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  • DOSSIERS

    Canonisation de Marguerite Bays, le 13 octobre 2019, à Rome

    La canonisation

    Lors de la canonisation de la Fribourgeoise Marguerite Bays, dimanche 13 octobre 2019 à Rome, le pape François a loué la «sainteté du quotidien». Sainte Marguerite Bays montre combien est puissante la «prière simple», a lancé le pontife

    Contenu du dossier
    Canonisation de Marguerite Bays, le 13 octobre 2019, à Rome
    Actualités

    La canonisation

    Près de 500 Suisses ont participé à la messe de canonisation de Marguerite Bays.
    Actualités

    "Sainte Marguerite Bays nous ouvre la porte du ciel"

    La messe de canonisation de Marguerite Bays était retransmise dans l'église de Siviriez
    Actualités

    Siviriez: Marguerite Bays au cœur

    Les pèlerins déposent une intention de prière et se recueillent devant le reliquaire de Marguerite Bays.
    Actualités

    Canonisation: Merci Marguerite, Merci pour Marguerite

    Virginie et son grand-père Norbert, place St-Pierre de Rome, à la veille de la canonisation de Marguerite Bays.
    Actualités

    Virginie et Norbert Baudois: "Marguerite portée en gloire, pas nous!"

    PeleRome8409
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    Marguerite Bays: "Une sainte très efficace"

    Virginie Baudois et son grand-Père, Norbert, très émus après avoir témoigné lors de la veillée de prière.
    Actualités

    Canonisation: "Merci Marguerite. Merci pour Marguerite" (vidéo)

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    Canonisation de Marguerite Bays, le 13 octobre 2019, à Rome © Maurice Page

    La canonisation

    Lors de la canonisation de la Fribourgeoise Marguerite Bays, dimanche 13 octobre 2019 à Rome, le pape François a loué la «sainteté du quotidien». Sainte Marguerite Bays montre combien est puissante la «prière simple», a lancé le pontife sous le soleil radieux inondant la Place Saint-Pierre.

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    Près de 500 Suisses ont participé à la messe de canonisation de Marguerite Bays. © B. Hallet

    "Sainte Marguerite Bays nous ouvre la porte du ciel"

    Repartis de Rome

    sitôt la messe de canonisation terminée, les pèlerins fribourgeois ont encore "le

    cœur tout brûlant" dans le car qui les ramène en Suisse. Pour eux tous,

    sainte Marguerite Bays est un lumineux exemple. "Elle nous ouvre la porte

    du ciel".

    Maurice Page et Bernard Hallet, de Rome

    "J'ai été très frappée de la ferveur des jeunes lors de

    la veillée pour Marguerite Bays. Cela me redonne du courage. Je pensais parfois

    que c'en est fini de notre Eglise. Je rentre avec les batteries rechargées",

    raconte Madeleine Pittet, de La Joux. "Nous sommes pleines d'espoir",

    renchérit son amie Estelle Oberson.

    La canonisation sur la grandiose place Saint-Pierre les a un

    peu désorientées. "A cause des contrôles au portique de sécurité, le

    groupe a été dispersé. Nous nous sommes retrouvées un peu loin, debout derrière

    les barrières et la sono n'était pas très bonne: Pour nous, la cérémonie en

    latin et en italien a été moins intense."

    Voir l'immense portrait de la couturière de La Pierra à la

    façade de la basilique Saint-Pierre, et entendre le pape François la donner

    comme un exemple de vie chrétienne, a impressionné Emilien Berset. "Même

    si je n'ai pas bien compris le moment de la canonisation (prononcée par le pape

    en latin ndlr)", note le jeune apprenti de 17 ans.

    "Nous avons besoin de modèles"

    Mieux placée, Michelle Greder-Ducotterd a vécu profondément

    l'unité et la diversité de l'Eglise catholique. "Sur la place

    Saint-Pierre, je fais partie de quelque chose d'incroyablement grand. Mettre ma

    prière dans celle des autres est très beau. " Pour elle, cette spécialité

    catholique de désigner des saints a tout son sens."Nous avons besoin de

    modèles pour nous rappeler que nous sommes tous appelés à la sainteté." "Je

    suis aussi venue en témoignage de reconnaissance. Marguerite a guéri autrefois

    une de mes sœurs. Elle est aujourd'hui décédée, mais je tenais à venir en son

    nom."

