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    L'année écologique annoncée par le Vatican se base sur les principes de Laudato si'  (Pixabay)

    Ecologie: une année pour "convertir" les consciences

    Le Vatican a lancé, le 24 mai 2020, à l’occasion du 5e anniversaire de Laudato si’ (2015), une année écologique. Cinq ans après la publication de l'encyclique du pape François, le but est de favoriser une conversion écologique par les actes. Durant cette année, cath.ch présentera un certain nombre d...

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    L'année écologique annoncée par le Vatican se base sur les principes de Laudato si'  (Pixabay)
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    Ecologie: une année pour "convertir" les consciences

    Actualités

    Quand science et foi s'allient pour la planète

    Pour l'Abbé d'Hauterive, Marc de Pothuau, l’encyclique Laudato si’ est un texte marquant pour le christianisme
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    Pour l'Abbé d’Hauterive, il y a un avant et un après Laudato si’

    Le nouveau magazine en ligne de la CEF est dédié à l'écologie intégrale
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    France: les évêques lancent un webzine dédié à l’écologie intégrale

    La destruction de l'habitat des chauves-souris serait l'une des causes de l'apparition de nouveaux virus (pixabay.com)
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    L'année écologique annoncée par le Vatican se base sur les principes de Laudato si' (Pixabay)

    Ecologie: une année pour "convertir" les consciences

    Le Vatican a lancé, le 24 mai 2020, à l’occasion du 5e anniversaire de Laudato si’ (2015), une année écologique. Cinq ans après la publication de l'encyclique du pape François, le but est de favoriser une conversion écologique par les actes. Durant cette année, cath.ch présentera un certain nombre d'initiatives, en Suisse et dans le monde, s'efforçant de concrétiser cet engagement.

    Le projet "The Living Chapel" installé dans le Jardin botanique de Rome, entend à la fois faire percevoir la beauté de la Création à travers l'art et promouvoir des projets de sauvegarde de la Maison commune, en particulier la reforestation.

    Il s'agit de l'une des premières démarches à s'inscrire dans cette année consacrée à l'action pour l'environnement. Parmi les autres projets spéciaux qui seront lancés: le nouveau prix annuel "Laudato si’", un film documentaire sur l'encyclique du pape, un concours sur les réseaux sociaux intitulé "Lire la Bible", ainsi qu'une réunion de dirigeants religieux sur le thème de l'écologie. (cath.ch/rz)

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    "The Living Chapel" est inspirée de Laudato si' © The Living Chapel Project

    Quand science et foi s'allient pour la planète

    Le nouveau projet "The Living Chapel", inspiré de Laudato si' et appuyé par le Vatican, réunit des acteurs du monde de la science, de la religion et de la société civile pour promouvoir une "conversion écologique" globale. Le professeur de l'EPFZ Thomas Crowther, dont le projet onusien de reforestation est soutenu par "The Living Chapel", se réjouit de ce rapprochement entre foi et science.

    Planter mille milliards d'arbres. C'est l'horizon qu'ambitionne Thomas Crowther avec le projet "Trillion Trees" (un billion d'arbres). Le scientifique britannique spécialisé dans l'écologie des écosystèmes et professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) est le principal conseiller scientifique de la campagne onusienne visant à une reforestation à grande échelle de la planète. Le but est à la fois de protéger la biodiversité et de lutter contre le réchauffement climatique, les arbres ayant la capacité d'emmagasiner le CO2.

    Une initiative "multi-branches"

    Thomas Crowther s'est exprimé en visioconférence (coronavirus oblige), le 5 juin 2020, pour le lancement du projet "The Living Chapel", à Rome. L'initiative "multi-branches", qui se déploie à la fois dans l'architecture, la musique et l'action concrète, veut encourager les populations à vivre en harmonie avec l'environnement.

    Thomas Crowther est spécialiste de l'écologie des écosystèmes
    Thomas Crowther est spécialiste de l'écologie des écosystèmes @ Commons/Gabrielle Bastien/CC BY-SA 4.0

    Le cœur de la démarche est une structure métallique végétalisée (The Living Chapel), installée dans le Jardin botanique de Rome, abritant des plants d'essences d'arbres fruitiers "oubliés" d'Italie et d'Europe du Sud. Ces arbrisseaux sont destinés à être replantés dans des "jardins Laudato si'" dont l'établissement est prévu en Italie et ailleurs.

    La dimension symbolique de "The Living Chapel" vient en soutien à une démarche de "lobbying". L'initiative appelle en particulier les Etats à soutenir le projet "Trillion Trees" auquel participe le "Crowther Lab", à l'EPFZ. Ce dernier est partenaire de "The Living Chapel", au même titre que les deux entités religieuses que sont le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, dirigé par le cardinal Peter Turkson, à Rome, et le "Mouvement catholique mondial pour le climat".

    Tronc commun entre science et religion

    "Trillion Trees Campaign"

    En 2006, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a lancé, en coopération avec le Centre mondial de l'agroforesterie (ICRAF), la campagne "Plantons pour la planète: un milliard d'arbres" (Plant for the Planet: Billion Trees Campaign). La campagne est devenue "un billion d'arbres" (Trillion Trees) après que l'objectif initial ait été atteint.

    L'un des rôles du "Crowther Lab" est de conseiller les instances étatiques et les ONG impliquées dans la reforestation, en leur indiquant notamment dans quelles zones le faire et quelles essences utiliser.

    L'équipe de l'EPFZ estime que 900 millions d’hectares (soit environ la superficie des Etats-Unis) de couvertures arborées supplémentaires pourraient pousser sur la Terre, en plus des 2,8 milliards d’hectares actuels. Cela permettrait, selon ces scientifiques, d'absorber un quart du gaz carbonique actuellement présent dans l'atmosphère

    Thomas Crowther insiste sur le fait que la reforestation ne peut se faire qu'en corollaire d'une réduction des émissions carbone. Il précise à cath.ch que cela doit nécessairement passer par un changement dans nos modes de vie. RZ

    Une coalition inhabituelle, dans ce domaine, qui, loin d'être un frein, constitue pour Thomas Crowther un développement enthousiasmant. "Il est fantastique que de grands groupes religieux tels que le Vatican s'engagent dans ces actions pour l'environnement", assure-t-il à cath.ch. Il souligne que le Vatican est notamment propriétaire d'importants terrains, de par le monde, qui pourraient être intégrés dans le projet mondial de reforestation.

    Mais pour le scientifique britannique, le potentiel de conviction et d'autorité morale de l'Eglise est particulièrement précieux. "Par le biais de la religion, il est possible de toucher des personnes qui ne se sentiraient autrement pas concernées par les questions écologiques. Nous sommes dans une situation où il s'agit de conscientiser le maximum de populations. Et en cela, le potentiel de l'Eglise catholique, qui regroupe plus d'un milliard de personnes est énorme".

