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  • Cloué sur la croix, Jésus crie:
    Cloué sur la croix, Jésus crie: "J'ai soif" © Le Titien, "Jésus-Christ et le bon larron", vers 1563, Pinacothèque Nationale, Bologne,

    Homélie du 5 avril 2020 (Mt 26, 14–27, 66)

    Au terme de cette lecture poignante qui nous relate les souffrances infligées à un innocent, me remonte en mémoire un vers du poète Paul Claudel : « Ils reviennent du calvaire et ils parlent de température ! » Combien de fois nous est-il arrivé le dimanche après la messe de converser sur le parvis de la pluie et du beau temps, alors que nous venions de commémorer un drame qui a marqué l’histoire du monde et la nôtre aussi.

    L’absence ce dimanche de célébration publique de l’eucharistie nous fait souffrir. Mais n’oublions pas qu’il n’y aurait jamais eu de messe ni même de dimanche, s’il n’y avait eu d’abord cette croix plantée un certain vendredi sur ce monticule que les habitants de Jérusalem appelaient lieu du crâne parce qu’il en présentait la forme.

    Cette croix qui a porté le salut du monde, comme nous avons l’habitude de le chanter distraitement fut d’abord un événement anodin. Même pas un fait divers de la Gazette de Jérusalem, si elle avait existé en ce temps-là. Crucifier deux hors la loi et un obscur illuminé n’était qu’une corvée supplémentaire ajoutée à l’ordre du jour d’un peloton de mercenaires à la solde  d’un pouvoir policier. Monnaie courante. Pas de quoi s’affoler. Pendant deux ou trois siècles le grand public a ignoré ce détail. Jusqu’au jour où certains ont prétendu que cet événement n’était pas banal mais qu’il apportait le salut du monde.

    Mais pourquoi cette notoriété ? Vous me répondez avec raison : « Parce l’un des trois suppliciés a été vu et reconnu vivant deux jours plus tard» Bien sûr. Ce prochain dimanche nous aurons l’occasion de nous pencher sur ce fait extraordinaire qui est à la base de notre foi.

    Un miroir qui reflète les ignominies qui se commettent dans notre humanité

    Mais une autre raison nous convainc de nous arrêter aujourd’hui sur ce récit. Il est le miroir qui reflète les ignominies qui se commettent dans notre pauvre humanité. Mais aussi le miroir du bien qui se cache sous les replis du mal.

    Les violences dont Jésus est l’objet nous sont hélas bien connues. Certaines nous sont même familières : procès inique, faux témoignages, manipulation de l’opinion, lâcheté du pouvoir en place, trahison et fuite des proches, tortures sadiques dans la cour d’un corps de garde.

    Le comble fut la dérision de la foi du condamné pour l’amener à désespérer de Dieu et de lui-même. « Où est-il ton Dieu ? Qu’ll vienne te descendre de ta croix ! ».

    Il me semble entendre des ricanements contemporains : Votre Dieu dort-il ? Qu’attend-il pour nous libérer de cette maudite épidémie ? ».

    Des touches d'humanité

    Mais il y a aussi dans ce tourbillon maléfique des touches d’humanité : la femme de Pilate qui voudrait éloigner son mari de cette affaire, d’autres femmes qui ont suivi le rabbi depuis la Galilée et qui se tiennent à distance de son gibet, deux d’entre elles plus courageuses montent la garde devant son tombeau, Simon, un paysan qui passait par là, réquisitionné pour porter la croix d’un inconnu, Joseph le riche notable qui s’affiche disciple de Jésus jusqu’à lui prêter ce tombeau tout neuf qu’il avait fait creuser pour lui...

    Du bien et du mal, de la lâcheté et du courage s’entremêlent et se confondent chez les acteurs et spectateurs de ce drame. Comme le glaive qui devait transpercer l’âme de Marie, le chemin de croix de Jésus révèle le débat de bien des cœurs.

    Oserais-je ajouter pour finir qu’il en est de même dans l’épreuve qui nous frappe aujourd’hui ? Où et comment nous situer ? Quelle est notre juste place ?  
    Les femmes et les hommes courageux qui escortaient Jésus vers le Calvaire devraient nous servir de modèles ; les autres nous dissuader de les imiter.
    Un fol espoir vient à notre secours. Nous croyons que le crucifié est revenu à la vie. La mort et le coronavirus n’auront donc pas le dernier mot.

    Il me semble entendre déjà résonner cette hymne pascale :  
    « Brillez déjà lueurs de Pâques
    Scintillez au jour de demain »

    Lectures bibliques :
    Isaïe 50, 4-7; Psaume 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a; Philippiens 2, 6-11; Matthieu 26, 14–27, 66

    La mosaïque du Bon Pasteur au mausolée de Galla Placidia, à Ravenne VIe siècle

    Homélie du 26 avril 2026
    (Jn 10, 1-10)

    Abbé Christophe Konopka

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    | © B. Lopez/Evangile et peinture

    Homélie du 19 avril 2026
    (Lc 24, 13-35)

    Père Sixtus Takang, CSSp.

    Chapelle de Lorette, Cointrin, GE

    Jésus dit à Thomas:

    Homélie du 12 avril 2026
    (Jn 20, 19-31)

    Mgr Alexandre Ineichen

    Basilique de l'Abbaye de Saint-Maurice, VS

    Homélie TV de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Frère Franck Dubois, dominicain

    Chapelle du couvent Saint-François, Paris

    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Homélie de Pâques 5 avril 2026
    (Jn 20, 1-9)

    Père Philippe M. Schönenberger

    Eglise Sainte-Claire, Carouge, GE

    Deux katchkars, des croix de pierre typiques de l'Arménie

    Homélie du Vendredi-Saint 3 avril 2026
    (Jn 18,1 - 19,42)

    Abbé Paulino Gonzalez

    Eglise  Saint-Pierre, Fribourg

    | © Evangile-et-peinture

    Homélie du 29 mars 2026
    (Mt 26, 14 - 27, 66)

    Abbé Boniface Bucyana

    Eglise Saint-Joseph, Lausanne

    Homélie du 22 mars 2026
    ( Jn 11, 1-45)

    Abbé Martin Glusek

    Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR

    La Samaritaine et Jésus/photo:evangile-et-peinture.org

    Homélie du 8 mars 2026
    (Jn 4, 5-42)

    Abbé Daniel Agbeti

    église Saint-Laurent, Villaraboud, FR