Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • DOSSIERS

    Les recommandations du pape François pour le récit bienfaisant rejoignent les lignes directrices des Centres catholiques des médias en Suisse

    Dimanche des médias 2020: "Tisser des récits de vie"

    La campagne du Dimanche des médias prend place à la date prévue, autour du dimanche 24 mai 2020, malgré l’absence de célébrations publiques. Le site cath.ch participe activement à cette campagne, en lien avec le message du pape François pour la Journée mondiale des communications sociales.

    Contenu du dossier
    Les recommandations du pape François pour le récit bienfaisant rejoignent les lignes directrices des Centres catholiques des médias en Suisse
    Actualités

    Dimanche des médias 2020: "Tisser des récits de vie"

    Marc-Henri Jobin, directeur du Centre de formation des journalites
    Actualités

    Marc-Henri Jobin: "Comme un artisan, le journaliste tisse des récits"

    Silvana Bassetti est responsable du service communication de l'Eglise catholique romaine de Genève
    Actualités

    Silvana Bassetti: «L'Eglise doit être la porte-parole des exclus»

    Sonia Schmidt est secétaire de paroisse dans le Jura pastoral (capture d'écran)
    Actualités

    Jura pastoral: vies et attentes de paroissiens en confinement

    Julia Moreno, responsable de la communication de l'Eglise catholique dans le canton de Neuchâtel
    Actualités

    Julia Moreno: "Jésus était le communicateur par excellence"

    Jean-Claude Boillat, un engagement sans failles dans l’audio-visuel au service de la pastorale locale
    Actualités

    Jean-Claude Boillat, la communication comme un credo

    Le chanoine Claude Ducarroz, bloggeur sur cath.ch
    Actualités

    Claude Ducarroz lauréat du prix 'Good News' 2020

    Prix Good News
    Actualités

    Votez pour le prix 'Good News' 2020

    no_image
    Les recommandations du pape François pour le récit bienfaisant rejoignent les lignes directrices des Centres catholiques des médias en Suisse © Dimanche des médias

    Dimanche des médias 2020: "Tisser des récits de vie"

    La campagne du Dimanche des médias prend place à la date prévue, autour du dimanche 24 mai 2020, malgré l’absence de célébrations publiques. cath.ch participe activement à cette campagne, en lien avec le message du pape François pour la 54e Journée mondiale des communications sociales.

    C’est à la narration que le pape François consacre le Message 2020 pour la Journée mondiale des communications sociales: "La vie se fait Histoire". "Parce que je crois, écrit le pape, que, pour ne pas s’égarer, nous avons besoin de respirer la vérité des bons récits: des récits qui construisent, et non qui détruisent; des récits qui aident à retrouver des racines et la force d'aller de l'avant ensemble".

    "Cath-Info tisse des liens de vie"

    Les recommandations du pape François pour le récit bienfaisant rejoignent les lignes directrices des Centres catholiques des médias en Suisse. Car une communication n’est authentique que si elle s’avère constructive. La récente crise sanitaire a dynamisé la communication et accru le besoin de liens forts entre les personnes confinées. En ce sens, la fréquentation des médias en général et des médias chrétiens en particulier s’est intensifiée.

    Cath-Info, le Centre catholique des médias, à Lausanne, a tiré du Message du pape le slogan qui s’inscrit sur les affiches et les dépliants édités à l’occasion du 24 mai: "cath.ch tisse des récits de vie". Des récits mis en valeur, tout au long de cette campagne, au cours du mois de mai et début juin. Les témoignages de professionnels de médias vont accompagner la démarche: Marc-Henri Jobin, le directeur du Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM), Silvana Bassetti, du service communication de l’Eglise catholique romaine de Genève, Julia Moreno, du service de communication de l'Eglise catholique romaine de Neuchâtel et Jean-Claude Boillat, responsable du Service de la communication du Jura pastoral (SCJP), notamment, livreront leur vision des médias au service de la collectivité.

    "Falsification sophistiquée"

    De manière plus précise, l’analyse du pape plonge même au cœur des fonctionnements médiatiques: "À une époque où la falsification devient de plus en plus sophistiquée, atteignant des niveaux exponentiels, nous avons besoin de sagesse pour accueillir et créer de beaux, de vrais et de bons récits", explique-t-il dans son Message. "Nous avons besoin de courage pour repousser ceux qui sont faux et mauvais. Nous avons besoin de patience et de discernement pour redécouvrir des récits qui nous aident à ne pas perdre le fil au milieu des nombreuses afflictions d'aujourd'hui; des récits qui remettent en lumière la vérité de ce que nous sommes, jusque dans l'héroïsme ignoré de la vie quotidienne".

    Les héros du quotidien

    Alors que la planète est frappée par une pandémie mortelle, la communication publique doit donc se prémunir des tentatives de manipulation. La crise sanitaire a, en effet, mis en exergue les tergiversations de certains dirigeants, notamment aux Etats-Unis, au Brésil ou en Biélorussie, qui tentent de nier ou au moins de réduire la réalité de l’épidémie.

    La crédibilité des médias est en jeu, aujourd’hui comme hier, afin que les informations ne soient pas faussées pour des motifs politiques ou économiques. A cet égard, l’énorme effort de couverture des médias sur la lutte, au front, des personnels soignants contre le Covid-19, va dans le sens des récits de vie constructifs, évoqués par le pape François. "Les héros du quotidien" sont sortis de l’anonymat. Les médias ont perçu la demande du public de rendre compte de l’engagement de ceux qui ont barré la route à la maladie, en s’investissant pleinement.

