Yves Crettaz: «Il faut se bouger pour une Eglise accueillante»
Jeunes explorateurs de la foi Cath.ch est allé à la rencontre de jeunes romands engagés en Eglise. Qu'y font-ils ? Comment vivent-ils cet engagement en regard de la société ? Comment voient-ils l'Eglise ? Portraits tout en nuance ce ces jeunes qui feront l'Eglise de demain.
Yves Crettaz: «Il faut se bouger pour une Eglise accueillante»
Théophane, 22 ans, "explorateur de la foi"
Viviane Gay-des-Combes: «Catholique, j’avance à contre-courant»
Bastien Eschmann: "Notre Église a besoin de témoins de l’Évangile"
Camille Ulrich, la vocation de l'autre
Camille Vianin: «Je veux faire connaître les beautés de l’Eglise»
Léa Girardin: "La messe, c'est mon moment de calme"
Morgana Delore: "J'ai envie de bousculer les façons de penser"
Morgane Grandjean, la joie du partage
Laurine Moulin: "Dieu, c'est la Beauté dans ma vie"
Simon et Valentin Roduit: vers l’ordination «en tremblant»
Yvan Favre: "Je sépare la vie à la ferme de ma vie de prière"
"Jeunes explorateurs de la foi", du web au livre
Marie Colongo: "les Camps Voc' me ressourcent pour toute l'année"
Yves Crettaz: «Il faut se bouger pour une Eglise accueillante»
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Yves Crettaz: «Il faut se bouger pour une Eglise accueillante»
Jeunes explorateurs de la foi Cath.ch est allé à la rencontre de jeunes romands engagés en Eglise. Qu'y font-ils ? Comment vivent-ils cet engagement en regard de la société ? Comment voient-ils l'Eglise ? Portraits tout en nuance ce ces jeunes qui feront l'Eglise de demain.
Théophane, 22 ans, "explorateur de la foi"
Théophane Trojniar, à 22 ans, a la tête pleine de projets et de rêves. La foi et l'Eglise sont, pour le Fribourgeois, des champs d'exploration vers son "identité heureuse".
Viviane Gay-des-Combes: «Catholique, j’avance à contre-courant»
Responsable d’une vingtaine de servants de messe à Martigny (VS), Viviane Gay-des-Combes, 25 ans, est résolument engagée en Eglise. Dans le service mais aussi dans ses convictions: face aux turpitudes de l’institution, elle défend l’église avec un petit 'é', celle de sa paroisse et de sa communauté,...
Bastien Eschmann: "Notre Église a besoin de témoins de l’Évangile"
Jeune jurassien engagé dans la vie professionnelle, politique et paroissiale, Bastien Eschmann vient de souffler trente bougies. C'est grâce aux autres – à des "témoins" – qu'il n'a jamais perdu la foi. Sa quête aujourd'hui? Donner du sens à sa vie en la donnant aux autres.
Camille Ulrich, la vocation de l'autre
La Genevoise Camille Ulrich, à 23 ans, a soif de relations humaines authentiques. Elle assouvit sa passion pour les autres notamment au travers de ses multiples engagements dans la sphère catholique en Suisse romande.
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Yves Crettaz: «Il faut se bouger pour une Eglise accueillante»
Yves Crettaz, un Valaisan de 25 ans, a été engagé au Service diocésain de la jeunesse (SDJ) de Sion, a communiqué le diocèse le 31 août 2020. Rencontre avec un jeune passionné de communication qui souhaite faire mieux connaître «une Eglise accueillante» et plus accessible pour des jeunes restés sur le parvis.
«L’Eglise doit être présente dans la société. Il faut sortir de l’entre-soi paroissial!», lance Yves Cretttaz. Le jeune Valaisan, mordu du web, vient d’être engagé au Service diocésain de la jeunesse (SDJ) de Sion. Il prône la spécialisation des tâches en Eglise, notamment dans la communication.
Pour cela, l’institution doit faire la place aux jeunes et leur faire confiance. «Il y a tellement à faire en Eglise! Pourvu qu’on leur laisse la place et une certaine marge de manœuvre, ils ne demandent qu’à s’investir». Le Valaisan de 25 ans, diplômé de l’école de commerce de Sion, illustre bien le propos: membre du comité de la Nuit Opensky, du groupe Des Jeunes qui Prient (DJP), coorganisateur des soirées de louange à la paroisse de Conthey-Centre, il fait également partie du groupe de jeunes qui gèrent le site de la jeunesse catholique valaisanne: «T’as où la foi». Il ajoute à sa palette la vidéo, l’écriture et la photo. Logiquement le journalisme l’attire. En attendant, il travaille au service marketing du quotidien valaisan Le Nouvelliste.
«Se bouger maintenant!»
On pourrait encore dérouler ce qui fait plus penser à un CV qu’à ce qu’il considère, lui, comme un engagement en Eglise. «Son» Eglise, qu’il critique parfois. Parce qu’elle ne lui est pas indifférente, précise-t-il. Devant les bancs qui se vident, la baisse de la pratique religieuse, les scandales, il évoque une urgence: celle de «se bouger maintenant avant qu’il ne soit trop tard!» pour diffuser la Bonne nouvelle et rouvrir la porte d’une Eglise qu’il voudrait plus accueillante, en tout cas joyeuse. Il envisage son projet avec les pieds sur terre: «Je ne plane pas. Il faut être réaliste».
Le web et les réseaux sociaux sont les meilleurs vecteurs pour communiquer les événements qui rassemblent la jeunesse qui croit et toucher, au-delà de la catho-sphère, les 15-25 ans. Il faut s’adapter à l’époque. «Les jeunes ne se trouvent plus systématiquement le dimanche matin à la messe». La pandémie a démontré l’utilité du web pour garder un contact avec les fidèles, à l’instar de la Montée vers Pâques. Mais il en convient, l’écran ne remplace pas la présence ni la messe.
Une Eglise «plus fun mais pas au rabais»
La tendance des 15 – 25 ans à se retrouver autour de grands événements d’Eglise lui donne raison. La mobilité due aux études, au mode de vie, les amène dans d’autres paroisses et surtout à se retrouver ensemble, «parce qu’on est plus seul, comme aux JMJ», précise Yves Crettaz qui a été marqué par le rassemblement de Madrid, en 2011. «Il faut créer des occasions d’amener des amis à découvrir l’Eglise d’une manière plus fun, mais pas au rabais», insiste-t-il en faisant allusion aux soirées OpenSky, «Fun and God». Ces événements sont aussi pour le zébulon une manière de ramener l’Eglise dans la société.
«Je ne dirai pas à des jeunes intéressés et hésitant à entrer dans une église: ‘viens à l’adoration’. On peut commencer avec un concert, un bar, le témoignage d’une personnalité - pas forcément de l'Eglise, mais de la société -, une possibilité de rencontre avec des jeunes engagés en Eglise et ensuite leur proposer: ‘viens à la messe’».
En offrant un contexte convivial où les jeunes se sentent accueillis, c’est plus facile. Une des missions du Valaisan originaire de Vissoie, dans le Val d’Anniviers, sera de coordonner les différents groupes et plateformes des jeunes catholiques et de renforcer la présence et l’action de la pastorale sur la toile. «Il faut faire en sorte de faciliter l’accès à l’information à ceux qui veulent aller plus loin en Eglise». Sa connaissance du terrain où il s’implique depuis 10 ans sera un atout.
Une messe diocésaine
Les jeunes qui se situent à l’extérieur ne sont pas le seul objectif de son action. «Je pense qu’une messe diocésaine organisée par les jeunes une fois par an serait une bonne chose pour fédérer les fidèles et renforcer le sentiment d’appartenance à l’Eglise». Il fait référence à la célébration de la confirmation organisée au CERM à Martigny qui a rassemblé 10'000 personnes. «C’est faisable».
Une discussion avec Gaëtan Steiner, responsable du SDJ, a favorisé son engagement. Ses interventions sur la chaîne régionale Canal 9 pour présenter la messe télévisée dominicale de Mgr Lovey pendant la pandémie a été le déclic. Sa proposition à la chaîne, où il est pigiste, et à l’évêché de livrer un produit fini a séduit tout le monde.
«La pagaille dans les diocèses»
Issu d’une famille croyante et plutôt pratiquante, il n’a aucun problème à parler de foi et dit prier au moins une fois dans la journée. Même s’il n’oublie pas sa paroisse d’origine, il admet ne pas pouvoir toujours assister à la messe dominicale à Vissoie. Il essaye d’y aller le plus possible «et au moins pour Pâques et Noël», puisqu’il est lecteur.
Dans une tribune publiée dans Le Nouvelliste du 29 août dernier, il citait le pape François: «Je veux de la pagaille dans les diocèses! Je veux que l’Eglise sorte dans les rues!». «Sous l’impulsion du pape, ajoutait Yves Crettaz, les jeunes se rassemblent par affinités et prennent des initiatives dans divers réseaux. En accord avec les prêtres, ils proposent une manière différente d’annoncer la Bonne Nouvelle. Un style actuel qui rencontre un franc succès, tant auprès des jeunes que des moins jeunes. Alors, dépoussiérons notre Eglise tous ensemble!» Tout un programme. (cath.ch/bh)
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Théophane, 22 ans, "explorateur de la foi"
Théophane Trojniar, à 22 ans, a la tête pleine de projets et de rêves. La foi et l'Eglise sont, pour le Fribourgeois, des champs d'exploration vers son "identité heureuse".
Par Raphaël Zbinden
Chemise jeans bleue, manteau noir et barbichette, le grand jeune homme paraît tout à fait à sa place dans ce café branché de Fribourg. Il indique qu'il va, suite à l'interview avec cath.ch, aller chez le coiffeur pour troquer sa touffe de cheveux qui s'élance vers le ciel contre une coupe "typique des joueurs de tennis des années 80". Sa silhouette svelte révèle effectivement un goût prononcé pour le sport. Outre les courts de tennis, il parcourt régulièrement l'asphalte, la course à pieds étant sa seconde marotte sportive.
Comme beaucoup de jeunes de son âge, il partage sa vie entre de nombreux intérêts. Déterminé à devenir journaliste, il réalise actuellement une "passerelle" pour entrer à l'université. Il est bien conscient que c'est maintenant qu'il pose les jalons de sa vie future.
Se découvrir à travers l'autre
L'orientation religieuse est aussi à l'ordre du jour. Cela fait des années qu'il se pose des questions. Né dans une famille de culture catholique, d'un père d'origine polonaise et d'une mère d'origine française, Théophane a naturellement cherché des réponses dans l'Eglise. Même s'il assure que son éducation religieuse, familiale ou scolaire, n'a pas décidé de son engagement dans des projets d'Eglise. "Je suis allé de mon propre chef, pour voir comment c'était". Il est ainsi parti en Pologne pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), à Cracovie, en 2016. Il a participé ensuite à l'organisation du festival chrétien "Crossfire", qui a électrisé Belfaux en juillet 2018.
Pour autant, le jeune Fribourgeois ne s'estime pas réellement "croyant". Il est, selon ses propres termes, en recherche, dans une forme d'expérimentation, d'exploration, de l'Eglise et de sa propre identité. La foi est pour lui davantage de l'ordre du "pari" que de la conviction intime.
Il réalise sa quête surtout au gré de ses rencontres, notamment avec d'autres jeunes ayant des approches très diverses de la spiritualité. Théophane a trouvé "paradoxalement", à travers ses contacts dans l'Eglise catholique, des occasions de rencontrer des personnes d'autres confessions et religions. Ce sont-là ses meilleurs véhicules pour avancer dans la compréhension du monde, de la vie, de la croyance. "Je mets les autres religions sur le même plan que le catholicisme, assure-t-il. Comme les être humains sont tous différents, ils ont tous des façons différentes de trouver leur voie. Mais le but est toujours le même, d'atteindre une vie pleine et heureuse". Il ne lui viendrait pas à l'idée de rester dans un cercle restreint de personnes du même milieu. Le trinational (suisse-polonais-français), se considère comme un "citoyen du monde" et préfère voyager vers de multiples horizons.
Le fléau des "Tartuffes"
S'il se fait de temps en temps pratiquant, il considère que ce n'est pas sa réellement sa voie. "Quand j'allais à la messe dans mon enfance, les idées que j'entendais me convenaient, mais pas la manière de faire". Si les célébrations le déçoivent souvent, il y trouve tout de même matière à expérimentation. Il "teste" même les offices avec des amis dont certains ne sont pas du tout croyants, mais qui sont comme lui désireux de découvrir des réalités nouvelles. "Certaines messes sont ennuyeuses, d'autres énergiques. Je pense que les prêtres devraient faire attention à cela. Car pour un jeune, cette 'première impression' peut être décisive".