    Une alliance entre science et foi qui ne heurte pas les valeurs de Thomas Crowther. "Je ne crois pas en l'opposition entre la religion et la science. Les deux ont eu, il est vrai, une longue histoire de désaccords. Mais fondamentalement, je pense que ces deux dimensions de la culture humaine sont faites pour collaborer. Je suis heureux en tout cas que l'Eglise, notamment avec Laudato si', adopte un point de vue holistique sur les problèmes de l'humanité. Une approche vers laquelle la science devrait tendre également". (cath.ch/rz)

    Les parois de
    Les parois de "The Living Chapel" ont été végétalisées @ The Living Chapel Project

    THE LIVING CHAPEL, promouvoir la vie par la beauté

    Le projet "The Living Chapel" a été lancé il y a quelques années par Julian Darius Revie, un compositeur australo-canadien résidant à Yale, dans l'Etat américain du Connecticut. Dans son discours pour le lancement officiel du projet, le 5 juin 2020, il a expliqué que l'idée lui avait été inspirée par la lecture de l'encyclique du pape François sur l'écologie intégrale Laudato si', publiée en 2015. Une phrase où le pape François appelle à redécouvrir une façon de vivre avec le milieu naturel dans une "harmonie sereine", l'a particulièrement marqué. "En tant que musicien, le terme 'd'harmonie' a une signification technique spécifique pour moi". C'est ainsi que lui vient l'idée de représenter sous forme musicale les concepts de Laudato si'.

    Un "instrument de musique vivant"

    Les réflexions de Julian Revie se concrétisent ainsi sous plusieurs formes: tout d'abord dans une forme musicale. Il travaille sur un morceau mêlant des chœurs d'enfants de divers endroits du globe à des chants d'oiseaux provenant de régions dont l'écosystème est menacé. Le projet, actuellement toujours en cours, prévoit également d'intégrer des sons provenant de matériel recyclé, notamment des percussions de vieux bidons d'essence.

    C'est là le point de connexion avec la vision architecturale du projet, visant à créer une structure "vivante" et "sonore". Julian Revie a lancé pour cette raison le concept de "The Living Chapel", finalisé au printemps 2020 dans le Jardin botanique de Rome. La structure ouverte a été dessinée par l'architecte canadien Gillean Denny sur le modèle de la "Porziuncola", la chapelle que Dieu avait demandé à saint François d'Assise de réparer. Les jardins verticaux et la gestion de la construction dans le parc botanique ont été assurés par la paysagiste italienne Consuelo Fabriani.

    La chapelle est bâtie uniquement avec des éléments recyclés, d'aluminium et de PVC. Les parois ont été végétalisées et, à l'intérieur ont été plantés des arbrisseaux d'essences indigènes d'Italie. Un système d'irrigation alimenté par l'énergie solaire permet à la fois d'arroser les plantes et d'activer des "tambours" inclus dans la structure, faits avec d'anciens bidons d'essence. Le bâtiment émet ainsi des sons différents suivant le régime hydrique du moment. L'objectif de Julian Revie étant d'utiliser ces sonorités dans son projet musical.

    Des jardins destinés à essaimer

    "The Living Chapel" s'inscrit dans le cadre de "l'année Laudato si'", décrétée par le pape François du 24 mai 2020 au 24 mai 2021.

    A la fin de l'été, les plants d'arbres nourris dans la "Chapelle vivante" seront distribués en Italie. Ils seront replantés pour revitaliser des zones dégradées ou créer de nouveaux "Jardins Laudato si". Pour l'instant, quelques autres de ces structures sont destinées à voir le jour sur la Péninsule et dans d'autres régions du monde, sur le modèle de celle de Rome.

    Le projet se veut principalement une démarche de sensibilisation, dont le but est "d'unir tous les peuples autour de la valeur partagée de sauvegarde de notre Maison commune", assure Julian Revie. Pour le compositeur, la beauté émanant des œuvres musicale et architecturale liées à "The Living Chapel" est un "chemin" pouvant mener à la rencontre avec Dieu et à une "conversion" au respect de Sa Création. RZ

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    Pour l'Abbé d'Hauterive, Marc de Pothuau, l’encyclique Laudato si’ est un texte marquant pour le christianisme © Jacques Berset

    Pour l'Abbé d’Hauterive, il y a un avant et un après Laudato si’

    Pour le moine cistercien Marc de Pothuau, l’encyclique Laudato si’ parue en 2015 est un texte marquant pour le christianisme. Cinq ans après sa parution, le document du pape François continue de faire bouger des communautés monastiques. Témoignage du Père-Abbé d’Hauterive, aux portes de Fribourg.

    Propos recueillis par Bernard Litzler

    L’encyclique du pape François Laudato si', publiée en 2015, a eu un impact fort dans l’opinion publique. Comment la percevez-vous?
    Marc de Pothuau: Ce texte nous fait entrer dans une autre époque. Comme Rerum novarum de Léon XIII en 1891, qui avait pris en compte le mouvement ouvrier, Laudato si’ constitue un point de repère qui va marquer l’histoire du christianisme. Il a reçu un accueil énorme dans le monde non chrétien, plus encore que chez les chrétiens. J’ai l’impression qu’il n’est pas assez considéré parmi les dirigeants chrétiens, les politiciens, les entrepreneurs, etc.
    C’est une formidable invitation à la cohérence chrétienne. L’ensemble des questions de notre temps sont englobées dans une réflexion qui interpelle notre responsabilité. Il y a un avant et un après Laudato si’. Désormais l’engagement écologique ne peut plus rester une option. Nous comprenons maintenant combien le péché qui prend racine dans le cœur de l’homme a un impact sur toute l’humanité jusqu’à la rendre suicidaire et capable de détruire son habitat.

    "Le discours 'vert' défendait les grenouilles mais pas l’enfant à naître"

    Au monastère de Hauterive, comme avez-vous reçu ce texte?
    Le fameux 'tout est lié', au cœur du message du pape, nous a paradoxalement libérés! Le discours 'vert' défendait les grenouilles mais pas l’enfant à naître, alors que le discours 'catho' protestait contre l’euthanasie, sans s’inquiéter de la pollution de l’eau ou de la tyrannie financière.
    Mais ce 'tout est lié' n’est pas un 'tout fout le camp!'. Laudato si’ est une invitation à la louange et à célébrer le salut plus encore qu’un cri d’alarme. C’est une merveilleuse hymne à la Création et à la vie, un appel à l’émerveillement et à la gratitude pour Celui qui donne tout. Avec Laudato si’, le combat spirituel retrouve sa place d’épicentre dans le drame contemporain. Nos responsabilités de moines d’une part, de chrétiens d’autre part, et finalement d’hommes se trouvent interpelées ensemble et réconciliées.

