Un frère de Saint-Jean a été renvoyé de l’état clérical par le Vatican, pour des abus sexuels sur des jeunes femmes majeures qu'il accompagnait spirituellement.
Plus de
dix ans après les premiers signalements portés contre lui, frère Marie-Olivier
Rabany, membre de la communauté Saint-Jean, a été renvoyé de l’état clérical
par le tribunal de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). C’est ce
qu’indique le prieur général de la communauté, frère François-Xavier Cazali,
dans une lettre adressée à une des victimes du religieux.
Le
religieux s'est rendu coupable de "gestes
à connotation sexuelle dans le cadre de l’accompagnement", a
expliqué au quotidien La Croix frère
Jean-Yves Le Bec, responsable de la communication de la communauté Saint-Jean.
Les agressions se sont déroulées au début des années 2000, à 'l’école de vie'
de la communauté à Saint-Quentin-sur-Indrois, en Indre-et-Loire. Six jeunes
femmes, toutes majeures au moment des faits, ont déposé plainte.
Des faits prescrits pour la justice civile
Le renvoi
de l’état clérical du frère Marie-Olivier est "très important pour la reconnaissance de la souffrance des victimes",
estime le frère Jean-Yves. Des plaintes avaient également été déposées devant
la justice civile, mais elles ont abouti à un non-lieu pour cause de
prescription.
La
communauté Saint-Jean avait reçu les premiers signalements au sujet de frère
Marie-Olivier Rabany dès 2006. Suite à ces avertissements, le frère s'était vu retirer
ses responsabilités, interdit de confesser pour deux ans et soumis à un suivi
psychologique. Mais il a fallu attendre 2016 pour des mesures plus strictes. Le
prêtre est suspendu de toute activité sacerdotale ou apostolique.
En
parallèle à la procédure canonique, frère Marie-Olivier a fait, en juin 2019,
une demande pour quitter l’habit religieux et pour reprendre une activité
civile. Encore religieux pour le moment, il ne vit cependant plus en communauté.
Frère
Marie-Olivier Rabany est le troisième membre de la communauté Saint-Jean à être
renvoyé de l'état clirical. Il pourrait toutefois ne pas être le dernier,
d’autres dossiers ayant été transmis à la Congrégation pour la doctrine de la
foi.(cath.ch/cx/mp)