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    Vue de Bukavu, dans l'est de la RDC © Charlie on the Go/Flickr/CC BY 2.0

    Congo RDC: après le coronavirus, la famine?

    Alors que le coronavirus n'a pas encore touché sérieusement l'est de la République démocratique du Congo, le danger le plus grave pourrait bien être celui de la famine, avertissent les Pères blancs de Bukavu.

    "La

    diffusion du Covid-19 n'est pas dramatique mais nous ne pouvons la

    sous-évaluer. Nous devons mettre en place toutes les précautions possibles pour

    éviter d'être contaminés et pour aider la population à ne pas l'être", a

    expliqué à l'agence missionnaire vaticane Fides, le Père Alberto Rovelli,

    missionnaire à Bukavu, capitale du Sud Kivu. "Ici, à Bukavu, elle ne

    devrait pas concerner plus de 40 personnes et le virus n'a pas fait de victime.

    Il est cependant difficile de dire combien d'autres cas sont présents dans le

    reste du pays."

    Le chef

    de l'Etat, Félix Tshisekedi, a décrété l'état d'urgence dans un message

    télévisé le 25 mars, annonçant l'isolement de la capitale, Kinshasa, qui compte

    près de 18 millions d'habitants.

    La messe suspendue

    A Bukavu,

    les Pères blancs gèrent un centre de formation à la philosophie comptant de

    nombreux étudiants. Par précaution, ils ont suspendu les cours mais ont invité

    les jeunes à ne pas quitter la structure. « Notre maison – explique le

    Père Rovelli – est un peu isolée de la ville et se trouve peut-être pour cela

    également un peu plus à l'abri de la contamination. Les jeunes risqueraient

    certainement davantage s'ils retournaient dans leur famille. Pour les occuper,

    nous avons organisé des cours d'anglais et nous leur faisons faire des travaux

    manuels. Nous leur avons demandé de ne pas faire de visites à des amis et à des

    parents et de ne pas recevoir de visite ici, en communauté ».

    L Les

    missionnaires ont réduit au maximum leurs sorties. Ils quittent la communauté

    seulement pour acquérir de la nourriture. L'activité pastorale est elle aussi

    ralentie. "Nous avons suivi les indications de nos évêques. La messe

    dominicale et les obsèques ont été suspendus.

    Le Père

    Rovelli craint la diffusion du virus mais plus encore le possible manque de

    nourriture. "La peur fait actuellement de graves dommages. Les prix des

    denrées alimentaires ont augmenté fortement. Du Rwanda arrive encore quelque

    camions de farine mais lorsque les stocks finiront, comment feront les familles

    à se procurer la nourriture? J'ai reçu un appel téléphonique d'une mère de

    famille qui m'a dit qu'elle n'a plus rien à manger et pas d'argent pour acheter

    la nourriture pour ses enfants. Le danger est que le virus porte avec lui une

    famine qui pourrait se révéler plus létale que le virus lui-même". (cath.ch/fides/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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