    Nicole Curdy.
    Nicole Curdy. @ B. Hallet

    "Grâce aux saints, le ciel s'ouvre. J'ai touché le paradis, poursuit Nicole Curdy. Cela reste fort, y compris à notre époque. Marguerite est un modèle et pas seulement pour les gens bien comme y faut. Elle nous prend par la main pour nous amener vers Dieu."

    Marguerite, une femme 'en tablier'

    Ludmilla Pugin, venue avec sa maman Viviane Rusca, se réjouit de voir une femme laïque, une femme 'en tablier', une maman de cœur' accéder au rang des saintes de l'Eglise. "Enfants, jeunes, aînés, tous les âges étaient représentés, comme on aimerait le voir plus souvent dans nos églises.

    "Nous sommes arrivés à Rome avec un sac plein de soucis et des intentions de nos proches. Nous l'avons déposé aux pieds de Marguerite. Nous rentrons le cœur plein de joie", estime Viviane.

    "J'ai déjà tout raconté à mes proches sur WhatsApp, renchérit Ludmilla. Les réseaux sociaux peuvent aussi être un lieu d'évangélisation. Un de mes beaux-frères, qui se revendique athée, s'est mêlé à nos échanges depuis son lieu de vacances au Canaries… J'ai même couru pour filmer le pape François sur sa papamobile!"

    Le pèlerinage c'est aussi le chemin

    Le pèlerinage c'est aussi le chemin. "Je trouve extraordinaire la rencontre de personnes inconnues. Chaque rencontre est une richesse. Les gens se révèlent", souligne Nicole. Un sentiment pleinement partagé par Madeleine et Estelle. "Même si nous sommes de la région, nous ne connaissions de loin pas tout le monde. Le courant est bien passé." (cath.ch/mp)

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    La messe de canonisation de Marguerite Bays était retransmise dans l'église de Siviriez © Raphaël Zbinden

    Siviriez: Marguerite Bays au cœur

    Près de 200 personnes ont visionné en direct sur grand écran, dimanche 13 octobre 2019 dans l'église de Siviriez (FR), la messe de canonisation de Marguerite Bays à Rome. Impressions de quelques fidèles émus et enthousiastes.

    En cette belle matinée d'automne, une douce lumière éclaire le buste blanc de Marguerite Bays, dans l'église de Siviriez. Juste au-dessus, un écran grand format diffuse les programmes de RTS2, qui retransmet en direct la cérémonie de Rome. La séance, organisée par la paroisse de Siviriez, offre la possibilité à tous de s'associer aux 400 pèlerins suisses qui ont fait le voyage à Rome. En attendant le début de la célébration, les fidèles récitent des prières.

    Parmi eux se trouve Marie-Louise. Elle est venue de Fribourg

    en transports publics, avec son déambulateur, plus d'une heure à l'avance, pour

    ne rien manquer de la retransmission.

    Marie-Louise
    Marie-Louise @ Raphaël Zbinden

    Car Marguerite Bays est tout sauf une inconnue pour la

    native de Siviriez. Elle est en effet la grande-tante de Virginie Baudois,

    sauvée en 1998 par l'intercession de Marguerite. Sa petite-nièce avait été

    retrouvée miraculeusement indemne après être passée sous les roues d'un

    tracteur quand elle n'avait que 22 mois. L'authentification de ce second

    miracle avait ouvert la voie vers la canonisation de la couturière de la

    Pierra.

