La fontaine de Trevi, merveilleux casse-tête des papes
A l'occasion de la Semaine-Sainte, où Rome s'est vidée de ses pèlerins et de ses touristes l'agence I.MEDIA propose de revisiter cinq chefs-d'œuvre de l'architecture romaine construits ou restaurés par les papes.
La fontaine de Trevi, merveilleux casse-tête des papes
Navone, la grand-place d'Innocent X
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Les colonnes du Bernin, tout un symbole
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Les colonnes du Bernin, tout un symbole
Alors que la basilique Saint-Pierre est consacrée depuis 1626 et qu’un certain nombre de papes et artistes se sont succédés, c’est en 1658 que le Bernin s’attelle à ce gigantesque projet qui sera un de ses plus grands chefs-d’œuvre.
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La fontaine de Trevi, merveilleux casse-tête des papes
Plus célèbre fontaine du monde, popularisée notamment par la scène de la 'baignade' d’Anita Ekberg dans la Dolce Vita (1960) de Federico Fellini, la Fontaine de Trevi a vu sa construction terminée en 1762 sous le pontificat de Benoît XIV.
L’histoire – compliquée – de ce grand chantier des papes, casse-tête architectural, permet de revenir un instant en des temps où les successeurs de Pierre étaient aussi les 'urbanistes' de la Ville Eternelle.
L’Aqua Virgo
Le lieu-dit des 'trois voies', qui donne son nom à la fontaine, se trouve à l’extrémité d’un aqueduc construit sous le règne de l’empereur Auguste, ‘l’Aqua Virgo’ – l’eau pure, en latin – du fait de la limpidité de son eau. Pour gérer cet approvisionnement continu essentiel au cœur de la ville, de très nombreux papes, souverains des lieux, tentent d’aménager diverses formes de fontaines dès le XVe siècle, dans une optique autant sanitaire qu’esthétique.
Nicolas V (1447-1455) est le premier d’entre eux. Devant la détérioration des trois bassins qui existaient alors, laissés à l’abandon, le pontife construit un unique bassin rectangulaire. Le lieu manque cependant de charme, et de nombreux projets de rénovation sont lancés par les pontifes suivants. Urbain VII (1623-1644) demande finalement à Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin vers 1640 de concevoir une nouvelle fontaine dans cet endroit proche du nouveau palais familial du pontife, le fameux Palazzo Barberini, et du palais pontifical d’alors, le palais du Quirinal.
De l’eau et du vin
Enthousiaste, Le Bernin commence les travaux en profitant d’une taxe très impopulaire mise en place à Rome sur le vin. Dégageant la place d’un certain nombre de constructions sommaires, il lui donne ses proportions actuelles. Mais la taxe est rapidement annulée, et les fonds commencent alors à manquer. La mort d’Urbain VIII est un désastre pour Le Bernin, qui voit son successeur, Innocent X, poursuivre la famille Barberini, accusée d’avoir pillé le trésor pontifical dans des grands projets architecturaux. Celui de la fontaine est dès lors abandonné, et de simples bassins sans attrait sont entretenus.
Les papes suivants ne reprennent pas le projet. Clément XI (1700-1721) commande des plans à l’architecte Carlo Fontana, connu notamment pour sa fontaine ‘des quatre rivières’, qui se trouve au centre de la Piazza Navona, la Place Navone. Mais son projet pour la fontaine de Trevi, ainsi que plusieurs autres, sont rejetés. Son successeur, Innocent XIII (1721-1724), empêche toute rénovation: sa propriété, le palazzo Poli, était attenante, et il craignait que la construction d’une fontaine monumentale ne vienne endommager sa façade.
Le projet le moins cher
Le projet de rénovation de la fontaine de Trevi devient un passage obligé pour tous les architectes ambitieux de Rome, et très nombreux sont ceux qui s’essayent à l’exercice... sans succès. Mais cette longue attente prend fin sous le règne de Clément VIII (1730-1740), qui lance un important concours finalement remporté par Nicolas Salvi. Etrangement, ce projet est avant tout choisi parce qu’il est le moins cher !
