Des militants d'un groupe extrémiste de gauche ont perturbé un culte protestant de Noël, le 24 décembre 2019, dans une église de Kleinhüningen, au nord de Bâle. Les activistes encapuchonnés voulaient protester contre la participation de la pasteure luthérienne à un site internet d'extrême droite.
Après 22h, la veille de Noël, le culte venait de débuter
lorsqu'un groupe de personnes assises dans les premiers rangs se sont
encapuchonnées, avant brandir une banderole avec l'inscription "La paix
plutôt que l'agitation" (Frieden statt Hetze), rapporte la Basler Zeitung (BaZ). Les militants ont
demandé à la pasteure Christine Dietrich "de prendre position contre
l'islamophobie et le racisme en ce jour d'amour." Les perturbateurs
reprochaient à l'ecclésiastique ses interventions sur "Politically
Incorrect", un site d'orientation nationaliste.
Selon la BaZ,
Christine Dietrich aurait effectivement publié des textes sur la plateforme en
question, notamment pour dénoncer les courants religieux, en particulier dans
l'islam, réprimant les droits des femmes. Le site se serait nettement
radicalisé vers l'extrême droite, ces dernières années, et la pasteure aurait
publiquement pris ces distances avec ce dernier. Les responsables du service
religieux ont rapidement expulsé les militants de l'église.
Une action punissable par la loi
Christine Dietrich s'est déclarée choquée par cette action.
Elle a regretté que les activistes s'en soient pris à toute la communauté
ecclésiale pour l'atteindre elle. La pasteure a assuré que de nombreuses
personnes avaient eu leur cérémonie de Noël "totalement gâchée" par
l'incident et que des enfants avaient été effrayés.
L'Eglise luthérienne de Bâle envisagerait de porter plainte.
Une action qui, selon Samuel Althof, spécialiste bâlois de l'extrémisme
politique, serait recevable. Les militants pourraient en effet être inculpés
non seulement pour intrusion illicite, mais aussi pour " atteinte à la
liberté de religion et de culte ", selon l'article 261 du Code pénal.
Samuel Althof se dit en outre choqué par cette action.
"Pendant toutes ces années de travail dans la prévention de la violence,
je n'ai jamais rien vu de tel, assure-t-il. Une église représente encore un
espace protégé dans la société d'aujourd'hui." (cath.ch/baz/rz)