Depuis au moins trente ans, l'Église du Québec fait face à des enjeux démographiques qui l'obligent à revoir la structure des paroisses. Fermetures, regroupements et fusions ont été nombreux. C'est dans un tel contexte que se joue l'avenir du diocèse de Mont-Laurier, au sud de la province.
Etalé sur un vaste territoire de 19'968 km2,
essentiellement forestier, le diocèse de Mont Laurier, fondé en 1913, compte
quelque 85'000 catholiques soit 89% des habitants de la région. Il rassemble aujoud'hui 35 communautés
chrétiennes, regroupées en 15 paroisses. Des 38 prêtres présents dans le
diocèse, une vingtaine sont à la retraite, rapporte le site Présence information religieuse.
Il y a six mois, le pape François a accepté, la
démission pour raison d'âge de Mgr Paul Lortie comme évêque de Mont-Laurier. Il
a nommé administrateur apostolique l'archevêque de Gatineau, Mgr Paul-André
Durocher. Il lui a aussi confié le mandat, de faire une étude sur l’avenir du
diocèse et de présenter des recommandations.
Revoir la structure des diocèses
"La situation actuelle exige que l'on revoie
aussi la structure des diocèses", explique Mgr Durocher. "Avec la
baisse de la pratique religieuse et la fermeture de plusieurs communautés,
notamment en milieu rural, il est devenu essentiel d'étudier la capacité d'une
région de fonctionner comme diocèse." Un document de cinq pages, qui
clarifie les enjeux et met sur la table des points de discussion, a été
distribué dans tout le diocèse.
Mgr Durocher a également lancé du 17 au 26 janvier
2020 une tournée de rencontres dans les paroisses. Pour répondre à la question:
"le diocèse de Mont-Laurier doit-il continuer à exister comme organisme
autonome ou doit-il être réaménagé en rattachant les paroisses qui le composent
à des diocèses limitrophes, notamment Gatineau et Saint-Jérôme?"
L'archevêque espère qu'à la fin de cette tournée,
il pourra rapidement déposer un rapport à la Congrégation des évêques, à Rome. Si
les opinions sont clairement favorables à une des deux options, le travail en
sera simplifié. Mais de faits les opinions risquent d'être partagées.
Les prêtres refusent la dissolution
Le 15 janvier, les prêtres incardinés dans le
diocèse ont voté à l'unanimité contre la dissolution du diocèse, indique l'abbé
Jean-François Roy. "Nous pensons que notre diocèse est encore viable sur
le plan financier pour une dizaine d'années. Prenons le temps de bien étudier
la question. Qu'on nomme un nouvel évêque. Et pesons le pour et le contre avec
lui". La démarche de fusion des
paroisses s'est étalée sur cinq ans. "Ici, on parle ici d'un diocèse qui a
été fondé il y a plus de 100 ans et on voudrait faire cela en l'espace d'un an?"
conclut-il. (cath.ch/pir/mp)