplissent l’église et une chaleur se répand dans son cœur. «Les paroles du curé sur le Christ qui vient partager notre humanité, cette lumière dans la nuit… Tout résonnait en moi», raconte Olivier.

    Une messe de minuit enchantée dans l'église de Savièse
    Une messe de minuit enchantée dans l'église de Savièse @ Bernard Litzler

    Un instant plus tôt, il se sentait le cœur sec, incapable d’aimer, lui qui enchaînait les échecs amoureux. «Le ‘choc Delphine’ a fracturé mon cœur de pierre. Ça a ouvert une faille pour Dieu, dit-il. La fragilité de cet amour proposé, non imposé, d’un bébé dans une mangeoire… Soudain, ce n’étaient plus des mièvreries, tout prenait sens.»

    La messe se termine en apothéose, mais l’ancien chef scout n’oublie pas les priorités. Il ne partira pas de là sans avoir échangé une parole avec Delphine. Après quelques verres, les paroissiens se font plus clairsemés sur le parvis, mais l’ange aux cheveux blonds est toujours là. «J’ai fini par planter un copain sur place en lui disant: ‘J’ai quelque chose à faire’. Je me suis approché de Delphine pour lui offrir un vin chaud… Je n’ai pas mis un genou à terre, on a juste parlé de banalités. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’elle me disait… Mais en repartant vers 3h du matin, je me suis promis de tout faire pour la revoir.»

    Du souci pour sa sœur

    Le lendemain, Olivier s’empresse de parler de Delphine à sa sœur. Les deux jeunes femmes se connaissent… des JMJ. «Il faut savoir que ma petite sœur me tannait depuis des années avec son Jésus, raconte le Valaisan. Je lui répondais toujours que je n’avais pas besoin de ça. Je me faisais plutôt du souci pour elle!»

    Mais l’éventualité que Delphine soit une catholique convaincue l’interpelle. Peu de temps auparavant, un éditorial du rédacteur en chef de l’Echo Magazine, Patrice Favre, l’avait profondément marqué. Il y était question de Dieu qui, seul, peut sauver l’homme et ses amours. «Moi qui avais vécu tant de déceptions amoureuses… C’est comme si, depuis quelque temps, la foi catholique frappait à ma porte. Et je réalisais que ça ne concernait pas que des hurluberlus.»

    Le 25 décembre, le jeune homme écrit à Delphine sur Facebook pour savoir ce qu’elle fait à Nouvel An. Pas de réponse. «Au début je comptais les minutes, puis les heures, puis les jours…» Déception. Le cœur toute chose, Olivier s’en va skier quelques jours au Tessin avec des amis. «Sur la route, je me suis arrêté à la basilique Notre-Dame de Re, au Piémont. C’était la première fois que j’entrais dans une église en y étant attiré, et pas simplement pour contempler des vieilles pierres.»

    «Est-ce que j’allais devoir porter des sandales?»

    Faut-il s’assoir, se mettre à genou? Au moins, ici, personne ne le reconnaîtra. Delphine n’a pas répondu à son message, mais la lumière divine entraperçue à la messe de minuit lui fait toujours signe. «Je me sentait bien, j’ai essayé de prier. Est-ce que j’étais en train de devenir catholique? Est-ce que j’allais devoir porter des sandales? Était-il encore possible de faire marche-arrière?»

    En revenant du Tessin, Olivier a l’impression d’être devenu croyant. «J’ai dit à ma sœur: il faut qu’on parle. Elle était enchantée! Mais j’avais tellement de questions sur la foi qu’elle m’a tendu un prospectus du Foyer de charité de la Flatière en me disant: ‘Vas faire une retraite là-bas, tu trouveras des réponses’.»

    Le Foyer de charité de La Flatière, en Haute-Savoie, où Olivier est allé faire sa retraite fondamentale.
    Le Foyer de charité de La Flatière, en Haute-Savoie, où Olivier est allé faire sa retraite fondamentale. @ Foyers de charité

    La retraite fondamentale n’a pas lieu avant Pâques. Mais Olivier se met en route de son côté: il va à la messe à la cathédrale de Fribourg, où il vit, lit le livre de Jeff Roux: Jésus, mon ami, mes emmerdes, que sa sœur lui a donné, assiste à une conférence du journaliste catholique Jean-Pierre Denis, qu’il trouve merveilleuse de cohérence…

    La belle était fumeuse

    Arrive la fameuse retraite de la Semaine Sainte. Le jeune converti prie pour que Dieu lui donne un coup de pouce avec Delphine, si telle est sa volonté. Après Nouvel An, elle ne lui avait répondu que quelques mots insignifiants. Ils s’étaient brièvement revus à Carnaval en fin de soirée; ils n’étaient plus très frais et elle fumait, ce qui ne détonnait avec l’image qu’Olivier se faisait de la femme idéale. Pourtant, à Pâques, Delphine est toujours dans son cœur.

    Dernier essai, dernière bouée: «Salut Delphine, tu as passé une belle Semaine Sainte?» La conversation s’engage. Comment, il rentre de la Flatière? Son père à elle connaît bien cet endroit! Elle a d’ailleurs toujours rêvé d’y aller… Cette preuve de vie intérieure éveille instantanément l’intérêt de la jeune femme. Les voilà qui s’écrivent, jour et nuit, même pendant le travail…

    «On a fini par s’écrire des lettres pour calmer le rythme», ses souvient Olivier. En juin, il se rend à nouveau au Tessin pour voir sa belle, qui termine ses études de l’autre côté des Alpes. Trois ans plus tard, en avril 2016, Delphine et Olivier se disent oui dans cette église de Savièse où tout a commencé, un soir de Noël. (cath.ch/cmc)

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