Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • no_image
    Les tensions sont montées d'un cran entre les Etats-Unis et l'Iran © Desmond Kavanagh/Flickr/CC BY-ND 2.0

    Le pape préoccupé par les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran

    Les signes provenant du Moyen-Orient, notamment "l'élévation de la tension entre l'Iran et les Etats-Unis", sont particulièrement préoccupants, a considéré le pape François lors de son discours devant le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 9 janvier 2020. Dans la Salle Royale du Palais apostolique, le pontife a réaffirmé sa volonté de mettre la diplomatie du Saint-Siège au service de la paix et du développement intégral.

    "Le lent processus de reconstruction de l’Irak"

    est menacé par les récentes tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, a déclaré

    le pape. Le risque que cela provoque un conflit à plus grande échelle doit

    pousser les protagonistes à maintenir allumée "la flamme du dialogue".

    Plus largement, le pape François a défendu l’urgence d’un

    "engagement plus assidu et efficace de la part de la communauté

    internationale" au Moyen-Orient. Il a dénoncé la "chape de

    silence" couvrant la situation en Syrie, et demandé des solutions adéquates.

    Le successeur de Pierre s’est également dit préoccupé par la situation au Liban

    et au Yémen.

    Echec du multilatéralisme

    Faisant le constat de l’échec du multilatéralisme dans la

    société actuelle, il a demandé que les Nations travaillent à une réforme

    générale du système multilatéral, à partir du système onusien. Cette réforme

    doit ainsi permettre de trouver un ancrage objectif qui prend ses racines

    "dans la nature même de l’être humain". Il a une nouvelle fois

    dénoncé le trafic humain organisé en Libye par "de vraies mafias". La

    mer Méditerranée reste un "grand cimetière", a-t-il ainsi déploré,

    demandant que les Etats prennent sur eux la responsabilité de trouver des

    solutions durables à cette crise.

    Le pape François a en outre rappelé la signature avec le

    grand imam d’Al-Azhar du Document sur la

    fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune à Abu

    Dhabi (Emirats arabes unis) le 4 février 2020. Visant à faciliter le dialogue

    entre chrétiens et musulmans, ce document rappelle l’importance du

    "concept de citoyenneté" et renonce à "l’utilisation

    discriminatoire" du terme "minoritaire".

    Notre-Dame, symbole de la fragilité européenne

    L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans la nuit

    du 15 au 16 avril 2019 a montré combien il est "fragile et facile" de

    détruire même ce qui semble être solide, a également déclaré le pape. En

    faisant de la cathédrale française un symbole des valeurs et racines de

    l’Europe, il a indiqué que le Vieux continent ne devait pas perdre de vue son

    histoire qui s’inscrit "dans la 'pietas' romaine et dans la 'caritas'

    chrétienne".

    Le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, exemple

    "emblématique d’une culture de la division", doit pousser l’Europe à

    promouvoir des ponts. Le pontife a salué de manière très particulière

    l’héritage du père fondateur de la construction européenne, le Français Robert

    Schuman, notamment dans sa volonté de mettre la paix au cœur du processus

    européen.

    Face à la permanence de conflits en Europe de l’Est, le pape

    François a demandé à ce que le dialogue soit au cœur des solutions recherchées

    en Ukraine et en Géorgie. Il a donné en exemple les accords d’Helsinki de 1973

    qui avaient permis une désescalade de l’armement entre Est et Ouest dans un

    contexte de Guerre froide.

    Abus sexuels sur mineurs

    Un certain nombre d’adultes, y compris certains membres du

    clergé, a encore déploré le pontife argentin, se sont rendus coupables de

    délits très graves contre la dignité des jeunes en violant leur innocence et

    leur intimité. Pour le pontife, il s’agit-là de "crimes qui offensent

    Dieu". Ils causent selon lui des dommages physiques, psychologiques et

    spirituels aux victimes et portent atteinte à la vie des communautés entières.