La construction est lancée en 1732… mais Salvi meurt en 1752. C’est son disciple Giuseppe Pannini qui prend la suite, mais il est démis de ses fonctions parce qu’il tente de donner une note trop personnelle au projet. Ce sera finalement le sculpteur Pietro Bracci qui terminera ce chef d’œuvre d’architecture monumentale néo-classique en 1762, soit trente ans après le début des travaux, et plus de trois siècles après les premiers projets de Nicolas V.
Une pièce jetée dans la fontaine
La version de 1762 a à peine été retouchée, si on excepte les éclairages nocturnes et quelques réparations d’ordre technique. La composition, très célèbre, représente des divinités antiques chevauchant des montures ailées dans un décor marin. Des compositions rocheuses forment cascades et grottes dans une sorte de jardin d’eau douce en plein milieu de la capitale italienne.
Aujourd’hui, la coutume veut qu’on jette une pièce dans la fontaine avant de quitter Rome. Si la fontaine n’appartient plus aux papes depuis longtemps, son histoire reste un témoignage de l'importance qu’ont joué les pontifes dans la construction de la ville autant esthétiquement que pratiquement. (cath.ch/imedia/cd/be)
A l'occasion de cette Semaine sainte, I.MEDIA propose de revisiter les chefs-d'œuvre de l'architecture romaine construits ou restaurés par les papes. Aujourd'hui, l'histoire compliquée de la construction de la fontaine de Trevi.
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Navone, la grand-place d'Innocent X
C'est l'un des lieux de Rome les plus prisés par les touristes. La place Navone telle que nous la connaissons est le résultat d'une grande métamorphose opérée sous le pontificat du pape Innocent X (1644-1655), dont le corps repose encore aujourd'hui dans cet endroit si important pour les Romains.
Située de manière remarquable à Rome, la place Navone est l'un des centres névralgiques de la Ville éternelle. Grande d'un hectare environ, elle se trouve à mi-distance entre le Vatican et le Capitole. On est alors à seulement une vingtaine de minutes à pied de la place Saint-Pierre, au nord-ouest, ou du Forum romain, au sud-est. Point de passage obligé, la piazza Navona est devenu un rendez-vous obligatoire pour tout visiteur de la capitale italienne: on s'y retrouve à la terrasse de l'un des innombrables cafés qui la bordent ou à l'ombre de son obélisque central.
Différents éléments frappent d'emblée celui qui foule les pavés de cette place, l'une des plus grandes de la ville. Les fontaines magistrales et baroques mais aussi les deux églises de part et d'autre des deux longueurs de l'oblongue Navone: Sainte-Agnès-in-Agone, côté occidental et Notre-Dame du Sacré-Cœur, plus ancienne, vers l'Orient. Les palais aux façades ocres et volets verts couronnent le charme de cet endroit que l'on doit à un pape issu d'une grande famille romaine du 17e siècle.
Au centre de la place : une colombe et un rameau d'olivier
L'aménagement de la place Navone tel qu'on le connaît aujourd'hui date en effet du temps du pape Innocent X . C'est sous ce pape profondément romain – issu de la célébrissime famille Pamphili, implantée à Rome au 15e siècle – que la place Navone a été réaménagée de fond en comble. Giovanni Battista Pamphili a 70 ans lorsqu'il est élu sur la chaire de Pierre en 1644, à la suite d'Urbain VIII, son prédécesseur, lui aussi de noble extraction, venant de la famille Barberini.
Rapidement, le nouveau pontife commande des travaux d'embellissement de cette place centrale, érigée à l'endroit même d'un ancien stade du 1er siècle. Les travaux débutent en 1647, trois ans après son élection. Le pape souhaite notamment agrémenter la place d'une fontaine, majestueuse, qui trônerait en son centre. Ce chantier est confié au Bernin et sera terminé en 1651.
