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    © Bernard Hallet

    Série: Visages de paroisses

    Série: Visages de paroisses Paroisses et unités pastorales (UP) sont les principaux lieux de vie communautaire dans l’Eglise en Suisse romande. Leur vitalité, leur créativité, mais aussi leurs défis et problèmes sont pourtant souvent méconnus. cath.ch présente de façon régulière une autre de ces f...

    Contenu du dossier
    © Bernard Hallet
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    Série: Visages de paroisses

    L'église Saint-Jean XXIII au Petit-Saconnex
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    Nations-St-Jean: une UP genevoise ouverte et plurielle

    L'église du Châble (VS) est l'un des principaux lieux de culte des
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    Bagnes: paroisses valaisannes "en pèlerinage"

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    © Bernard Hallet

    Série: Visages de paroisses

    Paroisses et unités pastorales (UP) sont les principaux lieux de vie communautaire dans l’Eglise en Suisse romande. Leur vitalité et leur créativité sont pourtant souvent méconnues. cath.ch fait le tour des cantons pour faire découvrir ces diverses façons de faire Eglise ensemble.

    Si vous êtes intéressés à faire connaître votre communauté, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse raphael.zbinden@cath.ch ou redaction@cath.ch

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    L'église Saint-Jean XXIII au Petit-Saconnex © Raphaël Zbinden

    Nations-St-Jean: une UP genevoise ouverte et plurielle

    Au cœur de Genève, l'Unité pastorale (UP) Nations-Saint-Jean cultive l'ouverture et la multiculturalité. Elle entretient notamment une relation toute particulière avec le judaïsme. Portrait.

    Les habitants du Petit et du Grand-Saconnex, à Genève, peuvent

    entendre régulièrement s'élever des airs de Gospel, des chants en tagalog, la

    langue principale des Philippines, ou encore en hébreu. Ils ne viennent pas

    forcément de temples ou de synagogues, mais de lieux de cultes de l'UP

    catholique locale. Ce regroupement de paroisses porte en effet bien son nom de

    "Nations", au vu de la diversité humaine qu'elle constitue et

    soutient.

    La plus "juive" des UP?

    L'amitié avec le monde israélite tient une grande place dans la vie de la communauté, notamment avec la célébration du Dies Judaicus. Fixée au second dimanche de Carême, cette journée a été instaurée par les évêques suisses en 2011, pour sensibiliser les catholiques aux origines juives du christianisme et développer des relations fraternelles, dans l’élan de Vatican II. Cette orientation, l'UP la doit notamment à l'abbé Alain-René Arbez.

    Alain-René Arbez
    Alain-René Arbez @ Raphaël Zbinden

    Le prêtre romand a été curé in solidum de l'unité de paroisses genevoises de 2010 à 2019 . Lui-même issu d'une famille d'origine juive, il a développé au fil de ses études et de ses rencontres un lien très fort avec la communauté israélite. Il est ainsi membre depuis de nombreuses années de la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine de Suisse (CDJC).

    Le curé a grandement solennisé le Dies Judaicus, notamment en offrant la possibilité aux fidèles de

    chanter la messe en hébreu. Au second dimanche de Carême, l'église de l'UP qui

    accueille la célébration est d'habitude pleine, avec également sur ses bancs

    des protestants et des orthodoxes. "C'est devenu une tradition dans l'UP

    et les fidèles en sont très contents", assure l'abbé Arbez.

    Ouverture et générosité "dans le sang"

    Cette ouverture à la pluralité est dans "l'ADN" de

    Nations-St-Jean, assure l'abbé Jean-François Cherpit, l'actuel curé modérateur

    de l'UP. Cette dernière constitue d'ailleurs la plus grande unité pastorale de

    Suisse romande, avec ses 50'000 catholiques issus du monde entier. L'UP s'étend

    sur les quartiers très peuplés du Petit et du Grand-Saconnex, connus pour leur

    diversité culturelle. Une UP donc à l'image d'une Genève plurielle et tournée

    vers le monde, souligne l'abbé Cherpit.

    L'église Saint-Hippolyte est l'un des lieux de culte de l'UP Nations-St-Jean
    L'église Saint-Hippolyte est l'un des lieux de culte de l'UP Nations-St-Jean @ Raphaël Zbinden

    Comme entité catholique au sein de la "Rome

    protestante", Nations-St-Jean a également développé assez naturellement

    l'aspect œcuménique, du côté réformé, mais aussi orthodoxe et israélite. Chaque

    grand événement est marqué par la présence de représentants protestants, avec

    lesquels la collaboration est très active. En décembre 2019, une célébration

    rassemblant les communautés protestante et orthodoxe du secteur a récolté plus

    de 3'000 francs en faveur du dispensaire des Sœurs ursulines de Madagascar, qui

    accueille des enfants handicapés. "Outre l'ouverture, la générosité est

    également dans le code génétique de Nations-St-Jean", relève le curé

    modérateur.

    Une étape du "Chemin de joie"

    Ce parti pris d'ouverture a joué un rôle majeur dans la dynamique de l'UP. Lorsque l'abbé Arbez est arrivé dans l'unité, en 2010, il y a trouvé une situation financière difficile.

    La mosaïque de Marko Rupnik exposée sur la façade de l'église Saint-Jean-XXIII
    La mosaïque de Marko Rupnik exposée sur la façade de l'église Saint-Jean-XXIII @ Raphaël Zbinden

    L'une des poulies de redressement, activées avec l'abbé Elvio Cingolani - curé modérateur durant 10 ans - a ainsi été d'accueillir des communautés religieuses à la recherche de locaux pour célébrer. La communauté protestante africaine "Temple of Praise", les Philippins catholiques, ainsi qu'une petite communauté de catholiques slovènes, ont donc trouvé dans les lieux de culte de l'UP un toit pour leurs cérémonies. Une activité importante, qui a contribué à relever les comptes, assure le curé à la retraite depuis août 2019. Ces communautés sont maintenant régulièrement intégrées dans les événements de l'UP, notamment la chorale Gospel de "Temple of Praise".

    Il y a dix ans, la "visibilité" de la communauté

    catholique était également un problème, en particulier pour l'église St-Jean

    XXIII, située à deux pas du temple protestant et de la Grande mosquée.

    L'édifice étant démuni de cloches, l'abbé Arbez y a fait installer des

    haut-parleurs diffusant des sonneries de cloches enregistrées, ainsi qu'une

    croix lumineuse. L'église est également sur l'itinéraire du "Chemin de

    joie" mis en place par l'Eglise catholique romaine de Genève, depuis

    qu'une mosaïque de l'artiste et prêtre jésuite slovène Marko Rupnik y soit

    exposée depuis quelques années.

    Synergie de paroisses

    Les nouvelles activités inter-paroissiales ont revitalisé toute la communauté. L'un des exemples est la mise en place de la Lectio biblica.

    Contrairement à la Lectio divina, cette démarche consiste à étudier les mots-clé de l'Evangile à la lumière de la Bible hébraïque. Un outil supplémentaire pour créer un lien à l'intérieur même des deux traditions, explique Alain-René Arbez, qui a été répondants des paroisses de Saint-Hippolyte et de Saint-Nicolas-de-Flüe. L'UP accueille également de façon régulière des personnes soumises à divers types de dépendances.

    Jean-François Cherpit
    Jean-François Cherpit @ Raphaël Zbinden

    Les activités sont accueillies alternativement par les

    locaux des quatre paroisses qui constituent l'UP. Un travail de groupe qui

    n'aurait pas été possible sans la création de l'unité pastorale, en 2005.

    "Une seule paroisse ne pourrait pas offrir tous ces services",

    remarque l'abbé Cherpit, qui assure que les synergies fonctionnent très bien

    dans l'entité. Le curé constate que les unités pastorales jouent à présent un

    rôle très important, particulièrement dans le secteur genevois.

    "Nations" unies

    Communauté vibrante, Nations-St-Jean est néanmoins confrontée

    aux mêmes maux que de nombreuses autres UP en Suisse romande. Elle souffre

    notamment du manque de personnel, malgré une équipe administrative très

    dynamique et efficace, note le curé modérateur. Des bénévoles très motivés apportent

    encore une aide précieuse aux activités paroissiales. Mais il est de plus en

    plus difficile de mobiliser les personnes, en particulier sur le long terme,

    note l'abbé genevois. Face à son intense charge de travail, il se réjouit

    d'être assisté par l'abbé Arbez, toujours très actif même dans sa retraite, et

    par un collègue franciscain roumain en stage d'essai.

    Malgré ces difficultés, l'UP genevoise tient le cap et continue d'avancer. Elle vient d'ailleurs d'inaugurer, pour Noël, son nouveau site internet. Dans cette dynamique, elle entend continuer à "vivre une belle et concrète universalité de l'Eglise", en jouant son rôle de lien culturel entre les "Nations", dans l'esprit d'ouverture et d'œcuménisme inspiré par saint Jean XXIII et Vatican II. (cath.ch/rz)

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    L'église du Châble (VS) est l'un des principaux lieux de culte des "Paroisses" © Raphaël Zbinden

    Bagnes: paroisses valaisannes "en pèlerinage"

    "Les Paroisses" (Bagnes-Vollèges-Verbier), en Valais, ont pour leitmotiv le mouvement. Confrontées à des réalités multiples, dans une région en évolution rapide, les agents pastoraux ont choisi d'aller vers les personnes plutôt que d'attendre qu'elles viennent à l'Eglise.

    Une roulotte. C'est l'un des outils du travail pastoral réalisé dans "Les Paroisses". Le véhicule se poste régulièrement devant une école, sur une place de village, ou en marge d'une importante manifestation culturelle ou sportive dans le Val de Bagnes. L'équipe pastorale y propose des temps de partage, d'adoration ou d'écoute, mais également des contes ou des jeux de société, des offres pour les jeunes ou les moins jeunes. Les habitants sont aussi invités à y proposer des activités.

    La roulotte
    La roulotte "Le Batintä" se déplace dans les diverses paroisses du Val de Bagnes @ Les Paroisses

    "Nous nous sommes demandés un jour comment rejoindre au

    mieux les personnes dans leur quotidien, relate Elie Meylan, agent pastoral à

    Verbier. La roulotte nous a semblé un moyen sympathique et positivement symbolique

    pour aller vers les personnes.". C'est une forme de

    "renversement", renchérit José Mittaz, curé modérateur des

    "Paroisses". "Avec la roulotte, l'objectif est de rejoindre

    l'autre où il est, sans nécessairement répondre à un credo, car dans toute rencontre,

    Dieu peut se dire".

    Pour que le cœur de la vallée continue de battre

    La roulotte représente l'itinérance, le pèlerinage. Lieu non

    attaché directement à l'Eglise, elle permet de toucher une population large,

    pas seulement catholique. L'équipe pastorale a décidé de l'acheter en 2018, pour

    la somme de 30'000 francs. L'achat a été entièrement financé par des dons

    spécifiques. "Ce qui indique que beaucoup y ont cru", se réjouit Elie

    Meylan.

    Car dans cette vallée de Bagnes, dont le passé est marqué

    par un quotidien rude et incertain, les choses se font naturellement, de

    manière collective et solidaire. Même si, ici également, l'individualisme et l'éloignement

    guettent. Les commerces et services commencent aussi à faire défaut. Face au

    spectre de la "désertification", se faire proche des personnes et

    œuvrer pour le lien est ainsi l'une des principales préoccupation des

    "Paroisses".

    Le nom de la roulotte, "la Batintä", symbolise

    parfaitement cet objectif. Ce mot de patois bagnard désigne le marteau qui

    frappe sur les canalisations d’eau dans les bisses. "Si on l'entend à

    intervalles réguliers, c'est le signe que l'eau continue de couler, que tout va

    bien, explique José Mittaz. C'est le cœur de la vallée qui bat".

    Entre tradition et modernité

    L'idée de la roulotte, comme les autres activités pastorales

    originales qui caractérisent les trois paroisses du Val de Bagnes, a été

    discutée et décidée au sein de l'équipe pastorale. Ce groupe de travail, dont

    quatre membres accueillent cath.ch à la cure du Châble, constitue l'organe de

    décision de l'entité pastorale. "Ici, pas de prêtre qui imposerait ses

    choix à tous", assure José Mittaz, curé modérateur des "Paroisses".

    L'équipe plutôt jeune et dynamique, qui s'est renouvelée dernièrement, n'a pas

    hésité à recourir à une démarche de coaching pour optimiser son travail

    pastoral.

    Les fidèles de Vollèges
    Les fidèles de Vollèges @ Gérard Puippe

    Une tâche qui n'est pas des plus faciles dans le contexte du

    Val de Bagnes. Beaucoup de variables, parfois a priori paradoxales, doivent

    être prises en compte. Il y a tout d'abord cette implantation dans un Valais où

    la tradition, notamment religieuse, tient une grande place. Même si, là

    également, l'évolution est en marche. A une époque pas si lointaine, tout le

    parcours religieux s'effectuait dans le cadre de l'école. Aujourd'hui, cela

    s'est externalisé, et les choses ne sont plus systématiques. Une situation où

    le spirituel est encore bien vécu, mais sous une forme "privatisée"

    et peu partagée, note José Mittaz.

    Envisager l'avenir ensemble

    D'où le parti pris d'approches "décloisonnées" et

    d'une pastorale qui agit sur deux axes: le maintien au sein des paroisses des

    offres traditionnelles, avec en parallèle des propositions nouvelles qui

    rejoignent les attentes des personnes. "Nous ne voulons pas que ces

    propositions partent toujours de nous, précise Claire Jonard, animatrice

    pastorale, elles doivent être les fruits d'une écoute de tout le peuple de

    l'Eglise". "L'unité et la proximité" sont deux aspects, parfois

    difficiles à concilier, privilégiés dans cette approche.

    Dans cet ordre d'idée, l'équipe pastorale a engagé un

    processus synodal local. La première étape est un questionnaire qui sera envoyé

    par internet et en tout-ménage pendant le temps de Carême 2020. "Il s'agit

    de savoir comment les fidèles se sentent au sein de leur communauté, comment

    ils voient l'avenir de celle-ci", explique Claire Jonard. La démarche

    synodale doit se dérouler sur trois ans.

    La richesse des différences

    Des perspectives d'autant plus importantes que la vie dans le Val de Bagnes est loin d'être aussi imperturbable que les montagnes alentour. Outre les nouvelles formes de pratique religieuse, cette zone touristique vit d'intenses modifications démographiques. Le tourisme s'y développe de plus en plus, provoquant de fortes variations de population. En hiver, Verbier abrite parfois plus de 30'000 habitants, alors que, hors saison, peu de personnes résident dans cette station de ski très prisée. Les touristes sont à 75% propriétaires et reviennent donc régulièrement sur les lieux, constituant une population "semi-permamente". Sur le territoire des "Paroisses", les habitants "de souche" côtoie donc des visiteurs du monde entier, souvent urbains et fortunés.

    (de g. à d.) Kamy May, Elie Meylan, Claire Jonard, José Mittaz
    (de g. à d.) Kamy May, Elie Meylan, Claire Jonard, José Mittaz @ Raphaël Zbinden

    Une diversité vécue comme une "richesse", mais qui

    demande un effort constant dans la pastorale dite "du tourisme". C'est

    ainsi qu'un lieu de service religieux supplémentaire est mis en place lors des

    périodes touristiques à Verbier Station. Une célébration interreligieuse s'est

    également déroulée en juillet 2019 dans un hôtel de la station. De 100 à 150

    personnes représentant l'Eglise catholique, mais aussi le bouddhisme, le

    judaïsme, l'islam, l'Eglise anglicane et les Eglises protestantes, ont

    participé à la cérémonie, qui sera reconduite en 2020.

    Une communication hors des sentiers battus

    Cette situation particulière du Val de Bagnes a amené "Les Paroisses" à adapter leur communication, notamment en sortant des sentiers battus. Le magazine TriAngles a ainsi été lancé en 2018, qui prend une autre option que le bulletin paroissial. "La nature d'un bulletin c'est 'dire ce qu'on fait', explique Kamy May, rédactrice en chef de TriAngles. Celle d'un magazine, c'est 'offrir un regard' ". Le périodique, qui fait l'objet de 1'000 envois à chaque édition, ne contient en effet pas que des articles religieux. L'on peut y trouver des informations historiques, sociales ou culturelles sur la vallée. Une publication susceptible de toucher au-delà du cercle catholique. La publication est de plus ouverte aux contributions de toutes les personnes intéressées.

