L’Église d’Afrique n’a «aucune difficulté particulière» quant à la perspective d’étudier l’accès des femmes au diaconat, a affirmé le cardinal Fridolin Ambongo lors d’un briefing au Vatican, le 22 octobre 2024. En marge des travaux du Synode – ce chantier censé rendre l’Église plus participative et moins cléricale –, où la question fait ouvertement débat, le prélat congolais a estimé que ce thème devait être approfondi.
Le ministère particulier du diaconat, qui nécessite une ordination et qui est réservé aux hommes, est l’un des thèmes que le pape François a confié à l’une des dix commissions d’experts, qui doivent rendre leurs travaux en juin 2025. Depuis l’ouverture du Synode le 2 octobre, cette question qui crée certaines attentes dans une partie de l’assemblée, a suscité la publication de plusieurs mises au point du cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF), chargé d’étudier le rôle des femmes dans l’Église.
Répondant à la presse, le cardinal Ambongo a souligné que la question du diaconat féminin n’était pas «une nouveauté absolue dans l’Église». «Le diaconat [féminin] a existé […] au début de l’Église», a-t-il souligné, précisant qu’il s’agissait alors «essentiellement [d’un] service à la communauté», qui n’avait «rien à voir avec le sacerdoce».
Aujourd’hui, le fait que le diaconat soit considéré «comme la première étape du sacerdoce» – premier degré avant la prêtrise, puis l’épiscopat – pose «une question théologique» pour l’ouverture de ce ministère aux femmes, a poursuivi l’archevêque de Kinshasa.
Il faut "clarifier" la nature du diaconat
Pour le cardinal Ambongo, il est alors nécessaire de «clarifier» la nature du diaconat: «Diaconat comme service? Diaconat comme premier pas vers le sacerdoce? […] On n’est pas opposés à la possibilité d’étudier comment ce fut au début de l’Église».
Le cardinal congolais, qui a représenté le fer de lance de l’opposition des évêques africains à Fiducia supplicans, le document du DDF ouvrant la possibilité de bénir des couples de même sexe, a assuré faire «vraiment confiance» dans le travail de la commission instituée par le pontife. «Dès lors que c’est le pape lui-même qui lève une option pour l’ensemble de l’Église pour ce genre de question, nous serons tous heureux d’aller dans le sens de ce que le pape va nous indiquer», a-t-il affirmé.
Cette question du diaconat féminin revient régulièrement dans les briefings quotidiens du Synode. Le cardinal brésilien Leonardo Ulrich Steiner, archevêque de Manaus s’est ainsi prononcé le 15 octobre en faveur d’une ouverture: «Si nous voyons qu’historiquement cela a déjà été présent dans l’Église, pourquoi ne pas restaurer le diaconat féminin ordonné, […] tout comme cela a été fait après le concile en restaurant le diaconat permanent pour les hommes». Et d’affirmer, dans le contexte de sa région en manque de prêtres: «Beaucoup de nos femmes sont diaconesses sans jamais avoir reçu l’imposition des mains».
Depuis le début des travaux, certains membres ont fait part de leur mécontentement sur le fait que cette thématique soit écartée des discussions. Lundi, le cardinal Fernández a répondu aux personnes déçues, en proposant de discuter des travaux de son groupe de travail avec des membres du Synode jeudi prochain. (cath.ch/imedia/ak/bh)