    L'abbaye d'Hauterive dans un des méandres de la Sarine, près de Fribourg
    L'abbaye d'Hauterive dans un des méandres de la Sarine, près de Fribourg @ Georges Scherrer

    Après la publication de l’encyclique, des connexions entre des monastères ont surgit. Comment cela s’est-il passé?
    Beaucoup de communautés monastiques enthousiasmées se sont dit: "C’est magnifique, mais par où commencer?" Car nous avons le sentiment de n’avoir pas été suffisamment fidèles à notre vocation. Les communautés sont habituées à travailler ensemble dans de nombreux domaines. La plupart affrontent les mêmes enjeux dus à la raréfaction des vocations.

    "Le pape François nous invite à bien plus qu’à trier nos déchets"


    Et un groupe a lancé l’idée d’une session inter-monastique de permaculture à la ferme du Bec-Hellouin, en Normandie. Cela a fait l’effet boule de neige. Avec Elena Lasida, une économiste qui enseigne à l’Institut catholique de Paris, un réseau s’est constitué en incluant des communautés nouvelles, œcuméniques, de toutes les sensibilités ecclésiales et liturgiques. Nous nous sommes tous rencontrés en 2019 au Carmel de Mazille, en France: ce fut une expérience belle et renouvelante. Mais ce n’est qu’un début. Il s’agit d’investir patiemment l’ensemble de nos communautés, de nos régions et surtout de nos ordres respectifs pour que la conversion écologique devienne une réalité concrète et pas seulement de belles intentions.

    Le texte du pape dépasse l’aspect strictement écologique.
    Le pape François nous invite à bien plus qu’à trier nos déchets. C’est notre style de vie dans sa globalité qu’il s’agit de revoir radicalement et plus exactement chacune de nos relations: à soi, à l’autre, à la création et à Dieu. Pour Elena Lasida, l’écologie est devenue, avec cette encyclique, l’art de la relation. Elle réintroduit les chrétiens dans la dynamique de la conversion par le biais de la conversion écologique intégrale.

    Comme moines, vous sentez-vous concernés?
    Le monachisme devrait se sentir concerné en premier lieu par l’appel du pape. En effet, nous sommes par profession des gens en état de conversion. Et le moine a organisé toute sa vie en vue de cette conversion: tout est intégré dans la démarche monastique, pas seulement prier et célébrer, mais aussi manger, dormir, travailler, être en relation avec autrui et mettre en valeur son environnement. La démarche monastique devrait être une conversion intégrale. Dorénavant aucune catéchèse, ni même aucune évangélisation ne peut avoir d’impact si elles ne partent de cette dimension: notre Rédempteur, c’est bien notre Créateur!

    L'abbaye cistercienne d'Hauterive, aux portes de Fribourg  (photo Maurice Page
    L'abbaye cistercienne d'Hauterive, aux portes de Fribourg (photo Maurice Page

    Selon vous, ce texte a une vraie dimension prophétique.
    'Notre mère la Terre crie en raison des dégâts que nous lui causons…', écrit le pape dans l’encyclique. Il dira aussi devant la caméra de Wim Wenders: 'La plus pauvre des pauvres, c’est la terre!'. Cette évidence me crevait les yeux et je ne voulais pas l’entendre? En cela, je reconnais le prophète qui nous délivre de l’idolâtrie et nous rend sensibles au Dieu vivant. Il fait appel aussi à une 'fraternité' nouvelle, propose une 'spiritualité écologique' et parle même d’une 'mystique' capable de motiver de véritables changements.

    "La voix du pape n’a rien à voir avec celle des prophètes de malheur"

    Cette encyclique invite aussi les chrétiens à vivre des collaborations nouvelles avec ceux qui sont déjà engagés dans les processus éco-responsables. Autrement dit, le pape nous demande d’écouter les prophètes du dehors, pas spécialement les chrétiens.
    La voix du pape n’a rien à voir avec celle des prophètes de malheur, accusatrice ou moralisante. Elle est prophétique surtout parce qu’il invite à louer le Seigneur. C’est un changement de posture: la situation nous demande de passer de la consommation à la contemplation et de la prédation au partage. François est prophète parce qu’il n’accuse personne, mais il invite à ouvrir les yeux sur les dons de Dieu pour que nous sachions voir leur beauté et nous unir pour en prendre soin avec délicatesse et amour.

    Mais se convertir n’est pas une chose évidente.
    Sachons discerner. On cherche un salut pour la planète et l’humanité. On craint une apocalypse. On fonde des communautés pour traverser l’effondrement. L’anxiété grandit et avec elle l’agressivité mutuelle et un nouveau moralisme. Les ados interpellent les dirigeants comme un père de famille corrigeait et humiliait ses enfants en les traitant d’irresponsables.

    "Je ne connais rien de plus toxique que l’esprit partisan qui culpabilise ou humilie"

    Les accusations

    fusent de telle sorte que j’ai rencontré des agriculteurs tellement ulcérés de

    se voir condamnés de partout qu’ils en finissent par penser que Greta Thunberg est plus nocive pour la santé que le glyphosate.

    Je ne connais rien de plus toxique pour le vivre ensemble et le bien commun que

    l’esprit partisan qui culpabilise ou humilie les autres.

    Les premiers signes du retour de la nature à la vie florissante
    Les premiers signes du retour de la nature à la vie florissante @ Raphaël Zbinden

    Comment Laudato si’ nourrit-elle la réflexion de votre communauté?
    Nous avons travaillé différents aspects de l’écologie intégrale. Notre liturgie a intégré des éléments nouveaux ou rénovés des anciens comme les rogations. Les trois clés de Laudato si’: 'Tout est lié, tout est donné, tout est fragile' ont nourri notre réflexion sur les thèmes de l’interdépendance, de la gratuité et de la créativité en lien avec nos vœux monastiques d’obéissance, de conversion des mœurs et de stabilité.
    Or, mon souci premier est de progresser ensemble dans la réflexion. La conversion écologique est communautaire. Il s’agit de promouvoir un souci commun et non pas d’avancer en franc-tireur. Cela a de très importantes conséquences.

    "Avec le pape François, on passe de la mystique à la politique"

    A l’interne,

    cela veut dire d’aller lentement, de ne perdre personne en route, de ne pas

    lancer une initiative mal comprise qui refroidirait le groupe. C’est la démarche

    synodale. Et c’est un des autres points forts de l’encyclique: la conversion

    écologique suppose des méthodes de gouvernance qui rassemble et responsabilise

    chacun, en utilisant le principe de la subsidiarité, typiquement chrétien, mais

    trop rarement appliqué dans l’Eglise! Avec le pape François, on passe de la mystique

    à la politique sans s’en rendre compte!