    Vers l'église de Verbier-village
    Vers l'église de Verbier-village @ François Perraudin

    La vidéo est également un moyen privilégié par l'équipe pastorale pour rejoindre des personnes de tous âges et de tous horizons. Des capsules vidéos sont notamment disponibles sur le site internet tout neuf des "Paroisses" qui apportent un éclairage sur l'Evangile.

    Encourager les jeunes

    Ce dynamisme pastoral se traduit en outre par l'organisation

    de nombreuses activités et événements. Bagnes accueillera ainsi les 7 et 8 mars

    2020 les JMJ romandes. L'objectif principal est d'encourager la pastorale des

    jeunes dans la région, assure Claire Jonard, elle-même coordinatrice des JMJ au

    niveau romand. Alors que beaucoup de jeunes locaux sont très pris par les

    activités parascolaires et que beaucoup d'autres vont étudier ailleurs, peu de

    groupes se pérennisent. Claire Jonard fera du bien aussi aux jeunes de la

    vallée.

    Les multiples difficultés dues au changement d'époque sont ainsi

    loin de décourager l'équipe pastorale. "Face à cette accélération, on doit

    se réinventer, et cela peut être notre force, souligne Kamy May. Pas en faisant

    table de rase du passé, mais en s'inspirant de la belle culture de solidarité

    et du fort sentiment d'appartenance que l'on trouve ici, pour être encore plus

    dynamiques et créatifs". Dans les paroisses bagnardes, ce sont donc les

    racines qui donnent des ailes. (cath.ch/rz)

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    La ville de Porrentruy, avec en avant-plan l'église St-Pierre © UP Les Sources

    Les Sources: une UP jurassienne aux confluents

    L'unité pastorale (UP) des Sources, dans le district jurassien de Porrentruy, est en pleine évolution. Le défi de cette communauté géographiquement excentrée mais ouverte est de fertiliser de nouvelles terres pastorales tout en gardant ses eaux vives.

    Le 8 février 2020, le Centre paroissial Les Sources, à Porrentruy, s'est paré de rouge, la couleur de l'amour. Des bénévoles de l'UP et du Mouvement Vivre & Aimer avaient convié des couples pour une "Saint-Valentin autrement". Un bon repas préparé par les bénévoles et des thèmes de discussion proposés, pour permettre à ces couples "de donner un nouvel élan à leur histoire", explique Christophe Wermeille, responsable de la communication pour l'UP, qui regroupe les paroisses de Porrentruy, Fontenais-Villars et Bressaucourt. Une démarche qui s'inscrit dans le contexte actuel de fragilité du partenariat amoureux et de l'engagement.

    Rejoindre les personnes dans leur vie quotidienne

    Une des façons aussi, pour la pastorale des Sources, de rejoindre

    les personnes dans leur vie et leurs problèmes quotidiens. Le mouvement est,

    depuis quelques années, une lame de fond dans l'unité pastorale. "Les

    changements sociaux, dans cette partie du Jura, sont les mêmes qu'ailleurs,

    assure Christophe Wermeille. Des besoins nouveaux, des attentes nouvelles

    émergent. Nous nous efforçons de proposer une pastorale en adéquation avec ce

    paysage en constante évolution".

    L'événement
    L'événement "La St-Valentin autrement" a rassemblé des couples de la région @ UP Les Sources

    Dans cette optique, des "pôles pastoraux" ont été

    mis en place. Ils permettent de proposer des activités "transversales",

    ouvertes à toute la région. Une attention particulière est aussi portée à la

    proximité. L'enjeu est de continuer à assurer au mieux les services pastoraux

    de base, les sacrements, la catéchèse ordinaire, la présence…

    Les activités "transversales" donnent l'occasion de vivre de manière différente les principales étapes de la vie chrétienne. Une vision mise en œuvre notamment avec le sacrement du pardon. "Nous avons ouvert le parcours aux 7 à 107 ans, indique Christophe Wermeille. Il s'agit de ne plus dire: maintenant tu as onze ans, tu dois vivre ton premier pardon! Non, si une fille ou un garçon de 7 ans a une vie intense de foi en famille, pourquoi elle (il) ne pourrait pas déjà franchir cette étape? Et quand on est adulte, suivant son vécu, l'on peut également avoir envie de refaire la démarche dans un esprit différent." Ces prochaines années, les autres sacrements seront proposés avec cette même approche.

    L'église de Bressaucourt est l'un des lieux de culte de l'UP Les Sources
    L'église de Bressaucourt est l'un des lieux de culte de l'UP Les Sources @ UP Les Sources

    En 2020, Les Sources proposent pour la troisième fois ce type de parcours transgénérationnel, en collaboration avec les unités voisines. Il invite notamment à vivre le pardon sous des formes différentes, communautaire - dans une cérémonie pénitentielle -, ou individuelle, sans modèle unique.

    Entre évolution et tradition

    Pour la pastorale des Sources, il s'agit tout d'abord de

    conjuguer les demandes d'une population rurale, en attente des services

    ordinaires de l'Eglise, avec une population plus sécularisée, à la recherche de

    formes nouvelles de spiritualité ou de rites. Une gageure qui a demandé aux

    agents pastoraux d'imaginer d'autres manières d'accompagner les personnes.

    Christophe Wermeille est responsable de la communication pour l'UP Les Sources
    Christophe Wermeille est responsable de la communication pour l'UP Les Sources @ UP Les Sources

    En parallèle des mariages traditionnels, des bénédictions de couples ou des temps de prière sont proposés pour des personnes qui ne sont parfois pas prêtes à des engagements définitifs. Une "célébration d'accueil de l'enfant" est aussi offerte aux familles qui ne sont pas (encore) prêtes à demander le baptême pour leur enfant.

    "Entre le 'tout' et le 'rien', nous cherchons à proposer une démarche de foi en cohérence avec le cheminement des gens. Bien sûr parfois, on est un peu sur la corde raide concernant ces demandes, admet Christophe Wermeille. Mais le principe est d'essayer d'être présent dans la vie de ces personnes. L'Eglise ne peut pas se contenter de regarder le train qui passe".

    Malgré la sécularisation en cours, la région, et

    particulièrement la ville de Porrentruy, peut compter sur une forte

    implantation historique du catholicisme. La cité ajoulote a en particulier

    abrité les princes-évêques de Bâle pendant des siècles. L'Eglise a donc encore

    une place particulière, note l'agent pastoral. Cela se traduit notamment par

    une participation toujours d'actualité de l'institution religieuse à certains

    rites civils, ainsi que par la facilité de nouer des partenariats au-delà du

    cercle catholique. Les médias régionaux considèrent aussi l'Eglise comme un

    élément important de la vie locale. Le journal L'Ajoie propose notamment une rubrique 'Eglises' sur son site

    internet avec des contributions régulières d'agents pastoraux. Le Quotidien Jurassien relaie aussi

    régulièrement les activités ecclésiales.

    Les Festival des familles, le 15 août 2019, à la chapelle de Lorette, à Porrentruy
    Les Festival des familles, le 15 août 2019, à la chapelle de Lorette, à Porrentruy @ UP Les Sources

    La joie, ressource de l'Ajoie

    L'UP des Sources est géographiquement orientée vers la France. "Porrentruy est la ville suisse la plus proche de Paris", fait remarquer Christophe Wermeille. La région accueille ainsi de nombreux frontaliers. "Ce qui lui donne une ouverture particulière".

    Comme le reste du Jura pastoral, elle appartient à la fois

    au diocèse de Bâle, où domine la mentalité germanique, et à la Suisse romande.

    Une double influence culturelle, donc, dont résulte une vision des choses

    quelque peu "hybride", notamment dans la conception du rôle des laïcs

    ou du diaconat dans l'Eglise.

    L'église de Fontenais est l'un des lieux de culte de l'UP Les Sources
    L'église de Fontenais est l'un des lieux de culte de l'UP Les Sources @ UP Les Sources

    Une UP des Sources qui doit ainsi naviguer dans ces différents courants. Pour le bateau pastoral, un vent favorable vient peut-être de l'inclination naturelle des Jurassiens au rassemblement festif et à la convivialité. "Le fait d'être au pays de la Saint-Martin, cela marque aussi la pastorale, assure Christophe Wermeille. Les Ajoulots ont une identité forte. Ils savent qui ils sont et d'où ils viennent, mais en même temps, ils savent accueillir et partager". Des valeurs "sources" de la vie chrétienne, qui peuvent certainement encore jaillir longtemps dans le paysage jurassien. (cath.ch/rz)

    La conquête de l'"Espace pastoral"
    Les petits ruisseaux pastoraux des Sources sont destinés à devenir de grandes rivières. Un mouvement en fait déjà pleinement en marche. Les activités se déploient en effet depuis longtemps en synergie avec les unités pastorales voisines. L'an prochain, l'"Espace pastoral Ajoie-Clos du Doubs" devrait être érigé par l'évêque, Mgr Felix Gmür. Un nouveau pas vers une collaboration pastorale encore plus soutenue.

    Une évolution complètement "logique", confirme Christophe Wermeille, qui va s'appliquer à l'ensemble du Jura pastoral. "Notre évêque a souhaité que nous ayons une cohérence. Les paroisses actuelles sont aujourd'hui presque 'anecdotiques'. A part les instances officielles, qui peinent à recruter, tout se passe à l'échelle de l'unité pastorale et, pour plusieurs domaines déjà, à l'échelle régionale".

    Dans ce processus, les 31 paroisses d’Ajoie et du Clos du Doubs devraient former, à l’été 2021, six paroisses nouvelles: deux pour St-Gilles – Clos du Doubs (qui étaient jusqu’il y a peu deux unités pastorales distinctes) et une pour chacune des quatre autres UP: Les Sources, Eau Vive, Haute Ajoie, et Vendeline - Alle - Baroche (VAB). Si l'UP des Sources comptabilise 5'400 catholiques, l'Espace pastoral Ajoie-Clos du Doubs en regroupe 17'000.

    Des assemblées ont lieu en ce moment pour choisir le nom de la paroisse nouvelle qui remplacera chaque unité pastorale, ainsi que son église paroissiale et son saint patron.

    Mot clé: mise en commun
    L'Eglise dans la région est arrivée au terme d'un processus de cinq ans visant à préparer cette évolution. Le principal défi est d'organiser une pastorale avec des forces en diminution et en vieillissement.
    Un mouvement d'élargissement global qui ne signifie toutefois pas "centralisation", souligne Christophe Wermeille. Au contraire, l'objectif est de redonner vie aux lieux de foi plus petits, parfois délaissés. Les diverses activités et événements sont ainsi répartis selon une logique égalitaire en Ajoie-Clos du Doubs. Le leitmotiv est ainsi la "mise en commun". Qui a déjà pris corps notamment au niveau de la communication, de la jeunesse ou encore des familles. L'Ajoie-Clos du Doubs a ainsi ouvert un site internet hébergé par la plateforme du Jura pastoral.

    Pour le format papier, le Bulletin du Jura pastoral est désormais publié en trois éditions, suivant les trois régions: Ajoie-Clos du Doubs, Vallée de Delémont, Jura Bernois-Franches-Montagnes. Avec une partie commune pour le Jura pastoral. RZ

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    La paroisse Saint Laurent Estavayer résulte de la fusion de douze paroisses autour d'Estavayer-le-Lac © ClearFrost/Flickr/CC BY-SA 2.0

    Paroisse Saint Laurent Estavayer: la rose à douze pétales

    La paroisse Saint Laurent Estavayer, dans la Broye fribourgeoise, est un cas unique en Suisse romande. Elle est le fruit de la fusion de douze paroisses de la région. Portrait d'une communauté qui croît avec ferveur dans une terre riche de tradition catholique.

    Telles les tribus d'Israël ou les apôtres, douze étaient les paroisses qui se sont regroupées, le 1er janvier 2018, autour de "la cité à la rose", comme on appelle Estavayer-le-Lac. Un nombre donc hautement symbolique pour une démarche qui était une première dans le paysage ecclésial romand. Un mouvement rendu nécessaire par le manque de prêtres et de personnel pour assurer les services de l'Eglise en Broye fribourgeoise, explique Francis de Vevey, qui a présidé pendant 30 ans le conseil de paroisse d'Estavayer-le-Lac. Un processus de fusion déjà commencé avant 2018. Deux fusions précédentes avaient ramené le nombre de paroisses de 15 à 12.

    Une nouvelle cohésion

    Après plus de deux ans, le bilan de la fusion est satisfaisant, assure Lukasz Babiarz, curé modérateur de Saint Laurent Estavayer depuis six ans. Un maître-mot: "rationalisation". Tout a été rendu plus simple et apaisé dans cette nouvelle configuration, relève l'abbé d'origine polonaise. Avant, les douze conseils de paroisses, associés pour certains à de très petites localités, peinaient à recruter. Les relations, les collaborations et le travail pastoral pâtissaient beaucoup de cette situation.

    Lukasz Babiarz est depuis six ans curé modérateur d'Estavayer-le-Lac
    Lukasz Babiarz est depuis six ans curé modérateur d'Estavayer-le-Lac @ Raphaël Zbinden

    A présent, le conseil de la nouvelle entité paroissiale est constituée pour la plupart des présidents des conseils des douze anciennes paroisses. Au niveau de ces dernières, sont maintenant en place des conseils de communauté. La nouvelle configuration permet d'organiser de manière beaucoup plus efficace et sereine le travail des agents pastoraux. Elle apporte une cohésion bien meilleure que dans le passé entre les divers services et "dicastères", souligne l'abbé Babiarz.

    A part des problèmes de fiscalité, aujourd'hui résolus, et des soucis de compréhension du nouveau système pour les fidèles, tout fonctionne ainsi très bien, se réjouit Francis de Vevey, qui a été l'une des chevilles ouvrières de la fusion.

    Un terreau fertile pour les vocations

    Un nouvel écrin, donc, pour la vie de foi de catholiques broyards très fiers de leurs profonde racines chrétiennes. Car cette région lacustre du canton de Fribourg a été depuis des siècles un important centre de la chrétienté, note l'abbé Jean Richoz, curé d'Estavayer-le-Lac de 1982 à 1992. Ce féru de l'histoire des lieux explique que la ville était, probablement depuis l'époque romaine, un important carrefour routier et commercial. Estavayer viendrait d'"asta via" (au bord de la voie, en latin). Vu sa situation géographique privilégiée, alors que le transport fluvial n'avait pas encore été "tué" par le rail et la route, de nombreuses fondations et congrégations religieuses, souvent actives dans l'enseignement, s'installèrent au cours des siècles dans la cité des bords du lac, comme les moniales dominicaines, qui viennent de fêter sept siècles de prière ininterrompue, les sœurs d'Ingenbohl, les jésuites, ou les missionnaires de Saint François de Sales.

    L'église de Lully, l'une des douze communautés qui composent la paroisse Saint Laurent Estavayer
    L'église de Lully, l'une des douze communautés qui composent la paroisse Saint Laurent Estavayer @ paroisse-st-laurent-estavayer.ch

    Une foi millénaire

    Une paroisse dont la mémoire se perd dans la nuit des temps, relève Jean Richoz. Une église existait déjà sur son territoire probablement dès le 11e siècle. La construction de la collégiale St-Laurent a débuté au 14e siècle. La cité a ainsi été le terreau fertile de nombreuses vocations, notamment sacerdotales. Elle a donné à l'Eglise deux évêques, dont Mgr Jean-Claude Périsset, ordonné par Jean Paul II en 1997. L'autre est Mgr Gabriel Bullet (1921-2011), qui fut évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), de 1971 à 1994.

    La ville a vu le passage et la prédication de saintes et de saints, tels que Vincent Ferrier (1350-1419), Benoît Labre (1748-1783), Pierre Canisius (1521-1597), ou encore Colette de Corbie (1381-1447).