Les quatre fleuves qu'elle représentera à la fin de sa confection, et que l'on admire encore aujourd'hui en face de l'église Sainte-Agnès-in-agone, symbolisent chacun un continent : le Danube pour l'Europe, sculpté par Antonio Raggi, le Gange pour l'Asie, sculpté par Claude Poussin, le Nil pour l'Afrique, sculpté par Giacomo Antonio Fancelli et le Rio de la Plata pour l'Amérique, sculpté par Francesco Baratta. Dans un contexte de Contre-Réforme et du développement des missions dans le monde entier, cette symbolique des quatre continents permet au pontife de réaffirmer l'influence des catholiques et la puissance de l'Eglise dans le monde entier. Le blason du pape y est soutenu par l'Europe.
Un obélisque égyptien surplombe la fontaine. A l'origine, il a été apporté à Rome par l'empereur romain Caracalla (188-217). Il a ensuite été placé dans le cirque que l'empereur Maxence voulut situer hors de la ville, au 3e mille de la voie Appienne. Ce long morceau de granite rouge de Syène (Egypte), mesurant plus de 16 mètres de la base à son sommet, est restauré et placé par Le Bernin sur sa fontaine des Quatre-Fleuves. A son sommet, se trouvent les emblèmes de la famille Pamphili : une colombe et un rameau d'olivier.
Cette colombe et ce rameau d'olivier sont présents absolument partout sur la partie ouest de la place. Outre au zénith du monolithe égyptien, on les retrouve à Sainte-Agnès-in-agone, sur toutes les portes et dans tous les chapiteaux des colonnes.
Sépulture du pape Innocent X
Fils d'un de ces Pamphili, et estimant le besoin de bâtir une demeure plus digne encore que les précédentes, Innocent X décide la construction d'un palais à la hauteur du prestige apporté par sa nomination papale. Ses bâtisseurs, avec à leur tête l'architecte italien Girolamo Rainaldi, mettront six ans à réaliser ce chantier terminé en 1650.
Le palais se dresse fièrement sur trois étages et possède trois cours intérieures. Racheté en 1964 par l'Etat brésilien, il est devenu l'ambassade du Brésil. Depuis cette acquisition, un drapeau du pays flotte sur la place Navone avec sa devise flanquée sur le tissu vert et jaune au globe étoilé : 'ordem e progresso'.
Le 236e pape tombe malade en août 1654 et meurt en janvier de l'année suivante. Il est d'abord enterré au Vatican avant que ses restes ne soient pieusement déplacés dans l'église Sainte-Agnès-in-Agone, bâtie sur le lieu du martyre d'une jeune romaine tuée en 304. C'est dans cet édifice, qui fait face à la fontaine des Quatre-Fleuves, que repose désormais le corps d'Innocent X.
Cette grandiose église fait également partie des aménagements souhaités par l'ancien vice-camerlingue du collège cardinalice (1643-1644). Ses travaux ont été conduits d’abord par Girolamo Rainaldi, puis par Borromini à qui l'on doit notamment la façade concave et le dôme. En entrant dans l'édifice baroque, on trouve un monument dédié à Innocent X, bâtisseur de l'église. Sa tombe se situe quant à elle à gauche de l’autel principal. (cath.ch/imedia/pad/rz)
L'origine du terme 'Navone'
Tous les bâtiments qui bordent la place Navone ont été érigés sur les gradins d'un ancien édifice romain du 1er siècle de notre ère. A quelques mètres au dessous du niveau actuel du sol, se trouve en effet la piste du stade de Domitien. C'est de ce stade que la place tire l'origine de son nom. 'Navone' dérive en effet du terme grec 'agone', qui désigne les spectacles de lutte qui s'y tenaient. 'In agones', signifie donc 'sur le lieu des concours'.
