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    Conférence du pape François le 26 novembre 2019 dans l'avion qui le ramenait du Japon © Vatican Media

    Pape: Droit de veto, gilets jaunes, finances du Vatican (VERBATIM)

    Arthur Herlin, à bord de l’avion papal, I.MEDIA

    A bord de l’avion de retour de son voyage apostolique au Japon et en Thaïlande, le pape François a répondu aux questions des journalistes notamment au sujet de la légitime défense, après avoir condamné au Japon non seulement l’usage mais aussi dissuasion nucléaire. Le pontife a également abordé le récent scandale financier au sein du Vatican.

    Lors de la conférence de

    presse qu’il a tenue devant les journalistes à bord de l’avion le reconduisant

    à Rome depuis Tokyo, le 26 novembre 2019, le pape s’est à nouveau fermement

    opposé à la détention et à l’usage des armes nucléaires. Il a expliqué que le

    caractère immoral de ces deux aspects devait être inscrit au Catéchisme de l’Eglise

    catholique.

    Caractère immoral de la détention et de l’usage des armes nucléaires

    Je vous remercie pour

    votre travail. Cela a été un voyage vraiment intense et aussi avec un

    changement de catégorie parce que la Thaïlande c’était une chose et le Japon

    une autre chose. On ne peut évaluer les choses dans une même catégorie. Les

    réalités doivent être évaluées selon les catégories qui tiennent d’une réalité

    propre. Et ce sont deux réalités totalement différentes. Et pour cette raison,

    un double travail est nécessaire. Merci à vous pour cela. Je crois que le

    travail a été intense. Je me suis senti proche de vous dans ce travail.

    Droit de veto aux Nations Unies

    Sur la paix et les armes.

    Il y a ce dicton romain: si vis pacem,

    para bellum. Nous n’avons pas été assez mûrs. Les organisations

    internationales ne réussissent pas. Les Nations Unies ne réussissent pas. Elles

    font tant de choses, tant de médiations méritantes. Un pays comme la Norvège,

    par exemple, est toujours disposé à faire des médiations, à chercher des voies

    de sortie pour éviter les guerres, cela se fait et cela me plaît mais c’est

    peu. Il faut encore faire plus. Pensez un peu, et sans offenser, mais le

    Conseil de Sécurité: s’il y a un problème avec des armes, tout le monde est

    d’accord pour le résoudre pour éviter un incident belliqueux, tous votent pour

    le "oui", et un seul, avec droit de veto, dit "non" et tout

    s’arrête.

    J’ai entendu, mais je ne

    suis pas capable de juger pour dire si c’est bon ou pas. Mais c’est une opinion

    que j’ai entendue que peut-être les Nations Unies, d’ici peu, pourraient faire

    un pas en avant en renonçant au droit de veto au sein du Conseil de sécurité

    pour certaines nations. Je ne suis pas un technicien en la matière mais j’ai

    entendu comme une possibilité. Je ne sais que dire mais ce serait beau que tous

    aient le même droit mais dans l’équilibre mondial il y a des dossiers que je ne

    suis pas en mesure de juger en ce moment.

    Mais tout ce qui se fait

    pour arrêter la production des armes, pour arrêter les guerres et pour aller à

    la négociation, et aussi avec l’aide des médiateurs, de ceux qui peuvent aider,

    ceci doit se faire, toujours, toujours et cela donne des résultats. Certains

    disent que c’est peu, mais commençons avec ce peu et avec le résultat de la

    négociation pour chercher à résoudre les problèmes.

    Hypocrisie: des pays chrétiens vendent des armes

    Par exemple, le cas de

    l’Ukraine et de la Russie, on ne parle pas d’armes mais il y a une négociation

    sur un échange de prisonniers, je trouve positif, il y a toujours un pas pour

    la paix. Il y eu un échange pour penser à une planification d’un régime de

    gouvernement dans le Donbass, ils discutent, mais c’est toujours un pas vers la

    paix. Pas avec les armes.

    Il s’est produit, il y a

    peu de temps, une belle et mauvaise chose. La mauvaise chose est l’hypocrisie

    de ceux qui produisent des armements, pays chrétiens, au moins de culture

    chrétienne, pays européens, de culture européenne… Ils parlent de paix et ils

    vivent des armes. Cela s’appelle de l’hypocrisie. C’est une parole évangélique.

    Jésus la disait. Dans le chapitre 23 de Mathieu. Arrêtez avec l’hypocrisie !

