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    Tanguy Coral recevra le baptême à Pâques 2024

    Tanguy Coral, catéchumène: “La foi c’est mon être réel. C’est la Vie.”

    cath.ch est allé à la rencontre de plusieurs catéchumènes. Récits de parcours parfois surprenants qui ont mené ces personnes sur le chemin de la foi catholique. Elles seront baptisées lors de la veillée pascale.

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    Tanguy Coral recevra le baptême à Pâques 2024
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    Le baptême, signe d’un choix personnel et culturel pour Nicolas

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    Tanguy Coral recevra le baptême à Pâques 2024 © Maurice Page

    Tanguy Coral, catéchumène: “La foi c’est mon être réel. C’est la Vie.”

    Elève de troisième année au Collège du Sud à Bulle, Tanguy Coral, 18 ans, s’apprête à recevoir le baptême à Pâques. “Je passe parfois pour un OVNI ou un illuminé, mais je suis arrivé à la foi surtout par la recherche et la réflexion personnelle”, explique-t-il à cath.ch.

    Élégamment vêtu d’un costume foncé avec chemise blanche et cravate, Tanguy Coral a déposé son manteau et son large chapeau noir sur une chaise. Issu d’une antique famille française ayant fui la Révolution vers l’Italie, avant de faire souche en Suisse, il cultive une certaine distinction qui imprègne aussi son langage assez éloigné du style 'd’jeuns’. Intéressé par la philosophie, il a choisi cette option d’études. Engagé au sein de la chorale de l’école et de la société d’étudiants du Collège du Sud, représentant des élèves, secrétaire des jeunes UDC, il a été candidat de ce parti pour les élections nationales de 2023.

    Quel a été l’itinéraire qui vous a conduit vers le baptême?
    Tanguy Coral:
    Mon père catholique et ma mère protestante avaient choisi de ne pas me faire baptiser afin de me laisser la liberté de choisir plus tard. Je n’ai pas suivi non plus de catéchèse et je ne suis allé que de rares fois à l’église dans mon enfance pour des mariages ou des enterrements. Enfant je n’avais pas d’intérêt pour la religion, voire même une certaine révulsion pour l’Église et les religions. Je pensais que la science suffisait pour expliquer la vie.

    A un moment donné, vous avez commencé à avoir des interrogations?
    Vers 13 ou 14 ans, j’ai commencé à me poser des questions et à avoir des doutes sur mon absence de foi. Quand à 15 ans j’ai rejoint la société d’étudiants du Collège du Sud à Bulle, j’ignorais qu’il s’agissait d’un groupe à identité catholique et conservatrice. Parmi les activités de la société, il y avait un certain nombre de messes ou de célébrations religieuses, j’y participais mais cela ne me parlait pas vraiment.

    "J'ai été saisi par la beauté de la célébration de la messe traditionnelle"

    Quel a été le déclic qui vous a poussé à allez plus loin?
    En discutant avec l’un de mes camarades, il m’a conseillé de participer une fois à la messe traditionnelle célébrée par la Fraternité Saint-Pierre (FSSP), à Notre-Dame de Compassion à Bulle. Après pas mal de tergiversations, j’y suis allé seul un dimanche, car mon camarade était malade ce jour là. J’ai été saisi par la beauté de la célébration et en particulier, comme je suis chanteur, par celle du chant grégorien. Ce fut une expérience forte et un déclic. J’ai pris l’habitude d’aller régulièrement à cette messe toujours plus intrigué par ce que je découvrais.

    Comment avez-vous poursuivi cette découverte?
    J’ai commencé alors à m’intéresser aux questions de foi et de théologie et de vie des saints. J’ai lu pas mal de livres ou d’articles, entre autres autour de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin. Malgré l’écart temporel, je me retrouvais dans l’expérience du jeune Augustin. Mais ces réflexions sont restées d’abord personnelles non suivies de démarche officielle.