    Marie-Louise est donc principalement revenue en ce dimanche

    13 octobre dans son village d'enfance pour remercier Marguerite de ce miracle

    et pour l'avoir accompagnée tout au long de sa vie. "Mon enfance a été

    imprégnée de sa présence", souligne la dame âgée. Pour elle, la sainteté

    de "la Goton" n'a jamais fait aucun doute. "Elle mérite tout à

    fait d'être sainte, elle a fait tellement de bien autour d'elle. Elle s'est

    occupée des petits, des faibles, des enfants, de ceux que personne ne voyait ni

    n'entendait".

    Geneviève
    Geneviève @ Raphaël Zbinden

    L'émotion est plus palpable, dans l'église de Siviriez, à

    mesure que le début de la cérémonie approche. Dans le canton de Fribourg,

    Marguerite Bays fait partie de la vie de nombreuses personnes.

    A l'évocation de la nouvelle sainte, Geneviève ne peut empêcher ses larmes de couler. C'est que Marguerite est pleinement liée à son histoire personnelle. "J'ai pris l'habitude d'attribuer un saint pour chaque proche décédé, explique-t-elle. Et pour ma mère, c'est Marguerite Bays". Pour la résidente de Fribourg, Marguerite a toujours été sainte "justement parce qu'elle n'a rien fait. Je veux dire rien d'extraordinaire. Elle faisait le bien surtout à l'intérieur de sa famille. Pour moi, elle peut être une aide spirituelle précieuse dans toutes les familles qui font face à des drames, et il y en a beaucoup".

    Mais le soleil de Marguerite a rayonné bien au-delà de la

    Glâne. Les Valaisans Danielle et Gérard sont venus en "pèlerinage" en

    famille dans la région. Pour être au cœur de l'événement, ils ont choisi de

    loger quelques jours au couvent proche de la Fille-Dieu. Un lieu où Marguerite

    allait fréquemment se recueillir. En cette matinée du 13 octobre, ils ont fait

    le chemin à pied, de l'abbaye jusqu'à l'église de Siviriez, suivant un

    itinéraire maintes fois emprunté par la couturière.

    Danielle et Gérard
    Danielle et Gérard @ Raphaël Zbinden

    "Dans notre famille, nous avons tous Marguerite Bays

    dans le cœur, assure Danielle. Elle nous inspire notamment dans l'éducation de

    nos enfants. Parce qu'elle avait un charisme spécial dans ce domaine".

    Francisca, originaire du Cap-Vert, a également "adopté"

    la désormais sainte lorsqu'elle est arrivée à Fribourg. Elle a été très touchée

    par son histoire et vient tous les 27 de chaque mois à Siviriez pour lui rendre

    hommage. Tous les 27 du mois a en effet lieu, dans l'église du village glânois,

    diverses cérémonies spéciales en l'honneur de Marguerite Bays. La date se

    réfère au jour de sa mort, le 27 juin 1879.

    "Je l'aime pour les bienfaits qu'elle prodiguait autour

    d'elle et les miracles accomplis par son intercession", affirme Francisca.

    Francisca
    Francisca @ Raphaël Zbinden

    Pour Roselyne et Michel, de Fribourg, Marguerite Bays "fait partie intégrante de la famille". Le fait qu'elle ait fait "le don total d'elle-même" touche particulièrement le couple de Fribourg. "Elle s'est oubliée pour les autres et c'est un bel exemple de sainteté", commente Roselyne.

    A la sortie de la messe, les visages sont satisfaits et tous

    saluent une belle cérémonie. Certains font valoir la fierté d'avoir une nouvelle

    sainte suisse et surtout fribourgeoise.

    Roselyne et Michel
    Roselyne et Michel @ Raphaël Zbinden

    "Comme le pape l'a indiqué lors de la messe, il s'agit

    d'une 'sainteté au quotidien', commente Roselyne. Un engagement peut-être plus

    concernant pour nous que d'autres saints qui ont fondé des congrégations ou qui

    ont donné leur vie en martyrs. Il est plus facile de s'inspirer d'une figure si

    proche de tout le monde". (cath.ch/rz)

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    Les pèlerins déposent une intention de prière et se recueillent devant le reliquaire de Marguerite Bays. © B. Hallet

    Canonisation: Merci Marguerite, Merci pour Marguerite

    Maurice Page et Bernard Hallet, à Rome

    "Merci Marguerite. Merci pour Marguerite". Les pèlerins fribourgeois et suisses n'ont pas eu besoin de beaucoup de mots pour préparer la canonisation, le 12 octobre 2019, de 'leur sainte' l'humble couturière de la Pierra.   