    Pour les médias chrétiens, la mission d’information épouse ces lignes directrices, dans le sens de la noblesse des engagements et du service de la communauté humaine. (cath.ch/bl)

    Le 24 mai, une quête utile... directement sur un compte bancaire
    Les Centres des médias catholiques de Lausanne (www.cath.ch), Zurich (www.kath.ch) et Lugano (www.catt.ch) bénéficient, entre autres, de la quête annuelle du Dimanche des médias. S’appuyant sur des journalistes professionnels, ils mettent à disposition du public, catholique ou non, des informations sur la vie de l’Eglise et des communautés religieuses en Suisse, au Vatican et dans le monde.
    La collecte glanée chaque année dans les paroisses de Suisse finance également le Prix des médias remis par la Conférence des évêques, le prix Good News remis dans chaque région linguistique ainsi que les activités de la Commission des médias de la Conférence des évêques.
    Pour cette année, comme la quête ne pourra pas se faire dans les églises, les évêques appellent les fidèles, les communautés et les paroisses à verser leur contribution directement sur un compte bancaire ou à faire un don en ligne par l'intermédiaire du site internet cath.ch. Les paroisses sont en particulier invitées à verser un montant équivalent à celui de la quête de l'an dernier.

    Dons pour le dimanche des médias:
    Banque Raiffeisen,
    1735 Chevrilles
    IBAN: CH34 8080 8002 9922 2163 9
    Mention: Dimanche des médias.

    Articles les plus lus

    no_image
    Marc-Henri Jobin, directeur du Centre de formation des journalites © CFJM

    Marc-Henri Jobin: "Comme un artisan, le journaliste tisse des récits"

    Le journalisme comme art de tisser des récits. La comparaison plaît bien à Marc-Henri Jobin, directeur du Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM), à Lausanne. Il revient pour cath.ch sur quelques unes des thèses du message du pape François pour la 54e Journée mondiale des communications sociales célébrée en Suisse le 24 mai 2020.

    Maurice Page

    Le pape François parle du rôle des médias comme l'art de tisser des récits, de révéler l'entrelacement des fils par lesquels nous sommes rattachés les uns aux autres. Qu'en dites-vous?
    Marc-Henri Jobin:L'image est excellente et je la reprendrai volontiers à mon compte avec les étudiants du CFJM. On tisse les fils pour faire une toile ou un tapis de diverses couleurs ou motifs. Dans ce sens, le journaliste fait un travail d'artisan. Fil à fil se forme une image concrète qui exprime un sentiment, une émotion. Le récit du journaliste est cependant différent du récit de fiction dans le sens qu'il doit rendre des comptes à la réalité telle qu'elle est. Il ne suffit donc pas de savoir bien écrire et bien raconter pour faire du bon journalisme. Il faut une démarche de questionnement.

    "L'objectivité n'existe pas. Je préfère m'en tenir à la recherche de la vérité"

    Le pape invite à "remettre en lumière la vérité de ce que nous sommes"
    Dans la Déclaration des devoirs et des droits du journalisme qui régit la profession, le premier est la recherche de la vérité. La qualité du travail d'un journaliste va se mesurer d'abord au fait qu'il révèle quelque chose, qu'il permet de progresser dans la compréhension de la réalité, même si ce n'est pas un scoop. Si le récit est attrayant et la forme aboutie, c'est parfait, mais cela vient en second.
    Pour assurer la qualité de la narration, il faut que la trame soit bonne. Le fil doit être à la fois suffisamment fin et solide. Il peut être de laine, de coton ou de soie, mais il ne doit pas comporter d'impuretés ou d'éléments étrangers. Il y aura donc toujours une vérification et un choix. On ne peut pas raconter chaque jour le monde entier dans un seul article.

    La tradition journalistique surtout anglo-saxonne met en avant l'objectivité. Devrait-on revoir ce paradigme?
    L'objectivité n'existe pas. Je préfère m'en tenir à la recherche de la vérité. Le journaliste François Gross disait qu'elle était comme la sainteté que l'on recherche même si on ne l'atteint jamais. Ce qui compte c'est de vouloir l'atteindre. L'essentiel est la transparence dans son travail et la loyauté. Il s'agit de dire ce que l'on veut et ce que l'on cherche, sans se cacher, et toujours en respectant les faits et les déclarations. Il faut être comme on dit 'droit dans ses bottes'.
    Le plus difficile est ainsi d'interroger ses amis, car il y a fort à parier que je serai moins exigeant avec eux qu'avec mes ennemis. Pour utiliser une image, je suis le 'sparring partner' d'un boxeur ou l'avocat du diable qui questionne la démarche. Il faut être capable de déranger, même lorsqu'on est d'accord en son âme et conscience. C'est aussi souvent de cette manière que nous provoquerons l'émotion capable de déclencher une parole vraie, spontanée.

    "Nous avons faim de récits, comme nous avons faim de nourriture", relève le pape François. Quelle doit-être à vos yeux la place de l'émotion dans le récit journalistique?
    Pour moi, la vérité précède l'émotion pour que le texte journalistique soit crédible. C'est sur cela que le public nous fait confiance. C'est ce qui prime. Cela dit, comme un tissu, la vérité se construit peu à peu grâce à des fils de couleurs différentes. Ce qui justifie la multiplicité des médias qui défendent diverses visions du monde.
    Il s'agit ensuite d'un travail d'artisan pour construire un texte ou une émission capable de capter et de retenir le lecteur ou le spectateur. C'est là que l'émotion entre en jeu avec le "il était une fois…". Retenir l'attention passe souvent par les témoignages des personnes que le journaliste a récoltés. L'auteur qui se met au service de son récit mais aussi de celui des autres accomplit sa mission. Il y a quelques plumes ou quelques personnalités pour lesquelles on est capable d'acheter le journal ou d'enclencher son poste de radio ou de télévision. Mais il y a aussi toute la cohorte des journalistes plus anonymes qui font un énorme travail de fond tout aussi essentiel.

    Médias à la salle de presse du Saint-Siège, au Vatican
    Médias à la salle de presse du Saint-Siège, au Vatican @ Bernard Hallet

    Les journalistes sont toujours plus confrontés aux 'Fake-news', littéralement aux nouvelles de contrefaçon.  
    Autrefois, on prenait le temps de contrôler les tuyaux de l'information, de croiser les sources. Aujourd'hui tout est à disposition de tout le monde immédiatement, avant même que le moindre contrôle soit possible. Cela devient de plus en plus difficile de travailler et de conditionner l'information.

