Il faut donner à la foi “un visage et une chair thaïlandais“, a déclaré le pape François. Il s’exprimait, le 22 novembre 2019, devant les prêtres, religieux, séminaristes et catéchistes de Thaïlande réunis dans l’église Saint-Pierre du sanctuaire du bienheureux Nicolas Bunkerd Kitbamrung.
Le long
du parcours vers le sanctuaire, des dizaine milliers de Thaïlandais ont
acclamé le pape. Première étape de cette troisième journée en Thaïlande, le
pontife a été accueilli à l’église de Saint-Pierre par un prêtre, un
séminariste, une religieuse et un catéchiste qui lui ont remis des fleurs afin
de les déposer aux pieds d’une statue du premier chef de l’Eglise catholique.
Après
s’être recueilli et avoir écouté des chants, le successeur de Pierre a confié
sa peine d’avoir découvert en préparant cette rencontre, que pour beaucoup de
Thaïlandais la foi chrétienne est une foi étrangère, “la religion des
étrangers“. “Cette réalité nous pousse à chercher la façon d’oser dire la foi en
dialecte, à la manière d’une mère qui fredonne des chansons de berceau à son
enfant“.
Il
faut, selon lui, avec la même confiance, donner à la foi un visage et une chair
thaïlandais. Cela implique de laisser l’Evangile se débarrasser d’un revêtement
bon mais étranger afin de jouer la musique propre à ce pays et faire vibrer
l’âme des fidèles.
“N’ayons pas peur de chercher à inculturer l’Evangile“
“Le Seigneur ne nous a pas appelés pour
nous envoyer dans le monde afin d’imposer des obligations aux personnes ou bien
des charges plus lourdes que celles qu’elles supportent déjà – et qu’elles sont
nombreuses! –, mais pour partager une joie, un horizon beau, nouveau et
surprenant“, a-t-il encore déclaré.
Le pontife appelle alors à ne pas avoir peur de “chercher de nouveaux symboles et images“. “N’ayons pas peur de chercher à inculturer l’Evangile toujours davantage“.
La Thailande compte 835 prêtres pour 389’000 catholique soit 466 fidèles pour un prêtre. Le nombre de séminaristes est quant à lui relativement élevé (306). On compte encore 771 petits séminaristes dans le pays.
Après cet échange, le pape s’est rendu à l’église du sanctuaire du bienheureux Nicolas Bunkerd Kitbamrung, missionnaire salésien martyr, où l’attendaient les évêques de Thaïlande avant de rencontrer les jésuites du pays en fin de matinée. (cath.ch/imedia/ah/bh)