    La cité à la rose abrite en outre de nombreux trésors historiques liés au catholicisme. Tels de rares antiphonaires richement illuminés, de la fin du 15e siècle, échappés de la cathédrale de Berne, puis vendus, lors de la Réforme, qui ont été récemment entièrement restaurés. Des antiphonaires encore plus anciens, datant du 13e siècle, provenant de la suppression, à la Réforme, du couvent des dominicains de Lausanne, sont en voie de restauration.

    Cap sur la diaconie

    De ce riche passé, sont restées des traditions encore très vivaces. De nombreux événements, religieux ou au substrat religieux, de la Fête-Dieu au Surrexit en passant par la Bénichon, rythment la vie du chef lieu de district et mobilisent chaque année de nombreux habitants. La Broye fribourgeoise est donc une terre d'intense ferveur, assure Jean Richoz.

    Malgré cela, comme partout ailleurs, la sécularisation et la déchristianisation marquent la vie de l'Eglise. Les sorties de l'institution se multiplient et les vocations manquent. "La question principale est la même pour nous que pour toutes les autres paroisses de Suisse, note l'abbé Babiarz: comment évangéliser dans le monde actuel?"

    Pour l'équipe pastorale de St Laurent Estavayer, la réponse est principalement dans la diaconie, le service aux membres les plus démunis de la société. Ce "pilier" de la paroisse est ainsi destiné à être renforcé. "C'est par l'exemple que nous donnons de la charité que nous pouvons le mieux montrer la force de l'Evangile, affirme le curé polonais. C'est un mouvement général pour atteindre les périphéries, comme le demande le pape François".

    La construction de la collégiale d'Estavayer-le-Lac a commencé au 14e siècle
    La construction de la collégiale d'Estavayer-le-Lac a commencé au 14e siècle @ Raphaël Zbinden

    Des dîners réguliers pour réunir les personnes en prise à la solitude sont entre autres projetés. Ils viendront s'ajouter à la gamme déjà importante d'activités pastorales proposées. Les pèlerinages paroissiaux, destinés notamment aux servants de messe, dans divers sanctuaires d'Europe, en sont un exemple. Des efforts soutenus à bras-le-corps par une équipe pastorale très constructive et volontaire, assure l'abbé Babiarz.

    Collaborations multiples

    La dimension missionnaire a aussi une part importante dans la paroisse broyarde. Des réseaux d'aide existent avec des pays du Sud, en particulier le Rwanda et Haïti.

    Des activités renforcées par de fructueuses collaborations. Elles se développent de plus en plus avec la communauté protestante de la région. Une très bonne entente existe aussi avec la communauté portugaise. Sa procession traditionnelle dédiée à Notre-Dame de Fatima, au mois de mai, est devenue un rendez-vous très populaire.

    La coopération est également intense avec les Focolari, qui possèdent un important centre de rencontre et de formation à Montet, au sud d'Estavayer-le-Lac. La paroisse achète régulièrement des produits confectionnés par le mouvement catholique ouvert à tous les chrétiens. Des échanges de salles ont lieu fréquemment entre le centre et la paroisse.

    L'église de Cugy-Vesin, l'une des douze communautés qui composent la paroisse Saint Laurent Estavayer
    L'église de Cugy-Vesin, l'une des douze communautés qui composent la paroisse Saint Laurent Estavayer @ paroisse-st-laurent-estavayer.ch

    La procession du Rosaire, le premier dimanche d'octobre, bénéficie en outre de la participation des moniales dominicaines.

    Une Eglise d'aujourd'hui

    Une communauté de St-Laurent dont l'ouverture sur l'extérieur est également traditionnelle. Un aspect qui se reflète dans la multiculturalité de ses prêtres. Le curé modérateur venu de Pologne est ainsi assisté par deux abbés togolais. La paroisse est en outre toujours en lien avec l'abbé Antoine Kankoé, lui aussi du Togo, qui a officié à Estavayer de 2016 à 2019, et qui a laissé un très bon souvenir à la population.

    Une ouverture au monde qui n'est aucunement en contradiction avec le fort ancrage traditionnel des paroissiens. Lukasz Babiarz assure ainsi qu'il s'est senti dès le début pleinement accepté par la communauté. "Nous somme une Eglise d'aujourd'hui, confirme Lukasz Babiarz. Qui tient compte de la diversité de la société et s'efforce de la conjuguer, en l'occurrence avec grand succès". Le Polonais n'a ainsi aucun doute que sa paroisse va continuer à s'épanouir, telle une fleur aux racines profondes, qui fait resplendir sa corolle dans l'air du temps. (cath.ch/rz)

    Historique express

    La présence de la foi catholique dans la cité d'Estavayer-le-Lac est sans doute millénaire. On a la certitude que le christianisme plonge ses premières racines en terre broyarde entre la fin du 3e siècle et l'aube du 4e siècle, à l'époque où Avenches était la capitale de l'Helvétie romaine. Les routes sillonnant le pays favorisent alors les passage d'artisans, de marchands, de soldats, et, avec eux, le rayonnement de la foi chrétienne.

    A Estavayer-le-Lac, la présence d'un lieu de culte apparaît plus ou moins certaine vers l'an 1000, comme en témoigne les fondations d'une église romane sur lesquelles fut édifiée, dès 1379 la collégiale. Celle-ci sera terminée en 1525.

    Le premier document écrit attestant de la pratique de la foi remonte à 1291, la date de fondation de la Confédération.

    La ville d'Estavayer s'enrichira dans les siècles qui suivront, notamment par le biais du mercenariat, en particulier pour le compte du roi d'Angleterre. La rose devenue l'emblème de la cité en tirerait son origine. La notoriété et la prospérité de la ville attireront de nombreuses congrégations, fondations et instituts religieux, qui en feront un important centre du catholicisme en Suisse.

    La paroisse Saint-Laurent voit le jour comme entité indépendante de la commune d'Estavayer-le-Lac en 1885.

    En 2003, la dénomination de secteur disparaît au profit de celle d'unité pastorale, qui regroupe 10 paroisses de la région broyarde.

    En 2017, 12 paroisses du district fribourgeois décident de fusionner en une seule dénommée Saint Laurent Estavayer. La fusion prend effet le 1er janvier 2018. RZ

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    L'église Notre-Dame de la Paix, à La Chaux-de-Fonds, est l'un des lieux de culte de l'UP Montagnes neuchâteloises © Raphaël Zbinden

    UP Montagnes neuchâteloises: roc de solidarité et d'intégration

    L'Unité pastorale (UP) Montagnes neuchâteloises (La Chaux-de-Fonds/Le Locle) n'a certes pas beaucoup de moyens financiers, mais elle est riche de sa grande et ancienne culture de solidarité et d'intégration. Qui se traduit en particulier par une intense collaboration entre la pastorale francophone et les communautés linguistiques.

    L'UP Montagnes neuchâteloises est à l'image du paysage jurassien, avec son relief peu spectaculaire, mais accueillant et diversifié. Les catholiques qui composent l'unité proviennent en effet, outre les Suisses, de nombreux endroits du globe, de l'Italie, au Portugal, en passant par la Pologne ou le Sri Lanka et les pays africains. Elle regroupe depuis 2015 les paroisses chaux-de-fonnières de Notre-Dame de la Paix et du Sacré-Coeur, du Locle, du Cerneux-Péquignot, du Rectorat des Brenets, ainsi que les Missions catholiques italienne et portugaise.

    L'église du Locle, dans l'UP Montagnes neuchâteloises
    L'église du Locle, dans l'UP Montagnes neuchâteloises @ cath-ne.ch

    L'intégration de ces deux missions linguistiques dans l'unité est une spécificité que les six membres du conseil de l’Unité pastorale qui accueillent cath.ch à la cure de Notre-Dame de la Paix tiennent à mettre en avant. "Il arrive que dans des UP, les communautés linguistiques se côtoient sans vraiment se connaître", explique l'animatrice pastorale Isabelle Huot. "Dans les Montagnes neuchâteloises, nous voulons au contraire nous rencontrer et travailler ensemble. Et nous considérons cela comme une inestimable richesse".

    Les pierres vivantes de l'immigration

    Une collaboration existe déjà de longue date avec la Mission italienne, officiellement créée en 1952. Les Transalpins forment déjà depuis le 19e siècle une communauté importante dans la région. Ils sont arrivés dans le sillage du développement de l'industrie, notamment horlogère, dans l'arc jurassien. Sur le papier, l'UP en abrite près de 2'300. "Trois fois plus en réalité, car ceux qui ont la double nationalité ne sont plus comptés comme Italiens", souligne l'abbé Flavio Gritti. Le prêtre a la particularité de travailler à 50% pour la Mission italienne et à 50% pour l'équipe pastorale de l'UP.

    De nos jours, une autre communauté, celle des Portugais, apporte des pierres solides à l'édification de l'Eglise locale. Fondée en 1984, la Mission lusophone compte 6'000 membres. Avec une jeunesse active et fervente, les Portugais composent le gros des effectifs pour les premières communions et les confirmations. Ils apportent également leur aide aux manifestations ecclésiales locales, telles que la kermesse.

    Intégration pas à pas

    Si la Mission italienne fait partie intégrante depuis plusieurs années de l'équipe pastorale, ce n'est pas le cas, en tout cas officiellement, pour la Mission lusophone. Cette intégration est une "évidence et une nécessité", remarque Blaise Ngandu, curé modérateur des Montagnes neuchâteloises, originaire du Congo Kinshasa. Car les principales forces vives de l'Eglise sont actuellement apportées par les catholiques immigrés.

    L'église du Cerneux-Péquignot, dans l'UP Montagnes neuchâteloises
    L'église du Cerneux-Péquignot, dans l'UP Montagnes neuchâteloises @ cath-ne.ch

    Une équation dans laquelle la communauté "locale" ne doit cependant pas être oubliée, note Isabelle Huot. Les catholiques francophones doivent selon elle rester un socle pour l'Eglise locale. "Pour que la mayonnaise pastorale prenne, il faut un savant mélange d'apport extérieur et de stabilité locale", affirme l'animatrice pastorale.

    Carlos Azevedo, de la Mission portugaise, fait également remarquer que l'intégration doit se faire pas à pas. Des initiatives trop "brutales" de participation ont par le passé débouché sur des échecs. "La culture portugaise, avec ses traditions et ses dévotions particulières, notamment Notre-Dame de Fatima, est très forte et très ancrée, explique Antonio Costa, de la Mission lusophone. Il est nécessaire de prendre cela en compte dans le processus".

    Le ciment de la solidarité

    Le caractère multiculturel de l'UP est en fait à l'image de la région, terre traditionnelle d'immigration. Sa population catholique provient aussi, avant celle des pays méditerranéens, de l'immigration des cantons catholiques, en particulier de Fribourg, du Jura et du Valais. "Plus par nécessité économique que par philanthropie", précise Isabelle Huot. Maria Pinto, de la Mission portugaise, qui est aussi enseignante dans une école locale, précise que les enfants y parlent 32 langues différentes.

    Des membres de l'unité pastorale Montagnes neuchâteloises (de g. à d.) Carlos Azevedo, abbé Blaise Ngandu, Isabelle Huot, Maria Pinto, Antonio Costa
    Des membres de l'unité pastorale Montagnes neuchâteloises (de g. à d.) Carlos Azevedo, abbé Blaise Ngandu, Isabelle Huot, Maria Pinto, Antonio Costa @ Raphaël Zbinden

    Ce milieu ouvrier et immigré, politiquement plutôt "à gauche", a donné à l'Eglise catholique une teinte particulière, note Flavio Gritti. "Ici, l'aspect de solidarité est très fort". L'entraide et les bonnes volontés sont ainsi le ciment d'une UP qui au demeurant ne roule pas sur l'or, à l'image de l'Eglise cantonale. "La Fédération catholique neuchâteloise a un budget qui équivaut à celui d'une grande paroisse vaudoise ou fribourgeoise", relève Isabelle Huot. C'est que l'impôt ecclésiastique n'est pas obligatoire dans le canton de Neuchâtel. Les principales sources de financement sont donc les dons des fidèles, les revenus tirés de l'immobilier, les lotos, les quêtes et les récoltes d'argent lors des événements spéciaux. Des démarches lourdement compromises, cette année, par le coronavirus.

    "Pauvreté" constructive

    Une "pauvreté" qui, pour les catholiques des Montagnes neuchâteloises, a certains avantages, car elle incite à trouver des approches créatives et solidaires pour mener à bien le travail pastoral. La collaboration avec les Missions linguistiques est, dans ce contexte, primordiale, affirme Blaise Ngandu. Il assure s'être senti immédiatement accepté, dans une Eglise locale qui a certes l'habitude des prêtres étrangers.

    La chapelle des Brenets, dans l'UP Montagnes neuchâteloises
    La chapelle des Brenets, dans l'UP Montagnes neuchâteloises @ cath-ne.ch

    Même si cette UP montagnarde subit, comme les autres, la sécularisation de la société, elle n'enregistre cependant pas beaucoup de sorties d'Eglise. Selon Blaise Ngandu, la raison en est que les personnes ne devant pas payer obligatoirement l'impôt ecclésiastique, elles n'ont pas d'incitation particulière à faire des démarches pour sortir de l'institution. Quoiqu'il en soit, la communauté locale est vieillissante et manque de jeunes qui s'engagent.

    Une Eglise "de la base"

    Une réalité qui est la même pour l'Eglise réformée, traditionnellement dominante dans la région. Même si aujourd'hui les catholiques sont majoritaires dans le canton de Neuchâtel (40% de la population contre 24% de réformés), l'Eglise catholique a dû se construire dans ce terreau profondément marqué par le protestantisme. Le culte catholique a en effet longtemps été interdit dans le canton. Un contexte premier "de lutte", qui a contribué à façonner le visage de l'Eglise locale. "La première messe de l'histoire moderne du canton a été célébrée à la chapelle de l'Hôpital de la Providence, à Neuchâtel, en 1817."

    Les fidèles neuchâtelois ont donc érigé petit à petit par eux-mêmes des structures, dans un environnement pas facile. Un élément qui a donné un caractère peut-être davantage "populaire" ou "de base" à cet Eglise, affirme Isabelle Huot.

    Une rivalité avec le protestantisme qui est cependant aujourd'hui complètement dépassée, pour deux Eglises qui doivent lutter ensemble pour exister dans le paysage social. Une fructueuse collaboration s'est ainsi instaurée depuis des décennies entre les deux confessions chrétiennes. Et beaucoup d'activités pastorales sont réalisées en commun.

    L'entraide à de multiples niveaux est donc la principale ressource des "montagnards" neuchâtelois. Les catholiques locaux ont compris depuis déjà longtemps que ce n'est qu'en cordée que l'on peut atteindre le sommet. (cath.ch/rz)

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    La basilique Notre-Dame de Lausanne, un lieu spirituel très fréquenté © Barbara Ludwig

    Notre-Dame de Lausanne: la paroisse "mère" des Vaudois

    La paroisse-basilique Notre-Dame de Lausanne tient une place particulière dans le paysage spirituel vaudois. Entité "mère", elle attire et rassemble par son intense rayonnement pastoral, mais aussi intellectuel et contemplatif.

    "Quand l'ordre est venu de fermer les églises, durant le confinement, j'ai vu des personnes pleurer à l'extérieur de la basilique", assure Silvia Kimmeier, présidente du Conseil de la paroisse lausannoise. Il faut dire que la paroisse Notre-Dame paraît faire mentir l'adage selon lequel la foi ne fait plus recette. La basilique Notre-Dame de l'Assomption est en effet le lieu d'une intense ferveur et pratique religieuse. Plus de 250 personnes, en moyenne, y passent chaque jour. L'offre liturgique et pastorale est impressionnante. Plus de 23 messes sont célébrées dans la basilique de façon hebdomadaire, en français, mais aussi en italien, en portugais et en tamoul. L'adoration a lieu tous les jours, et des Vendredis de la Miséricorde sont désormais proposés chaque semaine. "Nous avons chaque jour de nombreuses confessions", indique encore François Dupraz, le curé de Notre-Dame.

