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    Le patriarche Bartholomée de Constantinople a reconnu l'Eglise orthodoxe autocéphale d'Ukraine © Jacques Berset

    Le patriarche Bartholomée: "Nous avons la conscience tranquille"

    "L’Eglise est un organisme vivant, aussi, sous mon patriarcat, il n’y a pas eu que des événements agréables, mais aussi [d'autres] désagréables", a souligné le patriarche œcuménique Bartholomée lors d'un office en l’église Saint-Georges d’Edirnekapı, à Istanbul.

    Rapportant les propos du patriarche de Constantinople, l'agence de presse ecclésiastique grecque Romfea.gr relève qu'à ses yeux, "le plus désagréable a été ce qui s’est produit dans la vie de l’Eglise-mère, de la part d’autres Eglises sœurs, qui ont reçu des bienfaits du Patriarcat œcuménique".

    Droits et privilèges canoniques de l’Eglise de Constantinople

    "C’est ainsi que nous faisons face aujourd’hui

    à une situation désagréable avec le Patriarcat de Moscou, à l’occasion du problème

    ukrainien (...) Le Patriarcat œcuménique et nous, ses humbles serviteurs, nous

    avons la conscience tranquille, car nous faisons simplement notre devoir. Nous

    sauvegardons et protégeons les droits et privilèges canoniques qu’ont donnés

    les conciles œcuméniques à l’Eglise de Constantinople".

    Concernant la question ukrainienne, le patriarche Bartholomée

    déclare: "Nous n’avons rien fait de différent et rien de plus que ce qu’a

    fait le Trône en accordant l’autocéphalie à tant et tant d’autres Eglises

    pendant les années et les siècles passés (...) Nous sommes reconnaissants à l’Eglise

    de Grèce pour le bon exemple qu’elle a donné à d’autres Eglises, en

    reconnaissant et en entrant en communion avec la 15ème Eglise

    autocéphale nouvellement créée, celle d’Ukraine".

    Constantinople espère d'autres ralliements

    Se référant à la lettre de l’archevêque d’Athènes

    Jérôme au métropolite Epiphane Doumenko, primat de la nouvelle Eglise orthodoxe

    d’Ukraine [considérée par la grande majorité des Eglises orthodoxes comme 'non

    canonique'], le patriarche a déclaré: "J’ai lu la lettre du frère Jérôme

    et j’ai été ému. Nous attendons la suite de la part d’autres Eglises sœurs,

    laquelle se produira, quoi qu’il en soit".

    L’Eglise orthodoxe russe a cessé la

    communion eucharistique avec l’archevêque d’Athènes Jérôme, primat de l’Eglise

    orthodoxe de Grèce, suite à la reconnaissance de la nouvelle Eglise orthodoxe autocéphale

    ukrainienne. Le dimanche 3 novembre 2019, lors de la liturgie présidée par le

    patriarche de Moscou Cyrille, celui-ci n’a pas mentionné le nom de l’archevêque

    d’Athènes Jérôme parmi les primats des Eglises locales orthodoxes.

    Cela fait suite à la reconnaissance par

    l’archevêque d’Athènes de l’autocéphalie ukrainienne. Le Saint-Synode de l’Eglise

    orthodoxe russe avait décidé, le 17 octobre 2019, de cesser "de communier

    dans la prière et dans l’Eucharistie avec les hiérarques de l’Eglise de Grèce

    qui se sont engagés ou s’engageront dans semblable communion avec les

    représentants des communautés schismatiques non canoniques ukrainiennes".

    La position du patriarche de Moscou critiquée

    A l’issue de la célébration de la divine

    liturgie en l’église Saint-Georges de Latsia, à Nicosie, l’archevêque de Chypre

    Chrysostome a vivement critiqué la cessation de la commémoration de

    l’archevêque d’Athènes par le patriarche de Moscou Cyrille: "Je considère

    inacceptable la position du patriarche de Moscou. On ne cesse par la

    commémoration d’un autre primat parce qu’on est en désaccord avec sa position.

    Ce n’est que lorsqu’il devient hérétique que l’on cesse la communion avec lui.

    Et ce que je sais, c’est que ni le patriarche œcuménique, ni l’archevêque

    d’Athènes,  ne sont hérétiques".

    L’archevêque Chrysostome souligne que sa

    position ne signifie pas qu'il soit d’accord avec eux. "Bien que nous nous

    soyons efforcés de nous entremettre pour provoquer une réunion ayant pour but

    de trouver une solution, cela n’a pas plu et nous n’avons donc pas insisté,

    poursuit-il. Mais ni le patriarche œcuménique ne veut rencontrer le patriarche

    de Moscou, ni celui-ci ne veut rencontrer le patriarche œcuménique. Pour cette

    raison, en tant qu’Eglise de Chypre nous maintenons une position neutre car

    nous ne sommes pas d’accord avec la position d’aucun d’entre eux et nous

    n’avons procédé à la commémoration d’aucun nouveau primat".

    Serbie, Albanie, Pologne sur la même longueur d'onde

    Des Eglises orthodoxes, comme celle de

    Pologne, se refusent à reconnaître la nouvelle Eglise autocéphale ukrainienne.

    Sur le site de l’Eglise orthodoxe de Pologne, on lit que "la sainte

    Assemblée des évêques, ayant pris connaissance des lettres du patriarche de

    Serbie, de l’archevêque d’Albanie et du métropolite de Varsovie", s’est

    adressé au patriarche de Constantinople Bartholomée et a pris la décision de

    maintenir en vigueur sa position au sujet de l’autocéphalie de l’Eglise

    ukrainienne.

    "L’Eglise orthodoxe autocéphale de Pologne n’est pas opposée à l’octroi de l’autocéphalie de l’Eglise en Ukraine sur la base des normes dogmatiques et canoniques valables pour toute l’Eglise, mais non toutefois à des groupes d’apostats-schismatiques. Les écarts par rapport à la doctrine de la sainte Eglise ne peuvent constituer un organisme ecclésial sain. Cela détruit l’unité eucharistique de toute l’orthodoxie", peut-on lire sur le site officiel www.orthodox.pl. (cath.ch.orthodoxie.com/be)

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