Théophane, ne se sentant aucunement lié à l'Eglise, pose sur elle le regard libre, parfois revendicateur, mais aussi compréhensif, de la jeunesse. Il a sa propre opinion sur l'institution, forgée autant par son expérience personnelle que par ce qu'il a pu entendre dans ses rencontres.
"De nombreux jeunes restent à l'écart de l'Eglise parce qu'ils ne sont pas sûrs d'y rencontrer des personnes avec de bonnes intentions"
Il relève notamment une profonde crise de confiance des jeunes envers l'Eglise. Un phénomène qui a selon lui plusieurs causes. L'étudiant fribourgeois dénonce tout d'abord les "Tartuffes" de l'Eglise, d'après le célèbre personnage de Molière, qui sous les apparats d'une fausse dévotion, manipule son entourage. "Beaucoup de mes connaissances ont été 'dégoûtées' de l'Eglise après avoir rencontré les mauvaises personnes. Des responsables faussement humbles et dévots, qui n'ont pas une véritable pédagogie de foi. Cela a fait beaucoup de dégâts."
La religion pour une meilleure société
Théophane déplore aussi la façon dont des autorités d'Eglise "se lavent les mains" quand on les informe de certaines dérives de leurs employés. "J'ai constaté que des responsables ne voulaient rien faire quand ils étaient informés de la double vie de quelqu'un. Ils rejetaient ça en prétendant qu'il s'agissait de questions privées. Mais cette hypocrisie choque beaucoup les jeunes et tend à les éloigner de l'Eglise".
Le Belfagien rappelle la crise de confiance provoqué par les abus sexuels, une réalité qui a aussi frappé l'Eglise fribourgeoise. Il estime que de nombreux jeunes restent à l'écart de l'Eglise simplement parce qu'ils ne sont pas sûrs d'y rencontrer des personnes "avec de bonnes intentions".
"Si tout le monde appliquait les Dix Commandements, par exemple, on éviterait d'avoir des comportements extrêmes"
Pour lui, une solution serait de donner plus de poids aux femmes et aux laïcs. Parce qu'elles sont "moins facilement des Tartuffes" que les hommes. Et les laïcs sont davantage en contact avec la réalité du monde que les prêtres.
Mais si Théophane s'intéresse à la religion, c'est surtout parce qu'il considère qu'elle est un moyen d'améliorer la société humaine. "Si tout le monde appliquait les Dix Commandements, par exemple, on éviterait d'avoir des comportements extrêmes et déviants, qui détruisent les bonnes relations entre les personnes. L'enseignement chrétien et mes convictions de citoyen, ce sont pour moi une double motivation à me comporter correctement".
Avant de sortir du café fribourgeois, Théophane expose ce qu'il attend de son avenir qui s'étend encore pleinement devant lui. Il le voit comme un grand champ de possibles et d'expérimentation. Que ce soit dans l'Eglise ou ailleurs, il espère atteindre son "identité heureuse". Ce qui signifie pour lui: "Voir les choses de façon positive, avoir de bonnes relations aux autres, prendre la vie telle qu'elle est, mais en augmentant les moments 'supers' et en relativisant les épisodes 'saoulants'". (cath.ch/rz)
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En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
Viviane Gay-des-Combes: «Catholique, j’avance à contre-courant»
Responsable d’une vingtaine de servants de messe à Martigny (VS), Viviane Gay-des-Combes, 25 ans, est résolument engagée en Eglise. Dans le service, mais aussi dans ses convictions: face aux turpitudes de l’institution, elle défend l’église avec un petit 'é', celle de sa paroisse et de sa communauté, bien vivantes et loin d’une image sclérosée que véhiculent la société et les médias.
Par Bernard Hallet
«En tant que catholique, j’avance un peu à contre-courant dans la société. Certaines de mes amies ne comprennent pas qu’en dehors des cours et de mon travail, je consacre encore du temps à l’Eglise». La voix est posée et le regard franc. Viviane Gay-des-Combes est, entre autres engagements, responsable des 23 servants de messe de sa paroisse, à Martigny-Ville.
«Je voulais m’occuper de jeunes. Depuis toujours. Peut-être les gènes… c’était le premier métier de ma maman». Ce qu’elle pensait d’ailleurs être sa vocation professionnelle. Mais ses études d’éducatrice de la petite enfance ont tourné court et lui ont laissé un souvenir douloureux. Elle se rattrape largement à la paroisse.
Quelques heures par semaine
La jeune femme consacre en effet plusieurs heures par semaine à la ribambelle remuante de 7 à 14 ans. Tenir le planning, s’assurer de leur présence à la sacristie. «Parfois ils oublient, d’autant que les parents ne les suivent pas forcément dans cette activité». Elle organise la rencontre mensuelle autour d’un pique-nique, d’une sortie à vélo, avec les animations, ou encore la préparation de biscuits pour les personnes âgées. Elle peut compter sur le chanoine Jean-Pascal Genoux qui l’épaule. Et il y a le camp d’été annuel. «Avec des parents qui participent».
«Donner du temps pour les autres, c’est ma vie».
Avant même qu’on l’évoque, elle parle du confinement du printemps qui fut «brutal et que j’ai très mal vécu. Je n’avais plus rien à quoi me raccrocher». La jeune Valaisanne garde un souvenir amer de l’agenda vide. «Donner du temps pour les autres, c’est ma vie».
Stoppée net dans sa course à servir les autres, elle s’est trouvée livrée à une introspection forcée. «Je me suis trouvée face à moi-même, ce qui ne fut pas facile, car je me mets souvent de côté». Elle en est sortie grandie et rafermie dans sa vocation à s’occuper des jeunes. «Ils m’ont tellement manqué!»
La première communion à 7 ans
A 25 ans, il lui arrive encore de servir la messe. «Quand un jeune se retrouve tout seul, je donne un coup de main». Le service à l’autel fut sa première vocation. Un engagement même prématuré puisqu’elle a fait sa première communion à 7 ans, pour être servante de messe. «Je ne pouvais pas rester sans rien faire à la messe».
Viviane a grandi dans une ambiance familiale croyante et pratiquante. Elle a suivi sa scolarité à Martigny, au rythme des aller-retours entre «le bas et le col de la Forclaz», où sa maman tenait le «Drapeau suisse», un restaurant de spécialités valaisannes. Viviane garde quelques vagues souvenirs de la salle au-dessus de laquelle elle a habité jusqu’à l’âge de 7 ans. La famille s’est ensuite installée à Martigny.
Entre une grande sœur et un petit frère, elle est la plus engagée de la fratrie. Presque trop, reconnaît-elle. Elle a renoncé à s’occuper des scouts sous la pression familiale.
«Je ne me vois pourtant pas vivre autrement. Mon engagement n’est plus compris». Par les gens qui s’étonnent du temps qu’elle donne à l’Eglise alors qu’elle est si jeune. Par les jeunes de l’école - où elle suit une formation en vue d’un CFC d’assistante en pharmacie -, surpris: «ça existe encore?». Par ses collègues partagés entre incompréhension et admiration, «T’es courageuse!», quand elle défend l’Eglise dans les discussions.
«L’Eglise suscite toujours de l’intérêt»
Elle regrette parfois son manque de bagage théologique et historique pour répondre aux arguties sur «le mariage des prêtres qui éviterait la pédophilie» ou sur le pape favorable aux unions de personnes de même sexe et les affaires que les médias passent, selon elle, trop de temps à ressasser. «Les discussions où je ne me fais pas démonter sont rares, mais je n’ai pas peur de prendre des coups». La jeune Valaisanne monte volontiers au créneau dans les discussions, mais paradoxalement ne s’affiche pas fièrement en tant que chrétienne. «Je ne cherche pas à évangéliser, mais je réponds toujours aux questions qu’on me pose. Malgré tout ce qui s’y passe, l’Eglise suscite toujours de l’intérêt».
Elle l’a d’ailleurs souvent expérimenté. Comme avec le food-truck que des jeunes Valaisans ont construit pour aller à la rencontre des gens, leur parler du Christ. «C’est toujours plus facile de témoigner dans ce contexte». Sans théologie, elle parle de sa foi, de son engagement. «Ce sont les plus belles discussions que j’ai eues. De vraies rencontres! Car je n’étais pas là pour convertir ou convaincre. Je témoignais». D’abord goguenards, ses interlocuteurs sont souvent repartis touchés.
L’église avec un petit «e»
Lucide, la jeune femme ne nie pas les scandales qui minent l’institution, cette Eglise «avec un grand E», qu’elle distingue justement de son église, celle de la communauté, de la paroisse et de tous ceux qui se mettent en mouvement pour la faire évoluer. «Il faut aussi casser l’image d’une église de la messe du dimanche matin, triste et ringarde avec des petits vieux».
"Notre génération n'est plus dans le traditionnel, ni le rituel."
La messe dominicale n’est pas son obsession. «J’y vais une fois par semaine, peu importe le jour. Et toute activité avec des jeunes ne doit pas forcément se terminer par une messe. Notre génération n‘est plus dans le traditionnel, ni le rituel. Des amies forcées d’aller à la messe quand elles étaient jeunes ne veulent plus mettre les pieds dans une église. Ca ne doit pas être ça l’Eglise!». Les échanges et le temps vécu avec ses servants de messe sont à ses yeux au moins aussi importants que d’aller à la messe.
Viviane vivifie sa foi aussi dans des rencontres avec les jeunes du groupe valaisan des DJP (Des jeunes qui prient), emmené par l’abbé Jean-François Luisier, le curé de Savièse (VS). Un groupe auquel elle a adhéré dans la foulée de sa participation aux JMJ de Madrid, en 2011.
«Pas la peine d’être hyper-catho»
Elle évoque les soirées de rencontre où l’on peut inviter des amis restés sur le parvis de l’Eglise. «Pas la peine d’être hyper-catho pour participer. On peut venir échanger sans crainte d’être jugé». Il y a aussi les journées «Fun et Foi»: ski, messe et raclette et l’incontournable «Nuit OpenSky de Fully» (VS) qui rassemble une fois par an des centaines de jeunes de tous les diocèses romands. Elle ne manque jamais la retraite spirituelle consacrée à la prière. «Cette année nous devons aller à l’abbaye d’Hauterive (FR), mais avec la deuxième vague de la pandémie, je ne sais pas si ce sera possible».
Le service comme elle l’entend ne se limite pas à des rencontres. Viviane s’est inscrite pour servir au bar du «Verso l’alto» - le restaurant de la Maison de la diaconie, située à Sion - le vendredi soir. L’occasion de donner un coup de main pour servir dans un lieu où les jeunes de tous horizons pourraient se rencontrer. Un projet pour l’instant contrarié par la fermeture des cafés et restaurants qu’ont décrétée les autorités valaisannes le 4 novembre.
Cette deuxième vague oblige à se réadapter aux mesures sanitaires mais permet de découvrir une autre forme d’église. «Avec ces messes à 10 personnes maximum, on retrouve le temps des premiers apôtres. Bon… cela dit, il faut que je trouve un moyen d’intégrer mes jeunes à ces célébrations». Pas question, cette fois-ci, de déprimer ni de rester à la maison. «Je le dis à mes amies: profitez de votre jeunesse, ne restez pas à la maison à regarder vos séries télé comme des petits vieux!» (cath.ch/bh)
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Jeune jurassien engagé dans la vie professionnelle, politique et paroissiale, Bastien Eschmann vient de souffler trente bougies. C'est grâce aux autres – à des "témoins" – qu'il n'a jamais perdu la foi. Sa quête aujourd'hui? Donner du sens à sa vie en la donnant aux autres.
Par Grégory Roth
Né en 1990 dans une famille pratiquante – avec des parents et grands-parents des deux côtés tous engagés en Église –, Bastien Eschmann donne très tôt une place importante à la foi. "Tout petit déjà, j'étais très méticuleux, j'aimais bien rendre les choses belles." A l'église de Moutier, le jeune servant de messe donne volontiers un coup de main au sacristain après la messe.
Une statue mal éclairée? Il ajuste le spot. Des mobiliers sacrés couvert de poussière? Il passe un coup de chiffon. De la musique méditative trop ou pas assez forte? Il ajuste le volume. "Il fallait que tout soit parfait, que les visiteurs se sentent dans cette église comme à la maison", se rappelle le Jurassien. Pour lui, chaque détail est parlant, même s'il devait être le seul à leur accorder de l'importance.