    Après quelques temps vous décidez d’entrer en catéchuménat
    Au bout de six mois, vers mi-2022, je me suis rendu compte qu’il serait assez naturel de devenir catholique et donc de demander le baptême. Je me suis adressé à la paroisse de Bulle et j’ai intégré le parcours de catéchuménat. Mais je m’y suis pas senti à l’aise. Après une messe à Bulle, je m’en suis ouvert au prêtre de la Fraternité qui m’a dit que je pouvais faire ce catéchuménat avec eux. Ce que j’ai fait. Dans le même temps, je me suis mis aussi à la prière quotidienne pour mieux rencontrer Dieu et le connaître.

    Tanguy Coral en prière à la basilique Notre Dame
    Tanguy Coral en prière à la basilique Notre Dame @ Maurice Page

    Comment votre entourage a-t-il réagi?
    Cela n’a pas provoqué de grands changements. Mes camarades de collège m’ont vu plus croyant et plus engagé, mais cela n’a pas suscité beaucoup de questions de leur part. Les membres de la société d’étudiants sont évidemment heureux que je partage désormais leur foi.

    Et votre famille?
    Ma mère protestante mais peu croyante a eu de la peine à comprendre ma démarche. Mais elle l’a accepté en me disant: “Si cela te fait du bien c’est tant mieux”. Mon père catholique, bien que peu pratiquant, est heureux de me voir rejoindre l’Église. Le côté catholique de ma famille m’a tout de suite soutenu et encouragé, mais il faut dire que j’ai peu échangé avec eux car nous sommes assez dispersés. Ma famille protestante est restée plus indifférente.

    "Je passe parfois pour un OVNI ou un illuminé. Mais la foi a 'boosté' mon désir de m'engager contre les injustices"

    Recevoir le baptême pour entrer dans l’Église ne semble pas très facile quand beaucoup la quittent.
    L’Eglise catholique a effectivement une image assez négative que j’ai d’ailleurs partagée. Mais j’ai l’impression qu’il y a comme une résurgence, un nouvel intérêt. Peut-être parce que les jeunes la connaissent peu ou pas du tout. Il y a beaucoup de clichés et de critiques. J’essaye d’y répondre, la discussion doit permettre de voir ce qu’il a de positif. Les critiques portent surtout sur le comportement de certains prêtres qui ne vivent pas la morale qu’ils prêchent. L’institution est effectivement composée d’humains faillibles.

    Vous risquez de passer pour quelqu’un de bizarre?
    Oui je passe parfois pour un OVNI ou un illuminé. Mais la foi est beaucoup plus qu’un sentiment, c’est mon être réel, c’est la vie. C’est ensuite mon guide pour la justice et la morale. En ce sens, la foi a 'boosté’ mon désir de m’engager contre les injustices qui 'me font grimper les murs’ selon une expression de ma mère. La foi et l’Église sont des moteurs pour la justice.

    La basilique Notre Dame, à Fribourg, est desservie par la FSSP
    La basilique Notre Dame, à Fribourg, est desservie par la FSSP @ Maurice Page

    Comment vous préparez-vous à recevoir le baptême?
    Au fur et à mesure que le baptême s’approche, j’essaye de mettre Dieu dans ma vie. Cela passe par la prière, le chapelet ou l'examen de conscience. Comme Augustin, je pense aussi à toutes ces années où j’ai rejeté la foi.
    En tant qu’adulte je vais recevoir 'en bloc' les trois sacrements du baptême, de l’eucharistie et de la confirmation. Je me réjouis beaucoup. Pouvoir marcher vers la table de la communion est une grande joie. Jusqu’à présent je n’avais qu’une bénédiction, recevoir le Seigneur sera un grand changement.