    Une nation doit avoir le courage de dire, je ne peux pas parler de paix car mon

    économie gagne beaucoup avec la fabrication des armes. Ce sont des choses, sans

    insulter, sans salir ce pays, mais parler comme des frères, la fraternité

    humaine, arrêtons messieurs, cette chose est laide.

    Dans un port est arrivé

    un bateau d’un pays, plein d’armes, qui devait décharger ses armes dans un

    bateau plus grand pour aller au Yémen. Nous savons ce qui se passe au Yémen.

    Les ouvriers du port ont dit "non". Ils ont été braves et le bateau

    est retourné chez lui. C’est un cas mais il nous enseigne comment on doit

    avancer sur ces choses. La paix aujourd’hui est très faible, très faible. Mais

    il ne faut pas se décourager. Nous devons aider cette faiblesse des armes.

    Légitime défense

    L’hypothèse de la

    légitime défense, demeure toujours. C’est une hypothèse qui est également

    envisagée par la théologie morale mais comme un dernier recours. Ultime recours

    avec les armes ! La légitime défense avec la diplomatie, par les médiations,

    dernier recours, légitime défense, mais je souligne, ultime recours !

    Nous sommes en train

    d’aller vers un progrès éthique qu’il me plaît d’interroger sur toutes ces

    choses. Et ceci est beau, on dit que l’humanité avance, pas seulement vers le

    mal, mais vers le bien.

    Encyclique sur la non-violence

    Le projet existe, mais

    c’est le prochain pape qui la fera parce que j’ai à peine le temps. Il y a des

    projets qui sont dans ces tiroirs, j’en ai une sur la paix par exemple, et là,

    je mûris et je sens quand ce sera le moment, je le ferai.

    Mais j’en parle

    suffisamment. Par exemple le problème du harcèlement avec les enfants à

    l’école. C’est un problème de violence. J’en ai justement parlé avec les jeunes

    Japonais. C’est un problème que beaucoup de programmes éducatifs cherchent à

    résoudre. C’est un problème de violence et les problèmes de violence doivent se

    résoudre. Mais une encyclique sur la violence, je ne la sens pas encore mûre,

    je dois encore prier beaucoup et trouver la voie.

    L’apport de l’Eglise orientale

    Il y a quelque chose qui,

    moi, m’a beaucoup éclairé, un dicton : "Lux ex oriente, ex occidente luxus"

    - la lumière vient de l’orient, le luxe et le consumérisme viennent de

    l’occident. Il y a vraiment cette sagesse orientale. Qui n’est pas seulement

    une sagesse seulement de connaissance mais sagesse des temps, sagesse de

    contemplation. Qui peut aider beaucoup la société occidentale trop pressée.

    Apprendre un peu la contemplation, à s’arrêter et à regarder poétiquement les

    choses. Ça c’est une opinion personnelle: je crois qu’il manque à l’occident un

    peu plus de poésie. Il y en a des poétiques très belles, mais l’Orient va

    au-delà, il est capable de regarder les choses avec des yeux qui vont au-delà.

    Je ne veux pas utiliser le mot ‘transcendance’ parce que certaines religions

    orientales ne font pas allusion à la transcendance, mais ont une vision au-delà

    des limites de l’immanence. Sans parler de transcendance. C’est pour cela que

    je parle de poésie, cette gratuité, rechercher sa propre perfection, dans le jeûne,

    dans les pénitences, et aussi dans la lecture de la sagesse des sages

    orientaux. Je crois que nous Occidentaux, [nous devons nous] arrêter un peu et

    donner du temps à la sagesse, ça nous fera du bien. Face à cette culture de

    l’urgence, la culture de s’arrêter un peu.

    Hiroshima et Nagasaki

    Nagasaki a souffert de la

    bombe atomique et cela fait la ressemblance [avec Hiroshima]. Mais Nagasaki n’a

    pas eu seulement la bombe atomique mais aussi les chrétiens [persécutés].

    Nagasaki a des racines chrétiennes anciennes: la persécution des chrétiens,

    partout dans le Japon mais particulièrement forte ici. Le secrétaire de la

    nonciature m’a offert un facsimilé en bois où il est écrit le "Wanted"

    de cette époque. On recherchait les chrétiens non? Si tu en trouves un,

    dénonce-le et tu auras tant, si tu trouves un prêtre, dénonce-le et tu auras

    tant. Une chose comme ça. Allant au musée, cela marque. Il y a eu des siècles

    de persécutions. C’est un phénomène chrétien qui relativise au bon sens du

    terme la bombe atomique. Mais ce sont deux choses, non ? Si quelqu’un va

    seulement à Nagasaki, il se dit bon très bien les chrétiens et la bombe

    atomique et s’arrête là. Mais aller à Hiroshima, il y a seulement la bombe

    atomique. Parce que ce n’est pas une ville chrétienne. C’est la raison pour

    laquelle j’ai voulu aller aux deux.