Des témoins sur le chemin
"A l'adolescence, j'ai voulu me démarquer. J'ai remis ma foi en question", se souvient Bastien. Son questionnement ne s'est jamais fait dans la confrontation, mais plutôt dans une sorte de démarche intellectuelle. "Est-ce que tout ce qu'on m'a dit tient debout?", s'interroge-t-il. "J'avais besoin de m'approprier ma foi". Dans cette étape de transition, des personnes clés l'ont aidé à continuer de croire.
"Je suis toujours en chemin. Ma foi est un guide, pas une certitude".
"Je les décris comme de véritables témoins de l’Évangile. Vous savez, ce sont ces personnes qui portent en elles une flamme et qui sont habitées par quelque chose de plus grand. Ce sont elles qui m'ont guidé durant ces années où l'on forme un homme". Il y a surtout eu des prêtres et des religieuses, mais aussi des amis et la famille, pour le guider sur son chemin. "Aujourd'hui, je suis toujours en chemin. Ma foi est un guide, mais je ne la vois pas comme une certitude".
Une vie paroissiale active
Ses engagement paroissiaux sont multiples: il sera successivement président d'une cinquantaine de servants de messes à Moutier et chanteur dans le groupe de jeunes "Envol", qui anime régulièrement des messes dans la région. Il se forme pour devenir lecteur et ministre de la communion. Il sera membre d'une Commission de communication de la paroisse et siégera également au Conseil des Orientations pastorales (CdOp). Il participera d'abord comme jeune, puis comme animateur, aux Montées vers Pâques, avec des jeunes de tout le Jura bernois et les Franches-Montagnes.
Passionné par les relations humaines
Les années passent. Le Prévôtois se prépare petit-à-petit à la vie professionnelle. Il obtient un bachelor en droit à Neuchâtel, en 2013, puis un master en 2015 à Fribourg, comprenant quelques crédits en droit des religions. Diplôme en poche, il est engagé à plein temps comme secrétaire communal. Parallèlement, il effectue un brevet fédéral en administration publique qu'il obtient en 2019 et qu'il complète actuellement avec un master à Lausanne.
"Dans les moments de partage, je me sens dix fois plus enrichi que ce que je donne".
Deux piliers de sa vie professionnelle le passionnent. D'un côté, l'administratif, et de l'autre, les relations humaines. C'est plus particulièrement dans ce deuxième aspect qu'il se sent appelé. "Plus que de la disponibilité, c'est à cette envie de me donner aux autres que j'aspire. Je me rappelle de ce home où nous allions chanter à Noël. Dans ces moments de partage, je me sentais dix fois plus enrichi que ce que j'avais bien pu donner à ces personnes âgées".
Appel à la prêtrise
L'appel à devenir prêtre? Le jeune juriste y songera. En arrivant à Fribourg, il hésitera même à démarrer des études en théologie. "C'est un appel sérieux que j'ai reçu et qui m'a habité pendant un certain temps. Mais j'ai senti que j'étais appelé à autre chose. Avec d'autres façons de donner ma vie aux autres."
Un autre obstacle de taille, il ne voulait pas se cacher derrière le statut de célibat permanent que lui aurait conféré la prêtrise. Bastien le sait depuis longtemps, son homosexualité ne peut pas être refoulée derrière un état de vie sacerdotal. "En priant longuement, j'ai compris que, quoi que je décide, mon homosexualité devait être liée à ma vie de foi. Car ce n'est pas un choix. Je ne l'ai pas choisie un jour en me levant. Alors je demandais: 'Seigneur, Toi qui m'as créé comme je suis, qu'est-ce que je dois faire?'."
Témoignages profonds et messages d'affection
Pendant très longtemps, il garde son orientation sexuelle pour lui, comme un secret. Mais il finit par le confier à des proches, puis à sa famille. En 2019, il décide d'envoyer un courrier à tous ses amis. "J'ai été extrêmement ému par tant de messages d'affection et de témoignages profonds que j'ai reçu, y compris dans la sphère ecclésiale, de la part d’amis paroissiens et de membres du clergé".
Bastien Eschmann ne vit pas son affectivité "dans la provoc', mais plutôt dans le témoignage". Il est conscient que l'accueil des personnes homosexuelles dans l’Église n'est pas toujours facile, mais s'il rencontre des jeunes dans la même situation que lui, il saura leur dire qu'être homosexuel et chrétien, c'est possible. En reconnaissance pour l'accueil qu'il a lui-même expérimenté.
Nature, église et eucharistie
Pour nourrir sa foi, il se recueille dans la nature ou dans une église, en prenant un moment de silence. Il fréquente occasionnellement un groupe de jeunes catholiques homosexuels, qui se réunit à Lausanne. Mais c'est par l'eucharistie qu'il vit "le cœur de ma relation à Dieu", et le plus souvent à Notre-Dame de la Prévôté, cette église qu'il considère "comme chez moi".
A côté de ses actuelles responsabilités professionnelles et politiques, Bastien Eschmann s'engage toujours dans la paroisse de Moutier comme lecteur, ministre de la communion, et animateur lors des Montées vers Pâques.
"Je souhaite que tous les jeunes d'aujourd'hui puissent toucher la beauté de l’Évangile"
"Les jeunes que je rencontre aujourd'hui ne sont pas différents de moi, dix ans auparavant. Ils n'ont pas changé; ils sont toujours en quête", constate le jeune trentenaire. "Mais aujourd'hui, ils sont noyés d'activités. J'ai l'impression que leur vie est définie par leurs activités, et non plus par qui ils sont vraiment. Et à ce sujet-là, l’Église a quelque chose à leur dire. Je souhaite que tous ces jeunes puissent toucher la beauté de l’Évangile, sans être découragés par les clichés, les scandales et les malheurs. Pour cela, il faut des témoins".
L’Église de demain?
"L’Église de demain, je la vois assez 'hors des murs'. Je crois beaucoup aux périphéries dont parle le pape François. Ce beau message de la Résurrection est adressé à toute la société, et non à une caste particulière. La société se déchristianise et s'individualise, mais je reste optimiste. Le message va continuer. Nous allons vers des communautés chrétiennes plus petites et plus éparses, mais nécessairement plus enracinées et plus ouvertes". Bastien Eschmann souhaite être une petite pierre dans ce nouvel édifice. Il espère, à son tour, être un jour ce 'témoin' pour quelqu'un d'autre. (cath.ch/gr)
PDC: "changer le nom ne change pas les valeurs"
Engagé en politique, Bastien Eschmann porte les couleurs du Parti démocrate chrétien (PDC). Secrétaire du PDC Moutier, il est élu au Conseil de Ville, organe législatif communal, et représente le PDC Jura-Sud comme délégué au sein du PDC Suisse. Il est aussi membre des JDC Jura. "D'abord un peu emprunté, j'y suis favorable après réflexion: changer le nom du parti ne va pas changer les valeurs chrétiennes qui nous habitent et guident nos actions. Nous avons toujours un message à faire passer: défendre l'être humain et sa diversité. D'un côté, nous avons la "solidarité": c'est l'accueil inconditionnel dans le sens chrétien du terme. De l'autre, nous avons la "responsabilité": garantir des libertés à nos concitoyens. En bon Suisses, nous faisons des concessions entre nos deux "leitmotivs". GR
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Camille Ulrich, la vocation de l'autre
La Genevoise Camille Ulrich, à 23 ans, a soif de relations humaines authentiques. Elle assouvit sa passion pour les autres notamment au travers de ses multiples engagements dans la sphère catholique en Suisse romande.
Par Raphaël Zbinden
La pandémie n'a pas freiné, chez Camille, l'envie d'aller vers les autres. Bien au contraire. La Genevoise a vu, dans sa ville, les longs défilés de personnes venant chercher des sacs de nourriture. "En constatant toute la misère qu'il y avait près de chez moi, je me suis dit que je devais me rendre utile en étant sur le terrain".
Ses yeux marron pétillent de bonne humeur et de bienveillance au-dessus du masque de rigueur dans la gare de Sion (VS). Elle y rencontre cath.ch loin de sa ville natale, car c'est dans la capitale valaisanne qu'elle déploie principalement son engagement auprès des autres.
Depuis septembre 2020, elle travaille en effet comme bénévole au Verso l'Alto, le café de la Maison de la diaconie à Sion. L'endroit se veut avant tout un lieu de vie où les gens passent pour un café ou un repas, quelle que soit leur situation. Les bénévoles y rendent un service de table, mais aussi de présence et d'écoute.
L'engagement comme boussole
Des compétences en humanité que Camille a eu à cœur de développer depuis petite. Elle a déjà pu le faire dans son enfance au sein de sa famille, avec ses trois grands frères.
A 9 ans, elle expérimente la vie communautaire à l'occasion de son premier Camp Vocation, communément appelé "Camp Voc'", organisé chaque année à Pâques et en été par le Centre romand des vocations (CRV). Des séjours qui sont depuis longtemps une "tradition familiale". Camille y découvre un goût immodéré du contact humain, la passion de "l'autre". "J'y ai rencontré les personnes clé de ma vie, qui m'ont accueillie en toute confiance, telle que j'étais. Elles ont aussi été à l'origine de mon envie de m'engager".
Tout en buvant son chocolat chaud, elle explique à cath.ch comment elle gère un emploi du temps bien chargé pour une fille de son âge. Son dynamisme et sa vivacité d'esprit se reflètent dans sa diction claire et assurée. Outre les études qu'elle poursuit à l'Université de Lausanne et son engagement deux jours par semaine au Verso l'Alto, elle participe depuis un certain temps aux comités des camps Voc' en Suisse romande et du pèlerinage des jeunes de Lourdes.
Un quotidien donc bien rempli, dont toutes les activités entrent en résonance. Cette personne humaine, qui la fascine tant, elle la recherche dans ses multiples dimensions. Ses études en Science politique lui ouvrent des fenêtres sur la place de l'homme dans la société. D'autant qu'à Lausanne, cette branche est particulièrement axée sur la sociologie. "L'étude des comportements électoraux, politiques, nous dit beaucoup sur les rapports entre personnes au sein d'une société".
Accueillir la personne telle qu'elle est
Son autre domaine d'études, le Français moderne, option littérature, accroît également ses connaissances sur l'homme et son fonctionnement dans le groupe. Ses auteurs préférés sont donc naturellement ceux qui abordent ces thèmes. Camille s'intéresse particulièrement aux écrivains humanistes, qui mettent en exergue la justice sociale. Même si ces convictions religieuses sont fortes, elle ne va pas uniquement vers les auteurs chrétiens. Pour elle, la bienveillance humaine peut se déployer sous de multiples formes. En ce moment, elle se plonge avec avidité dans l'univers d'Albert Camus, connu pour son agnosticisme autant que pour son profond sens humain.
"Dans l'Eglise, à côté des aspects négatifs et qui dysfonctionnent, il y a aussi plein de choses magnifiques"
Dans ses engagements, Camille recherche aussi la diversité des contacts. Elle se rend compte du risque de tourner en circuit fermé. "A l'université, on se retrouve rapidement dans une 'bulle', à fréquenter toujours les mêmes personnes, venant du même 'milieu'. Pour moi, il est très enrichissant, au contraire, de rencontrer des personnes qui vivent et pensent différemment".
Un principe qu'elle est heureuse de pouvoir mettre en pratique au Verso l'Alto, qui voit passer des gens de tous horizons. Mais qu'elle a pu aussi expérimenter au fil des 12 camps voc' qu'elle a fait en tant que participante. Même si la plupart des jeunes qui vont dans ces camps sont des catholiques, elle a pu y rencontrer des protestants et même des athées. Des contacts qui lui ont beaucoup apporté. "Les camps voc' sont ouverts à tous. Quelle que soit son orientation, on peut y trouver des choses qui nous nourrissent", précise-t-elle.
"Les valeurs chrétiennes sont toujours bien présentes dans la société"
Pour Camille Ulrich, un rapport réellement "nourrissant" doit toutefois être sincère et authentique. Alors que les relations peuvent être quelque peu faussées, de nos jours, par les communications à distance, notamment les réseaux sociaux. "Ce sont des outils formidables, je ne suis pas opposée à cette forme de contact. Mais ils ont leurs limites et ne remplacent jamais la présence réelle". Un état d'esprit qui, selon elle, prend de l'ampleur au sein de la jeunesse.