    Vous allez être baptisé à la basilique Notre-Dame à Fribourg.
    Nous serons trois jeunes entre 18 et 25 ans à recevoir le baptême lors de la vigile pascale à Notre-Dame. Notre formation a été individuelle mais nous avons fait plus connaissance à partir du moment de l’appel décisif. Chacun a son propre parcours, et je trouve cela magnifique.  (cath.ch/mp)

    Bien tard je t'ai aimée
    Les confessions de saint Augustin, œuvre autobiographique, écrite entre 397 et 401, restent un ouvrage majeur de la spiritualité chrétienne dans laquelle il raconte sa quête de Dieu et sa rencontre…
    Bien tard, je t’ai aimée,
    ô beauté si ancienne
    et si nouvelle, bien tard,
    je t’ai aimée !
    Et voici que tu étais au-dedans,
    et moi au-dehors,
    et c’est là que je te cherchais,
    et sur la grâce de ces choses
    que tu as faites,
    pauvre disgracié,
    je me ruais !
    Tu étais avec moi
    et je n’étais pas avec toi ;
    elles me retenaient loin de toi,
    ces choses qui pourtant,
    si elles n’existaient pas en toi,
    n’existeraient pas !
    Tu as appelé, tu as crié
    et tu as brisé ma surdité ;
    tu as brillé, tu as resplendi
    et tu as dissipé ma cécité ;
    tu as embaumé, j’ai respiré
    et haletant j’aspire à toi ;
    j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
    tu m’as touché
    et je me suis enflammé
    pour ta paix.
    Saint Augustin, Les Confessions 10, 27

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    Olessia Koubanova se fera baptiser le dimanche de Pâques 31 mars 2024 © Raphaël Zbinden

    Olessia Koubanova, catéchumène: «J’arrive dans l’Église sans préjugés»

    Olessia Koubanova, résidant dans la région bulloise, se prépare à être baptisée à Pâques. Née dans une famille athée en Russie il y a 59 ans, elle a été amenée à voir l’Église au-delà des «émotions négatives» que peuvent avoir les personnes de culture catholique envers l’institution.

    Depuis plus de 30 ans en Suisse, Olessia a gardé le léger accent de sa Russie natale. Elle est en effet née à Rostov-sur-le-Don, au sud d’un pays encore pleinement communiste, dans une famille athée depuis plusieurs générations. C’est dire si elle ne semblait pas destinée à être baptisée dans l’Eglise catholique. Un pas qu’elle fera néanmoins le dimanche de Pâques 31 mars 2024.

    Certes la religion n’a pas été totalement absente de son enfance. Dans sa ville de naissance, proche de la frontière ukrainienne, Olessia allait parfois allumer une bougie dans une église orthodoxe. “Mais c’était juste pour la beauté du geste, sans sentiment religieux derrière”, se souvient-elle. Elle voit en fait sa première Bible sur les bancs de l’université, dans le cadre d’un cours sur l’athéisme scientifique. “Une assistante nous lisait à haute voix des passages de la Bible, pour nous instruire sur le christianisme. Mais elle le faisait sans interprétation. Je n’ai rien ressenti de spécial à ce moment-là, mais j’ai trouvé cela intéressant.”

    Essai de spiritualité

    En 1991, alors que l’URSS est en train de disparaître, Olessia obtient une bourse pour un doctorat en philosophie à l’Université de Fribourg. Elle a alors 26 ans. “A l’époque c’était une sorte de miracle, quelque chose de très rare.”

    En Suisse, elle cherche à s’intégrer et à faire des connaissances. Pour cela, la paroisse orthodoxe locale lui paraît un bon choix, lui semblant proche de sa culture d’origine. “J’ai commencé à assister aux offices religieux. Tout d’abord pour faire comme les autres. Toutes ces personnes avaient l’air de trouver quelque chose de fort dans la religion et cela m’a intriguée. Je suis de nature curieuse, et j’aime comprendre les choses. Je voulais tenter de découvrir ce qui motivait ces personnes.” Olessia rencontre des fidèles empreints d’une foi profonde et parle beaucoup avec eux, également de la spiritualité. “Ils m’ont dit que si je voulais recevoir ce 'cadeau’, je devais le demander, que cela ne venait pas tout seul. Et effectivement, j’ai commencé à ce moment-là à ressentir quelque chose.”