    "La patience n'est juste plus possible. Nous fonctionnons à rebours. Nous sommes face à un océan d'infos que nous ne pouvons pas canaliser"

    Le pape dénonce aussi les discours insignifiants et faussement persuasifs, qui se servent du storytelling pour instrumentaliser.
    Pour moi, le peu de consistance résulte aussi souvent du manque de concurrence. Lorsqu'on domine un marché, il n'y a plus d'incitation à être meilleur que l'autre.
    Il faut considérer aussi qu'il n'y pas une seule qualité de journalisme. Comme pour la restauration, il y a le fast-food, le bistro et le restaurant gastronomique. On ne peut pas exiger qu'une info gratuite ait la même qualité que celle d'un magazine payant sur abonnement. Un lecteur peut choisir tantôt une info basique, tantôt quelque chose de plus fin. Un média dépend d'une zone, d'une ligne éditorial et d'un public cible. C'est la cohérence de ces trois éléments qui assurera sa pérennité.

    A l'heure de la falsification, le pape François appelle à la patience et au discernement.
    La patience n'est juste plus possible. Nous fonctionnons à rebours. Nous sommes face à un océan d'infos que nous ne pouvons pas canaliser. Il faut alors essayer de donner des points de repère, de planter des balises, de filtrer dans la masse ce qui est pertinent pour un public donné, dans un endroit donné et à un tel moment.

    En tissant un récit, le journaliste tisse des liens de cohabitation. Le pape parle de "récits constructifs qui sont un vecteur de liens sociaux et de tissu culturel".
    Oui, je pense qu'il s'agit du rôle essentiel des journalistes. Il s'agit d'offrir aux lecteurs ou aux spectateurs, une piste ou une base de réflexion sur une question familiale, sociale, politique religieuse etc. Le niveau de l'échange sera plus élevé lorsqu'on aura lu le même article ou vu la même émission. Par cela, nous contribuons au vivre-ensemble. Nous trimbalons nos valeurs avec nous, ce qui fait que le tapis ou le tissu n'aura peut-être pas les mêmes couleurs et les mêmes motifs. Mais cette diversité est plus une richesse qu'un problème.

    "Ce n'est pas le média qui doit dire ce qui est bien ou mal, mais il doit offrir des clefs pour l'interprétation"

    "Même lorsque nous racontons le mal, […] nous pouvons aussi reconnaître le dynamisme du bien et lui faire de la place", note encore le texte du pape.
    Certes, mais est-on toujours très sûr de la notion de bien et de mal? Notamment sur les questions politiques. Cela dépend aussi de notre vision du monde, de notre culture, de nos références. Le journaliste doit rendre compte du bien et du mal. Par exemple, il ne s'interdira pas de questionner le criminel s'il en a la possibilité et de lui donner la parole de manière loyale et honnête. La question se pose de manière aiguë par exemple dans des affaires d'abus sexuels.

    C'est ici qu'intervient aussi la distinction entre le fait et le commentaire, si chère à la presse anglo-saxonne. Si le commentaire est libre, les faits sont sacrés. A mon sens, une des qualités du journaliste est l'humilité, c'est-à-dire de considérer que la vérité n'est pas définitivement écrite, qu'il est capable de se tromper, de faire des erreurs. Le Roumain Nicolae Ceaucescu avait beau être un dictateur détestable, le 'charnier' de Timisoara, en 1989, n'en était pas moins une 'fake-news' montée de toutes pièces. Ce n'est pas le média qui doit dire ce qui est bien ou mal, mais il doit offrir des clefs pour l'interprétation.

    Le dimanche des médias arrive en pleine période de confinement à cause de la crise du coronavirus qui impacte également gravement la presse.
    Le problème n'est pas le public, c'est celui de la perte de la publicité qui finançait naguère une grande partie des médias. J'espère que les mesures décidées par le politique permettront de sauver les médias. Je constate avec satisfaction que l'idée d'une aide publique à la presse privée semble aujourd'hui admise, dans le sens où les médias privés, en particulier locaux, font aussi œuvre de service public. Il me semble essentiel aussi de préserver la diversité des lignes éditoriales et des supports. (cath.ch/mp)

    Marc-Henri Jobin
    Après une formation en économie à Neuchâtel, le Jurassien Marc-Henri Jobin a débuté dans le journalisme comme correspondant à Zurich pour l’ats (1984-86) puis pour L’AGEFI (1986-92). Il ouvre ensuite une parenthèse hors médias auprès de la BPS/Credit Suisse (1992-96). Il fait son retour à l’ats comme chef de la rubrique économique francophone (1994-98), rédacteur en chef adjoint responsable de la rédaction française (1998-2009), puis membre de la direction (2009-2011).
    A fin 2011, il devient correspondant et coordinateur à Zurich du Newsnet de Tamedia Publications romandes.
    Il intervient parallèlement depuis 1999 comme formateur au Centre romand de formation des journalistes et à l’Université de Genève. Il est depuis juillet 2013, directeur du Centre de formations au journalisme et aux médias à Lausanne (CFJM).

    Articles les plus lus

    no_image
    Silvana Bassetti est responsable du service communication de l'Eglise catholique romaine de Genève © ECR

    Silvana Bassetti: «L'Eglise doit être la porte-parole des exclus»

    Silvana Bassetti est en charge de la communication de l’Eglise catholique romaine de Genève (ECR). Elle est aussi journaliste pour l’agence de presse italienne Ansa. Elle voit dans les récits positifs prônés par le pape l’opportunité de témoigner de ce qui se vit en Eglise, à un moment où l'institution a fait un douloureux travail de transparence sur les cas d’abus sexuels.