    Et vers l’extérieur de votre communauté?
    Je rêve d’une démarche synodale sur le sujet. Nous, abbaye d’Hauterive, nous ne devons pas nous comprendre comme une arche de Noé qui se clôture pour survivre au déluge. Au contraire, nous devrions provoquer des liens nouveaux, toujours plus évangéliques avec l’extérieur.
    Si on garde l’idée du déluge et de l’arche, nous sommes en phase d’embarquement, mais ce n’est pas l’abbaye qui est le bateau voué à surnager. C’est l’Eglise, instrument du salut, mystère qui rassemble tous les enfants de Dieu! Autrement dit, nous cherchons à provoquer des liens nouveaux qui puissent devenir des alliances et ouvrir une promesse d’avenir pour les hommes.

    Le développement durable est donc un enjeu majeur. Comment le vivez-vous dans la communauté?
    Il y a les points de vigilance personnels qui dépendent d’une conscience communautaire. Chacun des moines et dans son secteur d’activité, à la ferme, au jardin, au magasin, etc. essaye de comprendre ce qu’il peut améliorer, sachant que la vie monastique est, par essence, des plus simples.

    "Il faut écouter le cri du pauvre, du proche, pour comprendre par où passe le chemin que Dieu nous indique"

    Mais il doit y

    avoir aussi, - et c’est là que le bât blesse - les projets d’envergure. A Hauterive,

    cela avance lentement! Est-ce parce qu’un paquebot est long à dévier de sa

    trajectoire? Ou bien est-ce parce qu’un escargot qui s’élance de son

    starting-block provoque rarement des hourras? Je ne sais! Nous sommes encore en

    phase de gestation. Déjà nous discernons mieux nos objectifs.

    Deux agneaux sont bénis pour la Sainte Agnès.
    Deux agneaux sont bénis pour la Sainte Agnès. @ Flickr/Dominique Ariberti/CC BY 2.0

    Comment avancer dans la situation difficile de l’Eglise en Suisse?
    L’état démographique des communautés religieuses en Suisse n’est pas brillant. Les fragilités sont criantes, mais nous avons compris que ni la communauté d’Hauterive, ni l’Eglise ne peuvent chercher à survivre en faisant abstraction d’un monde qui court à sa perte dans la catastrophe écologique.
    Il faut écouter le cri du pauvre, du proche, pour comprendre par où passe le chemin que Dieu nous indique. Or les attentes sont nombreuses autour de nous. Untel vient à Hauterive pour le cadre bucolique, un autre pour le silence, celui-là pour partager avec nous la Parole de Dieu, celui-là nous apprécie pour notre engagement écologique, celui-là nous trouve au contraire pas assez audacieux.
    Je perçois alors, avant tout, notre charisme monastique: une communauté en symbiose avec son lieu qui ne cherche rien d’autre que l’Unité, le Dieu un. Paquebot ou escargot, notre lenteur, même dans l’urgence, peut devenir un atout pour celui qui a compris que l’important est d’avoir une vie unifiée dans la recherche du Dieu Un. En étant unifiée, notre vie peut manifester Celui qui a droit à notre louange! (cath.ch/bl)

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    Le nouveau magazine en ligne de la CEF est dédié à l'écologie intégrale © Bernard Hallet

    France: les évêques lancent un webzine dédié à l’écologie intégrale

    Tout est lié est le titre du nouveau magazine en ligne consacré à l’écologie intégrale, lancé par la Conférence des évêques de France (CEF) le 20 mai 2020. L’initiative s’inscrit dans le cadre du cinquième anniversaire de l’encyclique du pape François Laudato si’.

    «Questionnements, débats, initiatives, actions engagées durablement, expérimentations, le magazine s’enrichira en permanence de ce qui se vit partout dans l’Eglise et dans la société, à travers quatre rubriques, reprenant les grands axes de Laudato si’: constater, enraciner, comprendre et agir», annonce la première édition du magazine en ligne Tout est lié lancé par la CEF.

    Le titre de ce webzine fait référence au «Tout est lié», l’une des expressions récurrentes de l’encyclique parue en 2015. Textes, vidéos et témoignages émaillent les différentes rubriques de la publication numérique. Le but est de faire les liens entre diverses réalités et actions dans et en dehors de l’Eglise, explique encore la CEF.

    Pour le cinquième anniversaire de cette encyclique, véritable plaidoyer pour une écologie intégrale, le Vatican a encouragé une semaine d’initiatives en faveur du climat. C’est dans le cadre de cette semaine que la CEF a choisi de lancer son nouveau magazine. (cath.ch/com/bh)

    «Tout est lié»
    «Etant donné l’ampleur des changements, il n’est plus possible de trouver une réponse spécifique et indépendante à chaque partie du problème. Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. (…) Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature.» (Laudato Si § 139).

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    La destruction de l'habitat des chauves-souris serait l'une des causes de l'apparition de nouveaux virus (pixabay.com)

    Dominique Bourg: "Laudato si' peut nous guider dans l'après-Covid"

    Alors que le lien entre atteinte à l'environnement et Covid-19 se confirme, Dominique Bourg, professeur de philosophie à l'Université de Lausanne, appelle à repenser notre rapport à la Création. Selon lui Laudato si' pourrait être une ressource majeure pour sortir de la dynamique autodestructrice liée à la pandémie.

    Dominique Bourg est l'un de ceux qui tirent le plus fort la sonnette d'alarme. Depuis des décennies, il ne mâche pas ses mots pour alerter l'humanité des catastrophes qui l'attendent, si elle ne prend pas un virage radical en matière d'écologie. La crise du Covid-19 semble lui donner raison.

    Elle nous rappelle en tout cas que "tout est lié", souligne le philosophe franco-suisse. Une maxime qui est d'ailleurs le fil rouge de Laudato si' (2015). Dans l'encyclique, le pape François évoque les "constants désastres" provoqués par l'intervention humaine dans la réalité "si complexe" de la nature.

    Le boomerang de la chauve-souris

    Un constat cruellement réactualisé par la crise sanitaire actuelle, relève Dominique Bourg. Il est en effet à peu près certain que le Covid-19 a été transmis par le contact entre un être humain et un animal sauvage en vente sur le marché de la ville chinoise de Wuhan, l'épicentre de la pandémie. Une hypothèse sérieuse est qu'un pangolin ait servi d'hôte intermédiaire au virus transmis par des chauve-souris. Cette dangereuse proximité entre les milieux sauvage et humain est en lien avec les activités économiques. Les chauves-souris se rapprochent des zones habitées en raison de la destruction de leur habitat naturel, provoqué par son exploitation. Et le pangolin, s’il se confirme qu’il est l’animal intermédiaire, est l'objet d'un trafic à grande échelle très lucratif qui a amené l'animal au bord de l'extinction.

