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    Le gouvernement de Javier Milei est pointé du doigt pour la répression violente des récentes manifestations en Argentine © photo d'illustration (2003) © Adam Jones/Flickr/CC BY 2.0

    Critique voilée du pape sur les répressions policières en Argentine

    Le 20 septembre 2024, le pape François a semblé critiquer à mots couverts la politique en Argentine, décriant notamment la répression du gouvernement contre les manifestations sociales – sans toutefois nommer spécifiquement le président Javier Milei. Il rencontrait des représentants de mouvements populaires internationaux.

    Signe d’attention particulière: le matin du 20 septembre, le pape est sorti de l’enceinte du Vatican pour rejoindre le palais Saint-Calixte, siège du dicastère pour le Service du développement humain intégral, à l’occasion d’un événement commémorant les dix ans de la première réunion des “mouvements populaires”. Cette rencontre, en 2014, avait rassemblé des organisations de défense des travailleurs marginalisés autour du droit à la terre, au logement et au travail.

    Répression violente de manifestants

    Dans un long discours en espagnol d’une cinquantaine de minutes, le pontife argentin a exhorté ces représentants, dont certains venus d’Argentine – notamment des membres de l’Union des travailleurs de l’économie populaire (UTEP), un syndicat inspiré du pape François – à lutter pour la «justice sociale».

    Sortant à de nombreuses reprises de ses notes, il a confié avoir vu récemment les images d’une répression de manifestants. «Des travailleurs. Des gens revendiquant leurs droits dans la rue. La police les a repoussés. Avec la chose la plus coûteuse qui soit: du gaz poivré de qualité supérieure», a-t-il dénoncé. S’il n’a pas nommé explicitement l’Argentine, le quotidien argentin La Nacion y a vu une critique directe de la politique du président Javier Milei.

    Payer pour du gaz poivré

    «Pourquoi n’avaient-ils pas le droit de revendiquer ce qui leur appartient? Parce qu’ils étaient indisciplinés? Communistes? […] Le gouvernement n’a pas bougé. Au lieu de payer pour la justice sociale, il a payé pour du gaz poivré», a ajouté le pape.

    Jorge Mario Bergoglio a fait référence à l’Argentine par ailleurs en reprenant le concept de «crocodiles» qu’il avait employé lors de son récent voyage au Timor oriental, où les ressources de cette ancienne colonie portugaise sont pillées au détriment des populations. «Le colonialisme matériel et le colonialisme idéologique vont toujours de pair, dévorant les richesses matérielles et immatérielles du peuple», a déclaré le pape. Il a mentionné son pays «où le colonialisme est appelé lithium et où tant de gens sont exploités».

    «Nous dépendons tous des pauvres»

    «Si l’on ne résout pas radicalement les problèmes des pauvres, en renonçant à l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière et en s’attaquant aux causes structurelles de l’iniquité, les problèmes du monde ne seront pas résolus», a asséné François au fil de son discours. Il a assuré que «nous dépendons tous des pauvres, tous, même les riches».

    Évoquant au passage les critiques selon lesquelles le pape «parle beaucoup des pauvres et peu de la classe moyenne», il s’est défendu en soulignant qu’il s’agissait «de l’Évangile» et non pas de son invention.

    Le 266e pape a qualifié la «concurrence aveugle» pour «avoir toujours plus d’argent» de comportement «irresponsable, immoral et irrationnel». Il a fustigé la «cupidité» des «très riches qui s’opposent à la réalisation de la justice sociale ou de l’écologie intégrale» en faisant pression sur les gouvernements pour faire passer des politiques favorisant leurs affaires.

    Combattre l’économie criminelle

    Condamnant «le silence face à l’injustice», le pontife a incité les défenseurs des travailleurs à «combattre l’économie criminelle avec l’économie populaire». «Personne, surtout pas un enfant, ne peut être une marchandise entre les mains des marchands de mort, ceux-là mêmes qui blanchissent ensuite l’argent du sang et dînent comme des gentlemen respectables dans les meilleurs restaurants», a-t-il averti.

    À nouveau, François a soutenu la proposition d’un salaire universel de base afin que, «à l’heure de l’automatisation et de l’intelligence artificielle, à l’heure de […] la précarité du travail, personne ne soit exclu des biens de base nécessaires». «Cessez l’arrogance de vous croire au-dessus de la loi», a aussi lancé le Saint-Père aux entrepreneurs de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Il s’est inquiété des risques des paris en ligne, «une addiction» qui «détruit des familles entières» en les ruinant. (cath.ch/imedia/ak/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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