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    L'attaque contre Téhéran © Keystone/AP Photo/Vahid Salemi

    Pour le Père Reese, la guerre contre l'Iran n'est pas une guerre juste

    La plupart des chrétiens reconnaissent que la guerre est parfois nécessaire et juste. Mais «la lutte actuelle contre l'Iran l’est-elle?» s’interroge le jésuite étasunien Tom Reese. Au vu des critères traditionnels, la balance penche clairement vers le ‘non’.

    Ancien rédacteur en chef de America, le magazine des jésuites des États-Unis, Tom Reese est chroniqueur à Religion News Service. Dans un article publié le 3 mars, il revisite les critères traditionnels d'une guerre juste, notamment ceux avancés par l’Église, à savoir: avoir une cause juste, utiliser des moyens justes, avoir une probabilité de succès et être initiée par une autorité légitime.

    Droits humains et menace imminente

    Face à une guerre défensive, il est aisé de plaider la cause juste. Mais la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran rentre dans la catégorie des guerres offensives. Le pape Jean Paul II avait apporté des nuances à ce propos. S’opposant aux guerres en Irak et en Afghanistan, il avait soutenu ce qu'il avait appelé une «intervention humanitaire» en Bosnie pour mettre fin au génocide des musulmans, une cause estimée juste.

    Un autre argument en faveur d’une guerre offensive est généralement admis: la nécessité de mettre fin à une menace imminente pour la nation. Reprenant ces deux arguments, Tom Reese signale que trop souvent de fausses informations, voire même des mensonges, sont utilisés comme excuses pour présenter une attaque comme ‘juste’.

    L’usage de fausses informations

    Les gouvernements étasuniens, eux-mêmes, ont plus d’une fois mis en pratique cette méthode, remarque-t-il. Comme en 1964, quand le Congrès américain a approuvé la résolution du golfe du Tonkin pour le Vietnam, qui est devenue la base juridique de l'entrée en guerre, sur la base de mensonges ou de renseignements erronés. «Plus de 50 ans plus tard, la victoire des communistes vietnamiens ne s'est pas avérée aussi désastreuse pour les États-Unis que prévu. Si le peuple vietnamien n'est pas libre, le pays est désormais plus proche de nous que de la Chine. Des vies et de l'argent ont été gaspillés dans une guerre qui n'aurait jamais dû avoir lieu.»

    L’autre exemple marquant est celui de l'invasion de l'Irak en 2003, qui reposait sur la présence d'armes de destruction massive qui n'existaient pas en réalité. «Certes, Saddam Hussein n'est plus là et l'Irak est une démocratie naissante, mais à quel prix!» lance le prêtre journaliste. Et quel succès? «L'invasion a conduit à la montée en puissance du groupe État islamique. Le pays est profondément divisé par les milices soutenues par l'Iran.»

    Le potentiel nucléaire iranien: vraie menace?

    Dans le cas de la guerre contre l'Iran, le discernement est donc de mise face aux arguments présentés par Donald Trump. Faut-il croire le président américain, dont «les antécédents de mensonges n'inspirent pas confiance», quand «il déclare que les Iraniens étaient sur le point de mettre au point des armes nucléaires, alors même qu'il a affirmé il y a quelques mois à peine avoir détruit le potentiel nucléaire de l'Iran», se demande le jésuite. Donald Trump, du reste, n'a présenté aucune preuve démontrant que l'Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis.

    Quelles probabilités de succès?

    L’intervention américaine serait-elle alors justifié par des motifs humanitaires, celui de renverser un régime qui a assassiné, lors des manifestations de janvier 2026, des milliers de ses ressortissants? Selon les critères traditionnels qui définissent une guerre juste, les probabilités de succès doivent être importantes. Or «Il est probable que le fait d'appeler les Iraniens à attaquer leur gouvernement entraînera la mort de dizaines de milliers de manifestants et n'aboutira à aucun changement», note le jésuite.

    Enfin, rappelle le Père Reese, une guerre juste doit être déclenchée par une autorité légitime. Aux États-Unis, il s'agirait du Congrès, qui n'a pas approuvé la guerre. Quant aux Nations unies, elles n’ont pas été consultées. CQFD. (cath.ch/RNS/lb)

    19/11/2020

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