    La présence de Dieu

    Olessia est venue de Russie avec une petite fille. Alors qu’elle a cinq ans, elle décide de la faire baptiser, à la paroisse orthodoxe de Fribourg. “L’idée de mon propre baptême était déjà dans ma tête. Mais les personnes autour de moi ne savaient pas que je n’étais pas baptisée, et je me gênais de dévoiler cela. Je n’ai donc pas franchi le pas. C’était plus facile de le faire pour ma fille.”

    "A l'approche de mes soixante ans, je me suis sentie un peu stagner dans ma foi"

    Olessia Koubanova

    Après quelques années au bord de la Sarine, la jeune Russe se rend dans l’ouest de l’Allemagne pour finaliser sa thèse de doctorat. Dans sa localité, elle trouve surtout des églises catholiques. Elle prend l’habitude de s’y rendre, hors des messes, pour prier. “C’est là que j’ai réellement découvert la présence de Dieu”, assure-t-elle.

    De retour à Fribourg, elle rencontre son mari, un Suisse catholique, croyant bien que peu pratiquant. Elle l’accompagne pour les grands événements liturgiques, les fêtes, les enterrements. “J’ai réalisé que lors des offices catholiques, je me sentais vraiment bien, j’avais l’impression d’être chez moi. Les cultes protestants m’ont toujours paru trop sobres et les offices orthodoxes trop longs et trop cérémonieux. Pour moi, la messe catholique est un juste milieu qui me convient parfaitement.”

    Olessia a encore deux autres enfants, un garçon et une fille. Les deux sont baptisés en même temps dans le cadre de la préparation à la première communion de la fille.

    Un catéchuménat au-delà des attentes

    Elle déménage ensuite dans les environs de Bulle, y ayant trouvé un travail dans le domaine informatique. En Gruyère, l’idée du catéchuménat continue à lui trotter dans la tête. “Je voulais vraiment le faire, mais les deux ans de formation me faisaient un peu peur. Et je voyais cela un peu négativement, comme quelque chose d’ennuyeux. Finalement, à l'approche de mes soixante ans, je me suis sentie un peu stagner dans ma foi, et je me suis dit que le moment était venu.”

    Elle commence donc son parcours sans grand enthousiasme. “Mais au bout du compte, j’ai énormément aimé le catéchuménat, assure-t-elle. J’ai rencontré beaucoup de gens extraordinaires et je me suis énormément renforcée dans ma foi.”

    La question de 'l’après’

    Olessia est d’autant plus contente qu’elle s’apprête à entrer dans l’Église avec un regard “frais”. “Je pense que j’arrive avec moins de préjugés que les personnes qui sont nées dans la culture catholique, justement parce que je viens d’un milieu très éloigné. Les scandales, les abus, les divisions, ce n’est pas ce que je vois en premier quand je pense à l’Église.”

    Pour ce sacrement qu’elle attend avec impatience, Olessia a une seule crainte, celle de 'l’après’. “Pendant le catéchuménat, nous sommes entourés, stimulés, accompagnés. Mais, après mon baptême, il faudra que j’apprenne à nourrir la flamme de ma foi de façon plus indépendante.” (cath.ch/rz)

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    Martigny le 18 mars. Louis-Albert Gailland, catéchumène de 18 ans. © Bernard Hallet

    Louis-Albert: «Là où je voyais le hasard, c’était une présence»

    Catéchumène de 18 ans, le Valaisan Louis-Albert Gailland sera baptisé lors de la veillée pascale du 30 mars 2024 à la cathédrale de Sion. Issu d’une famille croyante, il revient sur son parcours et sur ce qui l’a motivé à faire la démarche pour le baptême.