    Dans l’édito du Courrier pastoral du mois de mars, vous évoquez le peu d’intérêt des journalistes pour le fait religieux et encore moins pour l’Eglise catholique et son actualité, si ce ne sont les scandales. 
    Silvana Bassetti: Je me suis posé la question suivante: qu’est-ce que cela signifie quand les évêques suisses prennent position sur le suicide assisté ou, plus récemment, sur l’accueil en Suisses de quelques milliers de requérants d’asile qui vivent dans des conditions indignes en Grèce, et que la presse quotidienne romande n’en donne pas ou peu d’échos? Ces propos ne suscitent pas de réaction. Qu’est-ce que cela signifie lorsque l’on cherche les mots «catholique» ou «Eglise» dans les pages des quotidiens et que les résultats conduisent très souvent aux annonces mortuaires? Je laisse à d’autres les grandes analyses sociologiques, mais cela m’interpelle.

    «Dans la confusion des voix et des messages qui nous entourent, nous avons besoin d'un récit humain, qui parle de nous et de la beauté qui nous habite», dit le pape. Qu’en pensez-vous?
    Le message du pape est une bonne indication sur ce que l’Eglise doit transmettre. Elle doit donner, comme dit le pape, des récits qui parlent de l’héroïsme ignoré de la vie de tous les jours, du quotidien difficile de tant de personnes, de cette «sainteté ordinaire». Il y a des récits de vie à mettre en lumière. Comme le souligne le pape, la Bible est avant tout un recueil de récits, ce n’est pas un traité, avec une liste de normes, mais un recueil de récits qui résonnent. Jésus a souvent choisi les paraboles pour nous parler. Dans son message, le pape nous demande de donner la priorité à des récits positifs: la voix de l’Eglise doit donc raconter la beauté de la rencontre de l’autre, du frère et de la dignité humaine. Elle doit être aussi la porte-parole des sans-voix, des exclus.

    Le pape évoque la nécessité de récits «qui construisent, et non qui détruisent; des récits qui aident à retrouver des racines et la force d'aller de l'avant ensemble». Comment concilier cette nécessité et le devoir de vérité sur les abus commis dans l’Eglise?
    L’occultation d’informations, l’ombre et l’ignorance détruisent. L’Eglise a aujourd’hui clairement affirmé qu’elle regrettait d’avoir longtemps dissimulé ce qui se passait. Elle a ensuite affiché sa volonté de dénoncer les faits, d’enquêter, de connaître la vérité. Elle l’a fait, même si ce fut très douloureux sur le moment. Surtout, elle a pris de nombreuses dispositions pour prévenir de nouveaux scandales et les souffrances qu’ils infligent aux victimes et au-delà. La vérité est une condition fondamentale pour aller de l’avant.

    "La voix de l’Eglise doit raconter la beauté de la rencontre de l’autre, du frère et de la dignité humaine."

    Outre la pédophilie, la baisse de la pratique religieuse et la déchristianisation de notre société sont régulièrement évoqués quand on parle de l’Eglise. Comment tramer un récit qui raconte la beauté de l’Eglise et sa richesse aussi?
    Je crois qu’aujourd’hui la force du message de l’Eglise est avant tout dans le témoignage d’une foi vécue. Cela rejoint le message du pape qui appelle à des récits positifs de rencontre, d’amour du prochain et qui peuvent atteindre les croyants et les non croyants. Il nous faut parler de l’humain. En tant que porte-parole de l’Eglise à Genève, je tente de rendre compte de ce qu’est et de ce que fait l’Eglise dans le canton, des engagements des hommes et des femmes qui agissent dans les nombreux terrains d’action de notre pastorale, avec des témoignages qui éclairent notre message, notre vision de l’humain et du monde. Mais sans faire «la morale» car cette attitude est rejetée par les médias et l’opinion publique, a fortiori après les révélations des abus sexuels.

    Le pape invite à la patience et au discernement «pour redécouvrir des récits qui nous aident à ne pas perdre le fil au milieu des nombreuses afflictions d'aujourd'hui». Les journalistes doivent-il réapprendre à «prendre du temps»?
    Dans la profession il y a deux exercices: celui de suivre les événements au fur et à mesure de leur déroulement. C’est le direct. Le rythme est dicté par l’actualité. Et il y a aussi cet autre aspect du travail du journaliste qui consiste à approfondir et prendre du recul, pour élargir le regard sur ce qui se passe. Ces deux exercices, différents et très utiles, participent à une bonne information. Je ne les oppose pas. 
    Cela dit, le danger de la vitesse est bien là. Les professionnels de l’information en sont conscients. De nos jours, ils subissent aussi la forte pression d’une information véhiculée par d’autres canaux: les réseaux sociaux, les blogs de «citoyens reporters». C’est une saine concurrence, en dépit du fléau des «fake news». Mais il est d’autant plus important pour les journalistes de se distinguer par un travail approfondi de vérification avant la diffusion de toute information.

    Durant cette crise sanitaire qui éloigne les fidèles des églises et des paroisses, travaillant à la communication de l’ECR, quel a été votre rôle?
    Informer. Je me suis fixé pour but d’informer correctement en interne et en externe, en partageant les informations sur les nombreuses initiatives mise sur pied par nos paroisses, nos services et nos aumôneries dans ce contexte inédit, en donnant la parole à quelques fidèles et d’autres témoins. Cela pour mettre en récit cette crise, ce qu’elle nous apporte et ce dont elle nous prive. Nous avons essayé de donner un reflet aussi vaste que possible. Malgré le confinement, qui n’a pas rendu la tâche très aisée, nous avons tenté d’alimenter au mieux notre site, avec des moyens assez limités...

