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  • Jésus guérit l'aveugle-né/©evangile-et-peinture.org
    Jésus guérit l'aveugle-né/©evangile-et-peinture.org

    Homélie du 22 mars 2020 (Jn 9, 1 - 41)

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    Thème : À qui irions-nous, Seigneur ?

    Tu as les Paroles de la Vie éternelle (Jn 6,68) - Jésus, Parole de Vie en

    abondance.

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    C’est vrai, ce qui se passe maintenant nous concerne tous et toutes sans exception et ce qui se passe n’est pas uniquement ailleurs, au-delà de nos écrans de télévision et de nos journaux. Ce qui se passe est à côté de nous, dans nos familles, nos communautés, nos paroisses, nos rues, nos maisons, nos appartements,  nos lieux de travail…Ce qui se passe est, en fait, au cœur de tout ce que nous vivons.

    Alors peut-être que la question du psalmiste surgit « Où est-il ton Dieu?». Cette interpellation du Psaume 42 peut traverser notre désarroi.

    Et bien, malgré cette tempête insidieuse qui vient nous déstabiliser, ce Temps de carême, loin de nous tirer vers le bas est une lumière et un repère fondamental pour activer en nous la confiance, la solidarité et l’espérance. N’oublions jamais la réalité de l’incarnation dans laquelle nous puisons, comme une source de vie, la certitude que Jésus partage tout de notre condition humaine, jusque dans sa vulnérabilité. C’est probablement ce qui est le plus difficile à comprendre : tenir ensemble l’amour totalement gratuit de Dieu et en même temps, le sentiment d’une absence, d’un abandon, déjà … ce sont les prémices du Vendredi saint.

    Invités à aller plus loin

    Pour notre quatrième

    étape de Carême, toute notre foi est ici convoquée dans ce combat à l’image de

    ce qu’a vécu cet aveugle né de naissance. Cet homme vient à nous, vulnérable

    mais confiant, au travers de l’évangile de Jean. Cet homme a fait l’expérience

    d’un chemin de foi qui l’a conduit au cœur de la Bonne Nouvelle. Il nous aide par

    son expérience à répondre à la question du psalmiste en nous invitant à aller

    plus loin.

    Écoutons cet homme aveugle de naissance, image de notre humanité depuis les origines. Reprenons cet évangile qui vient nous rappeler l’essentiel, au plus profond de nos creux et de nos aspérités. Trouverons-nous dans cet évangile une respiration pour traverser ce que nous vivons en ce moment ? J’en suis sûr.

    Un chemin personnel de foi et de conversion

    Jésus est avec ses apôtres. Il voit un homme aveugle de

    naissance qui mendie. Ses disciples aussi le voient et ils posent une question

    à Jésus : « Qui a péché, lui ou ses parents…? » Sa réponse est

    claire : « Ni lui, ni ses parents ». Il rejette en quelques mots

    tous les raccourcis que nous avons pu faire au cours des siècles, entre le

    péché, la culpabilité et la maladie. Jésus EST la Parole du Père. Il n’est pas

    l’Envoyé d’un Dieu rétributeur. La Parole de Jésus, bien au contraire, va

    affirmer, par son geste de guérison sur cet homme qui recouvre la vue, le don

    de la vie en abondance. Et ce don nous est sans cesse proposé depuis que le

    monde existe. Il y a là, en quelques mots toute la réalité d’un chemin personnel

    de foi et de conversion, symbole de toute notre famille humaine, en quête d’un

    chemin de vie et de bonheur. Cette découverte que nous avons à faire d’un amour

    totalement gratuit est l’histoire de chacune de nos existences. Ce que nous

    vivons aujourd’hui avec cette pandémie participe pleinement de ce chemin et

    nous renvoie à la question que Jésus posera à cet homme qui a recouvré la vue

    « Crois-tu au Fils de l’Homme ? »

    Jésus continue la création

    Pourquoi Jésus pose-t-il cette question après l’avoir guéri ? La réponse encore une fois déplace nos schémas d’une compréhension souvent rétrécie de l’évangile. Rappelez-vous : « Jésus cracha à terre, fit de la boue avec la salive et l’appliqua sur les yeux de l’aveugle » (v.6). Il refait  les gestes mêmes du Créateur dans la Genèse qui sculpta l’humain dans le limon du sol (Gn 2,7). « Je dois réaliser l’action de celui qui m’a envoyé » dira-t-il pour éclairer son geste (v.9,4). Jésus se présente devant nous comme celui qui continue la Création déjà commencée et non encore achevée.