    Hiroshima a été une vraie

    catéchèse humaine sur la cruauté. Je n’ai pas pu voir le musée d’Hiroshima,

    mais ça été une grosse journée. Mais tout le monde dit qu’il est terrible.

    Aussi des lettres des chefs d’Etat, de généraux, qui expliquaient comment on

    pouvait faire un désastre plus grand: pour moi cela a été une expérience

    beaucoup plus touchante que celle à Nagasaki. Nagasaki, c’est celle du martyre,

    j’ai vu un peu le musée. Mais Hiroshima est très marquant. Et là, j’ai redit

    que l’usage des armes nucléaires est immoral. Cela doit aller dans le

    catéchisme de l’Eglise catholique. Et pas seulement l’usage mais aussi la

    possession, parce qu’un incident d’une possession ou la folie d’un gouvernant

    peuvent détruire l’humanité. Pensons à cette citation d’Einstein: la quatrième

    guerre se fera avec des bâtons et des pierres.

    Crise à Hong Kong

    Les télégrammes

    s’envoient à tous les chefs d’Etat. C’est une chose automatique. Ils sont

    constitués de salutations et c’est aussi une façon courtoise de demander le

    survol de leur territoire. Cela n'a un sens ni d’approbation ni de

    condamnation. C’est mécanique. Nous le faisons quand techniquement nous sommes

    en train d’entrer. Ça n’a aucune valeur, au sens de votre question. Ça n’a pas

    d’autre valeur que la courtoisie. Ce n’est pas seulement Hong Kong. Pensez au

    Chili, pensez à la France, la France démocratique, un an de gilets jaunes!

    Pensez au Nicaragua, à d’autres pays d’Amérique latine, le Brésil, qui ont des

    problèmes de ce genre, et à quelques pays européens. C'est une chose globale.

    Que fait le Saint-Siège avec ça? Il appelle au dialogue et à la paix. Mais pas

    seulement à Hong Kong. Ce sont diverses choses qui ont des problèmes que, moi,

    en ce moment, je suis incapable d’évaluer. Moi je respecte la paix et demande

    la paix dans ces pays qui ont des problèmes. Des problèmes aussi en Espagne. Il

    convient de relativiser les choses et appeler au dialogue et à la paix pour que

    soient résolus les problèmes. Me plairait aller à Pékin, j’aime la Chine.

    Finances du Vatican

    Avant tout, la bonne

    administration normale. Les sommes du Denier de saint Pierre: qu’en faire ? Je

    les mets au coffre ? Non. Ce serait une mauvaise administration. Je cherche à

    faire un investissement et, quand j’ai besoin d’en donner, quand il y en a

    besoin au cours de l’année, on en prend et le capital ne se dévalue pas, il se

    maintient, voire croît un peu. C’est cela la bonne administration. C’est mettre

    au coffre qui est mauvais. Je dois rechercher une bonne administration, un bon

    investissement, ceci est clair ?

    Chez nous, on dit qu’un

    bon investissement est un investissement "de veuve". Comment font les

    veuves ? Deux œufs par ici, trois-là, cinq ici… Si l’un se brise, elle ne se

    ruine pas. Et toujours sur du sûr. Et toujours sur du moral. Si tu investis le

    Denier de saint Pierre sur une usine d’armements, ça ne va pas.

    Le Denier de saint-Pierre

    doit se dépenser en un an, un an et demi jusqu’à ce qu’arrive la collecte

    suivante qui arrive du monde entier. C’est cela la bonne administration, sur du

    sûr. Et aussi si tu peux acquérir une propriété, loue-là puis vends-là, mais du

    sûr, avec toutes les sécurités pour le bien des gens.

    Scandale financier au Saint-Siège

    Puis est arrivé ce qui

    est arrivé. Un scandale. On a fait des choses qui n’étaient pas propres. Mais,

    la dénonciation n’est pas venue de dehors. Cette fois la réforme de la

    méthodologie économique qu’avait déjà commencée Benoît XVI est allée de

    l’avant. C’est le réviseur des comptes, interne, qui a dit: "ici, il y a

    quelque chose de mauvais, ici il y a quelque chose qui ne fonctionne pas".