    "C'est un simple paysan, un homme de la terre qui vous parle. Je peux seulement vous dire que Marguerite m'a sauvé", raconte Norbert Baudois. Le vieil homme de 87 ans ne veut pas rappeler une nouvelle fois l'accident qui a manqué de coûter la vie à sa petite fille. "C'est trop pénible". Il ne veut dire et redire qu'une chose: 'merci Marguerite'. Pour le miracle du 6 mars 1988, mais surtout pour tout le reste. Pour son accompagnement quotidien. "Un jour à la maison de Marguerite, j'ai vu un nouveau tableau. Il représentait Marguerite entourée d'enfants. Ils étaient six, comme les miens. Depuis, je la prie tous les jours pour eux."

    Sous les ors de la basilique des Saints Apôtres, au centre de Rome, les quelque 400 pèlerins qui remplissent la nef sont émus aux larmes. Tous ou presque auraient leur propre histoire à raconter à propos de 'leur sainte'.

    La chance de la foi  

    Virginie, la miraculée, enchaîne: "On me dit chanceuse d'être en vie et en bonne santé. Mais je suis surtout chanceuse d'avoir grandi dans une famille qui m'a transmis des valeurs et sa foi. Je suis chanceuse de connaître Marguerite. Je voudrais dire simplement merci." Avant de s'interrompre dans un sanglot. "Chaque jour est un cadeau."

    Virginie Baudois et son grand-Père, Norbert, très émus après avoir témoigné lors de la veillée de prière.
    Virginie Baudois et son grand-Père, Norbert, très émus après avoir témoigné lors de la veillée de prière. @ B. Hallet

    C'est exactement ce qu'a dit Fabienne Sauca, commentant auparavant la vie de Marguerite: "Elle ne fuit jamais la réalité, elle accueille sans juger. Elle se laisse modeler par le Christ. Pour elle chaque événement, chaque épreuve, sont un don de Dieu."

    Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, ne peut que confirmer: "La vocation des saints, c'est de nous faire voir un peu mieux qui est le Christ. Ce que Dieu nous demande, il peut le réaliser. Pour cela, il faut le prier: 'Donne-moi de me mettre à ta disposition, de me laisser faire'. C'est seulement ainsi qu'il pourra encore y avoir 'des saints de chez nous'."

    Fabienne Sauca, gardienne de la maison de Marguerite.
    Fabienne Sauca, gardienne de la maison de Marguerite. @ B. Hallet

    Au rythme du chapelet

    "Quand je prie le chapelet, le travail va plus vite et je le fais beaucoup mieux", disait Marguerite Bays. La foule reprend ainsi la prière à Marie. Lente, répétitive, fervente. Alternant les voix, des enfants, des adultes et des aînés.

    L'autre grande dévotion de la sainte de la Pierra était le sacrement de l'eucharistie. Le Père Claude Morel, ancien postulateur de la cause, conduit l'adoration du Saint-Sacrement, tandis que les fidèles s'avancent pour déposer leurs intentions de prières et recevoir une image de Marguerite contenant une relique sous la forme d'une minuscule parcelle d'étoffe ayant touché son corps. Certains s'inclinent, d'autres touchent ou embrassent le reliquaire. Pendant que la procession se déroule longuement, la chorale des jeunes chante l'adoration au Seigneur. Les fumées de l'encens montent vers les voûtes. Parmi les pèlerins, l'attachement à Marguerite devient presque palpable.

