Le pape François a décidé, le 1er octobre 2024, de réduire de 5 à 4 le nombre des préfectures de son diocèse de Rome. Cette décision est assez mal reçue par une partie du clergé qui dénonce un manque flagrant de synodalité.
L’immense diocèse de Rome qui compte près de 3 millions d'habitants était divisé depuis 1966 en cinq préfectures, chacune administrée par un évêque auxiliaire, sous la coordination du cardinal-vicaire de Rome. Mais depuis le milieu du XXe siècle, le centre historique a perdu une grande partie de ses habitants. Les 35 paroisses qui le composent ont de plus en plus de difficultés à réunir un noyau stable de fidèles prêts s’engager.
Le centre contre les périphéries
Selon le pape François cette évolution a pour effet de «voir une toujours plus grande différence entre le centre de Rome et les périphéries», le centre risquant de s’isoler et de devenir un musée. Le pape remarque en outre que le patrimoine religieux pourrait être mieux mis en valeur et «mis au service du peuple de Dieu», avec une attention particulière aux plus pauvres. Raison pour laquelle il a décidé de restructurer son diocèse.
La suppression du secteur 'Centre’ conduira ses 35 paroisses, à rejoindre l’une des quatre préfectures restantes. Le pontife adresse une critique envers «toutes les réalités ou mouvements ecclésiaux qui préfèrent dépenser de l’énergie à marquer des différences plutôt qu’à sauvegarder l’unité du diocèse».
Un pape coupé de ses prêtres?
Ses décisions concernant le diocèse de Rome ont été reçues comme l’incarnation d’un pouvoir vertical et autoritaire, survenant après une première décision de janvier 2023, qui avait déjà renforcé ses prérogatives personnelles face au vicaire de Rome, alors le cardinal Angelo de Donatis. Ce poste important est vacant depuis la mutation du cardinal de Donatis comme grand pénitencier le 6 avril 2024.
Alors que s’ouvre la seconde assemblée du Synode la décision papale a suscité surprise et désarroi parmi de nombreux prêtres. L’un d’entre eux confie à I.MEDIA que ce texte a été très mal reçu car il a été élaboré et publié sans concertation, ce qui semble contradictoire avec toute idée synodale.
Depuis quelques années, une distance croissante s’est opérée entre le pape François et une grande partie des prêtres de son diocèse. Le pape n’a plus effectué de visite pastorale officielle dans des paroisses romaines depuis 2019, même s’il s’est déplacé pour quelques événements spécifiques. Ces derniers mois, ses déplacements dans différents secteurs, pour des rencontres avec des prêtres réunis par catégorie d’ancienneté dans le sacerdoce, ont permis de reconstituer quelques liens mais sans parvenir réellement à rétablir une communication fluide entre le pape et son clergé. (cath.ch/imedia/cv/mp)