    «C’était poignant de signer le carnet. Enfin je suis entré dans le vif du sujet!» témoigne Louis-Albert Gailland. Le jeune vidéaste professionnel évoque la célébration de l’appel décisif qu’il a vécue à la cathédrale de Sion le 18 février dernier. Il garde un souvenir émouvant de cette étape parmi celles qui ont jalonné son chemin de catéchumène. Il sera baptisé lors de la veillée pascale à la cathédrale de Sion.

    Le jeune homme de 18 ans, la voix douce et plutôt réservé, est né au Mexique, «un pays où les gens sont plus croyants qu’en Europe d’où vient pourtant le catholicisme», relève-t-il. Ses parents, tous deux catholiques, sont croyants, mais ne vont pas à l’église, qu’ils rejettent en raison des affaires d’abus qui ont éclaté dans le pays au début des années 2000. Raison pour laquelle ils n’ont pas fait baptiser leur fils. «Mes parents priaient à la maison.» Il n’y a pas de transmission de la foi et il n’a jamais assisté à une messe de Noël ou de Pâques. Il y a bien une Bible à la maison, mais il n’y a jamais fait attention.

    Le papa, originaire de Bagnes, ramène la famille en Valais, au Châble, où Louis-Albert suit un parcours scolaire classique avant d’entrer à l’école de culture générale. Le papa renoue avec la pratique et Louis-Albert, alors âgé de 12 ans, le suit à la messe. Il y ressent de la sérénité «et j’allais à la messe d’autant plus volontiers que je n’y étais pas obligé». Il apprécie et aimerait bien participer, mais il n’est pas baptisé. «Avec le temps, nous n’y avions plus pensé.»

    Un témoignage naturel et ouvert

    Louis-Albert participe aux «Soirées jeunes» organisées à la paroisse de Martigny-Ville grâce à des flyers qu’il a trouvés au fond de l’église. «J’y suis allé plusieurs fois. Le témoignage ouvert et très naturel des jeunes que j’ai croisés m’a plu. Personne n’a cherché à me convaincre.» Les choses se décantent lors d’un pèlerinage au Grand-Saint-Bernard. «J’ai pris du recul sur ma vie et la prière m’a permis de me rapprocher du Christ.» Le hasard n’en était pas un, Louis-Albert en est sûr à présent. «J’ai senti une présence, ce n’est pas venu de nulle part.» Il n’en dira pas plus.

    | © Bernard Hallet
    | © Bernard Hallet

    La démarche du catéchuménat qu’il a débutée il y a un an et demi, après une rencontre avec Pascal Tornay, diacre à la paroisse, le renforce dans son intuition. Les préjugés sur la religion tombent. «Je pensais qu’il fallait être parfait, mais ce n’est pas le cas. Je trouvais les rites archaïques. Plus maintenant que je les connais mieux. On est appelé à la sainteté, mais il ne s’agit pas d’être parfait et tout ne s’arrête pas si tu fais une faute.» L’étude biblique, qu’il a découverte au cours de son cheminement, revient souvent dans la conversation. Il y participe régulièrement.

    Ayant appris sa décision, ses parents, qui se sont réconciliés avec l’Eglise, l’ont encouragé sur la voie du baptême. Certes, l’Eglise en Suisse est en crise, mais le fait d’aller à la messe ne cautionne pas les abus, argumente-t-il en réponse à ce qu’il estime être des clichés sur les prêtres qui l’agacent.

    Et après le 30 mars? «C’est une étape, il faudra maintenir la foi.» Louis-Albert a l’intention d’aller à Rome en 2025 pour participer aux Journées mondiales de la jeunesse spéciales qui y sont organisées à l’occasion de l’Année Sainte. (cath.ch/bh)

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    Nicolas dans son jardin. Ce capitaine de l'armée suisse sera baptisé le 31 mars 2024 © Lucienne Bittar

    Le baptême, signe d’un choix personnel et culturel pour Nicolas

    Capitaine à l’armée suisse, Nicolas, 32 ans, sera baptisé le 31 mars 2024, jour de Pâques, en même temps que sa fille âgée de deux mois, à l’église Saint-Julien de Meyrin (GE). Plusieurs missions à l’étranger comme observateur militaire, et son mariage avec une catholique l’ont mené à donner une forme nouvelle au questionnement spirituel qui l’a toujours habité.

