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    Gaëtan Steiner, futur diacre, est entouré de son épouse et de Jaime Reina. © Bernard Litzler

    Le travail, thème fécond pour le diaconat romand

    Les diacres romands, réunis le 25 avril 2026 à Genève, ont accueilli leur confrère français François Fayol pour leur Journée annuelle consacrée à la dimension du travail dans leur vie et leur ministère. Stimulés par les expériences de leurs confrères français, les échanges ont rebondi avec les autorités du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

    Bernard Litzler pour cath.ch

    Les diacres sont des travailleurs. Et leur vie, comme actifs ou retraités, est impactée par cette dimension essentielle. La Journée des diacres romands a permis de l’évoquer, avec un succès certain, puisque 60 personnes y ont pris part. Dans une ambiance amicale et détendue, diacres ordonnés, candidats et discernants, accompagnés pour certains de leurs épouses, se sont réunis à la cure de Notre-Dame de Genève.

    Nicolas Carron, responsable de l’organisation avec la fraternité diaconale de Genève, salue une «belle rencontre fraternelle et une journée équilibrée», rassemblant des diacres ordonnés et ceux qui se préparent à ce ministère. «Cela aidera, dit-il, à la prise de conscience de l’importance du diaconat», en pleine croissance dans les diocèses romands.

    Le «diaconat à la française»

    De fait, l’intervenant principal de la journée connaissait le sujet: le diacre François Fayol, du diocèse de Créteil, est coordinateur du Comité national du diaconat en France (CND). Récent co-auteur, avec les évêques français, d’un ouvrage Repères pour le diaconat (voir encadré), cet ancien haut fonctionnaire et syndicaliste porte un regard documenté sur le diaconat permanent, réinstauré par Vatican II, il y a plus de soixante ans.

    Les prélats de l’Hexagone ont, dès les années 1970, choisi d’ordonner diacres des hommes en activité dans des milieux professionnels divers. Ce «diaconat à la française» constituait une «décision atypique» par rapport à d’autres, indique François Fayol. Et ce choix a été confirmé à plusieurs reprises par les évêques. Car la majorité des 3’300 diacres français travaille hors Église. Ainsi l’«écosystème de relations professionnelles très large et varié » fonde leur ministère, rappelle le document précité.

    Ministère enfoui

    En conséquence, le diaconat français représente souvent un ministère enfoui. Mais il reste fondamentalement un ministère d’écoute, de bienveillance, de présence et d’attention aux personnes, qui s’engage avec humanité, indique une enquête menée dans le diocèse de Créteil. «Un ministère qui est plus parabole que parole», indique François Fayol, pour reprendre une expression de Mgr Albert Rouet, évêque émérite de Poitiers.

    «C’est rien et tout à la fois», disent les diacres, témoins de la présence du Christ dans leur vie professionnelle. S’il est une exigence forte, le diaconat doit également «éviter tout contre-témoignage». Au travail, le diacre peut être interpellé par ses collègues, il peut devenir confident de situations, ruptures ou deuils, il devient une oreille ouverte aux questions les plus diverses. «Il est important, pourtant, que la vie professionnelle puisse être relue dans le cadre des fraternités diaconales locales», prescrit l’ancien contrôleur des finances Fayol.

    Sacrement de la venue du Royaume

    Car le diaconat constitue un métissage entre la parole de Dieu et la réalité professionnelle. Or l’Église ne vise pas sa propre croissance, elle est sacrement de la venue du Royaume. «Il n’est donc pas étonnant qu’au moment où l’Église se comprend ainsi, indique François Fayol, elle restaure le ministère diaconal pour des terres de mission. Les évêques de France l’ont bien compris».

    En écho aux pratiques hexagonales, des diacres suisses ont illustré la position de « seuil » typique de ce ministère: le Vaudois Stéphane Rempe, employé communal, le Genevois Alexandre Python, directeur de l’agence de voyages Ad Gentes, et le Biennois Daniel Lattanzi, agent pastoral. De son côté, la Valaisanne Marie-France Thurre, épouse de Christian, a rappelé l’importance des femmes dans l’engagement de leurs maris.

    Devoir de réserve

    L’après-midi, répartis en cinq équipes, les participants ont pratiqué la conversation dans l’Esprit. Et deux nouveaux invités se sont prêtés au jeu des questions: Fabienne Gigon, représentante de l’évêque pour la région diocésaine Genève, et l’abbé Jean-Claude Dunand, vicaire général du diocèse LGF.

    Les réflexions sur la vie diaconale ont fait passer de la gestion du temps, au devoir de réserve (dans les milieux de travail hostiles au prosélytisme), aux orientations de la vie professionnelle et au regard des autres. Fabienne Gigon a relevé l’importance de la relecture: «On ne peut pas tout, a indiqué la Genevoise. Il faut exercer la vigilance pour ne pas risquer le surmenage». La gestion du temps préoccupe les responsables diocésains, affirme l’abbé Dunand qui concède: «L’Église est en déficit dans l’accompagnement des diacres qui préparent la retraite. Il faut faire en sorte que l’ensemble de la communauté ne fabrique pas trop de déception».

    La place des épouses

    Sur la base des expériences en France, François Fayol préconise d’adapter la mission lorsque le diacre exerce une activité professionnelle hors Église. Il insiste: «L’essentiel est de vivre une vie fraternelle entre prêtres et diacres, au sein de l’équipe pastorale et des fraternités diaconales». Et Fabienne Gigon de préciser que les épouses ont aussi leur place «hors du diaconat de leur mari » pour qu’on ne les enferme pas dans le rôle de « femme de…».

    Pour conclure, le responsable du CND rappelle qu’évêques et prêtres sont aussi diacres. En France, le mot « permanent » accolé à diacre tend à disparaître. Philippe Hugo, diacre et directeur du Centre catholique romand de formation en Église (CCRFE), apprécie la diversité des formes de ce ministère: «Ne le voyons pas comme un ministère de substitution à celui des prêtres, mais comme une nouveauté de présence dans l’Église en marche». (cath.ch/bl)

    Repères pour le diaconat

    Sous titré, «Ensemble dans la barque”, le livret édité en mars 2026 par la Conférence des évêques de France et le Comité national du Diaconat (CND) s’appuie sur les documents ecclésiaux et le document français «Des diacres. Pour une Église en tenue de service». Il s’inscrit dans la démarche synodale initiée par le pape François et répond à la demande de nombre de prélats.

    En quatre parties, il aborde les bonnes pratiques des diocèses, l’émergence des vocations de diacres, le ministère et la vie des diacres et, enfin, les fraternités diaconales. Le livret de 130 pages – dont chaque paragraphe est numéroté, à l’instar des encycliques pontificales – incite les personnes concernées à reprendre des aspects de la pratique: missions diaconales, processus diocésains, fraternités entre diacres… jusqu’aux funérailles des diacres. Un document illustré par le lavement des pieds du Jeudi-Saint, figure de l’Église servante. BL

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