    Dominique Bourg est professeur de philosophie à l'Université de Lausanne
    Dominique Bourg est professeur de philosophie à l'Université de Lausanne @ Benoît Prieur / Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0

    Et le Covid-19 n'est pas la première alerte donnée à l'humanité. Des maladies transmises par la faune sauvage, telles que le HIV, le MERS, Ebola ou le SRAS ont déjà fait des milliers de morts. Sans que des mesures écologiques décisives soient prises par les États.

    Le monde réduit à ses parties

    Pour Dominique Bourg, à l'origine de cette inertie, l'incapacité de nos sociétés modernes à voir les choses de manière globale. "Ici joue le fameux paradigme technico-scientifique dont parle le pape François". Il implique la "soumission de la politique à la technologie et aux finances", l’intérêt économique qui "arrive à prévaloir sur le bien commun" (LS,54). "C'est le fruit de la modernité réductionniste dans laquelle nous vivons", souligne le professeur de philosophie. "Le monde est réduit à ses éléments, considérés isolément les uns des autres, l'économie, la vie sociale, la protection de l'environnement".

    Pour Dominique Bourg, cette approche réductionniste ne fonctionne qu'avec des systèmes simples. Si elle est certainement efficace pour faire fructifier les dividendes des actionnaires, elle est incapable de concevoir le bien commun dans son ensemble.

    "Aujourd'hui, nous sommes en train de commettre un crime contre la Création"

    Cette logique ne tient aucunement compte des déséquilibres naturels, notamment de la destruction de la biodiversité. Une mise en garde également présente dans Laudato si'. Le pape François s'inquiète notamment de la "disparition d'espèces qui pourraient être à l'avenir des ressources extrêmement importantes, non seulement pour l'alimentation, mais aussi pour la guérison des maladies et pour de multiples services". (LS, 33)

    Il est en outre reconnu que la variété des espèces est un rempart contre les zoonoses. En Europe, la disparition d'une grande partie des vertébrés a par exemple fait en sorte que les tiques, souvent porteuses de la maladie de Lyme ou de l'encéphalite, se sont rabattues sur les humains.

    "Et Dieu vit que tout cela était bon"

    Pour Dominique Bourg, il est temps de concevoir que la Création possède une valeur dans son ensemble. Il insiste sur le besoin d'une vision "panenthéiste" du monde, selon laquelle "Dieu est en toute chose" [qui se distingue d'une vision 'panthéiste', dans laquelle le divin est ontologiquement équivalent à l'univers]. Une conception qui rejoint celle du pape François, selon lequel "nous sommes appelés à reconnaître que les autres êtres vivants ont une valeur propre devant Dieu (…)" (LS,69).

    Dominique Bourg souligne que cette conception transparaît dans la Bible, notamment quand Dieu contemple Sa Création et affirme que "cela est bon". Dans le Nouveau Testament, Paul affirme également : "Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu'on le prenne avec actions de grâces" (Timothée, 4:4).

    Si l'on voit émerger dans la culture occidentale une certaine conscience de cette valeur intrinsèque de la nature, de nombreuses sociétés sont encore fermées à cette vision. La culture chinoise, notamment, tend à considérer l'animal selon son degré d'exploitabilité. La médecine chinoise, qui utilise souvent des éléments de la faune sauvage, possède encore une grande influence. Ces pratiques étaient certainement supportables quand les prélèvements étaient limités. Mais avec une démographie de plus d'un milliard, les atteintes à la faune sauvage et à son environnement sont devenues très importantes, note Dominique Bourg.

    Combien de plaies d’Égypte?

    "Aujourd'hui, nous sommes en train de commettre un crime contre la Création", affirme-t-il, avertissant que les problèmes provoqués par le réchauffement climatiques seront peut-être encore plus douloureux que les pandémies. Le co-directeur de la revue La Pensée écologique souligne qu'une hausse des températures de 2 degrés pourrait dès 2040 rendre inhabitable (car mortelle) quelques jours dans l’année de vastes zones entre les tropiques. L’accumulation de chaleur et d’humidité nous interdirait d’évacuer la chaleur de nos corps. A cause des dernières canicules, les récoltes de riz et de sorgho ont notamment été réduites des deux tiers en Australie.

    "La recherche d'autres voies est du domaine de l'intelligence élémentaire"

    Dominique Bourg craint pourtant que les diverses crises ne fassent finalement pas bouger les lignes de manière décisive. "En rapport au Covid-19, on entend déjà des discours pour repartir de plus belle, comme si rien ne s'était passé. La Bible parle de ce phénomène d'entêtement : Dieu doit faire subir dix plaies à l'Égypte pour que Pharaon comprenne, qui s’entête".

    Dans cette perspective, Laudato si' est certainement un document précieux, dont les principes généraux sont susceptibles de nous guider hors de cette dynamique où nous détruisons la vie sur terre, estime le philosophe franco-suisse. Le livre du pape a l'avantage de développer la dimension religieuse, à laquelle beaucoup d'habitants de la planète sont attachés. "Mais, de manière générale, en tant qu'espèce qui comprend que sa propre survie est menacée, la recherche d'autres voies est du domaine de l'intelligence élémentaire", souligne Dominique Bourg. (cath.ch/rz)

    Bio express
    Dominique Bourg est né en 1953 à Tavaux, dans le Jura français. Il a enseigné à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'université de technologie de Troyes, avant d'être nommé en 2006 professeur ordinaire à la faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne. Il a été directeur de l'Institut de politiques territoriales et d'environnement humain de la même université entre 2006 et 2009.
    Il a fait partie de la commission Coppens, de 18 membres, qui a préparé la charte française de l'environnement.
    Il codirige, avec Alain Papaux, la collection L’écologie en questions, aux Presses universitaires de France (PUF), la revue La Pensée écologique et le Dictionnaire de la pensée écologique (2015). Il a codirigé, avec Philippe Roch, la collection Fondations écologiques chez Labor et Fides.
    Président du conseil scientifique de la fondation Nicolas-Hulot jusqu'en janvier 2019, il quitte ce poste pour les élections européennes de 2019. RZ

    Vers une protection accrue de la faune sauvage?
    Nonante trois pourcent (93%) de la population du Vietnam, de la Thaïlande, du Myanmar, de Hongkong et du Japon sont en faveur de la fermeture des marchés illégaux qui vendent des animaux sauvages. Tel est le résultat d'un sondage mandaté par l'ONG World Wide Fund for Nature (WWF), basée à Gland (VD), dans ces cinq pays où la consommation de viande sauvage est très importante.
    L’apparition du coronavirus en Chine a mis ces marchés au pilori. Celui de Wuhan, où étaient vendus des animaux vivants et d'autres fraîchement abattus, est en effet suspecté d’être à l’origine de la pandémie de Covid-19. Le réservoir naturel du virus serait la chauve-souris, mais il aurait été transmis à l’humain via une espèce intermédiaire vendue sur le marché en question. Y était proposée, au côté du poisson, de la viande de 30 espèces animales, dont des pangolins, des viverridés, des écureuils, des rats, des faisans, des scorpions et des serpents.

