En raison des mauvaises récoltes, quelque 8 millions de personnes pourraient mourir de faim au Zimbabwe si une aide d'urgence n'est pas rapidement fournie. Ce cri d'alarme a été lancé le 27 février 2020 par Mgr Robert Christopher Ndlovu, archevêque de Harare, capitale de ce pays d'Afrique australe de 14 millions d'habitants.
La situation de
sécheresse que connaît le pays et l'effondrement économique général sont
quelques-uns des facteurs importants qui ont conduit à l'insécurité alimentaire,
note Mgr Ndlovu, qui est également président de la Conférence des évêques
catholiques du Zimbabwe (ZCBC).
Le phénomène El Nino
En 2019, à cause du
phénomène climatique El Nino, qui a influencé
les températures et les précipitations, les pluies sont arrivées tardivement en
Afrique australe, affectant sérieusement les récoltes. Selon, le Programme
alimentaire mondial (PAM), jusqu'à 45 millions de personnes en Afrique australe
(Malawi, Zimbabwe, Botswana, Zambie, Afrique du Sud, Eswatini (Swaziland),
Lesotho, Mozambique, entre autres) devraient souffrir de pénuries alimentaires
en 2020.
Des millions d'enfants
scolarisés, de réfugiés et de familles pauvres seront les plus exposés aux
effets de cette insécurité alimentaire qui menace la sous-région.
L'insécurité alimentaire affecte la moitié de la population
Au Zimbabwe, ce seront près de 8 millions d’habitants qui seront confrontés à l'insécurité alimentaire. Cela signifie que la moitié de la population du pays n'aura pas assez de nourriture. Pour le PAM, les facteurs qui ont exacerbé la situation de la sécurité alimentaire du Zimbabwe sont multiples. En plus du déficit pluviométrique, le pays souffre d’une mauvaise situation économique, avec un faible revenu et une économie sous-perfusion.
Comme conséquences, le
Zimbabwe connaît pauvreté généralisée, une forte présence du VIH sida, des
possibilités d'emploi limitées, et un grave problème de liquidités. Les chocs
récurrents des changements climatiques et l'instabilité économique contribuent
à limiter l'accès adéquat à la nourriture. Le réseau des systèmes d'alerte
précoce contre la famine a classé la situation actuelle à la phase 3 de crise
alimentaire, qui affectera la majeure partie du pays, soit le niveau
intermédiaire avant celui de famine à part entière.
109e place dans l'Indice de la faim dans le monde
Dans son rapport 2019, Global Hunger Index, l'Indice de la faim dans le monde a classé le Zimbabwe à la 109e place sur 117 pays. Il fait aussi partie des pays où le taux de sous-alimentation, évalué entre 49,3 et 59,6%, est le plus élevés. Il partage cette évaluation avec Haïti et la République centrafricaine. Le gouvernement du Zimbabwe a déjà annoncé que les stocks de céréales sont faibles et que ceux qui le peuvent sont encouragés à importer des céréales et d'autres produits de base.
Lors d’une conférence
de presse à Harare, la capitale, le 27 février 2020, Mgr Robert Ndlovu, a
déclaré que la ZCBC joignait sa voix à celle du gouvernement pour lancer cet appel
"au nom des personnes de toutes les races, cultures, genres et religions
au Zimbabwe qui sont et qui seront bientôt dans le besoin urgent de nourriture".
Mgr Robert Ndlovu a
rappelé que la Caritas locale avait lancé un appel d'urgence, qui a déjà permis
de recueillir 200’000 Dollars (193'000 CHF), mais que ce montant était loin de
suffire pour nourrir des millions de personnes affamées. "Notre objectif
est de toucher autant de victimes de la sécheresse que possible", a-t-il
fait remarquer, avant d’ajouter que l’Eglise catholique veut mobiliser une aide
alimentaire suffisante pour faire "une différence dans la vie des millions
de personnes qui souffrent de la famine, notamment les enfants, les femmes et
les personnes vivant avec le VIH sida". (cath.ch/ibc/be)