Des valeurs d'authenticité, de fraternité et de solidarité qu'elle estime toujours bien présentes dans la société actuelle. Même si elles ne se déplacent plus forcément avec l'étiquette 'chrétiennes'. Ce qui s'est vérifié avec la mobilisation solidaire durant le confinement.
Dans l'Eglise, elle constate que les choses changent aussi. Une évolution qui la laisse somme toute confiante. "A côté des aspects négatifs et qui dysfonctionnent, il y a aussi plein de choses magnifiques. Dans les discours sur l'Eglise, celle de l'engagement, du lien, a tendance à être oubliée." Camille est toutefois persuadée que tous les charismes sont nécessaires dans l'institution. "Ma foi, je la vis à travers l'engagement. C'est là que je me sens bien, que je me sens moi-même. Mais cela peut être différent pour chaque personne. Il faut juste se sentir heureux dans l'endroit où l'on est". (cath.ch/rz)
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Camille Vianin: «Je veux faire connaître les beautés de l’Eglise»
Camille Vianin, à 28 ans, est solidement ancrée dans sa paroisse de Sainte-Croix, à Sierre (VS). Elle anime la messe dominicale avec un groupe. Une occasion pour elle d’inviter des jeunes pour venir chanter. Un bon moyen de partager sa foi, et «une porte ouverte sur l’Eglise» pour en faire connaître les beautés.
Par Bernard Hallet
De retour des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Cracovie, en 2016, Camille Vianin monte un groupe pour animer la messe dominicale, «et porter la joie lors des célébrations parfois un peu tristes», dans sa paroisse de Sainte-Croix, à Sierre. Elle rameute tous les musiciens qu’elle croise.
«Piano, violon, trombone, saxophone, flûte traversière et batterie,… je me demandais ce que ça allait donner.» Mais la sauce prend. Le groupe, baptisé «Top louanges» se lance et anime la célébration une fois par mois. Sur cette base fixe, elle propose à tous les volontaires de venir chanter.
«La musique est une belle porte d’entrée dans l’Eglise… et qui ne fait pas peur!», s’enthousiasme la jeune femme. Le but n’était pas simplement de monter une chorale mais de vivre la messe en chantant. Et de partager sa foi avec les autres. Dernièrement, elle a repéré deux jeunes qu’elle ne souvenait pas avoir déjà vus à la messe. «J’ai filé les alpaguer à la sortie pour leur proposer de nous rejoindre».
A entendre la pétillante jeune femme raconter sa paroisse, sa foi, son parcours de vie déjà dense à 28 ans, on imagine qu’elle n’a pas eu beaucoup de mal à les convaincre de la suivre. «Cela dit, je ne force jamais la main». Ce groupe avec lequel elle anime la messe demeure un ancrage solide dans sa foi et un équilibre dans une vie tournée vers l’international. «Ici, c’est ma paroisse», affirme celle qui travaille actuellement comme assistante de recherche pour la mission permanente de Thaïlande à Genève.
Une famille croyante et engagée
Camille grandit à Sierre dans une famille où l’on est avant tout croyant et engagé. Sa maman seconde les prêtres de la paroisse en exerçant un ministère d’écoute. Ce qui explique la fibre sociale dont se double son engagement en Eglise. Elle suit volontiers son papa à la messe. «J’y allais d’autant plus volontiers que je n’y étais pas forcée». Contrairement à nombre de jeunes engagés en Eglise, la jeune Sierroise n'est pas servante de messe mais écrit ponctuellement dans le bulletin paroissial dont son papa est responsable.
Passée sa scolarité, elle prend le large et, de 19 à 22 ans, va étudier les sciences sociales et politiques à l’Université de Lausanne durant deux ans. Une troisième année «Erasmus» complète le cursus à Dublin, en Irlande. Son attrait pour la politique et le social ouvre une parenthèse de sept ans en politique: à 19 ans, elle a été l’une des plus jeunes élues au Conseil général de Sierre. A l’issue de son bachelor, Camille passe un mois en Inde avec l’association Points-Cœur à aider les plus pauvres.
«La religion a sa place partout dans ma vie, y compris dans mes études» ; Admise à 22 ans en master en affaires internationales à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, elle passe un semestre au Japon et en ramène un mémoire sur la place de la religion dans le domaine social et la sphère politique au Japon - avec l’étude d’une secte bouddhiste. Son premier job se situe dans la droite ligne de sa résolution: au service de la communication du Conseil œcuménique des Eglises (COE), à Genève, où elle a notamment l’occasion de préparer et d’organiser la rencontre avec le pape François. Travail et religion, là encore. En parallèle, elle représente Point-Cœur à l’ONU.
La jeune femme, qui ne fait pas ses 28 ans, se raconte, avec vivacité. Malgré la distance imposée par le covid, l’énergie qu’elle dégage est palpable et contraste avec son allure frêle qu’accentue un cardigan noir posé sur une tenue sombre. Tout juste parvient-elle à ralentir le rythme lorsqu’elle aborde un premier «déclic» dans sa vie de foi.
Dans la communauté Points-Coeur
Durant ses études à Genève, elle loge dans la communauté Points-Cœur. La ville, cosmopolite, lui apprend à dépasser les «catégories» dans lesquelles elle dit avoir eu tendance à classer les gens. «J’y ai croisé, des gens de toute condition ; des diplomates comme des personnes d’origine très modeste. J’ai découvert la simplicité et l’accueil». Et elle y noué de belles amitiés. Tous les mardis, lecture et discussion sur la Bible en alternance avec l’office des vêpres, renforcent sa foi dans la communauté. Et elle a l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes grâce au picnic canadien qui suit. «Ca, c’est l’Eglise».
A l’instar des deux jeunes interpellés à la sortie de la messe, «j’invite souvent les jeunes et j’aime partager simplement. A la paroisse Sainte-Croix, le repas qui suit la messe est une excellente occasion de rencontrer les gens et de leur faire connaître toutes les beautés de l’Eglise. «C’est une autre porte d’entrée».
Rediscuter le rôle des femmes en Eglise
«C’est ce que je voulais aborder!», lance Camille en réponse à la question de la place des femmes en Eglise. «Il faut y réfléchir beaucoup. Demain l’Eglise ne se fera pas sans les femmes». Elle évoque d’emblée la nomination de Nathalie Becquart comme sous-secrétaire au synode. «Le pape François est prophétique! C’est un tout petit pas. Une femme peut voter lors d’un synode… un pouvoir relatif», certes, mais on est dans la bonne direction, estime la jeune femme. Il faut que l’on rediscute les taches et les rôles des femmes, aussi bien dans les grandes instances qu’en paroisse.
«On ne leur permet pas de développer toutes leurs ressources pour l’Eglise. C’est dommage! J’ai vu des femmes lorsque j’ai étudié la théologie à Fribourg - en parallèle de son travail au COE. Comment peuvent-elles déployer cinq ans de théologie, ne serait-ce qu’en paroisse, puisque les opportunités sont si restreintes après la formation?» Elle reconnaît que les choses bougent, «mais si lentement!».
Mais la vision que l’Eglise catholique véhicule encore sur le rôle de la femme, plutôt au foyer à élever les enfants, freine le processus. Ce rôle est, selon elle, très valorisé par l’institution. «Ce n’est pas frontal mais je le ressens». Le regard de la société aussi est parfois pesant ; Avec une foi plus profonde que la moyenne, elle pense qu’elle peut vite passer du statut de croyante à celui de 'grenouille de bénitier'. Alors qu’un garçon aussi pratiquant sera plutôt encensé: «Avec tout ce qu’il fait, il prend en plus le temps de venir à la messe, wahou!». Camille reste lucide: les femmes diacres, ce n’est même pas dans 20 ans.
La question de l’ordination des femmes la taraude, mais elle se réserve. «Je veux d’abord étudier la question. C’est sur ma liste!». Elle relève toutefois que le Christ, Dieu incarné sur terre, est un homme. «Bien sûr, cette incarnation est universelle, Jésus est venu pour toute l’humanité. Mais le prêtre est in persona christi». Peu de chances pour la femme donc?
Optimiste malgré tout
La question des scandales qui secouent l’Eglise la consternent. «Mais il faut faire avec l’institution, si imparfaite soit-elle. Je sépare clairement ma foi de l’institution. Si je n’ai pas l’institution, je ne peux pas pratiquer ma foi». Garder un regard critique est nécessaire pour améliorer l’Eglise. «Bon… elle est portée par les hommes, il y aura toujours à améliorer», lâche-t-elle, goguenarde.
Malgré tout, elle reste optimiste, ne serait-ce qu’à la perspective de l’ordination sacerdotale de deux frères dans le diocèse de Sion, en juin prochain. «A voir ces deux jeunes, ça me donne de la joie et de l’espérance». Elle compte bien continuer à aller chercher les gens pour leur faire connaître les beautés souvent occultées par les désastres de l’Eglise. «Ces beautés, il faut les mettre en avant!» (cath.ch/bh)
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Léa Girardin: "La messe, c'est mon moment de calme"
Léa Girardin, 17 ans, partage son temps entre le lycée, la fanfare et… l'église. A ses heures perdues, la Jurassienne s'engage comme sacristine et catéchiste dans sa paroisse à Cornol (JU). Portrait d'une jeune femme qui mesure le dynamisme de l'Eglise dans sa capacité à réunir des jeunes.
Par Grégory Roth
Des ados qui passent la plupart de leurs week-ends à l'église, ça ne court pas les rues. Alors d'où vient cet attrait pour la messe qui différencie Léa Girardin de la plupart des gens de son âge? "J'ai été habituée depuis toute petite à aller à l'église. Cela fait partie de mon éducation", répond sans sourciller l'intéressée, qui atteindra sa majorité en octobre 2021.
"Ma famille a toujours baigné là-dedans. Mon grand-oncle, c'est le Denis Theurillat, l'évêque. Et sa nièce – ma maman – est, elle aussi, très engagée. À côté de son travail, elle est catéchiste et responsable des catéchistes au niveau de Cornol". L'Ajoulote ajoute que sa maman est d’ailleurs en train de terminer un parcours de Formation des Animateurs Laïcs (FAL), à la demande de la paroisse.
Profitant d'une pause de quelques heures avant de reprendre ses cours, la jeune femme reçoit cath.ch devant l'église de Cornol. Elle pousse la porte d'entrée de cet édifice – qui est presque devenu sa deuxième maison, depuis la reprise des messes publiques en été 2020 – et nous invite à la suivre.
Foi et amitié
"La foi a toujours fait partie de ma vie et je ne vois pas pourquoi il aurait fallu que ça change", reprend Léa, en précisant que cet aspect n'a jamais été un frein pour ses relations. "Avec mes amis, on respecte chacun la foi de l'autre. D'ailleurs ce n'est pas ce rapport à la foi qui détermine les amitiés. Ce sujet reste plutôt d'ordre privé".
Parmi les personnes de son âge qu'elle côtoie, la plupart sont "catholiques dans leur éducation, mais athées dans leurs croyances". Ils ne vont à l'église que pour les mariages et les enterrements. Selon elle, ceux qui "sacrifient un dimanche pour aller à la messe", ce sont plutôt les personnes retraitées. Elle prend l'exemple du chœur mixte de Cornol qui ne comptait plus, début 2020, que deux ou trois personnes encore en vie active.
La messe et le calme
Quant à Léa, sa motivation à aller à la messe est toute simple: "C'est mon moment de calme. Je peux me poser un peu et ne penser à rien d'autre", révèle-t-elle. "D'ailleurs, s'il fallait trouver une seule bonne raison de remercier ce virus, ce serait celle-ci: depuis le Covid, c'est quand-même un peu plus calme".
"Quand j'ai un petit moment où je peux m'asseoir, penser à moi et prier, ça me fait du bien"
L'adolescente énumère ces nombreuses activités. "En plus du lycée, je donne des cours de soutien les lundis et mercredis. J'ai la fanfare les mardis et vendredis soir. Les mercredis soir, j'ai la répétition avec la clique. Après, il y a encore les devoirs. Le week-ends, j'ai souvent des concerts. En période de carnaval, la maison, je ne la vois même pas… Bref, je ne suis jamais chez moi et toujours à courir partout. Alors quand j'ai un petit moment où je peux m'asseoir, penser à moi et prier, ça me fait du bien".
