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  • DOSSIERS

    Aux Musées du Vatican, la Berline de Grand Gala construite à la demande de Léon XII dans les années 1824-1826

    Vatican: des papamobiles immobiles

    I.MEDIA propose une série de quatre épisodes sur l’histoire récente des papa-mobiles, ces véhicules uniques utilisés pour les déplacements des pontifes. Premier épisode avec l’arrivée en 1909 au Vatican d’une voiture à moteur… qui resta vingt années immobile.

    Contenu du dossier
    Aux Musées du Vatican, la Berline de Grand Gala construite à la demande de Léon XII dans les années 1824-1826
    Actualités

    Vatican: des papamobiles immobiles 1/4

    La Graham Paige noire type 837 stationne désormais au Pavillon des carrosses des Musées du Vatican
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    Papamobile: une "4L" pour le pape François 4/4

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    Aux Musées du Vatican, la Berline de Grand Gala construite à la demande de Léon XII dans les années 1824-1826 © I.MEDIA images

    Vatican: des papamobiles immobiles 1/4

    I.MEDIA propose une série de quatre épisodes sur l’histoire récente des papamobiles, ces véhicules uniques utilisés pour les déplacements des pontifes. Premier épisode avec l’arrivée en 1909 au Vatican d’une voiture à moteur… qui resta vingt années immobile.

    Hugues Lefevre/I.Média

    Le Vatican réserve toujours de délicieuses surprises. Au beau milieu du plus petit État du monde, sous les pelouses parfaitement entretenues des magnifiques jardins, se cache… un garage.

    Après avoir déambulé des heures dans les splendides galeries des Musées du Vatican, le visiteur peut ainsi poursuivre sa visite en descendant par une rampe et accéder au Pavillon des Carrosses. Inauguré en avril 1973 par Paul VI, il renferme une merveilleuse collection de véhicules ayant servi aux souverains pontifes. On y trouve des chaises à porteurs, des carrosses protocolaires ou de voyages mais aussi des automobiles.

    Une Itala 20/30

    C’est un Américain qui fit entrer pour la première fois au Vatican un véhicule à moteur. En 1909, l’archevêque de New York, Mgr John Farley, fait en effet don au pape Pie X d’une Itala 20/30. Avec cette voiture produite par la jeune firme italienne – qui fera faillite en 1934 -, le pape pourrait désormais se déplacer à une vitesse supérieure à celle d’un carrosse. Mais Pie X refuse l’expérience. À 74 ans, le pontife préfère se promener dans les jardins du Vatican au moyen d’une voiture à cheval plus confortable et moins bruyante.

    Parmi les carrosses à sa disposition se trouve celui dit «de voyage» réalisé par des artisans romains au siècle précédent. Élégant, il fut utilisé jusqu’au pontificat de Benoît XV (1914-1922) puisque demeurent sur les deux portières les armoiries du 258e successeur de Pierre.

    C’est surtout Pie IX (1846-1878) qui l’utilisa, à l’occasion notamment de sa visite en 1857 de la Légation de Romagne, au nord des États pontificaux. Selon les Musées du Vatican, ce voyage passe pour être «la dernière visite d’une pape-roi».

    Prisonniers au Vatican

    Car un événement va totalement bousculer le cours de l’histoire papale, et, indirectement, des déplacements pontificaux. Si Pie X ne prend pas la peine de s’intéresser à son Itala 20/30, c’est sans doute aussi du fait de la situation de la papauté à cette période.

    Depuis 1870 et la prise de Rome par les troupes italiennes, les papes se disent en effet prisonniers au Vatican. Ne reconnaissant pas le nouvel État italien, ils refusent de sortir, et ce même pour faire quelques kilomètres afin de se rendre dans leur cathédrale, Saint-Jean-de-Latran.

    Un pape en voiture pour la première fois

    Dans ce contexte, et dans un espace réduit aux quelques hectares du Vatican, l’usage d’une papa-mobile apparait d’un bien faible intérêt. Toutefois, en 1896, sur le tout premier film de l’histoire montrant un pape, on peut tout de même voir Léon XIII dans un carrosse se déplaçant dans les Jardins du Vatican.