Au 21e siècle, il n'est plus question bien entendu d'assister à des concours athlétiques (tels que des courses, des lancés de javelot ou de disques) quoique la place reste animée par de nombreux artistes aguichant les touristes de l'aube au crépuscule. PAD
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Le Panthéon, le monument miraculé
Dédié d’abord aux dieux romains, il faut attendre l’an 609 pour que le Panthéon soit confié à l’Eglise quand l’empereur byzantin Phocas en fait don au pape Boniface IV (608-615). C’est ce moine bénédictin des Abbruzzes qui consacre l’édifice comme église chrétienne à la Vierge Marie et aux martyrs et la baptise Sancta Maria ad Martyres – Sainte-Marie aux Martyrs, en latin – titre qu’elle porte encore de nos jours.
Il y fait aussitôt transférer des restes anonymes de chrétiens persécutés prélevés dans les catacombes.
L’installation des reliques dans le Panthéon est un signe parmi d’autres de la disparition de ce qui est encore considéré comme un sacrilège: l’ensevelissement de dépouilles humaines dans un temple était jusque-là proscrit. Toute inhumation étant bannie non seulement dans l’aire du temple, mais aussi dans l’espace sacré – le pomœrium – de Rome.
A cette époque le toit du bâtiment est couvert de tuiles en bronze qui survivront aux invasions barbares. Mais l’empereur byzantin Constant II les démembre pour financer sa campagne contre les Lombards en Italie du sud. Une couverture de plomb est finalement réinstallée moins d’un siècle plus tard en 735.
“Les Barberini l’ont fait“
Les bronzes qui décoraient quant à eux l’intérieur ou couvraient le portique ne survivent pas non plus aux époques successives. Ils sont prélevés par le pape Urbain VIII Barberini (1623-1644) et fondus par son architecte le Bernin pour réaliser de 1624 à 1635 le baldaquin de la basilique Saint-Pierre.
Cette opération vaut au pontife un épigramme resté fameux à Rome: “Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini“ (“Ce que les Barbares n’ont pas fait, les Barberini l’ont fait“).
Si Urbain VIII réalise ce transfert peu scrupuleux c’est aussi parce qu’il veut que l’architecture de Saint-Pierre dépasse en complexité et en grandeur celle du Panthéon. C’est la raison pour laquelle dans son projet de basilique vaticane, l’architecte Bramante souhaite ni plus ni moins “poser le panthéon“ sur la basilique de Maxence et Constantin.
Peut-être l’une des rares erreurs esthétiques de sa vie, le Bernin profite de la confiance d’Urbain VIII pour ajouter deux clochetons aux extrémités du fronton du Panthéon, que les Romains surnomment “les oreilles d’âne du Bernin“. Cette fantaisie architecturale sera éliminée en 1882 afin de rétablir l’aspect originel du fronton.
Ce n’est pas le seul changement que doit subir le monument au cours des siècles: deux colonnes tombent sous Urbain VIII puis sous Alexandre VII (1655-1667) et doivent être remplacées par des pièces de granite rose (au lieu des grises claires originales) ce qui altère la régularité des colonnes de façade. Encore aujourd’hui, il est possible de constater cette différence de teinte.
En 1747, ce sont les fenêtres sous la coupole qui sont remplacées par des trompe-l’oeil par l’architecte et peintre baroque Luigi Vanvitelli lors de la restauration intérieure.
Cible des rivalités avec la nouvelle monarchie
A la fin du XIXe siècle, le Panthéon est la cible de rivalités entre la nouvelle monarchie italienne et la papauté à qui tout est confisqué ou presque. La Maison de Savoie obtient du pape de se faire attribuer l'église pour que les rois y soient inhumés, faisant de ce lieu un Panthéon moderne, d'où son nom actuel, alors que les Italiens l'appelaient familièrement la Rotonna ou Ritonna: la Rotonde.
La question romaine fut tranchée à la suite des accords du Latran en 1929, l'église assumant désormais le titre de Basilica Palatina (Basilique Palatine) et devenant l’église officielle de tous les Italiens.