Le service de la messe
Né en 2003, Léa Girardin a suivi le parcours de catéchèse. Dès sa première Communion, à 10 ans, elle débute comme servante de messe. "Quand j'ai commencé en 2013, nous étions une vingtaine. Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'une, c'est ma petite sœur". Pour la Corbedôs, cette forte diminution s'est opérée dès que les paroisses de son Unité pastorale ont arrêté d'organiser des sorties annuelles dans des grands parcs d'attractions et ont proposé des visites plus culturelles et régionales.
"Si c'était pour aller à Europa Park à la fin de l'année, les jeunes étaient prêts à venir servir la messe une fois par mois. Beaucoup n'étaient servants que pour bénéficier de ce 'jackpot', et on le savait. Mais au moins, plus de jeunes venaient à la messe", explique Léa, un brin nostalgique. Entretemps, un compromis a été trouvé: en juillet 2021, les servants de toute l'Unité pastorale partiront ensemble au Mont-Saint-Michel.
Sacristine engagée
Après sa Confirmation, elle arrête de servir la messe pour devenir sacristine. "Mon cousin était là avant moi et m'a passé le témoin avant de déménager". Elle apprend cette fonction sur le tas, fin 2017, en potassant bien le cahier des charges. C'est une activité pratiquement bénévole, avec un léger défraiement, qui lui procure un peu d'argent de poche.
"Mon engagement de sacristine est avant tout du temps pour moi", explique-t-elle. Et en temps de Covid, il faut systématiquement être deux. "Une fois sur deux, je reste au fond pour accueillir les retardataires et noter leurs noms. Et à la fin de la messe, j'ouvre les portes pour que personne ne touche les poignées".
Catéchiste passionnée
Parallèlement, Léa Girardin est devenue catéchiste et a même accompagné sa petite sœur durant son parcours de préparation à la Confirmation. "J'aime beaucoup la catéchèse et avoir ce lien avec les jeunes me plaît énormément. Pour rien au monde j'arrêterais", confie-t-elle. "On voit clairement s'ils sont réceptifs ou non. Leur concentration dépend des horaires, des jours, mais aussi des activités. Notre défi est de motiver les jeunes: leur faire comprendre que c'est nous qui sommes là pour eux et non l’inverse. Et c'est tellement gratifiant quand ils font avec cœur ce qu'on leur propose!", s'enthousiasme la jeune catéchiste.
Enseignement et musique
Au détour de la conversation, Léa lâche qu'elle a déjà pensé à étudier la théologie à Fribourg, mais que son rêve est de devenir enseignante à l’école primaire, avec spécialisation en couture. "C'est là que je serai la plus heureuse!", s'exclame-t-elle. "Et par la suite, pourquoi pas dans l'enseignement spécialisé, pour les élèves en difficulté". Il s'agit de donner des cours d'appui dans le cadre de l'école mais en dehors des horaires habituels.
Polyvalente et aussi très active dans la musique, Léa prend volontiers sa clarinette à l'église pour jouer quelques morceaux lors de fêtes et de messes solennelles. De même, clarinettiste dans la fanfare L'Ancienne de Cornol, elle participe pour jouer quelques pièces lors de la 1ère communion, de la Confirmation, ainsi qu'à la Fête-Dieu. (cath.ch/gr)
L'Eglise de demain
Léa Girardin, comment voyez-vous l'Église aujourd'hui?
Je la vois comme un lieu qui permet des liens intergénérationnels. Mais elle manque de dynamisme. Par exemple, quand on veut rencontrer des amis dans le cadre de l'Église, c'est plutôt à l'occasion des Montée vers Pâques. Car cela fonctionne un peu un comme un camp et pour beaucoup, c'est plus une excuse pour se retrouver en dehors de l'école autrement qu'en allant à l'église tous les jours.
Comment retrouver ce dynamisme?
Je rêve que, sur le modèle des Montées vers Pâques, on organise plusieurs rencontres de jeunes durant l'année, comme à Noël ou à la Fête-Dieu. Il faut réunir des jeunes! Pour pouvoir les introduire dans les différentes fonctions, y compris dans la catéchèse.
Comment imaginez-vous l'Église de demain?
Deux scenarii sont possibles: soit nous restons dans le modèle actuel – avec la messe traditionnelle du dimanche – et il y aura de moins en moins de monde. Et même s'il y a toujours des préparations aux sacrements, elles resteront ponctuelles et les personnes qui y participent ne s'engageront pas tous les dimanches à la messe.
Au contraire, si nous arrivons à la redynamiser, nous pourrions regagner beaucoup d'ampleur, avec un grand nombre de jeunes qui s'engageraient.
Qu'est-ce qu'il manque selon vous pour que ces jeunes s'engagent davantage?
Peut-être un engagement plus important de leur parents dans l'Église. Parce que les jeunes imitent souvent les parents. Si mes parents ne m'avaient pas fait découvrir l'Église, je n'en ferais sûrement pas partie aujourd'hui. Mais je me rappelle qu'un jour, j'ai commencé à aller toute seule à la messe, pas parce que je devais mais parce que j'en avais envie. GR
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Morgana Delore: "J'ai envie de bousculer les façons de penser"
Morgana Delore, 27 ans, dirige un groupe de jeunes très dynamique à Saint-Prex (VD). En passe de devenir agente pastorale dans sa région, elle rêve d'une Eglise où les jeunes pourraient réellement prendre leur place et revitaliser les anciennes structures.
Par Raphaël Zbinden
Morgana n'imagine ainsi vivre sa foi que dans cette dimension communautaire, qui allie joie et partage. Une foi dans laquelle elle a toujours "un peu baigné", explique-t-elle. Rien d'étonnant, avec des parents très impliqués dans la vie paroissiale. Sa maman a été très longtemps catéchiste et son papa, pendant douze ans, président de la paroisse de Saint-Prex.
Confirmation de joie
Mais ce n'est pas cette imprégnation catholique qui a mené en premier lieu Morgana à sa vocation au service du Christ. "Mon envie d'engagement est venue surtout après ma confirmation. J'ai intégré un groupe de jeunes formé avec tous les confirmands de la région. Cela m'a donné une vision différente de l'Eglise, de celle que j'avais rencontrée jusque-là".
"L'Eglise fait parfois juste semblant d'être à l'écoute des jeunes"
Elle se rend donc avec une grande motivation aux rencontres de ce groupe, tous les premiers vendredis du mois. Plus que la cérémonie à l'Eglise, c'est l'échange avec ces autres jeunes qui confirme sa foi. "J'étais émerveillée par la joie qui émanait de tous ces jeunes qui vivaient leur foi ensemble". L'équipe se soude encore davantage dans l'expérience des JMJ de Madrid, en 2013. Mais le groupe, qui a été créé dans cet objectif précis, cesse alors d'exister.
La cabane du bonheur
Morgana cherche immédiatement à en créer un nouveau. Elle approche alors, avec quelques autres jeunes, la paroisse, pour lui faire part du projet. Notamment d'aménager une cabane au fond du jardin de la cure, qui sert de débarras, afin d'y faire un endroit pour le groupe.
La paroisse apporte alors pleinement son soutien au projet et des paroissiens les aident même dans l'aménagement de leur nouveau "QG", en offrant notamment des meubles.
Une fois la cabane aménagée, le groupe se donne le nom de "GJ (Groupe Jeunes) Cabana", eu égard à ce lieu qui marque son identité. L'initiative remporte un franc succès dans le secteur de Saint-Prex. Beaucoup de jeunes croyants viennent se greffer au noyau central. Actuellement, ce sont près de 40 jeunes qui fréquentent la cabane. Les échanges se sont au fil des ans intensifiés, également avec des jeunes d'autres paroisses vaudoises et même d'autres cantons.
Chanter pour Dieu
Dans ce groupe, loué par tous pour son dynamisme, la musique représente un aspect essentiel. "GJ Cabana" a commencé à animer des messes à Saint-Prex. Morgana y participe par le chant. "C'est un moyen privilégié pour exprimer ce que je ressens pour Dieu". Lors de ces performances musicales, aussi réalisées à présent dans des paroisses voisines, elle se sent particulièrement en union avec les autres jeunes du groupe.
"GJ Cabana" participe à d'autres activités en lien avec la musique, notamment des camps liés à des festivals chrétiens, comme Metanoia et Open Sky, en Valais, Paray-le-Monial, en France, ou Adoray, à Zoug.
Le groupe est ainsi un élément central dans la vie de Morgana. Il a notamment été "un point de repère" lorsqu'elle a subi de plein fouet la dureté du monde du travail. Après des études d'employée de commerce, elle a en effet occupé divers postes dans le domaine du secrétariat. Des fonctions dans lesquelles elle ne s'est jamais sentie comblée.
Dans ces moments, le fait de pouvoir se «reconnecter» avec ses amis a été d'une grande aide. De cette expérience, elle a toutefois acquis la conviction que sa place était ailleurs, au service à la fois des jeunes et du Christ. C'est ainsi qu'elle a commencé, il y a quelques années, une formation au Centre catholique romand de formation en Eglise (CCRFE), à Fribourg. Elle est sur le point d'achever ses études pour devenir agente pastorale dans le domaine de la jeunesse. "Je suis aujourd'hui convaincue d'être sur la bonne voie, celle sur laquelle le Seigneur m'a appelée".
Pour une Eglise vraiment à l'écoute
Morgana espère, dans cette activité, être en mesure de promouvoir la place des jeunes dans l'Eglise. "Je constate que l'Eglise est en marche, elle commence à s'ouvrir, à explorer, à laisser davantage de place aux jeunes". Une prise en compte qui reste néanmoins difficile.
"A Saint-Prex, nous nous sommes faits notre place assez naturellement. Mais nous nous sommes aussi heurtés, parfois, à des murs". Elle a l'impression que l'Eglise fait ainsi parfois "juste semblant" d'être à l'écoute des jeunes. "A GJ Cabana, nous nous sommes souvent posé la question de comment faire pour pouvoir exprimer notre foi comme nous le ressentons vraiment".
Une envie d'indépendance qui ne rime pourtant pas avec détachement. "Nous ne voulons pas être des électrons libres, pour nous le rattachement à l'Eglise institutionnelle est très important".
La future agente pastorale est certaine qu'un équilibre peut être trouvé, bien qu'elle ne cache pas son envie de "bousculer les façons de penser de certaines personnes". Nul doute qu'elle saura assouplir et reverdir, par la vitalité qui la caractérise, certaines vieilles branches rigides de l'Eglise. (cath.ch/rz)
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Morgane Grandjean, la joie du partage
Morgane Grandjean a fondé "Le Groupe de partage" pour les jeunes de la région de La Chaux-de-Fonds. A 25 ans, elle n'a de cesse de transmettre la flamme de foi qu'a allumée un jour en elle la Vierge Marie.
Par Raphaël Zbinden
Morgane en est persuadée, son lumineux sourire est le premier témoignage de sa foi. Au moment où cath.ch la rencontre, dans un café de Neuchâtel, il paraît évident que ce rayonnement ne la quitte jamais. "La foi, c'est une force qui peut changer notre vie vers le meilleur. Et refléter cette joie est à mon sens une façon essentielle de le faire comprendre aux autres".
Si la joie est maintenant sa compagne de route, la jeune Chaux-de-fonnière se souvient avec une ombre dans les yeux que cela n'a pas toujours été le cas. Sa vie spirituelle n'a pas été un long fleuve tranquille. Elle a plutôt eu le relief qui compose le paysage de sa région, avec des sommets et des vallées.
Vallée de la foi
Morgane est née dans une famille croyante, mais peu pratiquante. Le principal acte de religiosité était la traditionnelle prière du soir. Une routine qui, loin de l'ennuyer, l'a profondément marquée, permettant à une première graine de foi de germer.
"Déconnectée de Dieu, je me suis rendue compte que j'étais malheureuse"
Mais en grandissant, la pratique cesse et la jeune fille met sa vie spirituelle de côté. "A ce moment-là, j'ai été comme séparée de la joie de vivre. J'avais perdu cette lumière spontanée de l'enfance."
Pluie d'amour à Lourdes
A l'âge de 18 ans, elle a cependant l'occasion de se rendre à Lourdes. Devant la statue de la Vierge, dans la Grotte, elle se sent alors soudain enveloppée par l'amour qui émane de la Mère du Christ. Une révélation qui arrache d'un seul coup toutes les mauvaises herbes accumulées autour de sa foi première. Depuis lors, Morgane assure que sa dévotion est plutôt mariale, la Vierge étant une porte d'entrée privilégiée vers l'amour du Christ et de Dieu. Elle se rend compte qu'en cessant de prier, elle s'était "déconnectée" de Dieu, et que cela la rendait malheureuse.