    Il est venu me voir. Je lui ai demandé : "Vous êtes sûr". "Oui",

    et m’a montré les noms. "Que dois-je faire ?" "Il y a la justice

    vaticane: vas-y et procède à la dénonciation au promoteur de justice."

    Et de cela, j’ai été

    content parce qu’on voit que l’administration vaticane, maintenant, a les

    ressources pour éclaircir les mauvaises choses qui arrivent à l’intérieur comme

    dans ce cas qui, s’il ne s’agit pas de celui de l’immobilier de Londres qui

    n’est pas encore clair, est un cas de corruption. Le promoteur de justice a

    étudié l’affaire, a consulté et a vu qu’il y avait un coin obscur dans le

    village. Puis, il m’a demandé la permission de faire les perquisitions. J’ai

    dit: c’est clair pour vous ? "Oui, oui, il y a une présomption de

    corruption dans ce cas, je dois perquisitionner ce bureau, ce bureau, ce bureau".

    J’ai signé l’autorisation. La perquisition s’est faite, dans cinq bureaux, et,

    à ce jour, même si demeure la présomption d’innocence, les capitaux ne sont

    plus administrés par eux ni par corruption.

    Je crois que, d’ici moins

    d’un mois, vont commencer les interrogatoires des cinq personnes qui ont été

    bloquées parce qu’il y avait des indices de corruption. Vous allez me dire: ces

    cinq personnes sont corrompues ? Non: la présomption d’innocence est une

    garantie, un droit humain. Mais, s’il y a corruption, cela se voit. Avec les

    perquisitions, on verra s’ils étaient coupables ou pas.

    C’est quelque chose de

    mal. Ce n’est pas bien que cela arrive au Vatican. Mais cela a été mis au jour

    par les mécanismes internes qui ont commencé à fonctionner et que le pape

    Benoît avait commencé à mettre en place. Et pour cela je rends grâce à Dieu. Je

    ne rends pas grâce à Dieu qu’il y ait eu de la corruption, mais je rends grâce

    à Dieu parce que le système de contrôle du Vatican fonctionne bien.

    Agence d’autorité financière (AIF)

    Le Vatican a fait des pas

    en avant dans son administration. Par exemple, l’Institut des œuvres de

    religion (IOR), aujourd’hui, est accepté par toutes les banques et peut agir

    comme les banques italiennes normales. Il y a encore un an ce n’était pas le

    cas. Il y a eu des progrès.

    Puis, le groupe Egmont.

    Egmont est une chose internationale non officielle, un groupe auquel appartient

    l’AIF. Le contrôle international ne dépend pas du groupe Egmont qui est un

    groupe privé, qui a son poids, mais un groupe privé. Moneyval fera

    l’inspection, qui est  programmée pour

    les premiers mois de l’année prochaine. Cela se fera.

    Le directeur de l’AIF est

    suspect parce qu’il y avait des suspicions de mauvaise administration. Le

    président de l’AIF a fait pression avec le groupe Egmont pour reprendre la

    documentation. Et cela, la justice ne peut pas le faire.

    Face à cela, j’ai

    consulté un magistrat italien de haut niveau. "Que dois-je faire ?"

    La justice, devant une accusation de corruption est souveraine dans un pays.

    Elle est souveraine. Personne ne peut s’immiscer dedans. Personne ne peut dire

    au groupe Egmont: "Vos papiers sont ici". Il faut étudier les

    documents. Voir ce qui a pu sembler être une mauvaise attitude, dans le sens

    d’un mauvais contrôle. Il semble que l’AIF n’ait pas contrôlé les délits des

    autres. Cela il faut le contrôler.

    Présomption d’innocence

    J’espère que, s’il est

    prouvé qu’il n’en est pas ainsi – encore une fois il y a la présomption

    d’innocence – mais pour le moment les magistrats sont souverains et doivent

    étudier comment faire. Parce que, dans le cas contraire, un pays aurait une

    administration supérieure qui affaiblirait la souveraineté du pays.

    Le président de l’AIF

    arrivait à échéance le 19 (novembre). Je l’ai appelé quelques jours avant et

    lui m’a dit qu’il arrêtait le 19. J’ai pu lui trouver un successeur. Un

    magistrat de très haut niveau juridique et économique, national et

    international, et, à mon retour, il prendra en charge l’AIF et continuera les

    choses ainsi. Cela aurait été un contre-sens que l’autorité de contrôle soit

    souveraine sur l’Etat.