    Le constructeur italien Bianchi aura beau offrir à Benoît XV une voiture en 1922 puis une autre quatre ans plus tard, le pontife ne les utilisera pas. C’est ainsi que les premières papamobiles restèrent en réalité immobiles. Cette situation durera jusqu’au 22 décembre 1929, jour historique durant lequel Pie XI montera dans une Graham Paige noire type 837 pour se rendre au Latran. (cath.ch/imedia/hl/bh)

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    La Graham Paige noire type 837 stationne désormais au Pavillon des carrosses des Musées du Vatican © I.MEDIA images

    La papamobile du Rubicon et des larmes 2/4

    I.MEDIA prend la route et propose de revenir dans une série de quatre épisodes sur l’histoire récente des papamobiles, ces véhicules uniques utilisés pour les déplacements des pontifes. Deuxième épisode avec la première voiture à avoir transporté un pape hors du Vatican.

    Hugues Lefevre/I.Média

    La magnifique Graham Paige noire type 837 qui stationne désormais au Pavillon des carrosses des Musées du Vatican n’a pas volé sa place au musée. Elle fut donnée au pape Pie XI le 10 novembre 1929 par les frères Graham afin de célébrer les accords du Latran que la papauté et l’État italien venaient de signer. Cette “conciliation” mettait fin à près de soixante années de brouille entre l’Italie et les successeurs de Pierre qui, depuis 1870, se considéraient prisonniers au Vatican.

    En 1926, des négociations virent finalement le jour et aboutirent à la reconnaissance trois ans plus tard de la souveraineté temporelle du pape sur l’État de la Cité du Vatican. Durant cette période, cinq papes – Pie IX, Léon XIII, Pie X, Benoît XV et puis Pie XI – ne sortirent pas du Vatican.

    Premier déplacement en voiture

    Alors, quand le 22 décembre 1929 le pape monte dans la Graham Paige pour rejoindre la basilique Saint-Jean-de-Latran – la cathédrale de l’évêque de Rome située à cinq kilomètres de la basilique Saint-Pierre -, la berline américaine entre dans l’histoire. «C’était la première fois qu’un pape quittait le Vatican après la chute de Rome, le 20 septembre 1870», soulignent les Musées du Vatican. Dix ans plus tard, la même voiture conduira Pie XII jusqu’au palais du Quirinal pour une visite protocolaire auprès du roi et de la reine d’Italie.

    La signature des accords du Latran est l’occasion pour plusieurs constructeurs automobiles d’offrir en cadeau au pontife de splendides voitures floquées aux armoiries papales. La plus belle d’entre elles est sans doute la Citroën Lictoria C6. L’aménagement intérieur y est spectaculaire, l’habitacle se présentant selon les Musées comme «un petit salon très raffiné en style XVIIIe siècle vénitien, dominé par le trône papal en brocard cramoisi et par d’élégants panneaux en bois marqueté qui cachent des endroits où on peut abriter des objets utiles pendant le voyage, comme le bréviaire». Du fait de son luxe trop marqué, la berline française ne fut jamais utilisée…

    En 1943, la Graham Paige, plus sobre, se retrouve une nouvelle fois au cœur des grands événements romains. Le 19 juillet de cette année, la capitale de l’Italie est bombardée par les Américains. Le quartier de San Lorenzo, à l’est de la ville, est dévasté. On compte près de 3’000 morts et 11’000 blessés.

    En apprenant la sinistre nouvelle, le pape Pie XII saute dans une Mercedes 230 pour se rendre sur le lieu du drame afin de consoler le peuple romain. Mais la voiture allemande tombe en panne. C’est la Graham Paige 837 qui est dépêchée pour conduire l’évêque de Rome. Sur une photo mémorable, on voit le pontife les bras écartés et implorant le ciel devant une foule massée autour de lui. Juste derrière lui attend la Graham Paige… (cath.ch/imedia/hl/bh)

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    La Fiat 1107 dite «Nuova Campagnola», associée à la tentative d'assassinat de Jean Paul II © I.MEDIA images

    La Fiat qui vit s'écrouler un pape 3/4

    I.MEDIA prend la route et propose de revenir dans une série de quatre épisodes sur l’histoire récente des papamobiles, ces véhicules uniques utilisés pour les déplacements des pontifes. Troisième épisode avec la papamobile qui transportait Jean Paul II quand le Turc Ali Agça tenta de l’assassiner le 13 mai 1981.