    Basilique des Saints-Apôtres, à Rome. Veillée de prière de la canonisation de Marguerite Bays.
    Basilique des Saints-Apôtres, à Rome. Veillée de prière de la canonisation de Marguerite Bays. @ B. Hallet

    Le dernier chant avant de sortir dans la douce nuit romaine s'adresse à Marguerite. C'est toujours le même refrain tout simple: "Marguerite de la Pierra, nous recourons à toi. Marguerite de la Pierra intercède pour nous." (cath.ch/mp)

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    Virginie et son grand-père Norbert, place St-Pierre de Rome, à la veille de la canonisation de Marguerite Bays. © B. Hallet

    Virginie et Norbert Baudois: "Marguerite portée en gloire, pas nous!"

    Maurice Page et Bernard Hallet, de Rome

    "Après avoir vu ma petite-fille Virginie, âgée de 22 mois, passer sous les roues du tracteur, je n'avais vraiment pas bonne mine". Sur la place Saint-Pierre de Rome, Norbert Baudois, 87 ans, se souvient avec émotion, de ce 6 mars 1998, où l'invocation de Marguerite Bays a sauvé la fillette d'une mort certaine. Le grand-père et sa petite-fille ont été les instruments du miracle qui a ouvert la voie à la canonisation de la couturière de la Pierra.

    Pour Norbert, cette canonisation est un grand jour: "C'est un aboutissement. Marguerite le méritait depuis longtemps". Il était déjà présent ici, pour sa béatification, en 1994.

    "Miraculée, ce n'est pas un titre"

    Le vieil homme avec son béret sur la tête, appuyé sur sa canne, fatigue un peu. Il insiste: "C'est Marguerite qui est portée en gloire, pas nous". Virginie, la petite fille miraculée, renchérit : "Je suis une fille comme les autres. Cela fait partie de ma vie, mais ce n'est pas un titre, ni un privilège. Je suis quelqu'un de normal. Ce qui est différent est le lien que j'ai avec Marguerite et peut-être ma foi".

    Même si elle n'a pas gardé de souvenir de l'événement,

    Virginie est très émue de pouvoir vivre cette canonisation avec son grand-père

    qu'elle tient tendrement par la main. "Je ne pensais pas que cela pourrait

    encore arriver de son vivant. On me regarde, mais je ne veux pas

    apparaître", relève la jeune femme aux longs cheveux blonds, bientôt rejointe

    par son ami.

    "Marguerite est une confidente, une alliée, une sœur de cœur. Je lui parle tous les jours. Dans sa chambre à la Pierra, ou à Notre-Dame du Bois, je ressens vraiment sa présence."

    "J'étais responsable"

    Norbert lui aussi continue de remercier Marguerite tous les jours: "J'étais responsable, j'étais le seul adulte présent avec les enfants. Pendant deux jours après l'accident, malgré l'issue heureuse, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps". Il se rend désormais encore au moins une fois par semaine à la Pierra pour prier Marguerite et lui apporter des fleurs de son jardin. "Je marche avec une canne alors j'y vais en voiture, car j'ai encore mon permis de conduire".

    Virginie et son grand-père Norbert, place St-Pierre de Rome, à la veille de la canonisation de Marguerite Bays.
    Virginie et son grand-père Norbert, place St-Pierre de Rome, à la veille de la canonisation de Marguerite Bays. @ B. Hallet

    Sa joie d'être à Rome, avec toute la famille, est un peu

    ternie par l'absence de sa femme, désormais placée dans un home et qui ne peut

    plus se déplacer. "Nous avions fait beaucoup de pèlerinages ensemble.

    Quand je vais voir Marguerite, je la confie à sa prière."

    Outre la marguerite stylisée, épinglée sur sa poitrine, Norbert portera sur son gilet sa médaille 'bene merenti'. Il a chanté plus de 60 ans dans la chorale paroissiale". Il tient dans sa poche aussi une petite boîte avec une relique de Marguerite. "Je vais demander au pape François de la bénir."

    Ce qu'elle dira au pape François? "Je ne sais pas encore, avoue Virginie, et cela me stresse un peu."