Elle décide ainsi de faire sa confirmation. Dans ce sillage, la messe du dimanche lui devient pratiquement indispensable. Elle décide d'assumer pleinement à ce moment-là le fait d'être croyante.
Prière au quotidien
La flamme allumée a été si puissante que les "vallées" de l'existence ne parviennent pas à assombrir son quotidien. Même marquée par une récente séparation sentimentale, elle assure avoir gardé sa joie intérieure. Une force qu'elle entretient aussi par la prière, cette héritage de l'enfance qu'elle a retrouvé avec le retour de sa foi. Un geste tout sauf anodin et superficiel, qui a au contraire une action bien concrète dans le monde.
Morgane confie ainsi prier constamment et pour toutes sortes de choses. Dans son métier d'enseignante, ses élèves sont fréquemment dans ses prières. De manière générale, sa foi l'inspire pour guider les enfants, avec des retours parfois "magnifiques et émouvants".
Objectif partage
Une foi en elle si abondante, qu'elle ne peut vivre sans la partager. C'est ainsi qu'elle a rejoint, il y a quelques années, le Conseil de communauté de La Chaux-de-Fonds. Un organe où elle s'efforce de propager son dynamisme et de promouvoir la jeunesse. Elle a ainsi fondé le "Groupe de partage", dans l'objectif de rassembler les jeunes de la région désireux de vivre leur foi en communauté. Une démarche dont le succès l'a en fait plutôt surprise. "J'ai découvert qu'il y avait un réel besoin pour les jeunes d'être en contact avec d'autres qui ont également la foi. Ils vivent souvent dans des environnements où il est difficile d'exprimer leur spiritualité".
Aujourd'hui, le groupe Whatsapp compte 33 membres et il se réunit régulièrement pour pratiquer diverses activités. Ce sont des moments d'adoration, avec ou sans musique, des temps d'échanges, de louanges, autour d’un feu de torrée ou lors d'un pique-nique. Morgane a bon espoir d'agrandir encore "Le Groupe de partage". "A la sortie de la messe, je cours après les jeunes que j'ai vus à l'office. Souvent, ils sont intéressés par notre groupe. Ils ont une 'soif' de s'engager, de vivre plus pleinement leur foi, mais ne savent souvent pas comment faire". Un lien très fort s'est maintenant tissé au sein du Groupe, assure sa fondatrice.
Pour une Eglise plus vivante
Morgane a lancé de nombreuses idées au sein du comité pour intensifier la vie paroissiale. Un projet consistait à placer des cordes dans les rangées arrières de l'église, afin d'amener les personnes se vers les premiers bancs. "Avec l'arrivée du Covid, malheureusement, nous avons dû faire exactement le contraire, séparer les gens. Mais j'ai bon espoir que nous pourrons bientôt mettre ce projet en place".
"La vie est évolution, et si l'on ne change pas on dépérit"
Le but général est de renforcer, au niveau local, l'esprit d'unité et de communauté. En cela, elle se réjouit de l'arrivée prochaine de l'abbé Christophe Godel à la tête de l'UP des Montagnes Neuchâteloises. Ce dernier va en effet rejoindre le Jura neuchâtelois après avoir occupé pendant six ans le poste de vicaire épiscopal pour le canton de Vaud. "Tous les prêtres que nous avons eus ont apporté ce qu'il fallait à leur moment, avec leur propre charisme. Mais je crois qu'avec l'abbé Godel, nous allons vers une nouvelle phase où la vie communautaire pourra prendre toute son ampleur", souligne Morgane Grandjean.
Pour elle, il est ainsi essentiel de ne pas avoir peur des changements. "La vie est évolution, et si l'on ne change pas on dépérit. Beaucoup de jeunes voudraient une Eglise plus vivante, notamment dans la liturgie. Peut-être qu'en cela on devrait s'inspirer des Eglises d'autres continents, comme l'Afrique."
Malgré son nom, Morgane n'a pas de baguette magique pour créer tout cela, mais nul doute que sa confiance et sa joie continueront à diffuser pendant longtemps leur magie dans les Montagnes Neuchâteloises. (cath.ch/rz)
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Laurine Moulin: "Dieu, c'est la Beauté dans ma vie"
A 21 ans, Laurine Moulin est directrice de chœur et future chanteuse professionnelle. Sa foi en Dieu repose sur "la beauté des choses aussi inutiles qu'essentielles" – tels que le chant et l'art sacré. C'est ce qui donne du sens et de la cohérence dans sa vie.
Par Grégory Roth
"J'ai toujours vécu à Martigny, comme mes parents, grands-parents, et au-delà. La famille, c'est très important pour moi: que nous soyons proches, que nous fassions des choses ensemble, c'est essentiel", révèle Laurine Moulin.
C'est tout naturellement qu'elle donne rendez-vous à cath.ch dans cette cité romaine du Bas-Valais. Nous retrouvons Laurine dans un moment de recueillement, dans la chapelle de la Bâtiaz, dédiée à Notre-Dame de Compassion. "Jusqu'à son décès en 2010, mon arrière-grand-mère avait son appartement tout près de la chapelle. J'aime beaucoup ce quartier, et j'ai passé beaucoup de temps dans cette chapelle", indique-t-elle, interrompant sa méditation pour nous accueillir.
"La musique, et surtout le chant, est un héritage familial".
Née à Martigny en 1999, Laurine Moulin baigne dans le chant depuis son plus jeune âge. "La musique, et surtout le chant, est un héritage familial. Mon arrière-grand-mère chantait beaucoup, jouait du violon et a passé le virus à ses sept enfants, dont mon grand-papa… Ce qui fait que les membres de ma famille large sont toujours très engagés dans les différentes sociétés chorales et instrumentales de la région."
Amoureuse de la musique classique et chorale
Laurine prend ses premiers cours d'orgue vers quatre ans déjà. "Ma maman était organiste amateur, précise-t-elle. A quatorze ans, je suis partie étudier l'allemand dans le Haut-Valais. Et c'est dans une école de chant à Brigue que j'ai eu un énorme déclic: je suis tombé amoureuse de la musique classique et chorale. La musique, c'est mon truc, et c'est cela que je vais faire. Sans vraiment savoir si j'allais en faire de ma vie".
A ce moment-là, elle arrête l'orgue, parce qu'elle débute le Collège à St-Maurice. Parallèlement, elle s'inscrit au Conservatoire de Sion. Elle joue du violon pendant quelques temps, mais se concentre surtout sur le chant et la direction. Ces années de Collège, de 2014 à 2019, sont pour elle une période assez intense, avec une formation en tous points: intellectuelle, musicale, mais aussi humaine et spirituelle.
"Cela m'a permis d'évoluer et de grandir dans ces domaines-là. Mais il était de plus en plus clair que je voulais faire de la musique mon métier, même si je me rendais bien compte que c'est un 'choix dangereux'". Après le Collège, Laurine s'inscrit donc en cours pré-professionnel à Sion, une année de formation pour se préparer aux examens d'entrée aux Hautes écoles d'art.
Se rendre proche et faire du bien
"Pendant cette année-là, mon idée était aussi de me rendre proche des gens et de leur faire du bien. Pas très étonnant: à la maison, on m'appelle le Saint-Bernard. Il y a de nombreuses anecdotes à ce sujets: depuis toute petite, j'ai toujours eu le souci des autres, avant de me soucier de moi-même souvent. Je suis très sensible à ce que ressentent les autres, et j'ai souvent envie de décharger les autres de leur fardeau".
"Depuis toute petite, j'ai toujours eu le souci des autres: à la maison, on m'appelle le Saint-Bernard".
Elle effectue des stages en soin dans des homes de la région. "J'ai été marqué par l'histoires de vie des résidents. Parfois, ils en avaient les larmes aux yeux. Dans leur histoire, ils finissent souvent par parler de Dieu. C'était vraiment beau, même s'il ne m'était pas toujours possible de mettre une barrière émotionnelle. L'expérience fut belle, mais c'est la musique qui m'appelle, et je ne peux pas faire autrement".
En 2020, elle réussit les examens à la Haute école de Berne, mais faute de places, elle commence des études de musicologie et d'histoire à l'Université de Fribourg, tout en prenant des cours de direction avec Jean-Claude Fasel et des cours de chant avec Jean-Luc Waeber. En 2021, elle est prise à la Haute École de Genève et va démarrer son cursus professionnel en septembre. Son objectif est de faire de l'opéra.
La foi: une question de cohérence
Laurine redécouvre le sens de la foi, pendant sa préparation à la confirmation. Elle commence à sa poser des questions de cohérence. "Pourquoi est-ce que je fais ma confirmation? Pourquoi vais-je à la messe? Parce que j'y ai trouvé du sens et de l'importance. Même si, comme tout le monde, j'ai eu des détours dans ma foi, des hauts et des bas".
Pour la Valaisanne, la foi n'est pas un ensemble de règles et d'impératifs. Mais pour savoir qu'elle est vraiment, la chanteuse a eu besoin de faire le lien entre ce qui se passe dans sa vie et ce qui fait sens. "Pourquoi fais-je de la musique? Est-ce que ce n'est pas simplement me caresser parce que j'aime bien chanter? Et j'ai fini par trouver: Dieu, pour moi, c'est la Beauté. Et la Beauté, c'est l'œuvre de Dieu. C'est ce patrimoine invisible, qui est plus qu'essentiel dans nos vies. Il est dans la beauté de la musique, de l'art, des langues, la littérature, le théâtre, etc. A plus forte raison pour moi qui fait du chant: un art invisible et éphémère. L'Amour du Christ, aussi, est invisible, mais c'est ce pourquoi je veux travailler".
"Nous avons été créés avec des sens: c'est pour pouvoir s'émerveiller.Sans art, nous serions vides".
L'importance de l'inutile et de la beauté
"Je me bats pour que les autres comprennent l'importance de l'inutile et de la beauté. Nous avons été créés avec des sens: c'est pour pouvoir s'émerveiller. Si tout était gris et que nous enlevions l'art et tout ce qui est abstrait, nous serions vides. Il faut donner le goût de la beauté: faire connaître le patrimoine que tous les artistes et compositeurs ont porté siècles après siècles. Ma foi se repose sur l'inutile de la beauté. Le compositeur suisse Frank Martin résume très bien ce propos: "Chercher à créer de la beauté est un acte d’amour". Chanter, c'est bien un acte d'amour".
En août 2019, le Chœur des jeunes de Martigny se reforme et Laurine en prend la direction. L'ensemble compte aujourd'hui 25 membres, de 14 à 30 ans, et anime huit messes par an et quelques représentations. Elle chante aussi une fois par mois la messe baroque avec l'École maîtrisienne de la cathédrale de Sion et fait partie d'un quatuor de chant sacré.
Une terre de mission
Durant l'été 2021, elle s'est mise en route sur la Via Francigena, jusqu'à Rome. Ce fut pour elle également une occasion de découvrir la beauté, dans les échanges avec les pèlerins et les hôtes, mais aussi en arrivant dans cette vaste basilique St-Pierre, qu'elle qualifie "de véritable œuvre de Dieu faite de mains d'hommes".
Laurine note que l'Église en Occident est en plein changement. "A l'avenir, l'Église en Europe ressemblera de plus en plus à une terre de mission. Les chrétiens seront appelés à découvrir la foi autrement, à se recentrer sur l'essentiel. Et l'Église devra se renouveler. Cela ne veut pas dire de changer son discours de fond, son Évangile et ses fondements, mais de changer son organisation et ses structures, afin d'être davantage missionnaire".
Un patrimoine culture et millénaire
Malgré les crises et les scandales que traverse l'Église, Laurine continue à croire. Pourquoi? "Parce que Dieu nous a donné son Fils. S'Il a fait ce grand sacrifice, nous pouvons bien faire de petits sacrifices. Cet homme qui a donné sa vie pour nous et nos péchés. Si cela s'est passé il y a deux mille ans et que les gens ont continué à croire; si tout ce patrimoine culturel et spirituel, cette tradition millénaire, ce chanté sacré ont subsisté, ça ne peut juste pas être du vent".
"Marie, debout au pied de la Croix, a perdu son enfant. Mais elle continue à rester debout, et à nous porter avec elle".