    Mesures chinoises
    Certaines espèces susceptibles d'avoir été des intermédiaires sont désormais interdites à la consommation en Chine. Et de nombreux marchés vendant des blaireaux, des cerfs, des tortues, des pangolins, des paons et des civettes ont été fermés, rapportait le 25 février 2020, The Independent. Pour Peter Knights de l’ONG américaine WildAid, interrogé par le journal britannique, le gouvernement chinois a frappé fort dans les domaines clés. Il a interdit la vente sur les marchés, et adopté des lois comportant des sanctions plus strictes et promouvant une meilleure éducation du public. Selon lui, "les énormes risques sanitaires et économiques de la consommation d’espèces sauvages l’emportent largement sur les petits profits réalisés par les vendeurs et les éleveurs." Il espère que d’autres pays asiatiques suivront le mouvement.
    Le sondage du WWF, réalisé en pleine propagation du nouveau coronavirus Covid-19, et publiée le 6 avril 2020, indique que 87% des habitants des cinq pays asiatiques scrutés n'ont plus l'intention de consommer ce genre d'aliments.

    Les opinions évoluent
    Va-t-on ainsi vers un changement radical dans la protection de la faune sauvage? Sollicitée par cath.ch, Pierrette Rey, porte-parole du WWF en Suisse romande, le souhaite au plus haut point. Elle reste cependant réaliste et appelle à considérer le problème dans son ensemble. "Il n'y a pas que le commerce illégal d'espèces qui menace la faune sauvage. La destruction des habitats et les changements climatiques jouent aussi un grand rôle. Ce sont des facteurs sur lesquels il est urgent d'agir."
    Le WWF a d'ailleurs publié, en même temps que le sondage, un rapport détaillant les relations entre les atteintes à l'environnement et la pandémie de Covid-19.
    Pierrette Rey constatent que les opinions évoluent, également dans les pays du Sud. "Mais, souvent, le choc passé, les vieilles habitudes reprennent le dessus. Et le trafic d'animaux sauvages est un commerce très lucratif, tenu par des mafias puissantes". Dans des pays où l'Etat est parfois faible et la corruption importante, une volonté politique très forte est indispensable pour faire réellement bouger les choses.

    Augmenter la pression internationale
    La porte-parole rappelle qu'il ne s'agit pas du premier cas de zoonoses, ces dernières décennies. Il y a eu notamment le SARS-CoV-1, le "petit-frère" du Covid-19, qui a fait quelques centaines de morts au début des années 2000 en Chine. Il a été déterminé que le virus avait été transmis via la vente de civettes. Malgré cela, rien de très sérieux n'a été entrepris par le gouvernement chinois pour faire changer la situation.
    Il est encore trop tôt pour se faire une vue précise de la situation, avertit Pierrette Rey. En Chine, l'urgence n'est pour l'instant pas sur ces questions. Mais il faudra bien que Pékin se penche un jour ou l'autre sérieusement sur le problème. "La prévention sanitaire et la recherche doivent à l'avenir accorder plus d'importance aux liens entre la destruction des habitats et la perte mondiale de biodiversité d'une part et la santé humaine de l'autre, souligne la porte-parole. L'humanité entière a tout intérêt à faire cesser le trafic d'animaux sauvages". RZ

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    Des fidèles dans la cathédrale de Maasin, aux Philippines © Caloy Samson/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0

    Aux Philippines, le premier diocèse totalement à énergie verte

    Le diocèse de Maasin, aux Philippines, a été le premier de toute l’Eglise catholique à passer entièrement aux énergies renouvelables, rapporte Vatican News le 25 juin 2020. Une démarche saluée par le Vatican.

    Le diocèse de Maasin, dans la province de Leyte aux Philippines, a installé des panneaux solaires dans 42 églises pour produire de l'électricité dans le cadre de sa lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection de l'environnement.

    Le projet a démarré en 2017 pour marquer la célébration du Jubilé d’or du diocèse de Maasin. "Le projet de prévoit de couvrir 50 bâtiments et écoles du diocèse et environ 40 églises paroissiales, dont 50 laïcs dont les propriétés, telles que des entreprises et des maisons, seront invitées à s'y joindre", a déclaré l'évêque du diocèse, Mgr Precioso Cantillas, lors d'une conférence de presse.

    Une installation économique en énergie, mais également financièrement: l'installation de panneaux solaires dans la cathédrale et les bâtiments scolaires a permis au diocèse d'économiser plus de 2'000 dollars par mois en factures d'électricité.

    Le Vatican réaffirme son engagement pour l’écologie intégrale

    "Le diocèse de Maasin, aux Philippines, est devenu le premier diocèse au monde à équiper toutes les paroisses de panneaux solaires", note le document sur l'écologie intégrale "Sur le chemin du soin de la maison commune", publié le 18 juin par le Vatican pour marquer le 5e anniversaire de l'encyclique Laudato si’ du pape François. Dans ce document, un paragraphe entier est consacré aux efforts de l’Église philippine. "Je suis surpris de savoir que notre humble effort pour mettre en œuvre quelque chose pour préserver notre mère la Terre, en répondant à l'appel de la lettre encyclique Laudato si' du pape François, a été reconnu et affirmé à un haut niveau", se réjouit Mgr Cantillas. (cath.ch/vaticannews/rz)

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    Le 'Réseau Laudato si' entend mieux coordonner les efforts, afin de réaliser les postulats de l’encyclique du pape François au Tessin © Maurice Page

    Tessin: 13 associations chrétiennes promeuvent le “Réseau Laudato si'”

    Faire entendre la voix des chrétiens engagés dans la société en faveur d’une économie qui respecte l’environnement. C’est l’objectif du nouveau “Réseau Laudato si’” créé au Tessin. Le projet, soutenu par 13 organisations locales d’inspiration chrétienne, entend contribuer à un développement durable et intégral, ancré dans la réalité quotidienne.

    Corinne Zaugg, catt.ch/ traduction et adaptation: Davide Pesenti

    “Depuis 2008, à Massagno, 'l’Osservatore democratico’, un lieu ouvert à la discussion et à la formation d’idées sur des questions d’actualité de la politique tessinoise, organise des débats publics ou réservés aux membres de notre association”, explique son président Alessandro Simoneschi.

