Encouragés par le prétendu "plan de paix américain pour le Proche-Orient" de Donald Trump, les colons israéliens poursuivent leur politique d'annexion en Cisjordanie. Le 21 février 2020, des milliers de colons israéliens se sont rassemblés sur un terrain appartenant au Patriarcat latin de Jérusalem à Tayasir, près de Tubas, dans le nord de la Cisjordanie, en violation flagrante de la propriété privée.
Dans un communiqué publié le 22 février, le
Patriarcat latin de Jérusalem s’inquiète de la multiplication de ce type
d’incidents et dénonce le fait que les autorités israéliennes laissent
commettre de tels actes sans réagir.
Les autorités israéliennes laissent faire
Le vendredi 21 février, les colons israéliens sont
arrivés à bord de dizaines d’autobus et de voitures et se sont rassemblés pour
une manifestation sur le terrain du Patriarcat latin, sans aucune autorisation.
Les occupants ont organisé une marche du bloc Al-Burj (bloc n° 4, parcelle n°
4) jusqu’au bloc Um el-Kaba (bloc n° 3, parcelle n° 4) à l'intérieur de la
propriété du Patriarcat, dans le cadre d'une manifestation.
Cette "violation flagrante de la propriété
privée", indique le Patriarcat latin, n’est pas la première du genre. En
effet, il y a quelques jours déjà, les colons avaient emmené leur bétail sur ce
même terrain, en y causant des "dommages considérables". Le
Patriarcat indique en avoir informé les autorités israéliennes, sans que
celles-ci ne fassent le moindre geste pour faire respecter la loi.
Violation flagrante du droit international
En conséquence, demande est faite "aux
autorités israéliennes, une fois de plus, de veiller à ce que la loi soit
respectée par toutes les personnes sous leur contrôle et d'interdire toute
nouvelle violation de nos propriétés".
Pour l’agence d'information vaticane Fides, qui rapporte également
l’incident, ces actes d’intimidations doivent être lus à la lumière du plan de
paix américain pour le Proche-Orient, présenté par Donald Trump comme le "deal
du siècle".
Cette feuille de route israélo-états-unienne, totalement
et unilatéralement en faveur des Israéliens, a été rejetée par les Palestiniens
qui n'ont même pas été consultés. Elle prévoit par exemple l’annexion de la
Vallée du Jourdain et des colonies de la Cisjordanie par l’Etat hébreu et
réduit à néant la possibilité d'un Etat palestinien, déplore Fides. Cet Etat sans continuité
géographique ne serait plus qu'un confetti de petits "bantoustans",
comme aux pires moments de l'apartheid en Afrique du Sud. (cath.ch/plj/be)