Laurine pense souvent à la Vierge Marie et aux paroles du Stabat Mater. "Marie est debout au pied de la Croix, elle a perdu son enfant, mais elle continue à rester debout et à nous porter avec elle. Cela me fait penser à cette fameuse phrase: 'Rien n'est trop lourd pour nos épaules'. C'est-à-dire, que les épreuves qui m'arrivent dans ma vie, si c'est le Seigneur qui me les envoie, c'est qu'il me croit capable de pouvoir les supporter". (cath.ch/gr)
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Simon et Valentin Roduit: vers l’ordination «en tremblant»
Valentin et Simon Roduit, deux frères de 27 et 29 ans, vont être ordonnés ensemble le 27 juin 2021 à Saillon (VS) par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion. Valentin a choisi la voie diocésaine et son frère, la vie en communauté du Grand-Saint-Bernard. Ils témoignent à cath.ch de leur vocation et de leur parcours.
Par Bernard Hallet
«J’irai vers l’ordination en tremblant. A ce moment, je rendrai grâce pour tous ceux qui m’ont permis d’arriver à ce point de départ», indique Valentin Roduit, le plus jeune des deux frères. Simon aussi ira en tremblant devant l’autel mettre ses mains dans celles de l’évêque, Mgr Jean-Marie Lovey. «Et, ajoute-t-il, je vais voir les personnes pour lesquelles je serai envoyé. Je vais les confier au Seigneur».
Installés dans un salon du séminaire de Givisiez, les deux frères témoignent de leur vocation et de leur parcours. Le ton est réservé, mais serein. Valentin sera ordonné prêtre pour le diocèse, et son frère aîné confirme sa vocation chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard. Il exercera son ministère comme vicaire dans le secteur de Martigny, dans la communauté du Saint-Bernard. Valentin sera vicaire pour les paroisses de Collombey et Muraz en parallèle de la poursuite de ses études de théologie.
Une Eglise rassemblée
Ils seront ordonnés le même jour. Hasard du calendrier? «Nous avons discuté avec les autorités et nous sommes tombés d’accord assez vite sur cette ordination commune». «Je ne crois pas au hasard, mais en la Providence», souligne Simon. Même si tous les regards seront tournés vers eux, ils ne seront pas le centre de cette journée, insiste-t-il, mais l’image de deux frères ordonnés en même temps – ainsi que Christian Thurre, ordonné diacre permanent - symbolisera une Eglise rassemblée. C’est ce qui compte. Plus que les personnalités.
Les deux frères sont heureux à la perspective de leur sacerdoce dont l’ordination n'est que le début du chemin, ils le rappellent. «Je me réjouis, mais avec crainte. Ce n’est pas une charge, mais je suis conscient que c’est notamment le mystère de la célébration eucharistique, de la confession qui nous est donné. Je me réjouis de collaborer au projet du Bon Dieu, d’être son instrument». Valentin en est sûr, ce sacerdoce sera beau même s’il sera difficile. «Mais en suivant le Christ, on reste dans la bonne direction».
La foi reçue naturellement
En apprenant leur choix, leurs parents ont été surpris. «Mais pas tant que ça. Etant jeunes, l’un et l’autre avaient songé un temps à une vocation religieuse. Ils ont compris notre choix de vie». La foi a en effet été au centre de la vie familiale. Les parents évoquaient volontiers leur foi, qu’ils ont eu à cœur de transmettre à leurs enfants. «Rien d’extraordinaire, c’était vécu au quotidien et c’était beau», se souvient Simon. «J’ai reçu la foi comme j’ai appris à marcher: très naturellement», ajoute le frère cadet.
Le quotidien familial est rythmé par la prière, le soir et lors des repas. La famille – ils ont deux sœurs aînées – va régulièrement à la messe. En dehors du foyer, il y a aussi les montées vers Pâques au Simplon, les camp voc’ et les vacances au Grand-Saint-Bernard. Si les deux frères sont servants de messe, chantent dans le chœur des jeunes, participent aux rencontres de Taizé ou aux JMJ, il n’est pas encore question de vocation. «La foi était présente dans nos vies, mais nous n’étions pas des grenouilles de bénitier», précise Simon.
Latin, grec et science
Au collège de Saint-Maurice (VS), il opte pour le latin et le grec. «J’avais un intérêt pour les études mais je n’avais pas de projet professionnel clair». Valentin affiche un intérêt marqué pour les mathématiques et la physique. C’est toujours le cas lorsqu’arrive la fin du collège et que se pose la question de la formation, de l’armée et de la poursuite d’études supérieures.
«J’ai reçu la foi comme j’ai appris à marcher: très naturellement»
La vocation se précise dans un premier temps, lorsqu’à 19 ans, il effectue une retraite chez les dominicaines d’Estavayer-le-Lac (FR), pendant les vacances de Pâques. «J’ai été marqué par le contraste entre la joie de ces religieuses et le silence dans lequel elles vivent. Je me suis dit que si je choisissais de consacrer ma vie au Seigneur, il pouvait me rendre heureux».
'Décanter' la foi
Réformé, il ne part pas à l’armée. Il entend parler de l’Institut Philanthropos et décide d’y passer un an. «Cela a été pour moi l’occasion de 'décanter' la foi que j’avais reçue étant jeune, d’en prendre clairement conscience. J’ai eu envie de bâtir ma vie sur ce pilier». Les bases étaient là, détaille-t-il, mais cette année lui permet de faire un choix. Il prend la décision d’entrer au séminaire, l’été suivant, où il est accepté en année de discernement.
De son côté, Simon «n’a jamais vraiment eu l’idée de devenir prêtre». Il suit son chemin au milieu des DJP, du Chœur des jeunes, auquel il reste fidèle. Il participe à ses premières Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), à 16 ans, à Sydney, et suit les rencontres de Taizé. En quatrième année du collège lui vient cette idée de la prêtrise. «Mais je me suis rendu compte que cela ne venait pas de moi. Je ne sais comment l’expliquer, car ce n’était pas naturel… donc j’en ai déduit que c’était surnaturel».
La liberté de choix
Il en parle à son amie, avec qui il sort depuis un an, sur le ton de l’éventualité. A sa surprise, la réponse fuse: «Si c’est ce qui te rendra heureux, il faut que tu le fasses». «Elle m’a laissé très libre, je me suis retrouvé face à moi-même. Toute la suite de mon discernement s’est déroulée dans une grande liberté».
«La foi était présente dans nos vies, mais nous n’étions pas des grenouilles de bénitier»
«Mais sur le moment, j’ai retourné la question, réfléchi et suis arrivé à la conclusion que c’était une tentation du diable. En ce sens que cela tendait à vouloir me faire sortir du chemin sur lequel je pensais m’engager». La vie se poursuit. Après le collège, il a «la vocation de partir à la Garde suisse». A vingt ans, il décide de «donner deux ans de sa vie au Bon Dieu, un peu pour qu’Il me laisse tranquille».
Les deux ans passés à Rome le font mûrir. Sorti du Valais, le jeune rencontre des pèlerins. Il est témoin de leur foi exubérante, pour certains, et de la vie de prière de jeunes de la communauté de l’Emmanuel «qui ne vivent pas leur foi dans la demi-mesure». Simon «redécouvre» sa foi à travers les catéchèses quotidiennes du premier mois de service et les homélies du pape. Mais le Bon Dieu ne le laisse pas «tranquille».
«Un gros pas difficile»
La question de la vocation se repose trois ans après le premier appel. «Ce questionnement revenait. Sans doute fallait-il que j’y réponde différemment de la première fois». Simon commence un processus de discernement à partir des JMJ de Rio. En 2014, il effectue une retraite en silence à l’abbaye d’Hauterive, près de Fribourg, afin de savoir comment répondre à cet appel.
«Je suis tombé amoureux de la vie religieuse. Cela me correspondait». Il décide d’aller frapper à la porte du séminaire. «Un gros pas difficile», qu’il mettra du temps à franchir. «Ma demande est restée trois mois dans les brouillons de ma boîte mail», sourit-il.
Le Bon Dieu lui montre le chemin: le Grand-Saint-Bernard s’impose, «pas tant pour le lieu que pour style de vie de la congrégation. À vues humaines, ce n’était pas la communauté qui me semblait la plus reluisante, mais j’ai vraiment senti que là, je pouvais me donner, me sanctifier et rencontrer le Christ en chacun».
L’un à la Garde, à Rome, et l’autre à Philanthropos, à Fribourg, les deux frères ne font que se croiser. Ils découvrent leur questionnement respectif six mois avant leur entrée au séminaire.
Un discernement qui se complique
Valentin n’est pas surpris du choix de son frère, mais admet qu’il s’est trouvé un peu embarrassé. «Tout d’un coup, ça compliquait le discernement! Je me suis demandé si je me retrouvais à Givisiez juste parce que je suivais mon grand frère. Ce n’était pas le cas bien sûr. Cela m’a renforcé dans ma réflexion».
«Nous nous retrouvions à quatre en année de discernement, dont deux frères!», lance Simon. «Cela m’a aussi poussé vers un discernement plus fort et plus clair pour voir ce que Dieu voulait pour moi. Je ne voulais pas me dire qu’on aurait suivi une sorte de formatage familial», précise Simon. Il ajoute que le fait de se trouver avec son frère de sang l’a aidé à «être frère avec les autres».
L’enrichissement fut mutuel, reconnaît Valentin, du fait que les deux frères ont choisi des voies différentes.
La crise que traverse l’Eglise est rude. «Il y a moins de prêtres, moins de chrétiens mais la tâche n’en est pas moins intéressante», indique Valentin. Simon ne voit pas une Eglise mourante. Il y a toujours des jeunes en demande. Tous deux vivent dans l’Eglise d’aujourd’hui et traceront leur chemin à partir de là. «Toujours avec le souci en moi de rester un serviteur du Bon Dieu», précise Simon (cath.ch/bh)
La messe d'ordination, le 27 juin 2021 à Saillon, est retransmise en direct, dès 14h30, sur Canal9.
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Yvan Favre: "Je sépare la vie à la ferme de ma vie de prière"
Agriculteur et fromager, Yvan Favre approche le quart de siècle. Le Broyard fribourgeois s'engage pour son domaine familial et pour la jeunesse de sa commune, toute en gardant une place pour la paroisse de son enfance.
Par Grégory Roth
Né le 30 novembre 1996 à Payerne, Yvan Favre a grandi dans la ferme familiale à Grandsivaz, dans la Broye fribourgeoise. "Mon grand-père est le propriétaire du domaine, sur lequel mon père et moi travaillons aujourd'hui". Ainé de trois enfants, Yvan est destiné à reprendre l'exploitation agricole.
Ambassadeur de la nature
Après sa scolarité à Montagny-Cousset et à Domdidier, Yvan a fait un CFC de fromager à Villaz-St-Pierre, suivi d'un CFC d'agriculteur. En tant qu'agriculteur, il essaye d'être "un bon ambassadeur de la nature", et surtout d'enlever cette étiquette de agriculteur-pollueur qui leur colle parfois à la peau. "Nous avons la nature à disposition et nous devons faire beaucoup d'effort pour la préserver. C'est un défi, car la population augmente et nous devons nous battre pour maintenir l'agriculture, alors que l'on bétonne de plus en plus nos terres agricoles".
A côté des céréales, Yvan cultive aussi sa foi. "Comme beaucoup de jeunes, cela a commencé au caté. En plus, ma maman était aussi animatrice pour l'éveil à la foi, alors je l'accompagnais régulièrement. Et j'ai aussi fait partie du MADEP [Mouvement d'Apostolat des enfants et préadolescents] avec l'agent pastoral Pascal Ibemaso".
Jeune accompagnant de confirmation
Après sa première communion, Yvan devient servant de messe, puis lecteur. Et après sa confirmation, il s'engage comme animateur pour les parcours de confirmation avec Quentin Hostettler, un autre jeune de l'Unité pastorale Notre-Dame de Tours. "Parce que pendant ma préparation à la confirmation, j'aurais aimé avoir des jeunes qui m'accompagnent, un peu comme des grands frères dans la foi". Le jeune broyard a arrêté cet engagement, après six ans, pour se consacrer à son travail.
"A ma confirmation, j'aurais aimé avoir d'autre jeunes qui m'accompagnent"
Depuis 2019, il prépare un brevet agricole sur trois ans, qui comprend deux jours et demi de formation par semaine. Sur son autre mi-temps, il travaille à la fromagerie Kern, à Misery-Courtion. Le reste du temps, il le consacre à l'exploitation familiale.