    “L’objectif de ces rencontres régulières est de partager et de synthétiser des propositions politiques sur des sujets actuels qui influencent directement ou indirectement nos vies”.

    Chrétiens engagés

    Depuis quelques mois, en vue d’un vision plus large et partagée, le cadre restreint de l’association a fait place à une collaboration avec d’autres associations catholiques actives au Tessin.

    "À un certain moment, au sein de notre association, nous avons ressenti le besoin d’impliquer d’autres organisations présentes dans notre canton, dans la mise en place de ces réflexions et de ces événements, affirme le tessinois qui coordonne cette nouvelle initiative au niveau régional. C’est ainsi qu’à partir de différents échanges est née l’idée de créer un cycle de rencontres sur le rapport entre économie et environnement”.

    On a réalisé que ce 'Réseau' pouvait devenir une valeur ajoutée, un outil pour faire entendre notre voix de chrétiens sur des questions de société.

    Alessandro Simoneschi, coordinateur de la Rete Laudato si'

    Actuellement, treize organisations suisses italiennes sont actives dans des domaines très divers de la vie ecclésiale et sociale, ont répondu positivement à l’appel de 'l’Osservatore democratico’.

    Parmi elles, on compte des organisations d’entraide catholiques comme Action de carême, Caritas Tessin, mais aussi Alliance Sud, et des associations bien enracinées au sud des Alpes, comme l'Association biblique de la Suisse italienne (ABSI), l’Union chrétienne des entreprises du Tessin (UCIT), l’Association internationale des travailleurs chrétiens du Tessin (ACLI Tessin), ou encore l'Action catholique (ACT) et le syndicat Organisation chrétienne sociale tessinoise (OCST).

    Le cycle de rencontres, qui se déclinera sur les prochains trois ans, verra la participation de professionnels et d’experts renommés du domaine, comme l’économiste italien Stefano Zamagni, l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss, la conseillère d'État de la Cité du Vatican Soeur Alessandra Smerilli ou l’architecte suisse Walter Stahel.

    Le réseau s’agrandit

    C’est l’une des premières fois qu’en Suisse italienne tant de réalités d'inspiration chrétienne se réunissent pour travailler à un objectif commun, en particulier autour de thématiques concernant l’environnement et l’économie.

    La crise causée pas le coronavirus n’a pas ralenti la démarche.

    “Si d’une part il nous a obligés à revoir la modalité des réunions, d’autre part il nous a donné le temps de réfléchir à la manière de poursuivre ce chemin de partage, explique Alessandro Simoneschi. Nous nous sommes souvent rencontrés en ligne pour poursuivre notre cheminement commun. Entre-temps, les associations qui ont décidé de participer à nos réunions n’ont cessé de croître”, se réjouit le coordinateur de l’initiative interdisciplinaire.

    Inspirés par la Doctrine sociale de l'Eglise

    “Nous avons immédiatement réalisé que le 'Réseau' avait une raison d'être qui allait bien au-delà de l’organisation de conférences et d’événements, précise celui qui préside le PDC de Massagno. Il pouvait devenir une valeur ajoutée, un outil pour faire entendre notre voix en tant que chrétiens et catholiques sur d’autres questions de société, autant importantes pour l’avenir, comme par exemple l’initiative 'Pour des entreprises responsables - pour la protection des êtres humains et de l'environnement'”.

    Il est nécessaire de mieux coordonner nos efforts, afin de réaliser les postulats de Laudato si', en faveur d’un développement durable et d’une écologie intégrale. 

    Alessandro Simoneschi

    Un autre objectif du “Réseau” est la collaboration avec l’important ‘Festival des doctrines sociales’ qui se tient chaque année à Vérone (Italie).

    “Cette année, le festival, avec lequel Markus Krienke, professeur à la Faculté de théologie de Lugano collabore déjà depuis un certain temps, prévoit une décentralisation de l'événement; une partie serait donc organisée à Lugano. Nous parlons de sessions en ligne et à distance, au moins cette année".

    Des projets et des efforts afin de devenir un lieu de promotion de la Doctrine sociale de l’Eglise, en écho aux chemins proposés par le pape François dans son encyclique Laudato si’. C’est de cette intention de fond que naît la décision de nommer ainsi la fédération d’associations nouvellement constituée.

    À l’école de Laudato si’

    “Le choix du nom nous a pris beaucoup de temps, confirme souriant Alessandro Simoneschi. Une fois le réseau consolidé, nous avons ressenti le besoin de l’institutionnaliser, en lui donnant un nom capable de transmettre notre intention et de donner un bon signal vers le monde extérieur.

    C’est ainsi que la dénomination 'Réseau Laudato si’' a semblé être la solution idéale, afin de faire comprendre immédiatement l'intention des créateurs du réseau d’avancer dans le sillage indiqué par le pape François.

    "Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de mieux coordonner nos efforts, afin de réaliser les postulats de l’encyclique, conclut le coordinateur du projet. Ceci, en faveur d’un développement durable et d’une nouvelle écologie intégrale, qui soient ancrés dans notre réalité quotidienne”. (cath.ch/catt.ch/cz/dp)

    Encadré
    Le prochain rendez-vous public organisé par le nouveau “Reseau Laudato si’”, dans le cadre du cycle de conférences “Economie et Environnement”, est prévu pour le jeudi 17 septembre 2020. L’invité de la soirée sera l’ancien Conseiller fédéral Joseph Deiss (1999 à 2006).

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    Thomas et Isabel Messmer-Meile, de la paroisse de Bruder Klaus, à Bienne, sur le toit de l'église © Jacques Berset

    A Bienne, la paroisse Bruder Klaus a "l'écologie au coeur"

    "Même si la communauté ecclésiale de base qui existait à Bienne a été dissoute, son esprit, inspiré par la théologie de la libération et son option préférentielle pour les pauvres, subsiste chez certains d'entre nous", souligne Isabel Messmer-Meile, catéchiste à la paroisse Bruder Klaus (St-Nicolas) de Bienne. Une paroisse qui a "l'écologie au coeur".

    Cath.ch a accompagné Isabel et son mari Thomas sur le toit de l'église, équipé depuis 2015 de panneaux solaires pour mesurer le chemin parcouru par cette paroisse de l'Espace pastoral Bienne-Pieterlen. Quadrilingue, elle regroupe les fidèles de langue allemande, les francophones, les italophones et les hispanophones.

