L'adoration consiste à accomplir "le plus grand" exode depuis celui du peuple juif en Egypte: celui de soi-même, a considéré le pape François le 6 janvier 2019. Le pontife a célébré ce lundi la messe de l'Epiphanie dans la basilique Saint-Pierre.
Dans l'Evangile de
l'Epiphanie, le roi Hérode utilise le mot "adorer" avec une intention
"fallacieuse", a observé le pape. En réalité, ce roi n'adorait que
lui-même et voulait se libérer de l'Enfant par le mensonge. Se "servir de Dieu
plutôt que servir Dieu" est un risque qui guette tous les chrétiens, a
observé le pontife.
Se "servir de Dieu plutôt que servir Dieu"
Nombreuses sont les fois
où l'homme couvre de religiosité ce qui l'arrange, échange les intérêts de
l'Evangile avec les siens, ou encore confond le pouvoir selon Dieu et le pouvoir
selon le monde, a-t-il égrené.
Adorer consiste pourtant
précisément à mettre le Seigneur au centre de sa vie, a déclaré le pape. Il
s'agit d'accomplir un exode, "le plus grand" depuis l'esclavage:
celui de soi-même. "Adorer, c'est mettre les plans de Dieu avant mon
temps, mes droits, mes espaces", a insisté l'évêque de Rome.
Trop de chrétiens ne savent pas adorer
Le pape a ainsi appelé
chacun à prendre davantage de temps pour l'adoration en déplorant que trop de
chrétiens ne sachent pas adorer. L'Eglise doit à ce titre renforcer la prière
d'adoration, a-t-il appelé.
Adorer consiste encore à
découvrir que la vie ne consiste pas en l'avoir, mais bien "dans le fait
d'aimer", a considéré le pape. Par la prière d'adoration, le chrétien peut
se redécouvrir frère avec les autres devant "le mystère de l'amour qui
surmonte toute distance". Ainsi, les fidèles trouveront le
"courage" d'approcher les autres par l'adoration, a-t-il estimé.
"Adorer, c'est se taire devant le Verbe divin" pour apprendre à
prononcer "des paroles qui ne blessent pas mais qui consolent", a
encore déclaré le pontife argentin.
La foi n'est pas un ensemble de belles doctrines
En outre, la vie
chrétienne ne consiste pas seulement à "savoir" certaines choses mais
bien en une "histoire d'amour" avec le Seigneur, a rappelé le chef de
l'Eglise catholique. En effet, "La théologie et l'efficacité pastorale ne
servent qu'à peu de choses si on ne plie pas les genoux", a-t-il déclaré.
La foi n'est pas un ensemble de belles doctrines, mais bien une relation avec
une "Personne vivante à aimer". Dans cette optique, l'Eglise est
appelée à être "adoratrice amoureuse de Jésus époux".
Cette attitude suppose encore de venir vers le Christ sans une "liste de demandes". L'unique prière doit être celle de demeurer avec Lui. Une véritable adoration ouvre la voie pour se "désintoxiquer de nombreuses choses inutiles", des dépendances qui "engourdissent l'esprit" et "anesthésient le cœur". Par une véritable adoration, on peut alors refuser le "Dieu argent", "le Dieu consommation" ou encore le "Dieu succès": notre moi érigé en Dieu. (cath.ch/imedia/cg/be)