    …Mais très rapides. On pense à la messe à la chapelle du vicariat disponible sur Youtube dès le 15 mars. L’Eglise a bel et bien apprivoisé le web et le multimédia.
    Nous avons effectivement accru l’offre spirituelle sur le site de l’ECR. Très vite, l’abbé Pascal Desthieux, Vicaire épiscopal, a souhaité diffuser en ligne la messe hebdomadaire dans la chapelle du Vicariat. Nous avons également proposé des méditations quotidiennes signées par des agents pastoraux femmes durant toute la semaine sainte, un texte de l’homélie du dimanche, rédigé chaque semaine par un prêtre différent, des prières. 
    Nous sommes toutefois conscients que, durant cette crise sanitaire, ce sont les paroisses, les différents services et les aumôneries, qui ont été et sont en première ligne pour permettre aux personnes de rester en lien avec leur communauté. Et ils ont fait un travail formidable. Le service d’information et de communication du vicariat a eu le rôle de donner de la visibilité à cette mobilisation.
    Nous avons ainsi relayé l’offre «digitale» proposée par les services, par exemple celles pour la Montée vers Pâques pour les jeunes ou pour les familles ou encore les offres spirituelles du Service catholique de catéchèse. Nous avons tenté de donner à voir la diversité de notre Eglise à Genève. En cette drôle de période, nous nous sommes épaulés les uns les autres. (cath.ch/bh)

    Silvana Bassetti
    Silvana Bassetti est née à Rome en 1965. Elle a étudié à l’Institut Universitaire des Hautes Etudes Internationales, à Genève. Depuis 1988, elle travaille en tant que journaliste accréditée auprès de l’ONU et des organisations internationales et est correspondante en Suisse pour l’agence de presse italienne ANSA. Elle est, depuis 2013, déléguée à l’information du Vicariat épiscopal pour le canton de Genève. Elle a pris la responsabilité de l’information du Vicariat épiscopal pour le canton de Genève en 2016.

    Articles les plus lus

    no_image
    Sonia Schmidt est secétaire de paroisse dans le Jura pastoral (capture d'écran)

    Jura pastoral: vies et attentes de paroissiens en confinement

    Le Service de la Communication du Jura pastoral (SCJP) propose une série de témoignages vidéos de paroissiens sur les conditions de leur vie en confinement et leurs attentes pour l'Eglise dans le monde d'après. Une démarche qui s'inscrit dans la campagne 2020 du Dimanche des médias de l'Eglise en Suisse.

    Qu'avons-nous appris durant cette période de confinement ? Que souhaitons-nous voir changer pour demain? Telles sont quelques unes des questions auxquelles répondent Bernard, Madeleine et Sonia, trois habitants du Jura pastoral engagés en Eglise. "Puissent ces petites histoires de deux minutes apporter des éléments de réponses pour notre vie de foi et notre expérience d'hommes et de femmes en recherche de sens", note le SCJP.

    La série de vidéos a été réalisée dans le cadre de la campagne du Dimanche des médias 2020, qui prend place autour du dimanche 24 mai, malgré l’absence de célébrations publiques. cath.ch participe activement à cette campagne, en lien avec le message du pape François pour la 54e Journée mondiale des communications sociales. (cath.ch/com/rz)

    Articles les plus lus

    no_image
    Julia Moreno, responsable de la communication de l'Eglise catholique dans le canton de Neuchâtel © Raphaël Zbinden

    Julia Moreno: "Jésus était le communicateur par excellence"

    Pour Julia Moreno, la communication de l'Eglise est tout sauf un "accessoire", c’est une force nécessaire. Elle-même chargée de la communication pour l'Eglise dans le canton de Neuchâtel, elle estime que l'institution a, avec l'Evangile, les armes pour lutter contre la "toxicité" qui empoisonne, à notre époque, le monde des médias.

    Dans son message pour la 54e Journée mondiale des communications sociales, le pape François dit: "Combien de récits nous intoxiquent, en nous persuadant que, pour être heureux, nous aurions constamment besoin d'avoir, de posséder, de consommer". En tant que responsable de communication au sein de l'Eglise, que pensez-vous de cette déclaration?
    Julia Moreno: C'est l'une des phrases clé de ce texte magnifique. Il est essentiel que le pape mette en garde contre cela. Il démontre ainsi qu'il comprend très bien le monde actuel, et le problème central que posent les "Fake News" et autres dérives médiatiques.

    La toxicité des messages n'est en elle-même pas un phénomène nouveau. Les récits ont toujours servi à endormir, au mieux les enfants, au pire les consciences. Dans la Genèse, déjà, c'est ce que fait le serpent quand il vient tromper Eve. Il s'est toujours agi d'appuyer sur les points sensibles pour obtenir quelque chose, surtout des avantages matériels. C'est une bataille sans fin. Mais le pape François sait qu'il est possible de lutter par l'Esprit Saint. Ce dernier va toujours venir nous taper sur l'épaule pour dire: "Ok, tu es un corps, tu possèdes des choses, mais tu es aussi un esprit, une âme. Et c'est quoi l'essentiel pour toi?"

    Comment alors l'Eglise peut-elle lutter contre la toxicité médiatique?
    Le christianisme, c'est un récit sacré et un sacré récit. L'Evangile est une arme en elle-même, il transcende tout, il transgresse les frontières et le temps. Le récit chrétien a survécu à tout et il est infiniment adaptable, aux guerres, aux pandémies… on dirait qu'il a tout prévu. Quand on est empêché d'aller à la messe, on peut communier par le désir, c'est quand même génial. Notre religion a cette Parole forte qui résonne tout le temps, qui la rend "à l'épreuve des balles" et du toxique.

    Cela dit, je trouve que dans cette période de pandémie, les réseaux sociaux sont devenus vraiment sociaux. Une immense solidarité fonctionne grâce à eux. Il y a des défauts, mais l’élan humain est inédit et beau. Notre Eglise les utilise pour garder le lien fort avec ses fidèles et les personnes fragilisées.

    "Le message qu'on donne n'a pas besoin d'être déguisé. Il est tellement beau et bienveillant qu'il peut être accueilli sans les artifices du marketing."

    Pourtant, l'Eglise prend des coups, notamment avec les récents scandales…
    Il y a aussi des "vraies news" qui lui tombent dessus, effectivement. Et l'Eglise doit en tirer les conséquences. Mais, c'est aussi vrai qu'elle est une cible facile, dans le sens où il est "de bon ton" pour les médias de la critiquer. Cela a certainement toujours été le cas, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas réagir.

    En fait, la meilleure chose que peut faire l'Eglise, c'est d'utiliser les mêmes moyens que les diffuseurs de toxicité, c'est-à-dire les mêmes médias. Il faut qu'elle soit là où les personnes ont les yeux et les oreilles. Si c'est des Tweets, on tweete. Elle peut transmettre par les mêmes canaux que les autres, mais sans manipuler comme les autres. Le message qu'on donne n'a pas besoin d'être déguisé. Il est tellement beau et bienveillant qu'il peut être accueilli sans les artifices du marketing.

