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  • «Zachée, descends vite:
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.»
    «Zachée, descends vite: aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.» © Evangile-et-peinture.org

    Homélie du 3 novembre 2019 (Lc 19, 1-10)

    Chaque dimanche, chaque jour, à chaque instant, Jésus Christ, notre Seigneur et notre Dieu, nous dit sur les ondes, dans cette basilique, partout : «Aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi», comme il l’a dit à Zachée dans la ville de Jéricho, il y a de cela deux mille ans. Aussi préparons notre demeure, préparons notre coeur à recevoir notre Seigneur malgré les ténèbres, les lourdeurs et les misères qui l’envahissent bien souvent. Au début de notre eucharistie, reconnaissons que nous sommes pécheurs et renouvelons notre confiance dans le pardon infini de Dieu.

    Les Saintes Ecritures, la Bible contient la Parole de Dieu. Pour l’exprimer et l’exposer au mieux, elle utilise un langage humain, voire des langues différentes et, par le style et par la manière, lui donnent plus ou moins de pertinence.
    Ainsi, les Saintes Ecritures racontent, d’une part, des histoires, du peuple de Dieu, de héros bibliques, ou tout simplement des épisodes remarquables de la vie de tous les jours, comme, par exemple, dans les paraboles de Jésus.

    Les saintes Ecritures : une Parole de vie

                D’autre part, les Saintes Ecritures

    donnent aussi la parole à ceux qui, méditant les événements, les étudiant et

    les approfondissant pour montrer toute leur pertinence, rappellent au peuple de

    Dieu l’action et la miséricorde divine dans notre monde. Ainsi les prophètes,

    les sages nous rappellent combien Dieu est à l’oeuvre ici et maintenant.

    Cependant, leur expression est le plus souvent si riche que nous ne percevons

    pas de suite, ni leur profondeur, ni leur hauteur. Parfois, même ils sont pris

    par une telle profusion d’images, de pensées et de zèle que leur discours en

    devient presque inintelligible, du moins, nous n’y retenons pour notre vie

    spirituelle que quelques brides. Car les saintes Ecritures ne sont pas un

    divertissement, de belles histoires à se raconter au coin du feu, mais une

    parole de vie, une parole salvifique.

                Aussi devons-nous

    entendre les Saintes Ecritures, les réentendre pour que la parole de Dieu puisse nous façonner,

    nous convertir et nous permettre de participer à la vie même de Dieu. Aussi

    est-il essentiel que nous gardions tous les événements dans notre coeur, comme

    Marie d’ailleurs, que nous les méditions et que nous accomplissions ici et

    maintenant cette parole de Dieu contenue dans les Ecritures.  Il nous faut donc nous les rappeler, les

    garder en mémoire. Or, comme le dit bien Miguel de Unamuno «la

    mémoire est la base de la personnalité individuelle, tout comme la tradition

    est la base de la personnalité collective d’un

    peuple. Nous vivons dans la mémoire et par la mémoire, et notre vie

    spirituelle, dans le fond, n’est

    que l’effort

    consenti par notre mémoire pour durer, pour se transformer en espérance, l’effort de notre passé pour se

    transformer en notre avenir.» Pourtant, lorsque nous lisons ou entendons

    les Saintes Ecritures, combien pouvons-nous constater que notre mémoire

    est  souvent défaillante. Aussi

    permettez-moi, à la suite de la lecture de ce dimanche, de vous exposer

    quelques-uns de mes oublis.

    Laisser Jésus demeurer en nous

                Premièrement, je pensais que Jésus avait eu

    un long dialogue avec Zachée pour le convaincre de se convertir. Il me semblait

    qu’il faillait que Jésus expose à Zachée toutes les raisons pour que ce

    publicain retrouve le droit chemin. Or, il n’en est rien. Jésus n’a qu’une

    seule parole dite à Zachée : «Aujourd’hui, il faut que j’aille

    demeurer chez toi.» Ce n’est que cette unique parole qui convertit

    notre chef des collecteurs d’impôts, notre collabo de l’occupant romain. En

    effet, Jésus est, certes, un prédicateur connu et reconnu. Mais sa parole seule

    est efficace et nous convertit. Pas besoin de milles arguties pour nous

    convertir, il suffit de laisser Jésus demeurer dans notre coeur. Alors la grâce

    peut opérer et transformer ce monde, ici et maintenant.

                Deuxièmement, la discussion se déroule plutôt

    entre Jésus et les pharisiens. Ceux-ci se croient justes, mais ne se rendent

    pas compte que le juste par excellence, c’est-à-dire Jésus, ce n’est pas celui

    qui juge, mais celui qui est venu chercher et sauver celui qui était perdu. La

    conversion de Zachée est l’occasion pour Jésus, pour l’évangéliste saint Luc,

    de nous rappeler que la venue du Christ dans le monde est un véritable

    renversement, que le Dieu trois fois saint, veut notre bien et notre salut.