    Le contrôle de Moneyval

    C’est une chose un peu

    difficile à comprendre mais c’est ce qui a un peu dérangé le groupe Egmont, qui

    est un groupe privé. Il aide beaucoup, mais il n’est pas l’autorité de contrôle

    Moneyval. Moneyval étudiera les chiffres, étudiera les procédures, étudiera

    comment a agi le promoteur de justice et comment les juges ont déterminé la

    cause.

    Je sais que, ces derniers

    jours, commenceront les interrogatoires des cinq qui ont été suspectés. Ce

    n’est pas facile mais nous ne devons pas être naïfs. Quelqu’un m’a dit: "Avec

    cela, nous avons attenté au groupe Egmont, nous les avons effrayés et qu’ils se

    posent des questions sur le terrorisme…" Nous, nous allons de l’avant avec

    la loi, avec Moneyval, avec le nouveau président de l’AIF. Le directeur est

    suspect: pourvu qu’il soit innocent. Je le voudrais, car c’est une belle chose

    qu’une personne soit innocente plutôt que coupable.

    On a fait un peu de bruit

    avec ce groupe qui voulait récupérer les papiers qui lui appartenaient…

    C’est la première fois

    que, au Vatican, une chose est découverte non de l’intérieur et non de

    l’extérieur. C’est arrivé si souvent de l’extérieur, avec beaucoup de honte…

    Et, là-dessus, le pape Benoît a été sage et il a mis en place un processus qui

    a mûri, mûri et, maintenant, l’institution du réviseur qui a eu le courage de

    faire une dénonciation écrite contre cinq personnes. Le réviseur a bien

    fonctionné.

    En vérité, nous n’avons

    pas voulu offenser le groupe Egmont qui fait tant de bien et aide… Mais dans ce

    cas, il y a la souveraineté de l’Etat. Et la justice, qui est plus souveraine

    que le pouvoir exécutif. Ce n’est pas facile à comprendre, mais j’essaye de

    vous faire comprendre.

    Industrie nucléaire

    "Je reviens sur la

    processus de l'industrie nucléaire. Il peut toujours y avoir un accident, vous

    l'avez expérimenté aussi, le triple désastre a tant détruit. Le nucléaire est

    limité. Les armes laissons-les de côté parce qu'elles sont destruction.

    L'utilisation [de

    l'énergie nucléaire] est très limitée parce que nous n'avons pas encore

    réussi  à atteindre la sécurité totale. Nous

    n'avons pas réussi. Tu pourrais me dire oui, aussi avec l'électricité on peut

    avoir un désastre parce qu'il y a des questions de non sécurité. Mais c'est un

    petit désastre. Un désastre nucléaire

    d'une centrale nucléaire sera un grand désastre. La sécurité n'a pas

    encore été atteinte. Moi j'ai une opinion personnelle: je n'utiliserais pas

    l'énergie nucléaire avant qu'il n'y ait une totale sécurité de l’utilisation.

    Moi je m'arrête sur la sécurité. Il n'y a pas la sécurité pour prévenir un

    désastre. Je fais une distinction avec la guerre, avec les armes. Mais là je

    dis nous devons faire des recherches sur la sécurité, aussi bien concernant un

    désastre que sur l’environnement.

    Et sur l'environnement,

    je crois que nous sommes allés à la limite, dans les pesticides dans

    l'agriculture, dans l'élevage des poulets, aussi les médecins disent aux mamans

    de pas manger les poulets d'élevage parce qu'ils sont engraissés avec des

    hormones et provoqueront chez les enfants des problèmes de santé. Et il y a

    tant de maladies rares aujourd'hui en raison de l'usage mauvais pour

    l’environnement. La protection de l'environnement est une chose qui doit se

    faire aujourd'hui ou jamais. Revenant sur l'énergie nucléaire: construction,

    sécurité et protection de l’environnement.

    Peine de mort au Japon

    Avec le Premier ministre,

    j'ai parlé en général de tant de problèmes, des procès, des condamnations

    éternelles qui ne finissent jamais, que ce soient des peines de mort ou non.

    Avec lui, j'ai parlé de problèmes généraux qui existent aussi dans d'autres

    pays. Les prisons surpeuplées et les gens qui attendent préventivement en

    prison sans la présomption d'innocence.