    En parlant de "toxicité médiatique", des prélats de l'Eglise catholique ont récemment relayé des thèses relevant du "complotisme".
    En tant que sociologue, je connais bien les théories du complot. C'est un phénomène qui m'irrite particulièrement. Principalement parce que c'est trop facile d'attaquer quelqu'un de la sorte, sans élément, ni preuve. On l'a fait plus que couramment dans l'histoire, notamment contre des populations vulnérables tels que les juifs, ou les migrants. Avec les conséquences tragiques que l'on sait. Jésus mettait également en garde contre les bruits et les commérages et je trouve dommage que certains dans l'Eglise utilisent ces mêmes moyens. Il ne faut pas leur donner plus d'écho qu'ils ne le méritent.

    "Finalement, il faut utiliser la communication dans son étymologie vraie, qui est de 'porter vers l'autre', de partager."

    Alors Communiquer, oui, mais sur quel modèle?
    Il faut juste imiter Jésus. Il a été le communicateur par excellence. Il a toujours répété les choses, mais chaque fois en les approfondissant, et en adaptant son discours au public qu'il rencontrait, avec les moyens et les codes de son époque, mais sans trahir jamais le fond du message. Finalement, il faut utiliser la communication dans son étymologie vraie, qui est de "porter vers l'autre", de partager. Jésus partageait tout. Il a même partagé Sa condition humain, Sa mort et Sa résurrection.

    Mais utiliser les nouveaux médias, ça ne veut pas dire délaisser ceux d'avant. Nous avons toujours autant besoin des messes et des célébrations. Il faut utiliser la créativité humaine, en faisant en sorte que ce soit beau mais surtout respectueux et vrai. Comme dit le pape: "L’Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais par son attraction, et donc par son témoignage".

    Quelle est la spécificité de cette communication?
    Elle n'est certes pas habituelle. Ce n'est pas du rabâchage d'une vieillerie, c'est un don vivant, toujours actuel. Ce n'est pas un produit, on ne vend pas un aspirateur. Il faut constamment se demander où est l'essentiel. Suis-je en train de faire honneur au Seigneur en faisant ça? Le fais-je pour suivre Jésus ou pour une gloriole personnelle? J'essaie toujours de me ramener à ces paroles du pape François prononcées devant les membres du dicastère de la communication: "Si vous voulez communiquer seulement une vérité sans la bonté et la beauté, arrêtez-vous, ne le faites pas. Si vous voulez communiquer une vérité plus ou moins, mais sans vous impliquer, sans témoigner de cette vérité avec votre propre vie et votre propre chair, arrêtez-vous, ne le faites pas".

    Qu'est-ce qui vous a motivée à accepter ce poste de communication dans l'Eglise?
    C'est quelque chose qui m'est tombé du ciel. Pour moi c'était de l'ordre de la Providence. A la base, j'ai une formation en sociologie, j'aime comprendre les rapports entre les personnes, les rites humains. Avant le vicariat de Neuchâtel, j'ai travaillé dans des agences de communication. Que j'aie pu vendre de l'eau minérale ou des montres, je me suis toujours investie dans ce que je faisais. Puis, je suis tombée sur l'annonce du poste dans le journal. Mais j'avais déjà 50 ans, et je pensais être trop âgée pour être prise. J'étais cependant poussée à poser ma candidature. Et finalement, j'ai découvert, après avoir été engagée, que c'était une mission. Que cela revêtait un sens très profond pour moi de mettre mon métier au service de la plus belle agence de communication au monde. Je suis passée d'une communication commerciale à une communication "vitale", dans le sens où cela a rejoint complètement mon être et ma vie.

    "Mais utiliser les nouveaux médias, ça ne veut pas dire délaisser ceux d'avant. Nous avons toujours autant besoin des messes et des célébrations."

    Comment avez-vous vécu cette "mission" jusqu'à présent?
    Il faut tout d'abord avouer que ce n'est pas très facile de travailler dans l'Eglise. On y trouve les mêmes défauts que dans toutes les structures humaines, mais les sensibilités y sont un peu exacerbées. Sans doute à cause du poids de la mission, que chacun ressent. Mais c'est également un milieu où l'on rencontre beaucoup de personnes extraordinaires, des gens avec une intelligence, une bienveillance énorme.

    En ce temps de pandémie, toutes les activités de l’Eglise se sont retrouvées tout à coup cloîtrées dans nos écrans TV ou informatiques. Nourrir le site internet est donc une belle et grande responsabilité.

    Grâce à Don Pietro Guerini (le vicaire épiscopal à Neuchâtel, ndlr.), excellent guide, je peux avoir à mon poste une très grande liberté, être créative, explorer des pistes et entrer dans la stratégie et la défense de notre Eglise, un défi de taille mais stimulant, dans un canton très laïc et très protestant.

    En fait, j'ai plein de niveaux différents de satisfaction. Le principal est la possibilité de relayer tout le temps des belles choses, ça me nourrit. Et mon métier me change. J'ai toujours été pratiquante, mais depuis que je suis à Neuchâtel, je ne vais pas à la messe de la même façon. J'apprivoise, j'approfondis cette religion que j'aime. Je reconstitue quotidiennement la Parole du Christ, et cette Parole me constitue. Le métier de communicant est cela: une mission où il faut se réévangéliser tout le temps. (cath.ch/rz)

    Julia Moreno est tombée depuis toute petite dans le chaudron de la communication. Née à Séville, en Andalousie, elle arrive en Suisse à l'âge de deux ans, en 1969. Son papa a un contrat de travail comme relieur d'art aux éditions St-Augustin, à St-Maurice (VS). Elle vit ainsi son enfance entourée de livres.