    Combien de fois nous l’oublions et préférons-nous souvenir, non de la miséricorde

    de Dieu, mais des péchés des hommes ?

    Petitesse de l'homme et grandeur divine

                Enfin, notre mémoire nous joue des tours en

    insistant sur des détails qui peuvent avoir leur importance, mais qui nous

    occultent souvent la vraie dimension de la parole de Dieu. Pour chacun - et j’en

    suis persuadé -  nous nous représentons

    Zachée comme petit. En effet, le texte nous le précise pour expliquer pourquoi

    il avait dû monter sur un arbre. Mais, aussitôt que nous avons cette image,

    nous en oublions la signification. Si Zachée est petit, s’il monte sur un

    sycomore pour voir Jésus, c’est parce que l’humanité est bien finie comparée à la

    grandeur infini de Dieu. Le sycomore n’est pas que l’élément d’un décor, mais l’instrument

    par lequel l’humanité essaie de se couvrir, de se sauver. Adam et Eve après

    avoir mangé la pomme et découvrant leur nudité se couvrirent des feuilles de

    sycomore avant que Dieu ne leur fasse des vêtements de peaux de bête. Ainsi, la

    petitesse de Zachée, le sycomore, ne sont pas des ornements pour illustrer notre

    belle histoire, mais une réalité cachée que nous oublions trop : la petitesse

    de l’homme, son besoin de se protéger devant la grandeur et la toute puissance

    divine.

                Je pourrai

    continuer et poursuivre l’énumération

    de ces oublis. Pourtant, en relisant les Ecritures, en les méditant, nous découvrons

    l’unique parole de Dieu. Notre petitesse essaie de monter sur un arbre, va à la

    rencontre de la grandeur de Dieu, non d’un Dieu venu pour les justes, mais d’un

    Dieu qui se penche sur les pécheurs et qui les sauve. Aussi laissons résonner

    en notre mémoire, en notre vie, cette parole salvifique : «Aujourd’hui,

    il faut que j’aille demeurer chez toi.»

    Avec Notre Dame, mère de la Miséricorde, prions pour tous les

    hommes et toutes les femmes de notre terre

                Esprit

    de Dieu,  aide ceux qui ont tout quitté pour te suivre, aide-les

    à devenir les témoins de ton amour miséricordieux ! Seigneur, nous t’en

    prions.

                Esprit

    de Dieu, ouvre l’oreille et le cœur des responsables de la société humaine

    aux cris des petits et des pauvres ! Seigneur, nous t'en prions.

                Esprit

    de Dieu, prends soin de toutes les personnes qui sont en difficultés ainsi que de

    celles qui sont en deuil. Seigneur, nous t’en prions.

                Esprit

    de Dieu, ravive la flamme du baptême dans le cœur et dans la vie de chaque baptisé !

    Seigneur, nous t’en prions.

    Seigneur, notre Dieu, tu es venu sauver ce qui était perdu, tu n’abandonnes personne, accorde nous ce que nous te demandons en ce jour, par le Christ ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne auprès de toi, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

    31e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
    Lectures bibliques : Sagesse 11, 23 – 12, 2; Psaume 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14; 2 Thessaloniciens 1, 11 – 2, 2; Luc 19, 1-10

    La mosaïque du Bon Pasteur au mausolée de Galla Placidia, à Ravenne VIe siècle

    Homélie du 26 avril 2026
    (Jn 10, 1-10)

    Abbé Christophe Konopka

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    | © B. Lopez/Evangile et peinture

    Homélie du 19 avril 2026
    (Lc 24, 13-35)

    Père Sixtus Takang, CSSp.

    Chapelle de Lorette, Cointrin, GE

    Jésus dit à Thomas:

    Homélie du 12 avril 2026
    (Jn 20, 19-31)

    Mgr Alexandre Ineichen

    Basilique de l'Abbaye de Saint-Maurice, VS

    Homélie TV de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Frère Franck Dubois, dominicain

    Chapelle du couvent Saint-François, Paris

    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Homélie de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Père Philippe M. Schönenberger

    Eglise Sainte-Claire, Carouge, GE

    Deux katchkars, des croix de pierre typiques de l'Arménie

    Homélie du Vendredi-Saint 3 avril 2026
    (Jn 18,1 - 19,42)

    Abbé Paulino Gonzalez

    Eglise  Saint-Pierre, Fribourg

    | © Evangile-et-peinture

    Homélie du 29 mars 2026
    (Mt 26, 14 - 27, 66)

    Abbé Boniface Bucyana

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    Homélie du 22 mars 2026
    ( Jn 11, 1-45)

    Abbé Martin Glusek

    Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR

    La Samaritaine et Jésus/photo:evangile-et-peinture.org

    Homélie du 8 mars 2026
    (Jn 4, 5-42)

    Abbé Daniel Agbeti

    église Saint-Laurent, Villaraboud, FR