    "Les gens avaient la foi"

    Installé à Siviriez en 1951, Norbert Baudois a vécu les cérémonies grandioses de 1953 lors de l'exhumation de Marguerite Bays. Des dizaines de milliers de fidèles avaient afflué, en trains spéciaux, vers le village de la Glâne fribourgeoise. Un grand cortège avec la fanfare, les groupements paroissiaux et tout le clergé de la région avait parcouru le village. Aujourd'hui, l'affluence est bien moindre, seuls cinq ou six fidèles se réunissent pour le chapelet dans la maison de Marguerite, déplore Norbert. Autrefois, les gens se pressaient dans le corridor, ou même à l'extérieur. "Les gens avaient la foi!".

    Demain sur l'esplanade de la basilique Saint-Pierre, Norbert et Virginie seront deux témoins privilégiés de cette foi, à la suite d'une "sainte de chez nous". (cath.ch/mp)

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    PeleRome8409

    Marguerite Bays: "Une sainte très efficace"

    Maurice Page et Bernard Hallet, de Rome

    Marguerite Bays est

    une sainte "très efficace". Les pèlerins fribourgeois qui ont invoqué

    son intercession en sont convaincus. S'ils sont venus à Rome pour sa

    canonisation, le 13 octobre 2019, c'est surtout pour lui exprimer leur

    reconnaissance.

    Dans le car, parti aux aurores de la Glâne et arrivé à Rome

    sous la pleine lune, l'enthousiasme est de règle. Marguerite est d'abord

    "une sainte de chez nous". Beaucoup sont ainsi venus en voisins.

    C'est le cas de la famille Berset, de Sommentier, à quelques kilomètres de la maison de la couturière de la Pierra. Jean-Daniel et Valérie n'ont pas seulement emmené trois de leur enfants, Emilien, Amandine et Lauriane, mais aussi leurs parents. Les trois générations sont attachées à Marguerite. Valérie évoque la famille, la vie à la campagne avec ses nombreuses tâches, la couture, le travail de la maison et surtout l'amour et le dévouement de "Goton" envers tous. La famille Bays n'est pourtant pas très exemplaire: on y rencontre enfant illégitime, divorce, alcoolisme et jalousies.

    Première visite de Rome

    Pour les enfants, la perspective de leur premier voyage à Rome les réjouit. La découverte de la ville, que Lauriane, 12 ans, imagine grande, et la possibilité de voir le pape François en 'vrai', les attirent. "Marguerite a eu une vie belle, nous entendons parler d'elle depuis tout petits, explique Amandine, 15 ans. Elle a vécu il y a deux cents ans, mais elle est encore présente dans notre vie. Nous en avons parlé dans le parcours de confirmation."

    Emilien, 17 ans, est impressionné par le miracle qui a permis la canonisation de Marguerite. Lorsque la petite Virginie, alors âgée de 22 mois, est sortie indemne après être passée sous les roues d'un tracteur. Pour lui, c'est comme une preuve de l'existence de Dieu. "C'est bien que Marguerite devienne sainte, c'est plus facile à expliquer et à faire comprendre que bienheureuse", conclut Lauriane.

    Chants, lectures et prière ont rythmé le voyage vers la ville éternelle.
    Chants, lectures et prière ont rythmé le voyage vers la ville éternelle. @ B. Hallet

    "J'en avais presque peur"

    Jean-Daniel, le papa, évoque lui aussi son enfance et le grand portrait de Marguerite qui trônait dans la maison de son grand-père. "J'en avais presque un peu peur". De la nouvelle sainte, il retient surtout la foi admirable. C'est une femme simple, pas compliquée. Elle nous montre que la relation à Dieu ne dépend pas de l'intelligence, ni de l'instruction, mais du cœur. A l'instar de sa contemporaine Bernadette de Lourdes, elle a pratiqué sa foi avec ses capacités propres et dans son milieu de vie ordinaire. C'est en cela que nous devons essayer de l'imiter".

    "Marguerite Bays est efficace, insiste Valérie, chaque fois que nous l'avons invoquée, nous avons été exaucés ou nous avons reçu des signes."

