Temps offert pour un changement de cap, le Carême exprime la "volonté tenace" de Dieu "de ne pas interrompre le dialogue de Salut" avec les fidèles, a indiqué le 24 février le pape François dans son message pour le Carême de l'année 2020.
Cette période est
également un temps favorable pour mettre en œuvre un "face-à-face"
avec Dieu, notamment à travers l'approfondissement de sa Parole mais aussi
l’aumône avec les plus pauvres.
Le Carême commencera le
26 février avec le Mercredi des Cendres.
S'achevant le Jeudi Saint, 9 avril,
ce temps de quarante jours précède la fête la plus importante pour les
catholiques: Pâques, cette année célébrée le 12 avril, mystère de la mort et de
la résurrection du Christ. Cet événement n'est pas simplement du "passé",
a affirmé le pontife, mais un temps bien actuel pour les catholiques.
Il s'agit en effet d'un temps
favorable pour la conversion de chacun, a indiqué le pape François. Cette "nouvelle
opportunité" doit réveiller en tous un "sentiment de gratitude"
envers Dieu et permettre de "toucher avec foi la chair du Christ"
chez les personnes souffrantes. "Malgré la présence, parfois dramatique,
du mal dans nos vies, ainsi que dans la vie de l'Eglise et du monde, cet espace
offert pour un changement de cap exprime la volonté tenace de Dieu de ne pas
interrompre le dialogue de Salut avec nous".
Un "face-à-face" avec le Seigneur
Pendant cette période, il
est donc salutaire pour les fidèles de contempler plus profondément le mystère
de Pâques. Cette expérience n'est envisageable qu'à partir du moment où se met
en œuvre un "face-à-face" avec le Seigneur et un dialogue en "cœur
à cœur, d'ami à ami". Dans cette perspective, la prière est
particulièrement importante, a confié le successeur de Pierre.
Bien plus qu'un simple devoir,
la prière exprime pour le chrétien le besoin de "correspondre à l'amour de
Dieu". Si la prière peut prendre différentes formes, l'essentiel selon le
pontife est qu'elle creuse le cœur de chacun afin d'en entamer la "dureté"
et le convertisse à la volonté de Dieu. En outre, ce temps doit aider à
apprendre à se laisser toucher par la Parole de Dieu afin d'expérimenter au
mieux sa "miséricorde gratuite".
"Le partage dans la charité rend l'homme plus humain"
"Mettre le mystère
pascal au centre de la vie signifie éprouver de la compassion pour les plaies
du Christ crucifié", a encore indiqué l’évêque de Rome. Ces blessures sont
perceptibles dans les toutes les sortes "d'atteintes à la vie, depuis le
sein maternel jusqu'au troisième âge", visibles notamment chez les
victimes innocentes des guerres et des catastrophes naturelles ainsi que dans
la "distribution inégale des biens de la terre".
C'est pourquoi, a noté le
pape François, il est important de partager ses biens avec ceux qui en ont le
plus besoin en faisant l’aumône. Il s'agit là d'une forme de participation
personnelle à la construction d'un monde plus équitable, a-t-il souligné. "Le
partage dans la charité rend l'homme plus humain, alors que l'accumulation
risque de l'abrutir, en l'enfermant dans son propre égoïsme".
A la fin de son message,
le chef de l'Eglise catholique a également rappelé la tenue d'un événement qui
se tiendra pendant le Carême, du 26 au 28 mars, à Assise: The Economy of Francesco. Ce rassemblement de jeunes économistes et
d'entrepreneurs servira selon lui à "contribuer à l'esquisse d'une
économie plus juste et plus inclusive que l'actuelle". (cath.ch/imedia/pad/be)