En plus des premiers martyrs, de nombreux personnages illustres y ont été inhumés, peintres et compositeurs. Seul un homme d’Eglise a l’honneur d’y reposer: il s’agit d’Ercole Consalvi secrétaire d’Etat de Pie VII, grand réformateur et fin diplomate pendant l’ère napoléonienne, dont le cœur a été déposé à côté du corps du maître Raphaël. (cath.ch/imedia/ah/bh)
A l'occasion de cette Semaine sainte, I.MEDIA propose de revisiter les chefs-d’œuvre de l'architecture romaine construits ou restaurés par les papes.
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Les colonnes du Bernin, tout un symbole
Alors que la basilique Saint-Pierre est consacrée depuis 1626 et qu’un certain nombre de papes et artistes se sont succédés, c’est en 1658 que le Bernin s’attelle à ce gigantesque projet qui sera un de ses plus grands chefs-d’œuvre.
“Grand ordonnateur des arts”, Gian Lorenzo Bernini est chargé par le pape Alexandre VII (1655-1667) d’aménager le parvis de la basilique Saint-Pierre en 1656, afin de le rendre plus accueillant et de le mettre en valeur. Le pape Alexandre VII, grand amateur d’art, apprécie particulièrement les qualités de l’urbaniste et s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs en continuant les travaux d’amélioration du siège de l’Eglise catholique. Avant les travaux, la place peu aménagée était moins habillée et organisée qu’aujourd’hui. Elle reflétait mal l’aura que souhaitait avoir le Saint-Siège vis-à-vis des hommes et du monde.
Ami du pontife et homme de talent, comme il avait pu le prouver jusqu’alors par ses interventions dans la rénovation de la basilique Saint-Pierre, le Bernin se met à l’œuvre. Le projet de l’urbaniste est tracé : il souhaite faire de la place Saint-Pierre un élément symbolique du pouvoir de la papauté, pur, structuré, mais aussi accueillant.
Cependant, les contraintes imposées au Bernin sont nombreuses : l’artiste doit non seulement respecter les désirs du pape issu de la famille italienne des Chigi, mais également faire en sorte que la basilique soit bien mise en valeur, au centre du projet architectural. Aussi, l’urbaniste doit garder en tête que le lieu doit accueillir beaucoup de monde. Ces éléments sont d’autant plus importants qu’ils vont être significatifs du rayonnement et de l’importance de la papauté.
Le prodige du Bernin est tel qu’il parvient à allier ces nécessités avec celle de faire de ses chefs-d’œuvre architecturaux de véritables décors théâtraux. Il mêle structures imposantes et petits détails afin d’accentuer tant la perspective que la dimension de surprise dont elle découle.
À bras ouverts
Les plans de la future place Saint-Pierre sont révélateurs de l'immensité du projet porté par le Bernin: l’espace sera suffisamment large pour accueillir une grande foule de fidèles, de même que la taille de l’édifice sera imposante. Mais l’idée qui séduit l’urbaniste est celle de former un corps dont la tête serait la coupole de la basilique, et les bras deux arcades de part et d’autre de celle-ci. Le Bernin construit ainsi la place sous forme d'ellipse et l’entoure de deux immenses ensembles de colonnes, permettant à la basilique Saint-Pierre d’augmenter la hauteur de sa façade.
Cette place, expliquait-t-il alors, a pour rôle d’accueillir et de mener les fidèles jusqu’à la basilique. Elle est également symbolique de la gloire de Dieu et de sa domination sur le monde, donnant l’impression que l’édifice religieux consacré au premier pape est volontairement surélevé par rapport au niveau du sol de l’esplanade.
Les colonnades du Bernin, en forme d’hémisphères et placées de part et d’autre de l’ellipse, sont réalisées en travertin. Loin d’être encombrant grâce à son raffinement et à la pureté de sa pierre, l’édifice mis en valeur par ses 284 colonnes entoure une place de 340 mètres de long, sur 240 mètres de large.