    Passer de l'Evangile à la vie

    Pierre Mugny: “C'est pas tous les jours qu'on a une sainte à côté de chez soi!“.
    Pierre Mugny: “C'est pas tous les jours qu'on a une sainte à côté de chez soi!“. @ B.Hallet

    Pierre Mugny est le plus proche voisin de Marguerite, puisque sa maison jouxte celle des Bays à la Pierra. Avec sa tête et sa barbe de vieux sage malicieux, il passe avec aisance, probablement comme le faisait Marguerite, de l'Evangile à la vie et de la vie à l'Evangile. Pour lui, la foi et la confiance en Dieu sont essentielles: "Souvenez-vous de l'histoire de Jaïre dont la fille morte est ressuscitée par Jésus. Ou de Zachée perché sur son sycomore." Une seule chose le chicane: "On dit que Marguerite détestait les fêtes profanes et faisait des reproches à ceux qui s'y rendaient. Je ne suis pas d'accord. N'a-t'on pas reproché à Jésus de fêter chez des pécheurs?"

    Entre La Pierra et Notre-Dame du Bois

    Damien et Sara Maria Pattaroni, eux, ne sont pas des voisins. Le Valaisan et la fille de Barcelone ont connu Marguerite il y a une dizaine d'années lorsqu'ils sont venus s'établir à Romont. "Mon oncle m'a dit: Tu vis dans le pays de Marguerite Bays! J'avais bien vu les panneaux au bord de la route, mais je n'avais jamais eu l'idée d'aller voir."

    Damien et Sara Maria Pattaroni.
    Damien et Sara Maria Pattaroni. @ B. Hallet

    Lorsqu'il pénètre dans la maison de Marguerite, à la Pierra, une grande paix, une sérénité le saisissent. La même chose à Notre-Dame du Bois. Depuis, ils font régulièrement la promenade entre la chapelle et la Pierra. Ils ont fait ensuite la connaissance de la gardienne Fabienne Sauca et de l'équipe de la fondation qui sont devenus des amis.

    Pour Sara Maria aussi, Marguerite est très efficace. "Elle m'exauce à chaque fois. Quand nous avons su qu'elle allait être canonisée, nous avons décidé de venir lui exprimer notre reconnaissance."

    "Je l'avais perdue de vue"

    "Je l'avais un peu perdue de vue", avoue l'abbé Hubert Vonlanthen, prêtre en Basse-Singine. Enfant, il allait en pèlerinage avec ses parents, de Fribourg à Siviriez.

    L'abbé Hubert Vonlanthen.
    L'abbé Hubert Vonlanthen. @ B. Hallet

    C'est au moment de sa béatification, en 1994, qu'il a renoué le contact. Il a découvert combien Marguerite était proche des familles et des enfants. "Je suis persuadé qu'elle peut être une aide très efficace pour la pastorale des familles. Elle peut nous aider à les rejoindre. Elle m'a toujours exaucé pour trouver des solutions que l'on attendait pas."

    A l'arrivée à Rome, la nuit est tombée. Un petit air résonne

    dans les têtes et dans les cœurs: "Marguerite de la Pierra, nous

    recourrons à toi. Marguerite de la Pierra, intercède pour nous."

    (cath.ch/mp)

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    Virginie Baudois et son grand-Père, Norbert, très émus après avoir témoigné lors de la veillée de prière. © B. Hallet

    Canonisation: "Merci Marguerite. Merci pour Marguerite" (vidéo)

    «Merci Marguerite. Merci pour Marguerite». Les pèlerins

    fribourgeois et suisses n’ont pas eu besoin de beaucoup de mots pour

    préparer la canonisation, le 12 octobre 2019, de ‘leur sainte’ l’humble

    couturière de la Pierra.   

    Sous les ors de la basilique des Saints Apôtres, au centre de Rome, les quelque 400 pèlerins qui remplissent la nef sont émus aux larmes. Tous ou presque auraient leur propre histoire à raconter à propos de ‘leur sainte’. Retour en images sur ce moment de ferveur et de recueillement.

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