La Conférence épiscopale de Bolivie (CEB), des représentants de l’Union européenne et des Nations-Unies ont convoqué officiellement le "Dialogue national", le 18 novembre 2019. Les objectifs sont triples: pacifier le pays, définir les accords en vue de nouvelles élections générales et obtenir l’élection d’un nouveau Tribunal suprême électoral.
Dans une vidéo transmise à l'agence vatican Fides, Mgr Aurelio Pesoa Ribera, évêque auxiliaire de La Paz et Secrétaire général de la CEB, estime que "le dialogue constitue la manière appropriée de surmonter les différences entre les Boliviens".
Pour les évêques du pays, la tenue de nouvelles élections,
transparentes et fiables, est le meilleur moyen pour surmonter les différences
de manière démocratique et pacifique.
La Bolivie a connu des moments d’âpres violences, en novembre 2019, lors des affrontements entre les groupes favorables à l’ancien président, Evo Morales, qui s'est exilé à l’étranger, et les groupes d’opposition. En parallèle aux propositions politiques, s’est développée une confrontation populaire sur les symboles religieux, note Fides.
Dieu contre Pachamama?
L’Agence vaticane reporte l’éditorial d’Infodecom, l'agence d'information de l'Eglise catholique en
Bolivie. Le texte assure "qu'il n’existe pas de guerre entre Dieu et
Pachamama", la Terre-Mère dans la cosmologie andine. "Bien que la
presse internationale ait écrit des phrases telles que 'La Bible revient au
Palais du gouvernement' ou encore 'Dieu a expulsé Pachamama du Palais', nous
croyons que la Parole de Dieu ne peut être utilisée comme signe de suprématie
raciale ou comme propriété d’un parti politique. La présence de ces signes
sacrés, tels que la croix ou le chapelet, devrait être progressif et en aucun
cas vue comme un trophée", écrit Infodecom.
"Ne tombons pas dans le piège d’un secteur politique,
social ou culturel qui s’est approprié des signes et des symboles qui
appartiennent à tous et représentent surtout la vérité, le chemin et la paix
c’est-à-dire l’inverse de la violence de ces derniers jours, poursuit
l’éditorial. Il ne s’agit pas de retourner aux temps où l'on gouvernait par la
croix et par l’épée, parce que cela a constitué une erreur historique dont les
conséquences sont encore payées par l’image de l’Eglise. Nous croyons que le
rôle de la religion peut être très utile en ce moment dramatique. La religion
ne restera pas seulement dans les sacristies comme beaucoup le voudraient… Nous
devons lancer une école de réconciliation" conclut le texte de l'agence
catholique. (cath.ch/fides/rz)