    Bras ouverts pour les déracinés

    Cette offre liturgique et pastorale importante résulte d'une volonté de l'Eglise catholique dans le canton de Vaud (ECVD) de fournir une équipe de prêtres suffisante, explique Jean-Daniel Richard, président du Conseil pastoral. Le but étant de garder au maximum oxygéné ce poumon spirituel de la région.

    L'attractivité de Notre-Dame s'explique en partie par son histoire, note Silvia Kimmeier. En effet, la basilique a été la première église catholique érigée après l'arrivée de la Réforme dans le canton de Vaud, au 16e siècle. Une première paroisse, sans édifice, a été fondée à Lausanne au début du 19e siècle. La basilique Notre-Dame a été inaugurée en 1835.

    (De g. à d.) Jean-Daniel Richard, Silvia Kimmeier, l'abbé François Dupraz
    (De g. à d.) Jean-Daniel Richard, Silvia Kimmeier, l'abbé François Dupraz @ Raphaël Zbinden

    Cette renaissance en terre devenue protestante, pour des catholiques qui ont longtemps été "bridés", explique certainement en partie la force d'une piété populaire, liée au culte marial dans la ville. Dans une Lausanne habituée de longue date à l'immigration, notamment des catholiques d'Europe du Sud, Notre-Dame a joué le rôle d'Eglise "refuge", "d'accueil", une "mère" vers laquelle ces personnes déracinées se sont tournées, souligne la présidente du Conseil de paroisse.

    Des chiffres trompeurs

    La multiculturalité est ainsi un aspect "traditionnel" de Notre-Dame, même si cela est actuellement le cas dans de nombreuses paroisses de Suisse romande. La première messe en italien y a été entendue dès les années 1950. Des catholiques du monde entier s'y côtoient en harmonie.

    L'attractivité de Notre-Dame se reflète également dans le fait que beaucoup de personnes engagées (près de 80%) proviennent de l'extérieur de la paroisse. Le sanctuaire marial voit en outre passer des personnes visiblement non chrétiennes. "C'est un lieu de paix et de vénération qui rayonne au-delà de la sphère catholique", commente Silvia Kimmeier.

    Une affection qui paraît pourtant contredite par les chiffres, puisque le nombre de catholiques officiellement recensés dans la paroisse ne cesse de régresser, jusqu'à environ 6'000 aujourd'hui. Un phénomène qui ne refléterait pas la réalité, selon Jean-Daniel Richard. Simplement parce que, depuis quelques années, protection des données oblige, les nouveaux arrivants dans les communes du canton de Vaud ne doivent plus indiquer leur confession. "Ce qu'on peut constater, c'est que l'église n'est en tout cas jamais vide", se réjouit l'abbé Dupraz.

    Rayonnement culturel

    Au-delà des anciennes tensions avec la communauté protestante, un esprit de collaboration préside maintenant dans les relations avec les réformés de la ville. De nombreuses activités, telles que l'éveil à la foi, se déroulent ainsi de manière œcuménique. La nuit de Pâques, une partie de la liturgie est partagée avec les réformés. Le centre d'accueil "Point d'appui" est également géré par les deux Eglises.

    La basilique Notre-Dame de Lausanne à l'heure de la reprise des messes après le coronavirus, le 31 mai 2020 © Bernard Litzler
    La basilique Notre-Dame de Lausanne à l'heure de la reprise des messes après le coronavirus, le 31 mai 2020 © Bernard Litzler

    A l'instar de nombreuses mères, Notre-Dame offre sa tendresse et ses soins de multiples façons. La tradition d'entraide de la paroisse remonte ainsi à très loin. Elle va de pair avec la présence ancienne de la vie consacrée dans ce secteur de Lausanne. Aujourd'hui, cet aspect se concrétise notamment à travers un groupe d'entraide récemment repris par les Sœurs de St-Maurice.

    La vie consacrée a également apporté une force d'éducation catholique importante dès le début du 19e siècle. La librairie Le Valentin, située "au socle" du grand emmarchement de la basilique, y contribue aujourd'hui de façon importante par son offre de grande qualité, ses conférences et ses cours de philosophie, souligne Silvia Kimmeier. Le loyer du magasin est assuré par plusieurs paroisses lausannoises et des particuliers.

    Une maman qui laisse grandir

    Des atouts d'évangélisation dans la droite ligne de la baronne Marie-Eléonore d'Olcah (1754-1815), cheville ouvrière de la reconnaissance de la communauté catholique à Lausanne. Cette réfugiée de la Révolution française, connue pour être "audacieuse et prophétique", voulait faire de la capitale vaudoise un important lieu de la foi catholique.

    Une flamme gardée aujourd'hui encore vive aussi grâce à l'offre contemplative de la paroisse. Un aspect auquel l'abbé Dupraz tient beaucoup. "Lorsque dans une paroisse la dimension contemplative est développée, les personnes commencent à revenir à l'église, j'ai pu le voir dans de nombreux endroits", assure-t-il.

    Les responsables de la paroisse se réjouissent en tout cas de la ferveur et de la dévotion qui attirent tant de fidèles vers le cœur de Notre-Dame. "Nous avons ici une grâce", assure le curé modérateur. Ils espèrent en tout cas que la paroisse continuera d'être une maman qui rassemble ses enfants, les soutient, les inspire et les fait grandir sous le regard de Dieu. (cath.ch/rz)

    Richesse architecturale

    Notre-Dame de Lausanne n'est pas non plus le style de mère "qui se laisse aller". C'est ainsi que la basilique du Valentin prend soin de sa beauté. Son clocher a été réparé en 2006 et l’enveloppe extérieure rafraîchie en 2011. Le projet actuel de rénovation vise la restauration intérieure et le réaménagement de la cour. Destiné à “assurer à la paroisse des revenus complémentaires”, un nouvel immeuble d’habitation est également prévu à côté de la salle paroissiale.

    Un projet de recherche du Fonds national suisse (FNS), mené durant l’été 2020, tente de percer les secrets de la fresque peinte en 1935 par Gino Severini à l'intérieur de la basilique.
    À l'occasion de la conclusion des travaux à la Basilique Notre-Dame et de leur présentation au public, Hautes Fréquences (RTS-La Première) a dédié l'émission du 20 septembre 2020 à ce projet de recherche mené par la Scuola universitaria professionale della Svizzera italiana (SUPSI). RZ

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    L'abbé Jérôme Hauswirth, curé de Collombey-Muraz, manie très bien la tablette numérique © Raphaël Zbinden

    Collombey-Muraz: une paroisse avec des ailes, ancrée dans l’essentiel

    Au cœur du Chablais valaisan, la paroisse de Collombey-Muraz se caractérise par sa modernité et son dynamisme. Dans son élan de changements, elle n’oublie cependant pas les valeurs qui forment le socle de sa communauté.

    Dans l’église de Muraz, Jérôme Hauswirth pianote rapidement sur sa tablette. Une musique ecclésiale remplit soudain la nef. Une autre manipulation et une vidéo diffusée par un beamer s’étale sur l’un des murs latéraux. «Quelques clics, et on a les plus belles musiques et les vidéos les plus inspirantes directement dans notre église», commente fièrement le curé du lieu. «Il est important pour l’Église de profiter des progrès techniques».

    L’installation 2.0 est emblématique de la volonté de la communauté chablaisienne de se projeter dans le futur. Une tendance que l’abbé Hauswirth s’efforce de cultiver et de stimuler.

    Un curé parmi ses brebis

    Le grand gaillard au franc-parler, né dans la région, est arrivé en 2006 à Collombey-Muraz. Devenu curé en 2008, il a immédiatement usé de son tempérament d’entrepreneur, qui a toujours à l’arrière de la tête une idée pour améliorer les choses. L’un de ses premiers chantiers a été de faire retrouver à sa communauté une cohésion quelque peu perdue.

    «Après ma première messe, je suis sorti de l’église pour saluer les gens, se souvient-il. Il était environ 11h30, un dimanche. Sur le parvis, il n’y avait plus personne».

    L'église de Muraz (VS)
    L'église de Muraz (VS) @ Raphaël Zbinden

    Pour lui, cela venait surtout du fait que les paroissiens «n’avaient pas de prétextes pour se rassembler à la sortie». L’ abbé Hauswirth a donc mis en place une séance d’apéro, qui attend depuis les paroissiens après chaque messe à l’extérieur des lieux de culte de la paroisse. «Je ne pouvais pas me résoudre à laisser cette distance dans la communauté, explique le curé. Je ne voulais surtout pas être le type inatteignable qui ne descend jamais de sa chaire. C’est essentiel pour moi d’être au milieu de mes paroissiens, de connaître leurs vies, leurs difficultés, leurs interrogations, de partager leur quotidien».

    Fort de ce principe, le curé a même fait installer devant l’église de Muraz, des «chaises de bistrot» en bois, pour l’aspect convivial. «Et ça a marché», se réjouit-il.

    Les enfants au centre

    Est-ce le petit verre post-célébration, les autres initiatives lancées ou la Providence divine? Toujours est-il que la communauté de Collombey-Muraz connaît maintenant une belle vitalité et convivialité.

    Preuve en est les groupes d’enfants qui égayent bruyamment les églises tous les dimanches. Leur présence en grand nombre résulte notamment d’une démarche originale, qui relie célébration eucharistique et catéchèse.

    Si beaucoup de paroisses en Suisse romande offrent des «messes des familles», souvent une ou deux fois par mois, dans la paroisse chablaisienne, la catéchèse a lieu chaque semaine, et elle est intégrée à la messe. Les enfants ne commencent néanmoins pas à l’extérieur pour rejoindre la communauté à l’occasion de la liturgie eucharistique, comme cela se passe souvent, mais sortent après la Parole de Dieu, afin que celle-ci leur soit enseignée à l’extérieur.

    «Je me suis basé sur la pédagogie qui avait cours dans les premiers siècles de l’Eglise, explique Jérôme Hauswirth. La deuxième partie de la messe était destinée aux initiés, en l’occurrence ceux qui ont fait leur première communion».

    Une initiative qui a «changé la couleur des célébrations», assure le curé. De dix à quarante enfants sont désormais vus aux messes. «C’est beau de constater que tous les âges sont représentés», ajoute l’abbé.

    Des pèlerinages qui soudent

    Une jeunesse qui est en fait une caractéristique régionale. Lorsque Jérôme Hauswirth est arrivé dans la commune de Collombey-Muraz, elle était carrément la plus jeune de Suisse. Le curé, lui-même âgé de seulement 45 ans, est en outre secondé par deux vicaires également très jeunes. Didier Berthod est né en 1981 et Valentin Roduit en 1993.

    D’autres initiatives variées et fructueuses reflètent cet élan vital.

    La paroisse propose notamment des pèlerinages dans divers lieux en Suisse ou à l’étranger. Le premier voyage, en 2011 à Rome, avait principalement pour but de remercier les bénévoles pour leur travail.

    L'église de Collombey (VS)
    L'église de Collombey (VS) @ Raphaël Zbinden

    La trentaine d’entre eux actifs dans la paroisse s’occupent en particulier de catéchiser les enfants. Jérôme Hauswirth refusait de simplement leur donner de l’argent. «Il faut offrir des choses qui ont du sens, qui ont de la valeur humainement parlant». Grâce à la débrouillardise et à une contribution généreuse de la paroisse, les pèlerins peuvent faire le voyage pour une somme tout à fait modique. Le pèlerinage à Rome de 2011, de cinq jours, a par exemple coûté tout juste 250 francs par personne.

    Ces voyages sont aussi l’occasion pour les responsables de se faire proches des autres membres de la communauté. «Ces séjours passés ensemble changent complètement les relations, note Jérôme Hauswirth. Il n’y a rien de mieux pour souder la communauté».

    Attention aux plus âgés

    Malgré son atout jeunesse, Collombey-Muraz n’oublie cependant pas les aînés, dont la plupart ont des racines profondes dans la localité. «Ils sont notre mémoire, le socle nécessaire sur lequel se construit la vie de l’Eglise, souligne l’abbé Hauswirth. Ils apportent une stabilité essentielle pour que les évolutions puissent se faire dans l’ordre et raison. Il ne s’agit jamais de changer pour changer».

    Une attention particulière leur a été portée lors de la période de Covid. Un dispositif a permis de transmettre en direct dans les EMS de la région les messes dans l’église de Muraz. De plus, lors de la restauration de l’édifice, une boucle magnétique a été installée, grâce à laquelle les plus âgés peuvent recevoir le son directement dans leur appareil auditif.

    Réveiller la «cité-dortoir»

    Pour le curé, il est crucial que la communauté ne laisse personne de côté. Mais ses efforts pour rassembler l’ensemble des paroissiens est un défi important dans une zone urbaine qui s’apparente de plus en plus à une «cité-dortoir». «Dans la région de Monthey, la croissance démographique est très importante. Beaucoup de personnes viennent s’établir ici, parce que la zone est intéressante autant fiscalement que géographiquement», note Jérôme Hauswirth. Bon nombre de nouveaux arrivants, qui sont souvent de jeunes couples avec enfants, travaillent sur la Riviera vaudoise et tendent à considérer Collombey-Muraz «juste comme le lieu où ils dorment».

    La région connaît également un grand brassage de nationalités et de cultures. Un phénomène qui se reflète dans la composition de la communauté catholique. «De nombreux fidèles sont des Portugais et des Croates, qui sont très fervents et pratiquent un catholicisme très communautaire. Les Italiens sont plutôt des seniors, ils sont parfaitement intégrés. Et à côté de cela, il y a les 'anciens', les nouveaux arrivants, qui ont une pratique parfois tiède…» Il s’agit de conjuguer tous ces contraires pour réaliser une unité, amener les personnes moins concernées à s’intéresser, ce qui n’est pas facile.

    Colombe et muraille

    Mais Jérôme Hauswirth ne se décourage pas et, en bon «entrepreneur», il voit en premier lieu les possibilités offertes par la situation. «Toute cette diversité, ce mouvement constant et cette évolution très rapide, façonnent une communauté plus disposée à accueillir le changement comme une chance». Les perspectives sont donc bonnes pour que le curé et ses paroissiens poursuivent leur chemin dans la modernité en n’oubliant pas les valeurs qui ont de tout temps soutenu la foi. Une paroisse donc 'colombe' pour ses ailes, mais également 'muraille' pour son solide ancrage dans le sol. (cath.ch/rz)

    Muraz: les paroissiens retrouvent leur église rénovée

    10/12/2019

    Muraz: les paroissiens retrouvent leur église rénovée

    Les paroissiens de Muraz (VS) ont réinvesti l’église de Muraz le 8 décembre 2019, entièrement rénovée après sept mois de travaux. Ils ont célébré la fête patronale avant qu’une trentaine d’enfants ne hissent une cloche de 160 kg dans le clocher.

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    Le marouflage de l'église St-Paul de Cologny (GE) a été réalisé par Maurice Denis en 1916 © Raphaël Zbinden

    Paroisse de St-Paul Cologny-Genève: la barque des Prêcheurs

    St-Paul Cologny-Genève n’est pas une paroisse tout à fait comme les autres. Elle n’est pas prise en charge par des prêtres diocésains, mais par la communauté dominicaine locale. Les Frères s’inspirent des sagesses respectives des saints Dominique et Paul pour y développer l’intelligence de la foi, le travail de la Parole et l’accueil inconditionnel.

    Les Frères Michel Fontaine et Zdzislaw Szmanda, représentants de la communauté dominicaine, sont fiers et très heureux de faire visiter leur lieu de célébration. L’église St-Paul, à Cologny, dans la banlieue de Genève, a des atouts de beauté certains à faire valoir. Notamment le marouflage qui orne le chœur, réalisé par l’artiste français Maurice Denis en 1916. Il représente des scènes de la vie de saint Paul apôtre, dont sa conversion, son martyre et sa prédication sur une barque, suite au naufrage de son embarcation.

    «C’est certainement l’aspect le plus marquant de l’église, celui dont les gens se souviennent après leur visite», remarque le Frère Michel.