    Hugues Lefevre/I.Média

    Si la Fiat 1107 dite «Nuova Campagnola» est sans doute la plus connue des papamobiles, c’est parce qu’elle est associée à l’un des événements les plus tragiques de la papauté au XXe siècle. Le 13 mai 1981, c’est à bord de cette voiture que se trouve le pape Jean Paul II lorsque le Turc Ali Agça lui tire dessus. Au beau milieu de la foule rassemblée place Saint-Pierre, le pontife polonais s’écroule sur le père Dziwisz, son secrétaire particulier, présent à l’arrière du 4×4.

    Dans la panique la plus totale, la décapotable blanche part en trombe. Le pape, gravement blessé à l’abdomen, au coude droit et à la main gauche, est transféré dans une ambulance qui fonce ensuite à l’hôpital Gemelli. L’évêque de Rome s’en tire miraculeusement. Mais cette tentative d’assassinat marque un tournant dans l’histoire des voitures papales.

    Le 13 mai 1981, Jean Paul II s'écroule dans la Fiat 1107 après que le Turc Ali Agça lui ait tiré dessus
    Le 13 mai 1981, Jean Paul II s'écroule dans la Fiat 1107 après que le Turc Ali Agça lui ait tiré dessus @ Keystone

    Auparavant, celles-ci ne faisaient l’objet d’aucun dispositif de sécurité particulier. La "Nuova Campagnola", lancée en 1974 au salon de l’automobile de Belgrade par la firme turinoise Fiat, ne bénéficie ni de blindage ni de vitre de protection lorsqu’elle est offerte en 1980 au jeune pape polonais lors de sa visite à Turin.

    Cette année-là, ce n’est sans doute pas pour ses qualités de véhicule tout-terrain qu’elle séduit le Vatican – ce modèle Fiat participera à de grandes compétitions automobiles comme le Paris-Dakar. En réalité, le Saint-Siège cherche depuis peu des voitures capables de mettre en valeur l’homme en blanc.

    En 1976 en effet, à l’occasion d’une année jubilaire qui draine des milliers de fidèles à Rome, Paul VI lance la mode des 4×4 décapotables. Le premier modèle choisi, une Toyota Land Cruiser, remplit parfaitement le cahier des charges: permettre que le pape soit vu par le plus grand nombre.

    Si Jean Paul Ier n’a pas le temps de s’en servir, son successeur, Jean Paul II, fait à ce type de «papamobile» – expression qu’il n’aime pas – une publicité inouïe et renvoie définitivement au placard la Sedia gestatoria, ce trône mobile porté par des hommes.

    Blindage et vitres par-balles

    Après l’attentat de 1981, le Vatican ne revient certes pas sur le choix de ce genre de véhicule mais les normes de sécurité sont largement relevées. Plus question de transporter le pape sans qu’il ne soit protégé. La Fiat est alors dotée d’un blindage. Des vitres pare-balles font leur apparition, laissant parfois l’étrange impression d’un pape enfermé dans une cage de verre.

    Des années plus tard, le pape François souhaitera revenir sur cet esprit tout-sécuritaire. En 2014, alors qu’il s’apprête à s’envoler pour le Proche-Orient, il annonce qu’il ne souhaitera pas utiliser de voitures blindées. Son service de communication confie en effet qu’il désire «une papamobile ouverte et une voiture normale».

    À Rome d’ailleurs, il n’est pas rare de voir le pontife argentin circuler dans des véhicules parfaitement banals. Cependant, lorsque le danger se fait trop grand, le pontife argentin n’échappe pas aux vitres de sécurité, quitte à subir certaines déconvenues, comme en 2017 lors de son voyage en Colombie. Ce jour-là, un coup de frein trop brutal déstabilise le chef de l’Église catholique de 80 ans qui se cogne contre la vitre de protection. Il s’en sortira avec un bel hématome… (cath.ch/imedia/hl/bh)

