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  • Dans cette scène, propre à l'évangile selon S. Luc, l'un des deux crucifiés se désolidarise des sarcasmes de son compagnon d'infortune, reconnaissant leur culpabilité à tous deux et l'innocence de Jésus.
    Dans cette scène, propre à l'évangile selon S. Luc, l'un des deux crucifiés se désolidarise des sarcasmes de son compagnon d'infortune, reconnaissant leur culpabilité à tous deux et l'innocence de Jésus. © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0

    Homélie du 23 novembre 2025 (Lc, 23, 35-43)

    Bien aimés du Seigneur,
    Chers auditrices et auditeurs de la RTS,


    Pour clôturer l’Année liturgique C, l’Église nous donne une image surprenante du Christ Roi : Jésus crucifié, faible, silencieux, humilié, dépouillé de tout attribut de puissance, pas d’armée, pas de victoire spectaculaire. Seulement un homme cloué à une croix, insulté par la foule.
    Luc souligne cette contradiction par la triple interpellation ironique, trois groupes se moquent de Jésus : les chefs, les soldats, un malfaiteur. Tous répètent : « Sauve-toi toi-même ». À travers ces moqueries, c’est la compréhension humaine du pouvoir — domination, orgueil, auto-préservation — qui est interrogée.

    Une forme de royauté radicalement autre

    Or Jésus ne répond pas à cette logique. Il manifeste une forme de royauté radicalement autre : une royauté kénotique, fondée non sur la contrainte mais sur le don total de soi. La croix devient ainsi le lieu théologique où se révèle la souveraineté divine comme amour jusqu’à l’extrême.

    Le larron repentant discerne le Royaume dans la faiblesse, l'autorité dans l'humilité, la vie dans la mort

    Le larron repentant se fait le premier interprète de cette royauté paradoxale : reconnaissant en Jésus un Roi au moment même où toute apparence royale semble bafouée et anéantie, il professe une foi qui discerne le Royaume dans la vulnérabilité. Sa parole constitue le sommet théologique du passage : « Souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton Royaume. » Il reconnaît en Jésus un Roi précisément au moment où tout signe extérieur de royauté semble aboli. Sa profession de foi est un acte herméneutique audacieux : il discerne le Royaume dans la faiblesse, l’autorité dans l’humilité, la vie dans la mort. La réponse du Christ : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis. » montre que le royaume messianique n’est pas d’abord un espace, mais une communion profonde fondée sur la présence du Seigneur. La croix n'est pas la preuve d’un échec. Elle est le trône où Dieu révèle désormais la profondeur de son amour inconditionnel.

    Comme le larron, n'oublions pas de lui dire : Souviens-toi de moi, souviens-toi de tous ceux qui te cherchent, souviens-toi des malades, souviens-toi de tes enfants…

    Cette fête nous invite donc à un discernement intérieur : qui règne en nous et sur nous ? Si le Christ est réellement notre Roi, alors sa manière de régner — par la miséricorde, la vérité et le service — doit devenir le principe structurant de notre existence. Amen.

    Bon dimanche et belle fête du Christ Roi de l’Univers.

    fête du Christ Roi de l’Univers
    Lectures bibliques :
    2 Samuel 5, 1-3; Psaume 121; Colossiens 1, 12-20; Luc 23,35-43

    La mosaïque du Bon Pasteur au mausolée de Galla Placidia, à Ravenne VIe siècle

    Homélie du 26 avril 2026
    (Jn 10, 1-10)

    Abbé Christophe Konopka

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    | © B. Lopez/Evangile et peinture

    Homélie du 19 avril 2026
    (Lc 24, 13-35)

    Père Sixtus Takang, CSSp.

    Chapelle de Lorette, Cointrin, GE

    Jésus dit à Thomas:

    Homélie du 12 avril 2026
    (Jn 20, 19-31)

    Mgr Alexandre Ineichen

    Basilique de l'Abbaye de Saint-Maurice, VS

    Homélie TV de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Frère Franck Dubois, dominicain

    Chapelle du couvent Saint-François, Paris

    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Homélie de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Père Philippe M. Schönenberger

    Eglise Sainte-Claire, Carouge, GE

    Deux katchkars, des croix de pierre typiques de l'Arménie

    Homélie du Vendredi-Saint 3 avril 2026
    (Jn 18,1 - 19,42)

    Abbé Paulino Gonzalez

    Eglise  Saint-Pierre, Fribourg

    | © Evangile-et-peinture

    Homélie du 29 mars 2026
    (Mt 26, 14 - 27, 66)

    Abbé Boniface Bucyana

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    Homélie du 22 mars 2026
    ( Jn 11, 1-45)

    Abbé Martin Glusek

    Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR

    La Samaritaine et Jésus/photo:evangile-et-peinture.org

    Homélie du 8 mars 2026
    (Jn 4, 5-42)

    Abbé Daniel Agbeti

    église Saint-Laurent, Villaraboud, FR