    Zdzislaw Szmanda (g.) et Michel Fontaine, deux Frères dominicains de Cologny (GE)
    Zdzislaw Szmanda (g.) et Michel Fontaine, deux Frères dominicains de Cologny (GE) @ Raphaël Zbinden

    Les religieux tiennent à montrer également la mosaïque du même artiste représentant le baptême de Jésus «jaillissant» visuellement du baptistère, datée de 1923. «Un très beau lieu de catéchèse!».

    Une reproduction de la plus ancienne représentation de saint Dominique et ses frères est également placée contre l’autel. Installée à l’occasion des 800 ans de sa mort, commémorée en 2021, les Frères n’ont encore pas pu se résoudre à l’enlever.

    Accueil «universel»

    Le lieu de culte, où se côtoient Paul et Dominique, résonne ainsi au cœur des dominicains de Cologny, dans lequel les deux saints tiennent une place particulière. Leur enseignement respectif se complète pour inspirer les religieux de Cologny dans leur projet pastoral, remarque Frère Michel.

    Cette démarche, qui se concrétise petit à petit depuis 2015, est le départ d’un nouveau projet communautaire reposant sur trois axes: la formation, la liturgie et l’accueil. Un accueil qui se veut «de toutes situations» et «compassionnel» précise bien Michel Fontaine, qui occupe la fonction de curé et de prieur. «C’est un aspect central de la pensée de saint Dominique, qui mettait au centre la miséricorde et l’intelligence de la foi».

    Une reproduction de la
    Une reproduction de la "Tavola della Mascarella" conservée dans l'église Santa Maria della Mascarella à Bologne, premier lieu où saint Dominique s'installa durant l'hiver 1218, a été installée dans l'église St-Paul de Cologny (GE) @ dominicus800.op.org

    La notion d’accueil se manifeste aussi dans une dimension internationale, Genève oblige. Cela vient notamment du fait que le couvent de St-Dominique, à Cologny, est depuis presque le début du retour des dominicains à Genève un lieu d’accueil pour le délégué de l’ordre dominicain auprès des Nations unies pour Justice et Paix. Son activité à l’ONU fait remonter au niveau de la paroisse des situations difficiles dans le monde. «Nous souhaiterions profiter de ce lien avec l’ONU pour faire de la paroisse un lieu de réflexion concernant les problèmes de justice et de paix et nous y sensibiliser toujours davantage», note le Frère Michel.

    "Nous ne raisonnons pas en terme de pourcentages"

    Michel Fontaine

    Une internationalité facilitée par la dimension universelle de l’ordre dominicain, présent sur tous les continents. Les septs Frères actuellement présents au couvent de Genève sont d’ailleurs de plusieurs nationalités.

    Gerard Timoner, Maître des Frères de l’ordre des Prêcheurs, a fortement encouragé le projet de Cologny lors de son passage en Suisse, mi-janvier 2022, assure Michel Fontaine.

    Des Frères sans église

    Les Frères sont heureux de pouvoir donner aujourd’hui à la paroisse un visage particulier, en correspondance avec leur charisme. Une possibilité acquise à travers un cheminement original.

    Mosaïque représentant le baptême du Christ, par Maurice Denis, dans l'église St-Paul de Cologny (GE)
    Mosaïque représentant le baptême du Christ, par Maurice Denis, dans l'église St-Paul de Cologny (GE) @ Raphaël Zbinden

    La présence dominicaine à Genève dans le cadre d’une paroisse date de la fin des années 1950. Alors que les Frères voulaient revenir dans la ville du bout du lac, l’évêque leur a indiqué la paroisse de Cologny, qui n’avait plus de prêtre et qui était à l’époque assez éloignée de la Cité de Calvin pour ne pas trop attiser les susceptibilités protestantes. Une présence d’une bonne dizaine de Frères s’est donc réalisée, à partir de laquelle trois ou quatre se sont engagés dans la paroisse pendant des décennies. Les religieux résidaient dans le couvent de Saint-Dominique, point d’ancrage des dominicains à Genève, situé à deux pas de l’église St-Paul.

    Mais en 2005, au vu du mauvais état de santé du curé et de l’affaiblissement de la relève des Frères, la Province suisse des dominicains a décidé de se retirer de la paroisse.

    A débuté alors une période précaire pour les religieux, qui n’avaient plus la jouissance d’un lieu public de célébration. «Ce n’est pas facile à vivre pour un ordre dont la prédication est un pilier», rappelle le Frère Michel, qui est à Cologny depuis 2003.

    Projet communautaire

    En 2013, pour différentes raisons, dont un décès, la communauté s’est trouvée réduite à quatre Frères. La question «Que fait-on?» a donc surgi. Il s’en est suivi presque deux ans de réflexions intenses avec un coach. «Nous nous sommes dit que nous étions bien à cet endroit et que nous ne pouvions pas partir. De plus, le Maître de l’ordre insistait pour que les dominicains restent à Genève.»

    La reprise de la paroisse par la communauté dominicaine a donc été décidée dans le cadre d’un nouveau projet communautaire commencé en 2015.

    La paroisse St-Paul est alors incluse dans l’Unité pastorale (UP) La Seymaz. Une situation toujours pas idéale. «Nous étions convaincus que si nous voulions mener notre projet communautaire en tant que dominicains, il nous fallait sortir de l’UP».

    "Insuffler un esprit de famille dans la paroisse n’est pas évident dans un contexte comme le nôtre"

    Zdzislaw Szmanda

    La demande est acceptée en 2019. Devenue en quelque sorte «extraterritoriale», la paroisse est bien sûr restée au service du canton et des paroisses limitrophes, note le Frère Michel, car la pastorale est désormais «régionale».

    L'église St-Paul de Cologny (GE) a été consacrée en 1915
    L'église St-Paul de Cologny (GE) a été consacrée en 1915 @ Raphaël Zbinden

    Actuellement, quatre Frères parmi les sept présents à Cologny sont directement engagés à la paroisse. Il y a un curé et trois vicaires. «Nous ne raisonnons pas en terme de pourcentages, relève le Frère Michel. La dotation reçue de l’Eglise cantonale est répartie sur plusieurs Frères». «Nous nous répartissons aussi les tâches selon nos intérêts et nos disponibilités, précise Zdzislaw Szmanda». Les deux Frères rappellent dans ce contexte leur fonctionnement de vie religieuse et communautaire.

    Le défi du vivre-ensemble

    Un système paroissial original qui a des avantages, estime le Frère polonais. «Notre expérience de la vie communautaire peut sans doute contribuer au développement de la vie paroissiale. Le fait d’être capables de vivre ensemble, malgré des points de vue et des caractères parfois différents, peut être un signe d’espérance pour les fidèles et la société en général». Pour le Frère Zdzislaw, cet exemple est d’autant plus précieux dans une société actuelle atomisée où les liens sont de plus en plus fragiles.

    "Notre porte doit rester ouverte"

    Zdzislaw Szmanda

    "Le défi d’insuffler un esprit de famille dans la paroisse n’est pas évident dans un contexte comme le nôtre. Ici les habitants sont de partout dans le monde, il y a beaucoup de déracinement, note le dominicain polonais». Dans cette commune plutôt privilégiée de la banlieue de Genève, beaucoup de résidants travaillent en outre dans des organisations ou des entreprises internationales et sont très mobiles». Même s’il y a un noyau de paroissiens dont la fréquentation est régulière.

    Difficile donc de créer un sentiment de communauté. «Cela donne paradoxalement, une intensité très forte à la notion d’accueil, relève pourtant le Frère Michel. Il s’agit de donner le meilleur de nous-mêmes dans un temps court, car on ne sait pas quand la personne va revenir, ou si même elle reviendra. C’est une exigence d’être dans le présent, d’accueillir les personnes comme elles sont, où elles sont.»

    La conversion de St-Paul de Maurice Denis, dans l'église St-Paul de Cologny (GE)
    La conversion de St-Paul de Maurice Denis, dans l'église St-Paul de Cologny (GE) @ Raphaël Zbinden

    Brunch synodal

    Un engagement à l’accueil qui implique que «notre porte doit rester ouverte», renchérit Zdzislaw Szmanda. «Ce qui signifie être disponible hors des horaires de travail et quand l’on n’en a pas forcément envie».

    Le développement du vivre-ensemble a également trouvé un nouvel élan avec le processus synodal lancé par le pape François en automne 2021. A Cologny, «l’objectif est que chacun et chacune se sente accueillis et bien dans la communauté paroissiale. Nous veillons aussi à être à l’écoute des jeunes et des familles, qui sont nombreuses dans cette commune de 7'000 habitants, dont la population connaît une très forte augmentation".

    Dans ce cadre, la démarche synodale lancée par le pape François prend tout son sens et la paroisse y répond en organisant notamment un «brunch synodal», le 6 février 2022. «Notre souhait profond est que les paroissiens eux-mêmes prennent en main cette aventure innovante», assure le Frère Michel.

    Saint-Paul Cologny-Genève fait donc face à des défis importants. Embarqués sur le frêle esquif de la paroisse, sur la mer houleuse du monde moderne, ses responsables savent pourtant qu’avec leur saint patron pour capitaine, ils garderont le bon cap. (cath.ch/rz)

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    L'église d'Ursy (FR) est le lieu de culte central de l'UP St-Pierre les Roches © Raphaël Zbinden

    L’UP St-Pierre les Roches fait le pont entre Fribourg et Vaud

    L’unité pastorale (UP) St-Pierre les Roches, créée à l’image des 7 jours de la création (7 paroisses), s’étend sur deux cantons, en l’occurrence Fribourg et Vaud. Une situation qui apporte certaines complications, mais aussi son lot d’enrichissements.

    Les prêtres et agents pastoraux de St-Pierre les Roches sont souvent derrière leur volant. La raison en est la superficie conséquente de leur UP, qui réunit trois paroisses sur le canton de Vaud et quatre sur celui de Fribourg. Gérald Bovet s’est un jour résolu à en faire le tour, un trajet de 100 km. «Il y a déjà 30 km entre Forel-Lavaux et Forel-Lucens, les deux extrémités de l’UP, précise-t-il». A 71 ans, le membre du Conseil d’Unité pastorale (CUP) est la «mémoire vivante» de la communauté. Il raconte à cath.ch la formation de cette UP un peu particulière.

    Regrouper les forces

    Les 7 lieux de culte de l'UP St-Pierre les Roches, figurent les
    Les 7 lieux de culte de l'UP St-Pierre les Roches, figurent les "7 jours de la création" @ DR

    Elle est liée en partie à la proximité «naturelle» entre les communes de l’est vaudois et de l’ouest fribourgeois. Cela fait bien longtemps que les frontières n’existent plus que dans les esprits.

    Un état de fait qui s’est révélé avec plus d’acuité au début des années 2005 lorsque les 3 paroisses vaudoises se sont retrouvées sans prêtres. En attendant les nominations, les abbés fribourgeois Jean-Marie Demierre et Boniface Bucyana ont dû assurer pendant un an les messes sur les 3 paroisses vaudoises. Cette situation a clairement mis au jour la nécessité de regrouper les forces pastorales de la région.

    Une première séance, en février 2005, a décidé de la mise en place de l’UP 13. La nouvelle entité était officiellement consacrée par Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) en janvier 2007. Une naissance plutôt tardive au vu des autres regroupements de paroisses en Suisse romande. L’UP voisine Sainte Marguerite Bays, autour de Romont, était déjà en place depuis un certain temps. Les quatre paroisses fribourgeoises d’Ursy, Rue, Chapelle et Promasens ont donc logiquement été amenées à s’allier avec les trois paroisses vaudoises frontalières d’Oron, de Moudon et de Lucens.

    Mise en commun des ressources

    Un rapprochement bien vécu, malgré quelques résistances, indique Gérald Bovet. L’inter-cantonalité faisait craindre à certains des complications insurmontables. La grosse pierre d’achoppement concernait les finances, explique Gérald Bovet. Dans le canton de Vaud, la mission pastorale relève en effet de la compétence de la paroisse canonique et de ses délégations (UP), tandis que les tâches logistiques et financières sont du ressort des paroisses. Dans le canton de Fribourg, l’Etat et les circonscriptions des paroisses ecclésiastiques correspondent à ceux des paroisses canoniques. «Mais nous avons quand-même réussi à établir une convention. Le financement fonctionne ainsi très bien. C’était le seul dispositif intercantonal qui a marché directement», souligne Gérald Bovet.

    L'UP Saint-Pierre les Roches est composée de 4 paroisses fribourgeoises et de 3 vaudoises.
    L'UP Saint-Pierre les Roches est composée de 4 paroisses fribourgeoises et de 3 vaudoises.

    Si les agents pastoraux restent payés par l’Eglise cantonale à laquelle ils sont rattachés, les difficultés ont surtout concerné les coûts liés au fonctionnement de l’UP en elle-même. Le maître-mot de la Convention de collaboration est ainsi la mise en commun des ressources. Le document stipule notamment que «Les parties s’entendent pour approvisionner un compte commun servant à financer les frais imposés par l’exécution du travail de l’Equipe pastorale (EP), du CUP, du Conseil de gestion et des bénévoles qui oeuvrent au sein de l’UP». Une affaire qui roule donc bien et qui permet à l’UP Saint-Pierre les Roches de développer une pastorale dynamique, souligne Gérald Bovet.

    Multiculturalité

    Des aspects plus négatifs se sont pourtant révélés. «C’est surtout compliqué au niveau de la catéchèse, explique l’Abbé Adalric Jatsa. Il s’agit de conjuguer les différents programmes scolaires suivant les cantons, les établissements, ainsi que les programmes catéchétiques dans les régions diocésaines. C’est particulièrement difficile dans la paroisse d’Oron, où il y a trois établissements scolaires». «Il faudrait pouvoir harmoniser tout cela», affirme le curé modérateur. Pour l’Abbé Jatsa, cette situation a cependant un aspect positif: «Ce sont autant d’expériences différentes qui peuvent se comparer et s’enrichir mutuellement».

    Une diversité que l’on retrouve également dans la démographie de l’UP. «Il y a beaucoup de multiculturalité, note Gérald Bovet». Les paroisses de Moudon et Lucens comptent notamment une grande population étrangère. L’approche pastorale est différente de celle qui est pratiquée dans les zones plus rurales, notamment dans le canton de Fribourg, où les fidèles sont davantage enracinés localement.

    Gérald Bovet est la
    Gérald Bovet est la "mémoire vivante" de l'UP St-Pierre les Roches @ Raphaël Zbinden

    Les missions linguistiques sont ainsi importantes, sur l’UP, notamment celles des Portugais et des Italiens. Gérald Bovet souligne qu’elles sont bien intégrées dans la vie paroissiale. La pastorale dans le canton de Vaud, où vivent deux-tiers des catholiques de l’UP, est également plus en contact avec le protestantisme. Mais la sensibilité œcuménique est présente de longue date à Saint-Pierre les Roches, assure le Fribourgeois. Il note qu’une célébration œcuménique a lieu depuis de nombreuses années la semaine de l’unité des chrétiens au mois de janvier à Moudon et Oron.

    Pont de Pierre

    Quatre conseils de communauté: Moudon-Lucens, Oron, Ursy et Promasens-Chapelle-Rue ont pour mission de garantir la proximité pastorale. Tandis  que le conseil pastoral de l’UP a pour mission de favoriser l’échange pastoral avec l’équipe pastorale en tenant compte des quatr piliers de l’Eglise que sont la liturgie, l’annonce de l’Evangile, la communion et la diaconie.

    L’inter-cantonalité bénéficie aussi des bonnes relations existant entre les régions diocésaines de Vaud et de Fribourg. Les contacts sont réguliers et la collaboration est bien organisée, assure l’Abbé Jatsa.