    Un homme debout

    L’homme alors, vit un acte de renaissance mais il est dans un environnement hostile, comme aujourd’hui. Alors qu’il vient de recouvrer la vue et qu’il est sur un nouveau chemin d’humanité, il est expulsé, exclu de la communauté, tel un contagieux… Sa vie n’est pas plus facile après qu'avant… Mais parce que cet homme est bien plus qu’un aveugle qui a recouvré sa vue, il est fort de cette expérience d’engagement, d’affirmation de foi en la vie et rien ne le fera changer. Cet homme est désormais debout. Quelque chose est en train de naître en lui.

    Il se découvre l'ami de Dieu

    Et voilà que Jésus pour la deuxième fois a l’initiative (v.35). Il vient à lui pour se faire reconnaître comme le Fils de l’Homme. A la question bouleversante : « Toi, crois-tu, au Fils de l’homme ? », il répond : « Je crois, Seigneur ». C’est là, le jaillissement d’une lumière intérieure… Cet homme découvre qu’il est l’ami de Dieu.

    Alors, ne sommes-nous pas au creux d’une interpellation

    propre à notre carême ? Elle rejoint l’humain en nous dans ce qu’il a de

    plus grand et de plus beau à offrir, sa capacité d’aimer. C’est le lieu

    privilégié pour témoigner de la Bonne nouvelle, tel un sacrement de la vie.

    Laissons-nous enlever la boue de nos yeux. Jésus vient frapper à notre porte aujourd’hui.

    La question n’est plus « où est-il ton Dieu », mais avec l’homme qui a recouvré la vue, nous osons enfin dire en confiance, en ce dimanche de Laetare : « Je crois, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle».

    Amen

    4ème dimanche de Carême, de Lætare
    Lectures bibliques : 1 Samuel 16, 1b.6-7.10-13a; Psaume 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6; Éphésiens 5, 8-14; Jean 9, 1-41

    La mosaïque du Bon Pasteur au mausolée de Galla Placidia, à Ravenne VIe siècle

    Homélie du 26 avril 2026
    (Jn 10, 1-10)

    Abbé Christophe Konopka

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    | © B. Lopez/Evangile et peinture

    Homélie du 19 avril 2026
    (Lc 24, 13-35)

    Père Sixtus Takang, CSSp.

    Chapelle de Lorette, Cointrin, GE

    Jésus dit à Thomas:

    Homélie du 12 avril 2026
    (Jn 20, 19-31)

    Mgr Alexandre Ineichen

    Basilique de l'Abbaye de Saint-Maurice, VS

    Homélie TV de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Frère Franck Dubois, dominicain

    Chapelle du couvent Saint-François, Paris

    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Homélie de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Père Philippe M. Schönenberger

    Eglise Sainte-Claire, Carouge, GE

    Deux katchkars, des croix de pierre typiques de l'Arménie

    Homélie du Vendredi-Saint 3 avril 2026
    (Jn 18,1 - 19,42)

    Abbé Paulino Gonzalez

    Eglise  Saint-Pierre, Fribourg

    | © Evangile-et-peinture

    Homélie du 29 mars 2026
    (Mt 26, 14 - 27, 66)

    Abbé Boniface Bucyana

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    Homélie du 22 mars 2026
    ( Jn 11, 1-45)

    Abbé Martin Glusek

    Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR

    La Samaritaine et Jésus/photo:evangile-et-peinture.org

    Homélie du 8 mars 2026
    (Jn 4, 5-42)

    Abbé Daniel Agbeti

    église Saint-Laurent, Villaraboud, FR