Spectaculairement spacieuse, l'esplanade permet également de faire perdurer le génie du Bernin. En effet, deux dalles de chaque côté de l’obélisque marquent l’endroit où l’illusion d’optique est la plus parfaite: les quatre rangées de colonnes doriques se superposent et se confondent pour n’en faire apparaître qu’une seule. Les nombreux points de fuites et perspectives forment un ensemble particulièrement majestueux.
Un lieu doublement saint
En plus d’être un chef-d’œuvre architectural, la place Saint-Pierre est également un lieu chargé d’histoire et de symboles. Ici encore, le génie du Bernin transparaît à travers les statues de saints juchées en haut du double portique, de même que par la forme de la place et sa signification.
L’architecte et sculpteur italien, dont le goût pour les scénographies animées et les compositions monumentales est prononcé, accompagne les deux hémisphères de la place Saint-Pierre de 140 statues de saints. Cette foule d’apôtres, protecteurs et martyrs semblent être réunis et invoqués pour protéger et accueillir les fidèles entrant sur la place. On peut également y voir une retranscription fidèle du Symbole des Apôtres et de la communion des saints, qui intercèdent auprès de Dieu en faveur des hommes.
Au-delà du point de vue chrétien, le Bernin parvient à donner une impression de mouvement à chacune des statues, grâce au drapé ou à la position particulière de chacun des personnages d’une hauteur de trois mètres. Le mouvement baroque, très prisé par l’artiste, réussit à être observé, malgré les 20 mètres qui séparent les statues du sol.
La sainteté du lieu se mesure également par son emplacement et la création d’une place en forme d’ellipse. Il faut remonter au Ier siècle après Jésus-Christ pour en effet comprendre les origines de la place Saint-Pierre. Au temps de la persécution des chrétiens, l’empereur romain Néron (54-68) faisait subir toutes sortes de tortures dans certains cirques de Rome à ceux qui reniaient le culte romain. Le cirque où eut lieu le martyre de saint Pierre se trouve à l’endroit même où le Bernin a aménagé la place et ses colonnades.
La place Saint-Pierre reprend ainsi la forme elliptique de l’ancien cirque construit au pied de la colline du Vatican, et constitue par ailleurs le parvis de la basilique des papes, abritant le tombeau de l’apôtre Pierre. A noter que de nombreux travaux ont vu le jour à partir de l’empereur Constantin (310-337) converti au christianisme, qui déplaça la colline afin d’ériger un début de basilique au dessus de la tombe de saint Pierre.
Les chantiers de la place Saint-Pierre dirigés par le Bernin s’achèvent à la mort du pape Alexandre VII, empêchant l’architecte de continuer les projets d’extension qu’il avait prévu ensuite.
Aujourd’hui connue dans le monde entier, la place Saint-Pierre accueille des millions de visiteurs par an, tout en étant symbolique du lien entre le pape et les fidèles. Grâce à elle, le pontife opère la jonction entre Dieu et les hommes lors des rendez-vous tel que les bénédictions Urbi et Orbi, les audiences, et les messes. Récemment, une bénédiction Urbi et Orbi a eu lieu pour demander au Seigneur de mettre fin à l’épidémie de Covid-19 mettant en scène le pape François seul sur une place Saint-Pierre totalement vide. Un événement historique qui ancre un peu plus la papauté et la place Saint-Pierre dans l’histoire et consacre un peu plus la majesté des colonnes du Bernin. (cath.ch/imedia/sw/rz)
A l’occasion de Pâques, I.MEDIA propose de revisiter les chefs-d’œuvre de l’architecture romaine construits ou restaurés par les papes.