    SCV 1
    Les trois consonnes que l'on peut voir sur la plaque d'immatriculation des papamobiles: SCV 1 sont en fait l'acronyme des mots latins Status Civitatis Vaticanae, signifiant: Etat de la Cité du Vatican. C'est l'immatriculation de toutes les voitures du Vatican. Le chiffre qui suit est le n° de la voiture dans la flotte des véhicules de plus petit État du monde. La Ford Focus que le pape François a utilisée durant quelques semaines portait ainsi l'immatriculation SCV 00919 et non SCV 1 comme c'est habituellement le cas pour la voiture du pape. BH

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    La 4L du pape François garée au Pavillon des carrosses des Musées du Vatican © I.MEDIA images

    Papamobile: une "4L" pour le pape François 4/4

    I.MEDIA prend la route et propose de revenir dans une série de quatre épisodes sur l’histoire récente des papamobiles, ces véhicules uniques utilisés pour les déplacements des pontifes. Dernier épisode avec une 4L au moteur éprouvé qui a trouvé sa place dans le garage du Vatican.

    Hugues Lefevre/I.Média

    Placée à côté des mercedes rutilantes et autres voitures d’exception, la 4L du «Pavillon des carrosses du Vatican» paraît bien modeste. Entre la Citroën Lictoria Six offerte au pape Pie XI en 1930 et la voiture de série de Renault arrivée en 2013 au Vatican, force est de constater le grand écart. Mais c’est sans doute bien pour cette raison qu’elle a atterri ici, au beau milieu des Musées du Vatican.

    Car la voiture française a une histoire qui n’a pas laissé indifférent le pape François. En 2013, quelques semaines seulement après son élection, il reçoit une lettre d’un prêtre italien du diocèse de Vérone. Âgé de 70 ans, don Renzo Zocca a été particulièrement ému par le rêve du nouveau pape de voir une Église des pauvres au service des plus pauvres. Si ce message le touche à ce point, c’est qu’il a passé tout son sacerdoce à œuvrer dans un quartier ouvrier de Vérone.

    Souhaitant rencontrer François pour lui raconter son expérience auprès des périphéries, il ne veut pas venir les mains vides au Vatican. «Et quel meilleur cadeau pourrait-il y avoir que ma R4?», se souvient-il dans le magazine Familia Cristiana. C’est en effet avec “ses 30 chevaux” que le prêtre a sillonné son quartier, sa ville et toute l’Italie pour honorer sa mission de pasteur, une mission qui chiffrera au final à plus de 300'000 kilomètres au compteur – à ce titre, c’est sans doute la voiture du Pavillon des carrosses qui a le plus roulé!

    «N’est-il pas préférable de la donner aux pauvres?»

    Trois semaines après l’envoi de sa lettre, le téléphone don Renzo Zocca sonne. C’est le pape. «J’ai perdu mon souffle. Je ne savais pas quoi répondre!», raconte-t-il. La conversation s’installe en toute simplicité – elle durera 35 minutes en tout. Au sujet de la voiture, le pontife argentin s’enquiert immédiatement de savoir si elle peut encore servir au prêtre. «N’est-il pas préférable de la donner aux pauvres?», insiste-t-il. Don Renzo Zocca lui répond qu’elle a déjà beaucoup donné aux pauvres et qu’elle doit désormais aller à Rome.

    François sort alors son agenda pour fixer une date. C’est ainsi que le 7 septembre 2013, la 4L blanche entièrement révisée pénètre dans la Cité du Vatican.

    Don Renzo est venu avec une centaines de paroissiens. «Le pape est sorti de Sainte-Marthe (résidence où il loge, ndlr) et nous nous sommes embrassés très fort, pendant plus d’une minute interminable», raconte encore le prêtre âgé. Puis le pape monte à l’avant de la voiture, laissant le prêtre conduire. 30 Km/h; les deux hommes n’iront pas plus vite mais l’émotion est à son comble, surtout quand les paroissiens du prêtre voient débarquer le pontife dans la 4L devenue papamobile.

    Au moment de se quitter, le pape, qui s’apprête à repartir seul au volant, lui confie avoir jadis possédé une R4, que les Argentins appelaient “Renoleta”. Selon les dires du pape, elle ne l’aurait jamais trahi… (cath.ch/imedia/hl/bh)

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