    La grande UP Saint-Pierre les Roches aux réalités si diverses doit son nom en partie à l’un des patrons de la paroisse de Promasens (les saints Pierre et Paul). Les Roches correspond à une portion de territoire qui se trouve entre le canton de Vaud et Fribourg entre Ursy et Moudon. Autant de pierres qui peuvent sans doute inspirer les fidèles vaudois et fribourgeois à garder solide le «pont» qui les unit. (cath.ch/rz)

    L'intérieur de l'église d'Ursy (FR)
    L'intérieur de l'église d'Ursy (FR) @ Raphaël Zbinden

    Le lieu de culte central de l’UP St-Pierre les Roches est l’église d’Ursy, qui représente un patrimoine religieux d’une grande valeur. Il s’agit d’un édifice néogothique consacré en 1869 et restauré en 2018. L'église d'Ursy est connue notamment pour son orgue et ses vitraux. Le vitrail du choeur, notamment, représente saint Maurice, chef de la légion Thébaine, décapité à Agaune (VS) en 285 sous l'empereur Maximilien, premier martyr de l'Helvétie, patron de la paroisse d'Ursy. A l’issue d’un concours, la commande des vitraux actuels a été attribuée à l’artiste-peintre Charles Cottet, d’Attalens (FR). La construction de 19 vitraux et les deux oculi posés entre 1980 et 1983 est réalisée par l’artiste-verrier Michel Eltschinger de Villars-sur-Glâne. Ils font partie de l’itinéraire du vitrail de la Glâne.
    L'orgue d'Ursy est la première réalisation intégrale d’une innovation technique: la traction Org-Syncordia, une commande stricte de l'ouverture des soupapes en fonction de l'enfoncement des touches du clavier. RZ

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    Une messe de la communauté francophone de Berne, dans la basilique de la Trinité © kathbern.ch

    Paroisse francophone de Berne: «Ici, c’est la maison!»

    La paroisse francophone de Berne articule, tel un «mille-feuilles», les multiples dimensions de la capitale: fédérale, diplomatique, plurilingue, multi-confessionnelle. Elle s’est développée, dans ce contexte, en une communauté soudée et inclusive.

    Raphaël Zbinden

    Les larmes coulent sur les joues de Léa Bracher. Pour la présidente du Conseil de paroisse, comme pour les autres représentants de la communauté qui reçoivent cath.ch, la joie n’est pas de mise. Et pour cause, ils viennent d’apprendre que leur curé, Christian Schaller, va partir, envoyé par l’évêque dans son Jura bernois natal. Pas besoin de mots pour comprendre à quel point l’abbé, depuis dix ans à Berne, est apprécié. «Je dors très mal….depuis que j’ai appris la nouvelle», assure Léa Bracher. Larmes et incompréhension également pour Jeannette et Serge Pillonel, un couple «pilier» de la communauté. «Je ne comprends pas pourquoi on nous prend notre curé», lance Jeannette.

    La diaconie au coeur

    Serge fait remarquer à quel point tous les fidèles sont reconnaissants de ce que l’abbé Schaller a fait pour la paroisse. Le prêtre n’a effectivement pas chômé lors de son séjour dans la capitale. Il est à l’origine de nombreuses initiatives reconnues et appréciées dans la communauté et au-delà. Outre la «fondue communautaire» et «le repas de l’Agneau pascal», il a fortement renforcé les aspects de diaconie et d’inclusivité.

    Des membres du Conseil de la paroisse francophone de Berne (de g. à d.) le curé Christian Schaller, Léa Bracher, Serge Pillonel, Jeannette Pillonel
    Des membres du Conseil de la paroisse francophone de Berne (de g. à d.) le curé Christian Schaller, Léa Bracher, Serge Pillonel, Jeannette Pillonel @ Raphaël Zbinden

    Par exemple dans le service offert par le centre La Prairie, situé à l’origine dans le complexe ecclésial de la Rainmattstrasse. Le lieu sert de soupe populaire pour une partie de la ville. Un repas chaud y est offert tous les jours sauf le lundi aux personnes vivant dans la rue. Et depuis le Covid, la paroisse a œuvré en lien avec la municipalité pour fournir un repas le dimanche soir. Lors de la pandémie, il s’agissait du seul lieu de restauration encore ouvert. L’action continue aujourd’hui, avec en moyenne la distribution de 80 repas tous les dimanches soirs.

    Petite mais costaude

    Autant de démarches lancées par l’abbé Schaller qui auraient été impossibles sans une équipe pastorale très motivée, rappelle ce dernier. «Si nous avons pu réaliser tout cela ensemble, c’est surtout grâce à la grande cohésion, dynamisme et bonne volonté qui règnent dans la paroisse. Nous pouvons notamment compter sur l’aide de très nombreux bénévoles», assure-t-il.

    Une solidarité interne et un engagement qui ne vont pas de soi dans toutes les communautés, note Léa Bracher. Mais la paroisse francophone de Berne est sur de nombreux points «atypique». «La paroisse francophone est non-territoriale, relève l’abbé Schaller. Ses membres sont également membres de la paroisse territoriale où ils résident. Nous n’avons pas d’église propre et partageons la basilique de la Trinité avec d’autres communautés.»

    «Le fait de se sentir une minorité amène certainement à se serrer les coudes»

    Christian Schaller

    Une situation qui n’empêche pas l’importante participation aux offices et aux événements organisés tout au long de l’année. Outre les deux messes en français du weekend, deux autres célébrations se tiennent dans la langue de Molière le mardi et le jeudi. Entre 80 et 100 personnes sont vues samedi et dimanche, et les messes pendant la semaine sont également bien fréquentées, relève Christian Schaller. «C’est parce que cette paroisse est vivante!», explique Jeannette. «Pour beaucoup de personnes, la paroisse est une patrie, un chez-soi…»; «Ici, c’est la maison!», le coupe Jeannette, enthousiaste.

    Une minorité qui soude

    Un état de fait qui s’explique en partie par la situation minoritaire des catholiques francophones à Berne, cité germanophone de tradition protestante. Il y aurait environ 10'000 francophones dans l’agglomération bernoise, pour une population de plus de 400'000 habitants. En appliquant le pourcentage cantonal, il devrait y avoir 2'800 catholiques francophones dans la capitale. Le fichier paroissial en enregistre 950.

    «Le fait de se sentir une minorité amène certainement à se serrer les coudes», considère le curé. «Au départ, beaucoup de fidèles de langue française venaient parce qu’ils ne pouvaient pas aller ailleurs». Un aspect qui a cependant changé, en rapport à la plus grande mobilité des personnes, relève Serge. «Aujourd’hui, si les gens viennent, c’est qu’ils trouvent ici quelque chose de particulier», assure-t-il. Ainsi, d’anciens membres de la communauté aujourd’hui installés dans d’autres cantons, même Vaud, reviennent spontanément à Berne, en particulier pour la Fête paroissiale.

    La basilique de la Trinité, à Berne, abrite les messes de la paroisse francophone
    La basilique de la Trinité, à Berne, abrite les messes de la paroisse francophone @ Raphaël Zbinden

    Une communauté colorée

    Les Pillonel sont une sorte de «couple d’exposition» pour la paroisse, plaisante l’abbé Schaller. Ils sont typiques de la population qui a formé le creuset de la communauté. Serge est venu du Jura il y a 55 ans avec son épouse pour occuper un poste de fonctionnaire à la Confédération. A cette époque, les fonctionnaires fédéraux devaient résider à Berne. Ils ont trouvé dans la paroisse la possibilité de pratiquer leur foi dans leur langue maternelle, ainsi qu’un réseau social et communautaire bienvenu. Une situation qui a largement évolué, en même temps que l’environnement professionnel, social et technologique. Une réalité plus «mouvante» s’est ainsi mise en place dans la paroisse, avec des arrivées et des départs plus fréquents.

    Rassembler tous les horizons

    Aujourd’hui, le noyau dur des «expatriés» de Suisse romande est cependant toujours en place, bien que vieillissant. Il s’est passablement étoffé depuis les dernières décennies de fidèles de provenance plus lointaine. Actuellement, plus de 33 nationalités y sont représentées, dont des personnes originaires des pays francophones d’Afrique. Un petit groupe de francophones venant du Vietnam est toujours bien présent. La paroisse est aussi fréquentée par des diplomates de langue française. Parfois des membres du corps diplomatique d’Amérique latine viennent aux messes.

    Repas de Noël organisé par la paroisse francophone de Berne
    Repas de Noël organisé par la paroisse francophone de Berne @ Marie-Annick Boss/Paroisse francophone de Berne

    Une diversité pleinement vécue comme une richesse. Léa Bracher, arrivée du Cameroun il y a 22 ans, a ainsi été élue à la présidence de la paroisse à l’unanimité. La secrétaire vient en du Sénégal et un autre membre du Conseil a ses origines au Burundi. «Jusqu’à cette automne, nous accueillions également une personne aphasique (atteinte d’une affection neurologique perturbant l’usage de la parole), note le curé. L’expérience a été très positive et cette personne a réellement pris sa place dans le groupe. De manière générale, nous sommes attentifs à rassembler des personnes de tous horizons.» Les membres de la paroisse évoquent l’image de la femme d’un diplomate africain pelant des pommes de terre pour la soupe de Carême aux côtés d’un compatriote sans-papier.

    Des conseillers fédéraux dans les couloirs

    Cette expérience d’inclusivité se conjugue à plusieurs niveaux. Elles trouvent une forme concrète dans le complexe ecclésial de la Rainmattstrasse qui outre la basilique, regroupe les salles de conférence et de rencontre de la Rotonde, ainsi que les locaux des paroisses catholiques francophone et alémanique.

    «Nous allons tout faire pour poursuivre l'œuvre de l'abbé Schaller»

    Serge Pillonel

    Le lieu tient une place particulière dans la réalité bernoise. Les salles accueillent régulièrement des événements ecclésiaux, autant au niveau paroissial que cantonal et national. Des organisations de toutes sortes, actives dans la cité fédérale, y tiennent également des réunions. A deux pas du Palais fédéral, il n’est pas rare que la basilique accueille des cérémonies liées au pouvoir politique et que les salles de conférence soient louées par divers départements fédéraux. «On peut même parfois croiser des conseillers fédéraux dans les couloirs», s’amuse l’abbé Schaller.

    Fondue oecuménique

    La paroisse francophone entretient en outre de très bons rapports avec la communauté alémanique ainsi que réformée. Des messes bilingues sont régulièrement proposées dans la basilique. La «fondue communautaire» est savourée généralement le dimanche de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec la communauté protestante francophone. La Fête paroissiale, au cours de laquelle plus de 300 repas sont servis, accueille également un certain nombre de germanophones et de réformés.

    C’est donc une «famille» très élargie, solidaire, festive et diverse qui gravite autour de la Rainmattstrasse. L’abbé Schaller admet qu’il aura beaucoup de peine à la quitter. «Nous allons de toute façon tout faire pour poursuivre son œuvre, faire vivre ce qu’il a construit», assure Serge, avec encore une once d’humidité dans le regard. (cath.ch/rz)

    Un peu d’histoire…
    Jusqu’en 1799, le culte catholique était interdit à Berne. Grâce à la République helvétique, mise en place par Napoléon Bonaparte, la ville fut dans l’obligation d’accepter la messe catholique. Le premier curé fut le célèbre Père Grégoire Girard, cordelier qui n’était plus en odeur de sainteté à Fribourg. Au 19e siècle, les membres de la communauté catholique francophone de Berne étaient les parlementaires des cantons catholiques, les employés de maison auprès des riches familles bernoises, ou encore le corps diplomatique des pays catholiques.

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    L'église de Boudry est le principal point de rassemblement de la paroisse de St-Paul du Littoral de l'ouest neuchâtelois © Raphaël Zbinden

    Neuchâtel: paroisse St-Paul du Littoral, l’énergie de la fusion

    La paroisse Saint-Paul du Littoral ouest neuchâtelois est née en janvier 2023 de la réunion des paroisses de Boudry-Cortaillod et de La Béroche-Bevaix. Une fusion qui n’a pas été sans difficulté, mais qui met la communauté dans une nouvelle dynamique.

    Le visiteur passant un dimanche matin à Boudry a une chance d’entendre sortir de l’église des chants africains. C’est qu’une chorale camerounaise vient de se créer dans la nouvelle paroisse du Littoral. «Ces danses, ces chants,créent une toute autre ambiance pour la messe. Cela apporte certainement de la joie et de la vie», assure Luc Bucyana, curé modérateur de la paroisse Saint-Paul du Littoral ouest neuchâtelois. Le groupe tente d’apprendre maintenant des chants du Rwanda, pour rendre hommage au  pays d’origine de l’abbé.

    Regroupement des forces

    Luc Bucyana a été l’une des chevilles ouvrières de la fusion qui a fait naître la nouvelle communauté. La démarche s’inscrit dans un mouvement de regroupement des forces en cours dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF). Dans une récente lettre pastorale, l’évêque Charles Morerod notait: «Il faut discerner localement comment réunir des paroisses», avertissant du risque de risque de «morceler nos communautés réduites et de les rendre moins vivantes.» Une injonction donc bien suivie dans la région diocésaine de Neuchâtel, où d’autres fusions sont en cours ou en réflexion.

    L'abbé Luc Bucyana, doyen du canton de Neuchâtel
    L'abbé Luc Bucyana, doyen du canton de Neuchâtel @ Raphaël Zbinden

    La nouvelle communauté du Littoral compte à présent plus de 5300 catholiques, ce qui en fait la plus grande paroisse de l’Unité pastorale (UP) de l’ouest neuchâtelois.

    Pour Luc Bucyana, ce regroupement était une évidence. «Nous faisions déjà depuis un moment la catéchèse et d’autres activités ensemble. Le but de la fusion est donc surtout pastoral, il nous permet d’avoir des communautés plus nombreuses et plus actives». La baisse constante du nombre de fidèles, depuis quelques décennies, pose de plus en plus de défis. Il n’est pas aisé, en particulier, de trouver des candidats pour les conseils paroissiaux. Le manque de prêtres complique également l’accessibilité des croyants aux sacrements et notamment à l’Eucharistie.

    L'église de La Béroche est l'un des trois lieux de culte de la paroisse du Littoral (Neuchâtel), avec celles de Bevaix et Boudry (l'église de Cortaillod a été désacralisée)
    L'église de La Béroche est l'un des trois lieux de culte de la paroisse du Littoral (Neuchâtel), avec celles de Bevaix et Boudry (l'église de Cortaillod a été désacralisée) @ cath-ne.ch

    Accepter de laisser des choses derrière soi

    Le projet de fusion ne s’est cependant pas imposé immédiatement dans les esprits, admet le prêtre, qui est depuis cinq ans dans la paroisse. «Certaines personnes craignaient les changements, avaient peur de devoir peut-être plus se déplacer. Elles sont aussi attachées à un lieu de culte particulier, ce qui est bien compréhensible, car il y a toute une histoire derrière, des vécus émotionnels, des relations, des investissements... Certains ont pu avoir l’impression de 'perdre leur bébé’. Nous avons donc dû faire un travail de sensibilisation, notamment pour expliquer que nous étions de toute façon déjà dans une logique et une dynamique communes et que le but était de se mettre ensemble pour créer une communauté plus vivante».

    Finalement, le processus s’est bien déroulé, assure le prêtre. «Tout le monde a pu constater à quel point le fait d’avoir un seul curé, une seule catéchèse, une seule paroisse, facilitait les activités.»

    Une “pastorale des après”

    La fusion ne règle cependant pas tous les problèmes. Et les défis sont encore grands pour la nouvelle paroisse des bords du lac.

    “L’on essaye en particulier de développer la pastorale de la jeunesse”, note Luc Bucyana. Cette tranche d’âge est en effet l’une des plus difficiles à mobiliser. La paroisse voudrait créer un groupe de jeunes qui permettrait de lancer une dynamique positive. “Souvent, c’est quand des jeunes commencent à faire quelque chose d’intéressant que leurs amis veulent aussi s’y mettre et cela crée un élan”.

    L’une des préoccupations est cependant de proposer des activités qui fidélisent. “Après la communion ou la confirmation, les jeunes ne reviennent souvent pas, regrette le curé modérateur. Nous voudrions faire plus qu’une catéchèse 'avec échéance’. Ce n’est pas comme si nous devions accomplir notre mission et qu’ensuite, c’était fini.”

