Le diplomate allemand Martin Selmayr, âgé de 53 ans, a présenté le 3 octobre 2024 ses lettres de créances au pape François en tant qu’ambassadeur de l’Union européenne auprès du Saint-Siège.
L’UE dispose d’un ambassadeur près le Saint-Siège depuis 2006, et un nonce apostolique est accrédité auprès de la Communauté européenne depuis 1970. Le poste de nonce auprès de l’UE est toutefois vacant depuis le décès de Mgr Noel Treanor, le 11 août dernier.
Martin Selmayr, né le 5 décembre 1970, a étudié le droit en Allemagne puis à Londres et à Genève, avant d’entrer en 1998 à la Banque centrale européenne (BCE) comme conseiller juridique. Après un détour par le privé de 2001 à 2004 comme chef de bureau et vice-président au sein du groupe de médias Bertelsmann à Bruxelles, il a débuté une longue carrière au sein de la Commission européenne, d’abord comme porte-parole pour les médias de 2004 à 2010.
Chef de cabinet de Jean-Claude Juncker
Il fut ensuite le chef de cabinet de la Luxembourgeoise Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire à la Justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, de 2010 à 2014.
Martin Selmayr est ensuite devenu le chef de cabinet du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, luxembourgeois lui aussi, de 2014 à 2018. Il a brièvement été le secrétaire général de la Commission, de 2018 à 2019, avant de se retirer sous le mandat de sa compatriote allemande Ursula von der Leyen. Depuis 2019, il était le chef de la représentation de la Commission européenne en Autriche. (cath.ch/imedia/cv/rz)
L’ambassadeur de l’Union européenne auprès du Saint-Siège est habituellement aussi accrédité auprès de l’Ordre de Malte, de la République de Saint-Marin et des institutions de l’ONU à Rome (la FAO et le PAM).
L’État de la Cité du Vatican utilise l’euro, en vertu d’un accord signé avec l’Italie, mais ne fait pas partie de l’Union européenne. Les papes successifs ont toutefois exprimé leur soutien à la construction européenne, ce qui a valu à Jean Paul II, en 2004, et à François, en 2016, de recevoir le prix Charlemagne, qui récompense des personnalités engagées pour l’unification européenne.
Chacun des États membres de l’UE entretient par ailleurs des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. CV