La Conférence des évêques du Vietnam (CBCV) a marqué,
les 25 et 26 octobre 2019, les quatre cents ans de la création du système
d’écriture en caractères latins de la langue vietnamienne. Ce système mis au
point par le jésuite français Alexandre de Rhodes, en mission au Vietnam de
1625 à 1645, a largement contribué à la diffusion du christianisme dans le
pays.
Près de
deux cents personnes ont participé à une conférence, les 25 et 26 octobre
à Hô-Chi-Min-Ville, organisée par la Conférence épiscopale vietnamienne à
l’occasion des 400 ans de la création du quoc ngu, la transcription en
caractères latins, assortis de signes diacritiques, de la langue vietnamienne,
rapporte Eglises d'Asie. Parmi les
participants se trouvaient de nombreux experts linguistes et historiens, ainsi
que des spécialistes de la culture vietnamienne et de l’histoire de
l’évangélisation dans le pays. La
conférence marquait aussi le centième anniversaire de l’enseignement du chu
quoc ngu dans les écoles – le système d’écriture n'a en effet a été
autorisé officiellement qu'en 1919.
Passer des caractères chinois aux latins
Au XVII siècle, les Vietnamiens utilisaient le chu han (caractères chinois classiques) et le chu nom (un système de caractères basé sur les caractères chinois et inventé par les Vietnamiens). Au départ, le système d’écriture romain était utilisé afin d’étudier la langue vietnamienne, tandis que les Vietnamiens l’utilisaient pour apprendre les langues étrangères. Le Père Alexandre de Rhodes, un jésuite français en mission au Vietnam de 1625 à 1645, a été le principal artisan de la mise au point du quoc ngu. Il est l’auteur de trois ouvrages sur l’alphabet latin, dont un dictionnaire trilingue vietnamien-portugais-latin publié à Rome en 1651, ainsi qu’un livre de grammaire vietnamienne et un catéchisme.
Une contribution essentielle à la culture nationale
Les
missionnaires étrangers et les catholiques vietnamiens ont utilisé le quoc
ngu depuis des siècles afin d’intégrer les valeurs catholiques aux
traditions nationales, à la culture et à la société vietnamiennes, en
développant une littérature nationale (poésie, théâtre, chansons,
dictionnaires…). Le quoc ngu est devenu en outre un moyen efficace de
communiquer avec le reste du monde.
Auparavant,
la plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire les caractères chinois. Les
œuvres catholiques écrites en quoc ngu pouvaient être apprises par cœur
facilement par les catholiques vietnamiens. Ce qui a permis de renforcer leur
foi et de soutenir l’influence catholique dans la société vietnamienne. "Le quoc ngu est un don inestimable offert
par l’Église catholique au peuple vietnamien", a assuré le
professeur Quyen Si Bui Van Chuc, spécialiste des langues et cultures
asiatiques. (cath.ch/eda/mp)