    Des jeux extérieurs d’enfants, des forsythias, ces «arbustes de Pâques » jaune flamboyant: l’entretien se déroule en plein cœur de Genève, dans le jardin d’une maison entourée d’immeubles. C’est là que vit avec sa famille Nicolas. Sur la petite table devant nous, un café arabe est servi, signe d’un intérêt manifeste pour le Moyen-Orient.

    Ce Fribourgeois d’origine, né à Lausanne, a fait un master en études du Moyen-Orient à l’Université de Genève. En parallèle, il a poursuivi une «carrière militaire de milice». Devenu officier, il a rejoint les Bérets bleus des Nations Unies (des soldats opérant sans arme, ndlr) comme observateur militaire en Bosnie, puis au Moyen-Orient, entre Israël, la Syrie, le Liban, l’Égypte et la Jordanie, en 2020 et 2021. Des années qui ont marqué son cheminement spirituel. Le regard du catéchumène est sérieux, le ton un peu sec au départ, mais le sourire et le rire ne sont jamais bien loin.

    Vous allez être baptisé dimanche de Pâques. Avez-vous eu, enfant, une culture religieuse?
    Nicolas: Mes deux parents sont catholiques, mais ma mère n’est pas du tout portée sur la religion. Par contre, elle a un grand respect pour la personne du Christ. C’est pour elle une figure historique marquante, porteur d’un fantastique message. Mon père a toujours été croyant. Il s'est même récemment rapproché encore davantage de l’Église. Mes parents ont décidé de ne pas nous baptiser, mon frère et moi, pour nous laisser libres de choisir. Et c’est ce choix que j’expérimente aujourd’hui avec mon parcours de catéchuménat.

    Nicolas Rey, catéchumène à Genève
    Nicolas Rey, catéchumène à Genève @ Lucienne Bittar

    Y a-t-il eu pour vous un déclencheur?
    La foi m’a continuellement accompagné, sans que je puisse forcément la nommer comme telle. J’ai toujours eu un rapport inspirant ou inspiré à la transcendance. Et puis, j’ai rencontré ma femme. La foi fait partie de sa vie. Nous avons décidé de nous marier à l’Église car cela a du sens pour les deux, et ça tombe bien, car et on ne peut le faire qu’une fois! J’ai décidé en parallèle d’entreprendre la démarche du catéchuménat. Ce qui est magnifique, c’est que je vais me faire baptiser en même temps que notre fille dimanche matin.

    Vous avez fréquenté les chrétiens d’Orient, qui vivent leur foi de manière vivante et communautaire. Ce n’est pas nécessairement ce que vous trouverez ici.
    On se fait une image très triste d’églises suisses vides ou fréquentées que par les vieilles générations. Mais j’ai été étonné de voir durant tout mon cheminement qu’elles pouvaient être pleines, ici aussi, en particulier durant le carême. De petits, de jeunes, de vieux... Il y a beaucoup de gens engagés. Même s’il est vrai que les jeunes en Suisse se sentent globalement moins concernés, et c’est pour ça que j’ai accepté de témoigner. Je me dis qu’en tombant par hasard sur votre article, une personne en recherche de sens pourrait être inspiré par ma démarche peut-être, plutôt que de se dire "à quoi bon".