    Plus grande sensibilité écologique des Alémaniques

    Ce sont essentiellement les Alémaniques qui ont fait de cet engagement pour la sauvegarde de la Création un moteur de la communauté, qui a permis de mobiliser des centaines de fidèles dans ce projet paroissial de construction d'installation solaire. Cette paroisse biennoise n'a en effet pas attendu l'encyclique Laudato si' pour se lancer, car l'équipe pastorale était déjà "conscientisée" à la préservation de l'environnement depuis longtemps.

    Les catéchistes travaillent avec les enfants sur le thèm 'Un Temps pour la Création', qui est célébré en septembre dans le monde entier
    Les catéchistes travaillent avec les enfants sur le thèm 'Un Temps pour la Création', qui est célébré en septembre dans le monde entier @ | © Bruder Klaus

    Pour elle, la sauvegarde de la Création est une tâche fondamentale de l'Eglise. Cette conviction trouve son fondement biblique dans la responsabilité confiée à l'être humain d'entretenir et de garder le Jardin d'Eden (Gn 2,15). "Pourtant, certaines voix se faisaient entendre, qui disaient que ce n'était pas une tâche de l'Eglise, que cela relevait des responsables politiques..."

    Malgré les réticences et les obstacles

    Mais l'équipe pastorale a tenu bon: le projet solaire est né suite à une retraite organisée en 2012 avec le "Seelsorgeteam" (équipe pastorale), le "Zentrumsrat" de St-Nicolas, le Conseil pastoral et l'équipe des catéchistes. "Il fallait passer de la discussion à une action concrète! On a écrit des lettres à des sponsors éventuels, fait des ventes d'habits et de nourriture, des quêtes lors de messes, des concerts, sollicité le Kolping, le Frauenverein, et même une messe avec cor des Alpes".

    "On a profité de chaque occasion, et on a ainsi pu récolter près de 55'000 francs."

    Isabel Messmer-Meile

    "On peut dire que des centaines de personnes se sont engagées, à divers degrés, car c'était un mouvement de la base, pas un ordre venant d'en haut! On a profité de chaque occasion, et on a ainsi pu récolter près de 55'000 francs, grâce aux ventes, aux manifestations caritatives, à l'organisation de collectes de fonds et aux sponsors, le reste des coûts ayant été pris en charge par la Paroisse catholique romaine de Bienne et environs". Cela a en outre permis une grande campagne de sensibilisation aux énergies renouvelables.

    En route pour le label "Coq Vert"

    Dès les années 1990, le Centre St-Nicolas mettait déjà en pratique la mission biblique de la "préservation de la Création". La paroisse est désormais en route pour obtenir le label "Coq Vert", un  système de "management environnemental" qui aide les paroisses à améliorer leurs résultats en matière d’écologie.

    Paroisse Bruder Klaus à Bienne Des jeunes ont installé des panneaux solaires sur le toit de l'église
    Paroisse Bruder Klaus à Bienne Des jeunes ont installé des panneaux solaires sur le toit de l'église @ Bruder Klaus

    La démarche, assez contraignante, aide les paroisses à optimiser leur consommation de ressources – chauffage, eau, électricité, produits de nettoyage et de bureau, etc. Elle privilégie le recours à des produits locaux, économise des frais de fonctionnement et a des effets durables et motivants au-delà des frontières de la paroisse. Le processus est mis en route avec le soutien de l'association "œco Eglise et environnement", qui se charge de l’administration et de la certification pour le label "Coq Vert".

    Le processus d’engagement mutuel en faveur de la Justice, de la Paix et de la Sauvegarde de  la  Création (JPSC) a débuté dans les années 1980 sous l'impulsion du Conseil œcuménique des Eglises (COE). "Ces thèmes ont été, dès cette date, portés par la paroisse. Dès le début des années 1990, nous avons cessé d'utiliser de la vaisselle en plastique jetable", relève Isabel, qui se souvient que quand elle vivait à Zurich, elle travaillait comme bénévole pour Greenpeace. Depuis ce temps-là, la paroisse est adepte du "fair trade" et se procure du café Max Havelaar, achète le plus possible local, notamment des produits de la catégorie Oecoplan de COOP, des crayons Caran d'Ache, utilise du papier recyclé, etc.

    L'encyclique Laudato si'

    Pour cette mère de trois enfants adultes, qui vit avec son mari Thomas à Nidau, dans l'arrondissement administratif de Bienne, la lutte pour la sauvegarde de la Création n'est pas seulement un combat pour préserver l'environnement. "Un écologiste n'a pas besoin d'être croyant, ce peut être tout simplement un humaniste!", mais pour un chrétien, c'est un engagement pour la Création, ce qui sous-tend qu'il y a un Créateur.

    Dans la démarche de l'équipe, ajoute Thomas Messmer-Meile, par ailleurs président de la Zentrumskommission (commission du centre) à Bruder Klaus, il ne s'agit pas seulement d'Umwelt (environnement), mais aussi de Mitwelt, un concept qui comprend la communauté des hommes dans leur environnement.

    Il relève que le conseil paroissial a maintenant approuvé une autre installation solaire photovoltaïque dans la paroisse du Christ-Roi/Christ König. Des panneaux produits en Suisse y ont également été installés.

    Bruder Klaus à Bienne L'installation photovoltaïque au sous-sol
    Bruder Klaus à Bienne L'installation photovoltaïque au sous-sol @ Jacques Berset

    L'encyclique Laudato si' parle d'"écologie intégrale" et de développement durable. Le pape François souligne qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui intègre la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant "la clameur de la terre" que "la clameur des pauvres".

    "Cette encyclique nous renforce dans notre engagement, et permet aussi de convaincre ceux qui étaient restés sceptiques, ou ceux qui ont besoin de légitimation d'une autorité..." (cath.ch/be)

    Des jeunes engagés dans le projet solaire
    Du 13 au 17 avril 2015, dans le cadre d'un cours œcuménique, huit jeunes ont construit l'installation solaire sur le toit de l'église Bruder Klaus à Bienne, en collaboration avec la "Jeunesse Solaire" de Greenpeace et l'entreprise d'installation solaire CREA Energie AG.Dans le cadre de l'enseignement religieux, dans les différents groupes et dans les offices religieux, ce projet a été à plusieurs reprises l'objet de discussions. Ainsi, la construction de la centrale solaire en tant que projet paroissial a pu être largement soutenue.
    En automne 2012, la paroisse de St-Nicolas de Bienne s'était fixé l'objectif ambitieux de produire autant d'électricité que possible pour ses propres besoins avec son propre système photovoltaïque.  Thomas Messmer-Meile nous montre des chiffres éloquents: de janvier à décembre 2019, l'épargne par la consommation propre est d'environ 10'500 francs, tandis que les revenus des ventes d'électricité à Energie Service Bienne (ESB) se montent à 34'500 francs. JB

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