    Elle passe sa jeunesse principalement en Valais, dans une famille croyante et pratiquante, dans une ambiance religieuse "familiale". Elle étudie au Collège Regina Pacis de St-Maurice. Le bac en poche, elle décide d'entrer en sociologie à l'Université de Lausanne. Elle en sort avec un master. Elle travaille ensuite dans diverses agences de communication, optant pour des postes qui la font habiter dans beaucoup de villes de Suisse, de Lausanne à Neuchâtel, en passant par Genève et Berne. Elle prend la tête du service de communication du vicariat épiscopal de Neuchâtel en 2017. Julia Moreno est mariée et a deux enfants adolescents. RZ

    Articles les plus lus

    no_image
    Jean-Claude Boillat, un engagement sans failles dans l’audio-visuel au service de la pastorale locale © SCJP

    Jean-Claude Boillat, la communication comme un credo

    Carte de visite sommaire: Jean-Claude Boillat, 57 ans, de Courroux. La présentation ne dit rien du gaillard chaleureux, bon vivant, au caractère bien trempé, connu comme le loup blanc dans le Jura pastoral. Portrait d’un communicant dans l’âme, fan de nouvelles technologies.

    Sur le site officiel du Jura pastoral, il est présenté ainsi: «Jean-Claude Boillat, réalisateur de formation, responsable du Service de communication du Jura pastoral (SCJP). Ce diacre passionné par l’univers des médias réalise depuis plus 20 ans tous les reportages (interviews, célébrations, documentaires) en lien avec la partie francophone du diocèse de Bâle.

    En marge de son mandat au Centre pastoral du Jura, Jean-Claude Boillat enseigne, depuis 2002, les nouvelles technologies d’information à l’Ecole de commerce de Delémont. Il est aussi membre du Comité de Cath-Info, le Centre catholique des médias».

    Tout est dit? Oh non. L’intéressé décrit ainsi ses activités: «Je suis diacre à la paroisse St-Marcel de Delémont. Et je travaille à 40% pour l’unité pastorale Sts-Pierre-et-Paul et à 50% pour le SCJP et»… Et encore? «Je suis aussi marié, papa de trois jeunes adultes et grand-papa d’une petite Jade qui aura bientôt un an». Le sourire de la petite fait déjà fondre son grand-père.

    Le ministère des médias

    De fait, Jean-Claude est tombé dans la marmite de la communication depuis 1987. Il raconte: «Je me suis engagé comme catéchiste professionnel pour la pastorale des ados. Et très vite, je suis devenu formateur-animateur pour les bénévoles et les programmes pastoraux, en maniant la caméra pour des vidéos». De fil en aiguille, il se forme à l’ACNAV, l’Association catéchétique nationale pour l’audio-visuel, à Paris. Cette formation le spécialise, au moment où la communication d’Eglise s’oriente davantage vers les images.

    Tournage à la collégiale de St-Ursanne pour la messe de l’Ascension pour AjoieTV, le 21 mai dernier
    Tournage à la collégiale de St-Ursanne pour la messe de l’Ascension pour AjoieTV, le 21 mai dernier @ SCJP

    En 1998, «j’ai basculé dans le ministère des médias», dit-il. Le Vicariat, l’Eglise du Jura pastoral, lance le Service audiovisuel du Jura pastoral, le SAJP. Une bascule totale dans le monde de l’image. Notre Jurassien commence à écrire des scénarios, il tourne encore et encore des images.

    Vaste palette

    En 2016, le SCJP succède au SAJP. Quand il en parle, Jean-Claude Boillat vante les mérites de son «équipe», Rémy Charmillot pour le Web, Pascal Tissier pour la presse écrite et le Bulletin du Jura pastoral, et Sabine Siffert, la secrétaire. Car vaste est la palette d’activités du service logé au Centre pastoral de Delémont, tout près de la gare. Entre les communications officielles, la formation, l’aumônerie, le secteur pastoral, le Madep, la pastorale de la jeunesse, le Rencar: tous comptent sur lui pour communiquer.

    De fait, le SCJP dépend du Vicariat épiscopal, placé sous la houlette de l’abbé Jean-Jacques Theurillat. Présent sur tous les fronts, il s’est investi même durant la récente période de confinement. Et le directeur du Centre pastoral, Thierry Corbat, n’est pas le dernier à soutenir les efforts de communication. «Lorsque nous avons tourné au Centre St-François pour les offices du Triduum pascal sur le Web, il a fallu installer toutes les caméras, les câbles, un équipement incroyable, indique le responsable du SCJP. Et le directeur du Centre pastoral nous a aidés à porter le matériel…».

    Les nouvelles technologies

    En 33 ans d’activités pastorales, Jean-Claude Boillat a participé aux évolutions du monde médiatique: «Les moyens de communiquer ont beaucoup changé. Les supports ont bougé et l’arrivée du téléphone portable a pas mal bousculé les relations». En outre, la démocratisation a amené «chacun à se faire sa vérité», ce qui a provoqué des changements «dans la recherche de Dieu», dit-il.

    Lors du Triduum pascal, en raison du confinement, le SCJP a tournée et diffusé des offices depuis le Centre St-François à Delémont. Ici avec l’abbé Hilaire Mitendo
    Lors du Triduum pascal, en raison du confinement, le SCJP a tournée et diffusé des offices depuis le Centre St-François à Delémont. Ici avec l’abbé Hilaire Mitendo @ SCJP

    Diacre, il a été associé aux mutations de l’Eglise, marquées par une présence accrue des laïcs et la remise en cause de l’autorité du curé. Ces évolutions, le SCJP les révèle, les perçoit, en rend compte. Dans un monde où les «auto-producteurs d’images et de vidéos» prennent place, le site du Jura pastoral se fait miroir des réalités locales: «Pendant le confinement, par exemple, les mini-interventions des familles avec Quelqu’un à ma fenêtre, les histoires du Père Jacques (il parle du chanoine Œuvray, «figure» ecclésiastique du Jura), les messes de Romain Gajo sur YouTube, tout cela figure sur le site. Car les gens font des choses et nous en sommes les témoins». «L’équipe», encore!