    Vous avez probablement vécu des situations difficiles lors de vos missions d’observation militaire à l’étranger. Ont-elles eu une influence sur votre recherche spirituelle?
    Oui, mes collègues et moi avons traversé des choses dures. Cela exige de trouver des réponses et du sens. Mais ce questionnement m’a aussi accompagné dans des moments de routine très solitaires. Au bout d’un moment, quand on est au cœur de la mission, on se questionne sur l’utilité effective de notre contribution. J’ai essayé néanmoins d’y trouver du sens et c’est cette recherche qui m’a amené à franchir le pas. Le baptême, ce sera comme la concrétisation, la consécration de tout ce cheminement.

    Votre démarche serait donc plus d’ordre individuel que collectif?
    Pas seulement. L’aspect «héritage collectif» est important à mes yeux. J’ai toujours été passionné par l’histoire antique. J’ai même étudié le latin et le grec au collège, ce que je n’ai jamais regretté. Le christianisme a une histoire de 2000 ans et c’est assez extraordinaire tout ce qu’il nous a apporté au niveau social, culturel, juridique. On ne jure que par les droits de l’Homme aujourd’hui - qu’on appelle droits "humains" parce qu’on ne sait plus faire d’étymologie - mais on oublie qu’ils ne pourraient pas exister sans le christianisme. C’est leur fondement. L’égalité entre les individus a aussi été sacralisée en quelque sorte par le christianisme. La fraternité existait certes probablement avant, mais c’est le commandement d’Amour du Christ, d’une certaine manière, qui l’a imposé.

    Évidemment, des épisodes historiques terribles ont eu lieu au nom de l’Église – souvent en s'attribuant ce qui revenait en réalité à César -, mais ils sont assumés. Il n’y a pas de négationnisme.

    En vous faisant baptiser, vous voulez donc aussi signifier l’importance qu’ont à vos yeux les valeurs et la culture véhiculées par le christianisme?
    Oui, ce sont nos racines. Pour notre dernière rencontre du catéchuménat, le jour des dimanche des Rameaux, nous nous sommes installés pour un moment de silence dans l’église. Puis nous avons écouté ensemble la finale de La Passion selon saint Matthieu de Bach. Si ça, ce n’est pas directement inspiré par la transcendance! Bach d’ailleurs signait toutes ses partitions d’un: «Seul à Dieu revient la gloire». Bien de grands compositeurs ont été inspirés par le christianisme. Aujourd’hui, on veut se défaire de manière impropre de la religion. Avec une ingratitude totale.

    "Nous avons écouté ensemble la finale de La Passion selon saint Matthieu de Bach. Si ça, ce n’est pas directement inspiré par la transcendance!"

    Vous avez travaillé dans des pays où l’identité religieuse a été ou est encore une source de division. Dimanche, vous deviendrez catholique. Ce constat ne vous a donc pas découragé.
    Dès que la politique vient fourrer son nez dans ce genre d’affaires, le message originel est dévoyé. Mais c’est à ce message-là que je veux appartenir en franchissant le pas. C’est lui qui compte, et non ce qu’on en fait.

    Quand j’étais au Moyen-Orient, j’ai lié une amitié sincère et profonde avec un interprète palestinien orthodoxe. Je suis toujours en contact avec lui. C’est très étrange de voir comment sa compréhension du conflit entre les Palestiniens et l’État d’Israël a changé, passant d'un conflit de nature politique à un conflit éminemment religieux.

    Ce contexte de tensions interethniques ou interreligieuses est encore plus prégnant en Bosnie. Les populations de la région ne cessent de souffrir. Il y a eu les guerres balkaniques, l’occupation allemande dans les années 1940 et les conflits de l’ex-Yougoslavie des années 1990. Les gens qui ont vécu cette dernière guerre essayent de transmettre à leurs enfants un «plus jamais ça». Mais cela ne fait pas suffisamment effet. Des jeunes reviennent avec des revendications identitaires et religieuses, en opposition les unes avec les autres. Ça fait un peu froid dans le dos… Alors, oui, je sais que la religion peut être dévoyée, mais cela ne doit pas nous empêcher de revenir au cœur du message d’amour et de bienveillance du Christ. (cath.ch/lb)

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