    Avec l'objectif que la lumière soit faite sur ces abus et

    que la protection des mineurs soit assurée, le successeur de Pierre avait

    convoqué au Vatican tous les présidents des conférences épiscopales du 21 au 24

    février 2019. Dans le prolongement de ce sommet, un large éventail de normes a

    été adopté permettant de faire face à de tels cas dans le domaine du droit

    canonique et à travers la collaboration avec les autorités civiles, au niveau

    local et international.

    Pour l'évêque de Rome, il apparaît "encore plus

    urgent" que les adultes ne renoncent pas au devoir d’éducation qui leur

    revient. Mieux, ces derniers doivent assumer cet engagement "avec un zèle

    plus grand" encore afin de conduire les jeunes à la maturité spirituelle,

    humaine et sociale. C'est pourquoi le pape souhaite reconstruire le pacte

    éducatif mondial. Une rencontre mondiale sera organisée à Rome le 14 mai 2020

    sur ce thème.

    Il est plus que jamais nécessaire d’unir les efforts de tous

    dans une "vaste alliance éducative" pour former des personnes mûres

    et capables de surmonter les morcellements et les oppositions, a ajouté le pape

    François. L'époque actuelle demande que soit constitué "un village de

    l’éducation" et créé un "réseau de relations humaines et

    ouvertes". Ce village, a-t-il suggéré, doit mettre au centre la personne,

    favoriser la créativité et la responsabilité pour former des personnes

    disponibles à se mettre au service de la communauté.

    L'urgence de la "conversion écologique"

    Beaucoup de jeunes s’engagent pour sensibiliser les

    responsables politiques sur la question des changements climatiques, a par

    ailleurs salué le pontife. "La préservation de notre maison commune doit

    être une préoccupation de tous et non l’objet d’oppositions idéologiques entre

    les différentes visions de la réalité", a-t-il rappelé. La protection de

    la planète est un défi urgent qui ne doit ni être négligé ni se réduire à une

    "problématique élitiste".

    Une "conversion écologique" comprise de manière

    "intégrale" est désormais urgente. Il s'agit de transformer les

    relations avec tous les êtres vivants, avec la Création et avec le Créateur à

    l’origine de toute vie, a précisé l'auteur de l'encyclique Laudato si' (2015).

    "Malheureusement, a-t-il déploré, l’urgence de cette

    conversion écologique ne semble pas être acquise dans la politique

    internationale". La 25e Conférence des Parties de la Convention-cadre des

    Nations unies sur les changements climatiques (COP25) de décembre dernier

    représente une "sérieuse sonnette d’alarme concernant la volonté de la

    communauté internationale d’affronter avec sagesse et efficacité le phénomène

    du réchauffement". Celui-ci demande pourtant une réponse collective

    capable de faire prévaloir le bien commun sur les intérêts particuliers.

    L'utilisation "immorale" de l'arme atomique

    Revenant sur son récent voyage au Japon, du 23 au 26

    novembre 2019, le pape François a confié avoir "touché du doigt la

    souffrance et l’horreur" que les hommes sont capables de s'infliger, en

    faisant référence aux bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en

    1945. "On ne peut pas construire une véritable paix sur la menace d’un

    possible anéantissement total de l’humanité provoqué par les armes

    nucléaires", a-t-il une fois de plus rappelé face aux diplomates

    accrédités près le Saint-Siège.

    Leur utilisation est "immorale", a-t-il encore

    affirmé, et représente un crime contre l’homme et contre l'avenir de la

    planète. Or, un monde sans armes nucléaires est "possible et

    nécessaire", selon le successeur de Pierre, et il est temps que tous ceux

    qui ont des responsabilités politiques en deviennent pleinement conscients.

    L'année 2020 offre une opportunité importante dans cette

    direction, s'est réjoui le pontife, avec la 10e conférence d’examen du Traité

    de non-prolifération des armes nucléaires. Ce dernier se tiendra du 27 avril au

    22 mai à New York. Cette occasion doit permettre à la communauté internationale

    de trouver un "consensus final et proactif" sur les manières

    d’actualiser cet instrument juridique international, a-t-il souhaité. (cath.ch/imedia/cd/pad/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus