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    Marie Derain de Vaucresson est la présidente de la commission d'indemnisation des abus Inirr © wikimedia commons CC-BY-SA 2.0

    France: l’accueil des victimes d’abus sexuels s’est organisé

    Deux ans après sa création par l’Eglise catholique en France, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) se trouve face à deux grandes problématiques: les délais de traitement de certaines situations et la prise en compte des traumatismes des victimes.

    L’Inirr est la concrétisation d’un engagement des évêques français à l’égard des personnes victimes de pédocriminalité, a expliqué à La Croix sa présidente Marie Derain de Vaucresson. Il a fallu construire un modèle qui n’existait pas, basé sur deux jambes: une réparation financière et une démarche 'restauratrice’.

    “Nous ne sommes pas une justice parallèle. Nous intervenons quand il n’y a plus de réponses possibles de la justice civile (mort de l’agresseur, prescription…). Des personnes dont l’agresseur a été condamné peuvent aussi s’adresser à l’Inirr pour solliciter reconnaissance et réparations de la part de l’Église”, précise la présidente .

    Le plafond de la réparation financière a été fixé à 60’000 euros par personne. L’Inirr “a  conscience que cet argent, quelle que soit la somme, ne sera jamais à la hauteur de ce que les personnes ont subi”, reconnaît sa présidente.

    Longs délais d’attente

    En raison du nombre des demandes, un temps d’attente important, pouvant aller jusqu’à deux ans, existe déplore Marie Derain de Vaucresson. “La difficulté principale repose sur le recrutement de personnes formées pour conduire cet exercice si particulier, avec une expérience d’écoute, une connaissance des violences sexuelles et du psychotraumatisme.”

    Une démarche restauratrice

    Le deuxième défi a été le déploiement des démarches restauratrices. “L’idée n’était pas d’offrir un catalogue de réponses possibles mais de construire avec chacune des victimes une réponse qui corresponde à ses attentes. Il y a des médiations avec un évêque, une visite sur la tombe de l’agresseur avec la lecture d’un texte, ou encore le témoignage de victimes.

    “Nous avons reçu (...) des personnes qui n’avaient jamais parlé des violences sexuelles qu’elles avaient subies. (...) Les symptômes sont lourds: désocialisation, difficultés relationnelles importantes, pathologies psychiatriques.” Depuis mi avril 2023 une psychologue experte à été engagée à mi-temps pour soutenir les référents et orienter les victimes.

    Face aux diocèses, la présidente note que l’on “ne peut pas parler de blocage, en revanche nos interlocuteurs comprennent plus ou moins bien les enjeux. Il faut encore faire mesurer combien il est essentiel pour les personnes victimes de pouvoir se réapproprier leur histoire.” (cath.ch/cx/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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