Malgré cet emploi du temps chargé, il continue de s'engager dans sa paroisse, même s'il est important pour lui de séparer son métier d'agriculteur et son engagement ecclésial. "Prier, pour moi, c'est le moment où je viens à l'église pour me confier à Dieu: Lui parler, Lui poser mes questions, même si je n'entends pas toujours de réponses. C'est aussi pour Lui confier quelqu'un qui ne va pas bien, un proche qui est malade".
Lectures et coups de main
Lorsqu'il évoque sa relation à l’Église, Yvan décrit une rupture au fil du temps. "Dans la génération de mon grand-père, tout le monde allait à la messe tous les dimanches, voire davantage. Cette habitude s'est perdue". Aujourd'hui, dans sa paroisse à Mannens (FR), il est principalement aujourd'hui comme lecteur et ministre de la communion.
"Lorsque que je suis de service de lecture, j'en profite pour aider le sacristain"
"Lorsque que je suis de service, j'en profite pour aider le sacristain, pour la préparation et le rangement du matériel liturgique. Lors de veillées de prières ou d'enterrements, je donne aussi quelques coups de main, comme la préparation des apéritifs, mettre de la musique, ou ce genre de choses…".
A Mannens, Yvan fait également partie de la société de jeunesse du village. "Dans nos rencontres, nous ne parlons pas vraiment de foi ou de religion. Sur la trentaine de membres réguliers, nous sommes deux à être engagés dans la paroisse. Mais il est déjà arrivé qu'une bonne moitié se mobilise s'il y a, par exemple, un décès dans nos familles. Nous nous retrouvons à l'église pour représenter le groupe à cette occasion. Et à la sortie de la messe de Noël, la jeunesse organise le vin chaud et le thé devant l'église, en alternance avec le chœur mixte et le conseil de paroisse".
Un lieu de rassemblement sans distinction
Que représente l’Église pour ce jeune actif? "Pour moi, l’Église c'est avant tout un lieu de rassemblement, un lieu pour les communautés. C'est un endroit où tout le monde pourrait aller prier Dieu, sans distinction de classe ou de race. J'ai des potes musulmans, bouddhistes ou athées. C'est important pour moi de faire la part des choses. On vit dans une société de plus en plus multiculturelle, cela peut être un frein pour se rassembler en Église. Mais cela peut être aussi l'occasion pour elle de se questionner."
"L'avenir de l’Église, je le vois dans sa relation avec les jeunes. Il faudra surtout créer des groupes, selon les affinité et les hobbies"
Comment Yvan Favre perçoit-il l'avenir de cette communauté? "J'ai constaté que, dans ma génération, nous étions beaucoup à faire notre confirmation. Et ensuite, plus personne ne s'est engagé. L'avenir de l’Église, je le vois dans sa relation avec les jeunes. Comment mettre la prochaine génération en contact avec Dieu? Il faut à mon avis garder des structures de formation de base, comme la catéchèse. Dans la région, à Domdidier, il y a un groupe de prière de Taizé qui fonctionne assez bien. Il y a des évènements régionaux, comme le Crossfire Festival, qui marchent également bien, en plus des JMJ. Mais il faudra surtout créer des groupes de jeunes, selon les affinité et les hobbies. Par exemple, des groupes de randonneurs, de dessin, de littérature, ou de jeux vidéo". (cath.ch/gr)
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"Jeunes explorateurs de la foi", du web au livre
Cath.ch et la maison d’édition Saint-Augustin publient Jeunes explorateurs de la foi, un livre qui regroupe une douzaine de portraits de jeunes, complétés par le regard que portent sur eux les responsables des pastorales jeunesse de l’Église catholique romande. Les témoignages lucides de ces jeunes sur l’Église qu’ils veulent «dépoussiérer» interpellent, alors que l’institution se réforme laborieusement.
Alors que des centaines de jeunes Suisses vont se retrouver à Lausanne à l’occasion des JMJ nationales, les 7 et 8 mai prochain, cath.ch et les éditions Saint-Augustin publient un livre, recueil de témoignages de jeuens engagés en Église copmplétés de contributions des responsables des pastorales jeunesse de l’Église catholique romande.
En septembre 2021, Pascal Ortelli, responsable des éditions chez Saint-Augustin, a approché la rédaction de cath.ch en proposant un projet éditorial: «Publier un livre à partir à partir de la série de portraits de jeunes engagés en Église, réalisés par les journalistes de cath.ch. Ces articles ont constitué une bonne base de travail pour élaborer le contenu du livre. Je n’ai lu ce genre de témoignages nulle part ailleurs».
Du web au livre
«Le travail d’enquête n’est pas notre rôle d’éditeur, relève Pascal Ortelli. Avec Jeunes explorateurs de la foi, nous avons pu passer du web journalistique au livre en enrichissant cette série de portraits de jeunes publiés sur cath.ch». En l’occurrence en y apportant les contributions des responsables des pastorales jeunesse de l’Église en Suisse romande.
De fait, depuis l’article consacré au Valaisan Yves Crettaz, paru en septembre 2020, les journalistes du portail catholique romand brossent régulièrement le portrait de ces jeunes. Cath.ch est allé à la rencontre dans tous les cantons romands de ces jeunes engagés en Église à la sacristie, comme responsables des servants de messe, en paroisse, en diaconie ou encore dans l’animation des messes. Pour savoir qui ils étaient, comment ils voyaient «leur» Église, comment ils souhaitaient la faire découvrir à leurs pairs. La série a connu un beau succès sur le net.
L’Église avec un petit «e»
Ces jeunes adultes ne machent pas leurs mots sur une institution qui va mal, mais sans désespérer paradoxalement de leur église, «celle avec un petit ‘e’, de la communauté, de la paroisse», et dont ils veulent faire connaître aussi «les beautés» en affichant leur foi san complexe.
Dans un monde en mutation, ils ne vont plus nécessairement «à la messe du dimanche», mais inventent des festivals, fabriquent des foodtrucks pour discuter de Jésus avec les passants autour d’une raclette, se retrouvent à l’adoration, montent des groupes de louange et servent les plus fragiles au restaurant à la Maison de la diaconie de Sion. Ils prennent des initiatives sans attendre le «nihil obstat» de l’Église.
Les jeunes, les agents de la pastorale jeunesse
Leur témoignage interpelle à l’heure où l’Église se réforme laborieusement. Ils ont demandé haut et fort au synode des jeunes de 2018 que l’Église leur fasse confiance et leur donne une place qu’ils revendiquent. Ce à quoi travaillent les responsables diocésains et cantonaux des pastorales jeunesse. Le regard qu’ils portent, à travers leurs contributions, sur ces jeunes trouve naturellement sa place à la suite de ces portraits.
Les uns et les autres disent ce que leur ont appris les jeunes qu’ils ont accompagnés et encadrés, les assimilant à des «agents de la pastorale de la jeunesse» que le pape François évoque dans son exhortation apostolique Christus vivit.
Gaëtan Steiner, du Service diocésain de la jeunesse de Sion, parle d’un «compagnonnage avec la jeunesse». Roberto de Col de Pastorale d’animation jeunesse (PASAJ), dans le canton de Vaud, évoque le souci de «former des équipes qui soient au service des jeunes». Et surtout de la préoccupation de rejoindre les autres, ceux qui ne sont pas nés dans une famille pratiquante ou ont tourné le dos à l’Église. (cath.ch/bh)
Jeunes explorateurs de la foi. Editions Saint-Augustin. 196 pages. 25 francs.
> A commander en ligne sur le site de Saint-Augustin
> A acheter sur le stand cath.ch - Saint-Augustin lors des JMJ des 7 et 8 mai.
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Marie Colongo: "les Camps Voc' me ressourcent pour toute l'année"
Ce 30 avril 2023, à l'occasion du Dimanche des Vocations, Marie Colongo est invitée à témoigner pendant la messe radiodiffusée à l'église Saint-Joseph, à Lausanne. "On m'a demandé de partager mon expérience d'animatrice des Camps Voc' Musique", explique la Genevoise de 21 ans.
Par Grégory Roth
Étudiante en médecine, Marie Colongo apprécie le contact avec les enfants et, à côté des études, elle continue de pratiquer de la musique: deux passions qu'elle peut conjuguer lorsqu'elle anime des Camps Voc' Musique, chaque été en Suisse romande. "Ce que je souhaite transmettre dans mon témoignage, c'est que les Camps Voc' me permettent de fortifier ma foi et qu'ils me procurent des ressources pour toute l'année", révèle-t-elle.
Née en 2001, la Genevoise a deux petites sœurs. Après avoir obtenu une maturité bilingue, elle a commencé des études de médecine. Elle est en train de terminer la troisième année de Bachelor. Passionnée de musique, Marie commence la clarinette à l'âge de 7 ans et la flûte à bec à 12 ans. Déjà titulaire d'un certificat de clarinette, elle est en voie de finaliser celui de flûte à bec, en marge de ses études universitaires.
"Quand je joue de la musique, j'aime pouvoir le faire en groupe"
Un parcours spirituel étoffé
"Ce qui me tient à cœur quand je joue de la musique, c'est de pouvoir vivre ces moments en groupe, dans un ensemble", précise-t-elle, signalant qu'elle fait partie de l'Orchestre Juventutti, une formation symphonique genevoise gérée par les jeunes eux-mêmes, et tient le rôle de secrétaire au sein du comité.
Le parcours spirituel de Marie Colongo a été jalonné par de nombreuses activités proposées par la Pastorale des Jeunes de Genève (PJGE): les retraites Kairos, pour les confirmands de 16-17 ans et les confirmés, l'année suivante; plusieurs pèlerinages à pied jusqu'à Taizé; et des Pèlerinages d'été à Lourdes, au chevet de personnes en situation d'handicap. En tant que confirmée, elle s'est aussi engagée à faire du bénévolat les dimanches matins aux HUG, pour conduire à la messe les patients qui le souhaitaient.
"À l'Université, aucun signe religieux ne peut être visible, durant les cours et les examens. Mais d'un autre côté, la médecine actuelle tient davantage compte du fait que chaque patient a ses propres croyances et elle propose désormais une approche bio-psycho-sociale", explique-t-elle.
Un groupe cantonal
A côté de sa paroisse d'enfance, à Versoix, – dans laquelle elle joue encore ponctuellement de la musique lors des grandes fêtes –, Marie Colongo était très impliquée au sein du groupe Le Figuier. Avec des jeunes genevois, elle animait régulièrement des "messes de jeunes" dans plusieurs paroisses de la Ville du bout du lac.
«Aux Camps, je ne vis pas seulement ma foi durant les temps de prières. Je la vis durant toute la semaine. C’est un tout!»
Le groupe ayant récemment cessé ses activités, elle est en recherche d'un cercle de jeunes dynamiques, qui ne soit pas forcément rattaché à une paroisse précise, mais qui ait vocation à rassembler des jeunes de tout le canton qui partagent des valeurs communes, comme la foi et la musique.
Une Église dynamique
Car Marie voit l'Église comme un rassemblement: une communauté qui vit sa foi de manière dynamique. Non seulement par des messes, mais aussi et surtout dans l'action. Avec les Camp' Voc' Musique, – organisé par le Centre Romand des Vocations (CRV) –, elle a trouvé une manière de vivre la foi autrement.
"Je ne vis pas seulement ma foi durant les temps de prières, de musique ou d'offices. Je la vis aussi durant les rencontres, les repas, les déplacements, la vie en commun, le concert que l'on propose aux familles qui viennent rechercher leurs enfants à la fin de la semaine, etc. C'est un tout!"
Une équipe équilibrée
Comme animatrice avec des enfants de 9 à 13 ans pendant une semaine Marie Colongo vit de musique, de partage de la foi, mais aussi de ce contact avec les enfants qu'elle affectionne particulièrement. "Nous changeons chaque année de canton. Et l'équipe d'animation est très équilibrée, puisqu'il y a, à chaque fois, au moins un couple, un religieux ou une religieuse, et des jeunes adultes". Elle reconnaît toutefois que les jeunes genevois sont peu nombreux dans l'animation de ces Camp voc'.
Comment Marie imagine-t-elle l’Église de demain? "Elle sera dynamique et jeune, et elle devra être capable d'attirer. En ce sens, je souhaite que les paroisses et les Unités pastorales soient en mesure de proposer des activités motivantes".
Juste trop jeune pour participer aux Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) de Cracovie en 2017, la Genevoise se réjouit déjà de vivre ses premières JMJ, cet été à Lisbonne. (cath.ch/gr)
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