Un guide pour déterminer les
investissements “éthiques” est en préparation au Dicastère pour le service du
développement humain intégral, a indiqué son préfet, le cardinal Peter Turkson,
rapporte, le 23 octobre 2019, le journal italien la Repubblica. Le prélat
a également indiqué que le Vatican voulait mieux coordonner ses propres
investissements.
Selon le quotidien, le cardinal ghanéen s’est
exprimé lors d’une conférence organisée à Milan, capitale économique et
financière de la péninsule italienne. Il a notamment commenté le document Oeconomicae
et pecuniariae quaestiones (Questions économiques et financières, en
latin), publié en 2018 par son dicastère et par la Congrégation pour la
doctrine de la foi.
Le cardinal Turkson a indiqué que son dicastère préparait
un guide des investissements “éthiques”. Ce document devra notamment
accompagner les diocèses qui n’ont pas de structures dédiées à cette question. Par
exemple, les investissements dans les secteurs de l’armement ou du pétrole devraient
être déconseillés. A l’inverse, “il faut miser sur l’agriculture dans les
pays pauvres et sur l’accès à l’eau (…), des choses qui servent à la
survie des personnes”. L’argent doit ainsi “servir et non dominer”.
En ce sens, le cardinal a considéré que la crise boursière
de 2008 avait été une “occasion perdue pour la réflexion”. Car “la
financiarisation du monde réel est un obstacle à la croissance et a créé des
réalités opaques”. Les grandes multinationales ont une “politique prédatrice”
et développent des pratiques d’évasions fiscales tandis que la spéculation
“promeut un modèle qui laisse beaucoup de personnes en arrière”.
Une fusion de la gestion des investissements du Vatican?
Le cardinal Turkson a expliqué en outre que
plusieurs institutions du Saint-Siège – APSA, IOR, Secrétairerie d’Etat ou
encore Congrégation pour l’évangélisation des peuples – décidaient seules de
leurs investissements et pouvaient ainsi se retrouver “souvent à jouer l’une
contre l’autre”. “Le Saint-Père pousse à une fusion” de la gestion de ces
investissements, a-t-il indiqué.
Fusion ou non, ces institutions devront trouver le
moyen d’agir de manière “très coordonnée et évitant que chacun n’agisse de son
côté”, a estimé le prélat. Le contrôle de ces investissements devrait être
confiée à l’Autorité d’information financière (AIF). (cath.ch/imedia/xln/mp)