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    Camp de concentration nazi d'Auschwitz © Maurice Page

    Le pape François dénonce la "résurgence barbare" de l'antisémitisme

    Le pape François a dénoncé le 20 janvier 2020 la "résurgence barbare" de l'antisémitisme. Recevant en matinée une délégation du Centre Simon Wiesenthal, le pontife argentin a pointé l’augmentation globale d’une "indifférence égoïste", qui favorise la haine et le rejet de l’autre.

    Les

    "recrudescences barbares" des haines antisémites dans la société

    actuelle est un des effets pervers de l'individualisme, a-t-il estimé à l'occasion

    des 75 ans de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz. Ce complexe de

    camps dirigé par les SS a été libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En

    cinq années, de 1940 à 1945, plus d’un million cent mille hommes, femmes et

    enfants ont trouvé la mort dans cet enfer, 90 % des victimes étant juives.

    Maintenir vivante la mémoire de l’Holocauste

    S'adressant

    à la délégation du Centre Simon Wiesenthal,

    une ONG basée à Los Angeles, aux Etats-Unis et créée en 1977, le pape François a

    appelé à faire silence pour écouter "la complainte de l'humanité

    souffrante".

    Ce

    Centre contribue aussi à "maintenir vivante la mémoire de l’Holocauste",

    l'extermination des juifs d'Europe par le régime nazi et ses alliés.

    L’organisation américaine entretient depuis des années des contacts avec le

    Saint-Siège. Elle  lutte aujourd'hui

    contre l'antisémitisme, le racisme et toute forme de rejet de l'autre.

    La

    "résurgence barbare des actes antisémites" aujourd'hui doit nous

    pousser à "labourer le sol dans lequel grandit la haine et à semer la paix

    à la place", a déclaré le pape François aux membres de la délégation.

    Le pape dénonce le populisme

    Le

    "terreau fertile" de ces haines est celui de l'individualisme, qui

    considère que "la vie est bonne tant que tout va bien pour moi", a

    expliqué le pontife.

    Face

    à cet égoïsme qu'attisent "le particularisme et le populisme", il est

    important de proposer une solution qui s'appuie sur l'intégration et la

    compréhension de l'autre, a demandé le pape argentin. Il est donc urgent de

    réinsérer "ceux qui sont marginalisés, d'atteindre ceux qui sont éloignés,

    et d'aider ceux qui sont victimes d'intolérance et de discrimination",

    a-t-il expliqué.

    Défense des plus vulnérables

    "Notre

    société consumériste gaspille aussi des mots", a déclaré le pape François,

    appelant à "écouter en silence la complainte de l'humanité

    souffrante". Lui-même, a-t-il rappelé, s'était recueilli en silence à

    Auschwitz en 2016, car le silence "aide à maintenir vivante la

    mémoire" et que celui qui perd sa mémoire "détruit son avenir".

    Le

    pontife a enfin rappelé le "riche patrimoine spirituel" commun des

    juifs et chrétiens mis en exergue par la déclaration conciliaire Nostra Aetate, affirmant que les deux

    communautés portaient la responsabilité de la lutte contre l'intolérance et la

    discrimination. Par "compassion pour ceux qui souffrent", a-t-il conclu,

    nous devons "coopérer à la défense des plus vulnérables" et semer la

    "fraternité". (cath.ch/imedia/cd/be)

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