    L'intérieur de l'église de Boudry (Neuchâtel)
    L'intérieur de l'église de Boudry (Neuchâtel) @ Raphaël Zbinden

    Pour palier ce phénomène, l’équipe paroissiale entend développer une “pastorale des après”. Une démarche qui a également du sens pour les funérailles, relève le curé. “Les personnes qui demandent un enterrement ne fréquentent souvent pas l’église. Mais elles y viennent pour des moments importants de la vie, de la famille. Nous avons constaté qu’elles avaient un grand besoin d’être écoutées, réconfortées. Mais qu’est-ce que l’on fait pour elles après la cérémonie? Il faut continuer de les soutenir, garder le contact, par des choses simples, mais qui donnent du sens à ce qu’elles vivent.”

    Faire apprécier la proximité

    Les structures se mettent progressivement en place. Une agente pastorale invite par exemples déjà les jeunes à des repas après la confirmation. Des projets existent d’assemblées synodales, selon les impulsions de la démarche lancée par le pape François. “Nous voulons organiser des événements où tout le monde serait invité, pas seulement les catholiques. Pour parler de tout, de la vie, pour que les personnes puissent s’exprimer. Nous avons remarqué à quel point les gens ont besoin de témoignages.”

    Les responsables de la paroisse sont conscient que les nouvelles générations ont besoin de vivre en Eglise quelque chose de plus que les anciennes. “Il y a une envie de partage, de communauté, de quelque chose qui rassemble. Et nous regardons comment nous pouvons répondre à cela”.

    L'église de Bevaix est l'un des trois lieux de culte de la paroisse du Littoral (Neuchâtel), avec celles de La Béroche et Boudry (l'église de Cortaillod a été désacralisée)
    L'église de Bevaix est l'un des trois lieux de culte de la paroisse du Littoral (Neuchâtel), avec celles de La Béroche et Boudry (l'église de Cortaillod a été désacralisée) @ cath-ne.ch

    Une difficulté vient aussi de la grande mobilité de la population, aujourd’hui. Luc Bucyana regrette ainsi le petit nombre de jeunes familles à la messe. “Il n’y pas grand chose de prévu pour les attirer dans les lieux de culte locaux. Beaucoup des jeunes couples avec enfants qui vivent par ici préfèrent aller à la messe à Neuchâtel. Nous devons faire reconnaître les avantages de la proximité.”

    La force du 'vivre ensemble’

    Une grande partie des fidèles de St-Paul du Littoral sont issus de l’immigration, souvent ancienne, notamment de la Méditerranée. Une pluriculturalité encore renforcée par la proximité du centre pour requérants d’asile de Perreux. Des personnes du monde entier fréquentent ainsi l’église de Boudry, qui joue le rôle de point de rassemblement dans la nouvelle communauté. “C’est très enrichissant de rencontrer toute cette diversité, il m’arrive souvent de devoir parler l’anglais à la sortie de la messe”, s’amuse Luc Bucyana.

    Le Rwandais d’origine a été marqué par la générosité des paroissiens par rapport à cela. Certains se chargent d’aller chercher en voiture des requérants qui veulent assister à la messe. “A la sortie, des fidèles du lieu leur demandent s’ils ont besoin d’un service quelconque...”

    Si le 'vivre ensemble’ est donc bien implanté sur les rives du Lac de Neuchâtel, l’abbé Bucyana est convaincu que la récente fusion pourra énergiser les élans de solidarité et de partage. Cette nouvelle “synodalité” à inventer demandera cependant de “sortir de ce qu’on a toujours fait”. (cath.ch/rz)

    L’abbé Luc Bucyana, né au Rwanda, a été prêtre auxiliaire dans L’UP des Montagnes neuchâteloises. Il est curé modérateur de l’UP Neuchâtel-Ouest depuis 2016. En juin 2023, tout en restant curé modérateur de la paroisse St-Paul du Littoral, il a été nommé curé modérateur de l’UP Neuchâtel-Ville, ainsi que recteur de la Basilique Notre-Dame-de-l’Assomption et administrateur de l’UP Neuchâtel–Ouest. Son installation par Mgr Morerod a eu lieu le 22 octobre. Luc Bucyana est aussi membre de la Cellule diocésaine d’accueil et d’accompagnement des agents pastoraux venus d’ailleurs. RZ

    L’abbé Luc Bucyana devient curé modérateur de l’UP Neuchâtel-Ville

    27/06/2023

    L’abbé Luc Bucyana devient curé modérateur de l’UP Neuchâtel-Ville

    L’abbé Luc Bucyana, doyen et actuel curé modérateur de l’Union pastorale (UP) Neuchâtel–Ouest, devient le curé modérateur de l’UP Neuchâtel-Ville, ainsi que le recteur de la Basilique Notre-Dame-de-l’Assomption et l’administrateur de l’UP Neuchâtel–Ouest.

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    "Le Christ montre son cœur divin et humain. Les gens ont soif de ça." L'abbé Jean-François Luisier s'est dit très inspiré par le Sacré-Coeur © Bernard Hallet

    Sion: Le «Sacré-Cœur campus» ouvre des portes d’entrée à la foi

    «Tout est en chantier… comme la ville!», sourit l’abbé Jean-François Luisier, le curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Sion. Il évoque l’avancement du «Sacré-Cœur campus», le projet pastoral qu’il a initié il y a un an avec les paroissiens et qui doit permettre d’aller rejoindre les gens aux périphéries.

    Depuis le balcon de la cure, au 3e étage d’un immeuble situé à quelques pas de la gare, la vue donne sur un quartier de bureaux, d’habitations, de commerces qui viennent de sortir de terre. Un peu plus loin se distingue le quartier sous-gare, englobant le campus universitaire Energypolis, la HES-SO Valais et l’EPFL. Le curé et son équipe y voient un potentiel pastoral dans cet autre quartier, également en pleine mutation.

    «Le ’Sacré-Cœur campus’ est une manière d’associer autour de l’église les anciennes et les jeunes générations, les étudiants et les jeunes professionnels», détaille l’abbé Luisier. Sur la table, en retrait d’une tasse de café et d’un verre d’eau, se trouve le premier rapport d’activité qui résume la démarche globale inspirée par le pape François: amener l’Evangile aux périphéries là où se trouvent les gens: en l’occurrence les familles, les paroissiens, les étudiants et les jeunes adultes. «Il y a 50'000 personnes à Sion le jour et plus de 30'000 la nuit. Et plus personne ne passerait à l’église?»

    Une fréquentation intergénérationnelle? «L’intergénérationnel a été mis à toutes les sauces, mais, avec la déchristianisation et le covid, nous avons perdu la génération du milieu, les enfants et les jeunes parents. Beaucoup ne sont plus revenus à la messe ou bien la prennent comme un service: il y viennent et repartent, réduisant la communauté à peu», constate le curé.

    «Il y a 50'000 personnes à Sion le jour et plus de 30'000 la nuit. Et plus personne ne passerait à l’église?»

    Il a observé que les JMJ sont trop souvent la dernière étape d’un engagement en Eglise avant que la vie active et familiale ne prenne le dessus. «Or on remarque que cette génération a soif de spiritualité. Nous avons des paroisses bien administrées, bien délimitées, certes, mais, le message premier: ’Dieu t’aime, il croit en toi’ est-il suffisamment entendu?» Quelles solutions permettraient, non pas seulement de ramener du monde à l’église, mais d’aller là où sont ces fidèles?

    La messe à 18h

    Une première réponse se trouve dans la programmation de la messe du dimanche à 18h à l’église du Sacré-Cœur. «La célébration est ouverte à tous, mais l’horaire répond à une demande des étudiants et des jeunes adultes qui repartent vers Genève, Fribourg ou Lausanne pour la semaine», précise l’abbé Luisier. «Ils ont le temps de venir à la messe, avant d’aller prendre leur train. Ça tombe sous le sens.»

    «Plus que le nombre, il importe que ces personnes se parlent, échangent et fassent communauté»

    L’équipe qui s’est présentée a misé sur le soin apporté à l’accueil des fidèles et un groupe de bénévoles s’est rapidement fédéré pour l’accueil, l’animation et le service de l’apéro. Après quelques semaines, l’assemblée où se côtoient des familles des jeunes et des étudiants a grandi. «Plus que le nombre, il importe que ces personnes se parlent, échangent et fassent communauté», souligne l’abbé Luisier.

    Des «tiers-lieux», portes d’entrée à la foi

    D’autres initiatives vont succéder à cette messe: «L’Eglise doit évoluer en même temps que la ville!» Le curé et son équipe ont imaginé des tiers-lieux pour ouvrir des «portes d’entrée» à la foi. «Je pense que c’est une bonne alternative à l’église centralisée», souligne le curé. Il pense à une présence dans le quartier sous-gare, près du pôle universitaire. «Cela pourrait être une buvette, un pavillon ou un local prêté par une entreprise pour favoriser la rencontre, la prière.»

    Autre «tiers-lieu», la chapelle de Champsec-Vissigen, plus à l’est, pourrait également intéresser l’aumônerie du lycée-collège Ella Maillard et les travailleurs sociaux du futur Centre de loisirs RLC (Rencontres, Loisirs et Cultures). Avec ses locaux, le Sacré-Cœur offre aussi des possibilités pour des activités humaines et spirituelles. De plus, un écoquartier doit bientôt voir le jour avec une zone végétalisée qui raccordera le secteur d’Enrgypolis et la vieille ville, amenant un flux d’étudiants à proximité de l’église.

    L'église du Sacré-Coeur devrait profiter de l'afflux de passants, une fois l'amémagement du futur écoquartier terminé
    L'église du Sacré-Coeur devrait profiter de l'afflux de passants, une fois l'amémagement du futur écoquartier terminé @ Bernard Hallet

    En attendant, la paroisse se réjouit de la future collaboration avec Audeo, l’aumônerie des écoles du tertiaire. Une convention entre l’Etat du Valais et l’Eglise est en cours d’élaboration, afin de proposer une aumônerie œcuménique aux étudiants. «Nous avons aussi pris contact avec la responsable du catéchuménat (16-30 ans) pour accueillir les demandes de plus en plus nombreuses de baptêmes.»

    Synodalité et conversion pastorale

    La mise en place progressive de cette pastorale trouve sa genèse dans une matinée synodale organisée en janvier 2024. Les paroissiens ont été invités à «rêver» leur paroisse, en lançant des idées et en s’investissant dans les projets qui en ont émergé. Une réflexion qui a débouché, outre des projets concrets, sur une organisation de la paroisse en pôles avec la mise en place du COPAMI (Comité de pastoral missionnaire).

    «Ainsi le curé n’est plus au sommet de la pyramide, mais il coordonne ces différents pôles», indique l’abbé qui cite les pôles «Laudato si’», «Communication», «Spiritualité» ou encore de la formation – comprenant les sessions Altius. L’ancien Conseil de Communauté est devenu un pôle «Temps forts», avec la mission d’organiser les fêtes de Noël ou de Pâques.

    Le «Sacré-Cœur campus» ne vient pas de nulle part. Le curé évoque, comme autre source d’inspiration, la visite de l’Espace Maurice Zundel à Lausanne, cette église dans la ville, tout près de la gare. «Le concept m’a beaucoup plu. Tout comme celui de la chapelle «Oremus», située à Zurich, où l’on trouve un lieu d’adoration permanente au cœur du quartier de Niederdorf.»

    L'Espace Maurice Zundel s'est ouvert à proximité de la gare de Lausanne
    L'Espace Maurice Zundel s'est ouvert à proximité de la gare de Lausanne @ Pierre Pistoletti

    L’abbé a aussi participé avec un groupe de jeunes aux Congrès Mission, un grand rassemblement annuel de chrétiens, en France, autour de la question de l’apport de l’Evangile dans la société actuelle. Des ateliers, des tables rondes et des rencontres permettent à des paroissiens de venir travailler sur cette thématique. Jean-François Luisier s’est aussi formé lors de sessions 'Talenthéo’, pour «permettre l’impact de l’Evangile chez nos contemporains».

    Il reconnaît que la France a une bonne longueur d’avance dans ce domaine. Il espère opérer une conversion de la paroisse en repensant sa structure, son organisation de sorte que les laïcs y aient leur place et un rôle à jouer. (cath.ch/bh)

    Série: Visages de paroisses

    07/02/2020

    Série: Visages de paroisses

    Série: Visages de paroisses Paroisses et unités pastorales (UP) sont les principaux lieux de vie communautaire dans l’Eglise en Suisse romande. Leur vitalité, leur créativité, mais aussi leurs défis et problèmes sont pourtant souvent méconnus. cath.ch présente de façon régulière une autre de ces f...

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    L'abbé Jean-Jacques Theurillat est curé modérateur de la paroisse du Vallon de St-Imier depuis octobre 2022 © Raphaël Zbinden

    Vallon de St-Imier, une paroisse qui s’efforce de remonter la pente

    Vie communautaire en recul, baisse des membres et de l’engagement… Dans le Jura bernois, la paroisse du Vallon de St-Imier est touchée de plein fouet par la sécularisation. Loin d’une fatalité déprimante, le curé modérateur Jean-Jacques Theurillat y trouve l’opportunité de mettre en place de nouvelles formes 'de faire Église’.

    La paroisse catholique du Vallon de St-Imier bénéficie d’une grande et belle église, d’une cure élégante et spacieuse, ainsi que d’un centre paroissial plutôt vaste et bien situé.  Des bâtiments construits au 19e siècle et dans les années 1970, à des époques où le catholicisme était beaucoup plus dynamique dans la région.

    L’infrastructure est aujourd’hui surdimensionnée pour une communauté en phase de contraction. Une réalité que Jean-Jacques Theurillat, qui reçoit cath.ch dans la cure de St-Imier, trouve inutile de dissimuler ou d’édulcorer.

    Le Vallon de St-Imier se situe au nord-ouest du canton de Berne
    Le Vallon de St-Imier se situe au nord-ouest du canton de Berne @ Kurt Zwahlen/Flickr/CC BY-NC 2.0

    “Les marqueurs principaux de la vie paroissiale, que l’on trouve plus ou moins forts ailleurs, ont ici quasiment tous disparus”, souligne-t-il. Depuis déjà dix ou quinze ans, il n’y a plus de catéchiste bénévole. Les groupements et les mouvements de paroisse ont presque tous cessé. Ne reste que la Sainte-Cécile, la chorale paroissiale. “Les membres de ces groupes étaient souvent très âgés, il devenait trop lourd de maintenir des structures pour si peu de membres. Aujourd’hui, les gens n’ont plus le temps. La démarche d’engagement sur la durée est devenue plus difficile pour les jeunes générations.” Sont en outre passés par là: le Covid, les scandales des abus, les affres de la sécularisation, notamment un individualisme rampant. “Chacun est dans sa bulle, dans son univers, dans son réseau”, constate Jean-Jacques Theurillat.

    Une paroisse toute en longueur

    L’abbé relève aussi les particularités du Vallon de St-Imier et de son histoire. Le territoire paroissial s’étend sur 25 km de long sur deux à trois de large, entre deux crêtes de la chaîne du Jura, au nord-ouest du canton de Berne. Entre La Cibourg et Sonceboz, vivent moins de 4000 catholiques pour une population d’environ 14’500 habitants. Elle compte deux églises, l’une à St-Imier et l’autre à Corgémont.

    "C'est une communauté très mélangée, qui n’a pas de racines fortes en rapport à cette région"

    Dans cet espace 'filiforme’, il n’y a pas de “pôle naturel qui attire”, note Jean-Jacques Theurillat. La vallée garde une industrie horlogère et mécanique assez forte, mais de nombreuses personnes vont travailler dans les centres urbains proches, principalement à La Chaux-de-Fonds, à Neuchâtel ou à Bienne.

    Historiquement, le Vallon faisait partie de l’ancien évêché de Bâle. La Réforme, au 16e siècle, a fait de la région un bastion réformé. Une paroisse catholique a vu le jour dans la vallée au 19e siècle. L’église de St-Imier a été le premier édifice catholique construit après la Réforme dans la partie protestante du canton de Berne, en 1866.