    Il y a quinze jours j'ai

    fait une intervention au congrès international de droit pénal et j'ai parlé

    très sérieusement de ce thème. Le thème des prisons, le thème de la peine

    préventive et puis de la peine de mort qui a été clairement qualifiée d'immorale,

    ne peut pas se faire.

    Je demande que cela soit

    uni à une conscience qui se développe, chaque fois plus. Par exemple, certains

    pays n'osent pas l'abolition pour des problèmes politiques, mais font une

    suspension. La condamnation doit toujours avoir pour finalité la réinsertion.

    Une condamnation sans fenêtres, sans horizons, n'est pas humaine. Egalement la

    peine à perpétuité doit être pensée comme une peine pour se réinsérer à

    l'intérieur ou à l’extérieur. Mais toujours à l'horizon la réinsertion. Vous me

    direz s'ils sont condamnés, fous, qu'ils ont un problème de maladie, de folie,

    d'incorrigibilité génétique, disons comme ça... Mais il faut trouver le moyen

    pour qu'ils produisent au moins, qu'ils fassent des choses qui leur fassent se

    sentir comme des personnes. Aujourd'hui dans tant de parties du monde les

    prisons sont surpeuplées.

    C'est un dépôt de chair humaine, là, qui au lieu de croître sainement tant de fois se corrompt. Nous devons lutter contre la peine de mort lentement, lentement. Et il y a des cas qui me donnent de la joie, parce que des pays, des Etats décident d’interrompre [la peine de mort]. J'ai parlé avec le gouverneur d'un Etat l'an dernier et lui, avant de quitter son poste, a décidé la suspension quasi définitive. Ce sont des pas, des pas de conscience humaine. Dans certains pays au contraire, ils n'ont pas encore réussi à l'incorporer dans la ligne de l'humanité.

    L'Amérique latine en crise

    Quelqu’un m’a dit ceci,

    mais il faut faire une analyse: la situation aujourd’hui en Amérique latine

    ressemble à celle de 1974-1980. Au Chili, en Argentine, en Uruguay, au Brésil,

    au Paraguay, et je crois aussi en Bolivie. La situation était enflammée. Mais

    je ne sais pas si un problème est semblable à l’autre. Vraiment, je ne suis pas

    capable d’une analyse complète de cette situation. Tout ce que je vois, c’est

    qu’il y a des déclarations, qui justement ne sont pas des déclarations de paix.

    Mais la situation au Chili me fait peur. Le Chili vient de sortir du problème

    des abus qui a fait beaucoup souffrir.

    Maintenant, je ne

    comprends pas très bien ce qui se passe là-bas, mais la situation est

    enflammée, comme vous l'avez exprimé. Il faut chercher le dialogue, et aussi

    l’analyse. Je n’ai pas encore trouvé une analyse bien faite sur la situation en

    Amérique latine. Il y a des gouvernements faibles, vraiment faibles, qui n’ont

    pas réussi à mettre de l’ordre et la paix dans leurs pays. Et c’est pour ça

    qu’ils en sont arrivés à cette situation.

    Sur le plan concret, le

    Venezuela a demandé ma médiation. Et le Saint-Siège a toujours été disposé. Et

    avant, il y a eu une relation saine. Nous sommes présents quand ils ont besoin

    qu’on les aide. La Bolivie a fait quelque chose de ce genre. Pour l’instant, je

    ne sais pas sur quel chemin. Ils ont fait une demande aux Nations Unies qui ont

    envoyé des délégués de certains pays non-européens. Pour le Chili, je ne sais

    pas s’il a fait une demande de médiation internationale. Le Brésil, sûrement

    pas, mais là-aussi, il y a des problèmes. Avec une chose un peu étrange. Je ne

    veux pas dire un mot de plus. Je suis incompétent parce que je n’ai pas bien

    étudié cela. Et sincèrement, je ne comprends pas bien.

    La Thaïlande

    Je profite de votre

    question. Permettez-moi de parler un peu de la Thaïlande. La Thaïlande est

    différente du Japon. Une autre culture. Une culture de la transcendance, une

    culture de la beauté, qui est différente de la beauté du Japon. Une culture

    avec tant de pauvreté et tant de richesses spirituelles.

    Il y a la Thaïlande du

    Sud, et il y a la belle Thaïlande du Nord où je n’ai pas pu me rendre, et la Thaïlande

    tribale, avec toute une autre culture. (...)

    Mais en Thaïlande, on ne les connait pas encore bien. A Bangkok, j’ai vu

    une ville très moderne, très belle. (cath.ch/imedia/ah/be)

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