    Les technologies de la communication, autre thème de prédilection du diacre Boillat. Son mémoire de diaconat abordait les aspects bibliques, théologiques et ecclésiaux des nouvelles technologies d’information et de communication. Résultat: un livre Web & Co et pastorale. Les NTIC et la transmission de la foi, coécrit en 2013 avec l’abbé François-Xavier Amherdt (Editions St-Augustin), professeur de théologie pastorale à l’Uni de Fribourg. Les invitations et les échos de Bruxelles à Tananarive ont salué la sortie du livre.

    «Mettre en valeur ce qui se vit»

    Aujourd’hui, le SCJP est «au service des unités pastorales, des services spécialisés comme le Rencar ou des services catégoriels, comme la jeunesse ou de la formation». Des 1400 ans de Saint-Ursanne au vicariat de Bienne, les sujets ne manquent pas. Reflets d’une Eglise vivante, participante. Avec des appuis en communication, Didier Berret dans les Franches-Montagnes ou Christophe Wermeille en Ajoie, tout en renforçant les liens avec le diocèse de Bâle.

    Depuis 2017, le communicant a élargi son horizon: diacre, Jean-Claude Boillat est aussi inséré en paroisse. Le souci est le même: «Mettre en valeur ce qui se vit, ce qui se joue». Cela résonne comme en écho au message du pape François pour la Journée mondiale des communications sociales 2020: «Nous avons besoin de respirer la vérité des bons récits: des récits qui construisent, et non qui détruisent; des récits qui aident à retrouver des racines et la force d’aller de l’avant ensemble». (cath.ch/bl)

    Articles les plus lus

    no_image
    Le chanoine Claude Ducarroz, bloggeur sur cath.ch

    Claude Ducarroz lauréat du prix 'Good News' 2020

    Le chanoine fribourgeois Claude Ducarroz est le lauréat du Prix 'Good News' 2020 désigné par les internautes sur cath.ch. Décerné dans le cadre de la campagne du Dimanche des médias de l'Eglise catholique, le prix 'Good news' distingue une personne ou un projet journalistique ayant spécialement contribué à diffuser la Bonne Nouvelle par de bonnes nouvelles dans les médias.

    Claude Ducarroz intervient régulièrement dans les médias, avec une parole reconnue comme vraie et libre. Il accepte avec courage les invitations à s’exprimer sur les sujets d’Eglise, même les plus difficiles. Egalement bloggeur sur cath.ch, il invite sans cesse à la réflexion. Très engagé dans l'œcuménisme, l'ancien prévôt de la cathédrale St-Nicolas à Fribourg a su mettre le dialogue au cœur de son action.

    Né en 1939 à Montbrelloz (FR) dans une famille paysanne, Claude Ducarroz est ordonné prêtre en 1965. Après quelques années en paroisse, il complète ses études à Rome, Munich et Paris. Aumônier de la jeunesse fribourgeoise, il devient curé de la paroisse Notre Dame de Lausanne en 1982. Après quinze ans, il rejoint la paroisse de Vevey. Il devient ensuite directeur de l'Ecole de la foi et membre de la direction de l'Institut romand de formation aux ministères, à Fribourg. Il est élu en 2004 prévôt du chapitre de la cathédrale St-Nicolas à Fribourg. Officiellement retraité depuis 2017, il continue à rendre de nombreux services et à écrire.

    Un homme de la parole

    Claude Ducarroz a été largement actif dans le monde des médias comme chroniqueur et éditorialiste. Il a collaboré entre autres à l'Echo Romand, à l'Echo Magazine et à Paroisses vivantes. Auteur ou co-auteur d'une dizaine de livres, il a signé de nombreuses chroniques dans la presse profane, intervenant aussi volontiers en radio et à la télévision. Il est depuis 2015 bloggeur régulier pour cath.ch. Il édite également un blog personnel. En 2018, l'association Plans fixes  lui consacre un film.

    Le choix des internautes, qui se sont exprimé en ligne, s'est porté à 55,6% sur Claude et à 41,8% sur la journaliste de RTSreligion Gabrielle Desarzens qui s'est distinguée notamment par ses reportages sur les migrants.

    La remise du prix aura lieu le 25 août 2020 à  Lausanne.  (cath.ch/mp)

    Articles les plus lus

    no_image
    Prix Good News

    Votez pour le prix 'Good News' 2020

    A l’occasion du dimanche des médias, célébré cette année le 24 mai, le prix 'Good News' distingue une personnes ou un projet journalistique ayant spécialement contribué à diffuser la Bonne Nouvelle par de bonnes nouvelles dans les médias. Le choix du lauréat appartient aux internautes qui sont invités à voter pour l’une des trois candidatures retenues. Le vote est ouvert du 9 mai au 14 juin 2020.

    Claude Ducarroz, communicateur

    Le chanoine Claude Ducarroz, bloggeur sur cath.ch
    Le chanoine Claude Ducarroz, bloggeur sur cath.ch

    Le chanoine fribourgeois intervient régulièrement dans les médias, avec une parole reconnue comme vraie et libre. Il accepte avec courage les invitations à s’exprimer sur les sujets d’Eglise, même les plus difficiles. Egalement bloggeur sur cath.ch, il invite sans cesse à la réflexion.

    «Plaît-il?», les fêtes religieuses

    PlaitIl
    PlaitIl

    La série Plaît-il?, créée par réformés.ch, décortique les fêtes religieuses avec un humour ravageur: Noël, l’Epiphanie, la Chandeleur, la Pentecôte, etc. Des explications en moins de deux minutes, sur un ton irrévérencieux. Un nouveau format multimédia plaisant. www.reformes.ch/plaitil

    Gabrielle Desarzens, engagée pour les migrants

    Gabrielle Desarzens, journaliste RTSreligion
    Gabrielle Desarzens, journaliste RTSreligion @ RTS

    Journaliste de RTSreligion, elle se distingue par ses séries de reportages radio sur les migrants. Les émissions Hautes Fréquences ou Babel de la RTS ont ainsi rendu compte des situations de détresse humanitaire vécue à Lesbos, dans la «jungle» de Calais ou en Bosnie.

    Articles les plus lus