    L'église de St-Imier date de 1865
    L'église de St-Imier date de 1865 @ Raphaël Zbinden

    Mais, lors du Kulturkampf, l’église de St-Imier a été donnée aux Vieux catholiques et pendant plus de 35 ans, de 1876 à 1911, les catholiques romains ont été privés de lieu de culte. Ces derniers ont été forcés de racheter leur église au début du 20e siècle.

    Absence de noyau

    Selon Jean-Jacques Theurillat, une mentalité particulière a émergé de cet héritage historique. “C’est comme si les catholiques avaient gardé l’idée qu’ici, ça n’est pas vraiment chez eux, qu’ils n’ont pas leur place.” Ce rapport ambigu face à l’histoire a comme conséquence que la communauté manque d’un “noyau local fort”. Dans d’autres paroisses confrontées aux mêmes conditions, ce “noyau” permet souvent de porter des projets et de soutenir la communauté.

    Très peu de paroissiens actuels sont en fait originaires du Vallon. Une très grande part des catholiques proviennent d’autres cantons ou de l’étranger. Un certain nombre sont venus dans les années 1950 et 1960 du Jura, du Valais, de Fribourg. Plus tardivement sont arrivés des Français, des Belges, des Italiens, des Portugais, des Espagnols. Et maintenant, beaucoup sont d’Amérique latine ou d’Afrique. “Donc, c’est une communauté très mélangée, qui n’a pas de racines fortes en rapport à cette région”, relève Jean-Jacques Theurillat.

    Contexte “post-paroissial”

    Dans ce contexte “poste-paroissial” “qui ne ressemble pas aux autres”, l’approche pastorale ne peut être qu’originale. Jean-Jacques Theurillat est arrivé dans le Vallon en octobre 2022 avec une grande expérience pastorale. Le lieu ne lui était pas tout à fait étranger puisqu’il avait effectué un stage comme diacre en 1991 à St-Imier. Il a ensuite passé sept ans à Moutier, également dans le Jura bernois, et onze ans dans la paroisse de Delémont. Il a été pendant 13 ans vicaire épiscopal pour le Jura pastoral.

    "On voudrait avoir de splendides broderies, mais c’est impossible, sans réparer d’abord le tissu du vêtement"

    Malgré ces constats, l’abbé n’a jamais perçu la situation du Vallon de St-Imier de façon négative. Il y voit plutôt une somme de défis passionnants à relever. “Il ne s’agit même pas d’évangéliser une communauté qui serait là et qui ne connaîtrait pas le message du Christ. Il faut en quelque sorte recommencer du début, remonter la pente.”

    L'intérieur de l'église de St-Imier
    L'intérieur de l'église de St-Imier @ Raphaël Zbinden

    Jean-Jacques Theurillat est conscient que la communauté ne sera jamais similaire à ce qu’elle a pu être dans les décennies passées. Le premier défi étant de retrouver un dynamisme avec un nombre restreint de personnes pour le porter. Selon une métaphore textile chère au prêtre: “On voudrait bien sûr avoir de splendides broderies, mais c’est impossible, sans réparer d’abord le tissu du vêtement.”

    Oecuménisme minimal

    Mais face aux difficultés, l’idée d’une collaboration renforcée avec les nombreuses autres Églises chrétiennes du Vallon, notamment les réformés, est-elle à l’ordre du jour? Il existe deux célébrations communes annuelles de cinq Églises (l’Église catholique romaine, l’Église évangélique réformée, l’Église méthodiste, l’Église catholique chrétienne et une Église évangélique libre) qui sont réunies dans une “Plateforme”. “Mais les autres Églises ont les mêmes problèmes que nous”, explique Jean-Jacques Theurillat. Les réformés, notamment, qui étaient autrefois largement majoritaires, subissent d’importantes sorties d’Église et sont maintenant paritaires en nombre avec les catholiques. Au final, chacun reste centré sur ses propres problèmes.

    Accueillir, écouter

    Pour les catholiques romains, la démarche de “retissage” est encore largement sous forme de projets. A Corgémont, a déjà lieu une fois par mois un “repas pour tous” auquel tous les habitants intéressés sont invités.

    "Paradoxalement, il y a des jeunes, dont on ne sait pas d’où ils viennent, qui demandent le baptême"

    Le centre paroissial de St-Imier, actuellement largement sous-exploité, s’ouvrent à de nouvelles perspectives. Au sous-sol, se trouve notamment une grande salle ayant appartenu à la Mission italienne. “L’objectif est d’en faire un espace convivial, où les personnes peuvent venir prendre un temps pour se poser, échanger et où l’on écoute leurs besoins.”

    L'église de Corgémont est le deuxième lieu de culte de la paroisse du Vallon de St-Imier (BE)
    L'église de Corgémont est le deuxième lieu de culte de la paroisse du Vallon de St-Imier (BE) @ Wikimedia Commons / Ginkgo2g, CC BY-SA 4.0

    Des pistes existent, notamment du côté de “Table couvre-toi!”. L’association qui distribue des produits alimentaires aux plus démunis est déjà présente dans le bâtiment. “Les personnes ne viendraient pas simplement pour prendre leurs produits et repartir, il s’agirait de les accueillir, de leur proposer un café, de leur offrir un moment au chaud s’il fait froid dehors.”

    Le fait que le centre paroissial soit en face de l’école primaire est aussi source d’idées. “Pourquoi ne pas proposer également un espace d’accueil pour les parents, par exemple quand ils attendent leurs enfants à la sortie de l’école?”, s’interroge Jean-Jacques Theurillat.

    Pastorale personnalisée

    Autant d’initiatives qui permettraient déjà de reconstituer la base d’une vie communautaire qui constitue un élément essentiel de la foi chrétienne, souligne le curé. Ce tissu social effiloché demande donc une forme de pastorale “plus mobile, plus ponctuelle, plus personnalisée”, remarque le prêtre.

    Aussi pour s’adapter à un autre phénomène, celui-là plus réjouissant: le regain d’intérêt pour la foi des adolescents et des jeunes adultes. Une tendance déjà observée ailleurs en Europe occidentale, qui se confirme dans le Jura bernois. “Paradoxalement, il y a des jeunes, dont on ne sait pas d’où ils viennent, qui demandent le baptême. Quatre se préparent actuellement à se faire baptiser à Pâques. Nous en avions cinq l’an passé.” Ces nouveaux venus n’ont souvent pas été socialisés dans un milieu pratiquant et constituent une page est blanche. Ces cas nécessitent une approche “à la carte”.

    De nouvelles vocations qui donnent quoiqu’il en soit de l’espérance et qui démontrent que l’Esprit souffle toujours dans le Vallon. (cath.ch/rz)

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    L'abbé Thadeus Lakra avec des enfants de l'UP du Plateau (GE), lors d'une "messe explicative" © UP du Plateau

    L’UP du Plateau, le service au cœur de la vie genevoise

    L’Unité pastorale (UP) du Plateau, dans l’ouest genevois, s’est pleinement engagée sur le chemin synodal ouvert par le pape François. Portrait d’une communauté qui pallie le manque de prêtres avec une pastorale intégrative et innovante.

    C’est une tour de quatorze étages. Elle ne se distingue pas à première vue des autres s’élevant dans ce quartier du Petit-Lancy, dans l’agglomération genevoise. Mais en y regardant de plus près, on peut voir une inscription insolite au-dessus de l’entrée: “Paroisse Saint-Marc”. Car cet immeuble à l’allure banale appartient effectivement à la communauté ecclésiale et abrite une église. La salle d’une cinquantaine de places, entourée de baies vitrées, accueille le visiteur sur la gauche du vestibule.

    La façade de la tour Saint-Marc, où se trouve l'église du même nom
    La façade de la tour Saint-Marc, où se trouve l'église du même nom @ Raphaël Zbinden

    L’église Saint-Marc est l’un des trois lieux de culte de l’UP du Plateau, avec l’église Saint-Martin et celle du Christ-Roi. L’unité pastorale couvre les communes d’Onex et du Petit-Lancy. Elle a été créée entre 2016 et 2017, dans le sillage du mouvement de regroupement de communautés encouragé par le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF). Les trois paroisses ont vu le jour dans les années 1960, dans le cadre de la “Cité-Nouvelle” d’Onex-Lancy, un projet qui faisait face à l’importante augmentation de population de l’après-guerre.

    Une UP sans curé modérateur

    La communauté ecclésiale semble avoir gardé de cette “jeunesse” le goût de l’innovation. C’est ce qu’expliquent les trois membres de l’équipe pastorale qui accueillent cath.ch dans le complexe paroissial de Saint-Martin. Les deux agents pastoraux Isabelle Poncet et Rodrigo De Stephanis sont accompagnés de l’abbé d’origine indienne Thadeus Lakra.

    (de g. à d) Les agents pastoraux de l'UP du Plateau Rodrigo De Stephanis, Isabelle Poncet, et l'abbé Thadeus Lakra
    (de g. à d) Les agents pastoraux de l'UP du Plateau Rodrigo De Stephanis, Isabelle Poncet, et l'abbé Thadeus Lakra @ Raphaël Zbinden

    Il est en fait le seul prêtre de l’UP à 100% (auxiliaire à 30%). Et il n’en est pas le curé modérateur. Au départ du dernier titulaire de cette fonction, en 2023, l’abbé Lakra ne désirait pas devenir modérateur. “Nous avons donc conçu un projet pour l’Église catholique romaine Genève (ECR), qui a été soumis à l’évêque, demandant que la charge de la communauté soit confiée à l’équipe pastorale”, relève Isabelle Poncet.

    Le changement ne s’est pourtant pas fait sans heurts. “C’était un peu perturbant pour les gens de se retrouver tout à coup sans curé, souligne Rodrigo De Stephanis. Les fidèles étaient habitués à ce que tout passe par lui. Encore maintenant, des personnes ne savent pas à qui s’adresser pour telle ou telle question. Nous avons pourtant fait un petit journal qui liste les activités de l’UP avec les contacts des responsables des divers domaines. Cela nous a semblé assez clair, mais des paroissiens ont encore des difficultés pour trouver à qui s’adresser. Ce qui est tout à fait normal lorsque l’on a associé pendant 60 ans un curé à un clocher.”

    “Les gens se font gentiment à cette nouvelle situation, sourit Isabelle Poncet. Mais c’est toujours un défi de changer les habitudes.”

    Fonctionnement synodal

    Les membres de l’équipe pastorale voient en fait beaucoup d’avantages à la nouvelle donne. “Nous travaillons selon les indications de l’évêque [Mgr Charles Morerod] qui veut regrouper les forces face à la pénurie de prêtres et créer des pôles attractifs, pour faire en sorte que les personnes et les énergies ne se dispersent pas, remarque Rodrigo De Stephanis. Mais des fidèles sont encore très attachés à ce qu’ils ont toujours vécu. Certains préfèrent aller dans 'leur’ église, même si c’est pour des messes à quinze personnes. Alors que des célébrations plus nombreuses sont évidemment plus vivantes.”

    "Nous sommes maintenant dans un vrai fonctionnement d’Église, fidèle aux orientations synodales lancées par le pape François"

    “Le fait que l’équipe pastorale soit répondante de la communauté peut bien sûr avoir des inconvénients, tels qu’un rallongement du temps de réponse, note Isabelle Poncet. Mais je pense que nous sommes maintenant dans un vrai fonctionnement d’Église, fidèle aux orientations synodales lancées par le pape François. Nous sommes sortis d’un système pyramidal où le prêtre décide de tout. Cela permet aussi que les paroissiens se sentent plus impliqués et s’engagent davantage.”

    La Bible expliquée

    La synodalité se manifeste dans bien d’autres activités au sein de l’UP du Plateau. Elle propose notamment à intervalles réguliers des ‘Forums’. Ouvertes à tous, ces formations bibliques réunissent les paroissiens qui peuvent se renseigner et échanger sur des thèmes de l’Écriture. La session de 2024 a été consacrée à l’Apocalypse et celle de 2025 au Credo.

    L’équipe pastorale a également mis en place “La Bible pour les nuls”. Comme son nom l’indique, cette autre formation s’adresse davantage aux personnes moins au fait du Livre sacré. D’abord destinée aux jeunes, elle a eu tellement de succès qu’une version pour les adultes a été créée. Des sessions où l’on voit aussi des protestants et même des athées, fait remarquer Rodrigo de Stephanis.

    L’UP genevoise met une grande importance dans la compréhension des textes. “Nous proposons aussi des 'messes expliquées’, note Thadeus Lakra. Lors de la célébration, les enfants ou les parents peuvent poser des questions. L’on s’arrête alors et l’on prend le temps d’y répondre.”

    Les agents pastoraux sont également bien conscients que la culture biblique et religieuse est de moins en moins répandue dans la population. Pour cette raison, un catéchisme est proposé aussi bien aux enfants qu’aux parents. “Après cela, plusieurs parents ont décidé de devenir eux-mêmes catéchistes, sont venus à 'La Bible pour les nuls’, ou se sont engagés dans les conseils de paroisses”, se réjouit l’abbé Lakra.

    Offre liturgique adaptée

    L’implication du peuple de Dieu est aussi une priorité pour l’UP. De nombreuses activités permettent aux personnes de s’engager au sein de la communauté, telles que des kermesses, des concerts, voire une initiation à la couture et au tricot. Les jeunes sont invités en premier lieu à participer. Certains sont notamment appelés à tenir le stand raclette lors de la kermesse annuelle.

    Les trois lieux de culte de l'UP genevoise du Plateau (de g. à d. l'église du Christ-Roi, l'église Saint-Marc et l'église Saint-Martin)
    Les trois lieux de culte de l'UP genevoise du Plateau (de g. à d. l'église du Christ-Roi, l'église Saint-Marc et l'église Saint-Martin) @ UP du Plateau

    Une jeunesse de la région genevoise qui paraît s’intéresser davantage à l’Église depuis quelques années, ont constaté les agents pastoraux. En 2025, le chiffre encourageant de 39 confirmands est mentionné. Des nouveaux-venus qui provoquent toutefois quelques changements “sociologiques”. “Les jeunes sont paradoxalement attachés à une liturgie plus classique, note Isabelle Poncet. Alors que les plus anciens ont été marqués par le Concile Vatican II et sa modernité. Certains ont pu être choqués par le fait de voir des jeunes prendre l’hostie dans la bouche, le retour de l’encens ou des clochettes pour les servants de messe. Mais il nous faut accueillir toutes les sensibilités, donc nous faisons la part des choses. L’on peut assister ainsi dans l’UP à divers styles de messes, certaines plus classiques, d’autres plus modernes.”

    La communauté de la tour

    Être au cœur de la vie quotidienne et aller trouver les personnes où elles sont est une mission essentielle pour l’UP du Plateau. L’église de Saint-Marc, insérée dans une tour d’habitation, symbolise parfaitement cette aspiration. L’immeuble a été construit sur l’emplacement de l’ancienne église, datant des années 1960 et a été détruite en 2020 à cause de sa vétusté.

    Les besoins en ressources financières ont bien sûr été déterminants pour la construction de la tour, inaugurée en 2023, même si les loyers et les prix de vente ont été les plus bas possible. Lorsque les dossiers ont été déposés, les personnes ayant un lien avec la paroisse ont été privilégiées.

    "Le lieu de l'église Saint-Marc favorise certainement l'engagement"

    L’église sise au rez-de-chaussée est constituée de trois salles avec des parois amovibles. “Alors qu’une seule salle est d’habitude nécessaire, l’affluence à la messe du samedi soir fait que nous devons ouvrir les trois salles”, souligne l’abbé Lakra.

    Plusieurs personnes habitant la tour se rendent régulièrement à la messe, ou pour prier, quelques étages plus bas. Une véritable communauté s’est en fait formée autour du lieu de culte. “Le lieu favorise certainement l’engagement”, assure le prêtre. Deux femmes résidant dans l’immeuble animent à présent le chemin de croix pendant le Carême, et un jeune garçon a intégré le groupe liturgique.

    Mais les activités de l’église Saint-Marc fédèrent plus largement. “Un jour, ils avaient mis à l’entrée de la tour 'Soirée spaghettis’, se souvient Isabelle Poncet. Mais finalement, ils sont tombés à court de pâtes, parce que tout l’immeuble est descendu.” (cath.ch/arch/rz)

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