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Après la chute de l’Empire romain, l’immense amphithéâtre a connu de nombreux usages: il devient tour à tour cimetière, carrière de pierre, village ou encore forteresse. Dès le IVe siècle, il est voué à la démolition et ses pierres sont transportées aux quatre coins de la Ville éternelle pour être réutilisées. A cette lente déconstruction, s'ajoutent les pillages liés aux multiples invasions de Rome.
Au IXe siècle, le bâtiment devient la propriété officielle de l’Eglise. Bien plus tard, en 1381, une section de l’édifice sera confiée à la Confrérie Saint Sauveur qui obtient le droit de vente sur les pierres. Les vestiges du Colisée font alors la richesse de cette archiconfrérie qui conserve ce droit durant plusieurs siècles. Ainsi se poursuit dans la plus grande légalité le démantèlement de cette merveille de l’Antiquité.
C’est à cette période, par l’intermédiaire de cette confrérie, que l’on commence à représenter la Passion du Christ au sein de ses ruines à travers des spectacles grandioses, dans la tradition des "mystères", ces pièces de théâtre racontant l'histoire chrétienne. Ces représentations attirant des milliers de personnes permettent également de redécouvrir ce lieu comme celui du martyre des premiers chrétiens, assassinés dans des mises en scène cruelles par les empereurs de l'Antiquité.
Une merveille antique transformée en entrepôt
Le XVe siècle sera marqué par la Renaissance et ses projets visionnaires. Si par leurs décrets les papes semblent vouloir protéger les ruines antiques, ils autoriseront paradoxalement la construction de bon nombre de bâtiments grâce à ses vestiges. On sait aujourd'hui que les façades du palais de Venise et de la basilique Saint-Pierre comportent des blocs de travertin du Colisée.
Il faut attendre le XVIe siècle pour que les successeurs de Pierre cherchent à protéger l’édifice en imaginant diverses transformations parfois très originales. Sixte V (1585-1590), le premier, envisage d’installer une filature de laine où l'on emploierait les anciennes prostituées. Cette proposition ne fut finalement pas suivie d'effet, le pontife mourant avant d’avoir pu l’appliquer.
Au XVIIe, l’amphithéâtre est de nouveau pillé et ne retrouve de l’intérêt qu'en 1700, année durant laquelle le pape Clément XI décide de transformer le bâtiment en entrepôt pour produire de la poudre.
C’est alors qu’un moine carme du nom de Angiolo Paoli intervient auprès du Souverain pontife pour lui soumettre une toute autre idée: préserver ce lieu imprégné du sang des martyrs. Aidé par de nombreux volontaires, le religieux fait alors fermer les arcs de l’immense édifice avec des murs épais et les portes avec de grosses traverses en fer. À l'intérieur, au milieu des ruines, il érige trois immenses croix de bois.
Un Colisée consacré en "église publique"
Moins de cinquante ans plus tard, en 1749, son successeur Benoît XIV confère le titre "d’église publique" au bâtiment. A partir de cette date, le pillage de l’édifice est formellement interdit et puni. Le chef de l’Eglise catholique consacre à ce moment-là le monument à la Passion du Christ et aux martyrs.
Pour que cette consécration s'ancre dans le cœur des fidèles, le pape italien effectue en 1750 le premier chemin de Croix au sein des arènes. Afin d'installer la tradition qui perdure jusqu’à nos jours, il fonde même une confrérie appelée 'Les Amants de Jésus et de Marie' en charge de l’organiser.
Autour de l’arène, sont disposées 14 stations. Une croix trône alors au milieu de ce lieu jadis païen. Le pape italien se charge également de restaurer de nombreuses arcades au rez-de-chaussée.
La tradition du chemin de Croix se perd lors de l’unité italienne avec la formation du Royaume d'Italie qui s'approprie ce monument symbole d'un glorieux passé. Il faudra attendre Jean XXIII pour que soit restaurée cette Via Crucis si singulière en 1959, pour une année seulement. Paul VI, à partir de 1965, renoue définitivement avec cette tradition. (cath.ch/imedia/cg/mp)
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