"Les chrétiens ont un rôle particulièrement important à jouer en Europe", a déclaré Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les Etats de la Secrétairerie d'Etat, dans un long discours prononcé le 7 janvier 2020 à la faculté de théologie catholique de l'Université de Strasbourg. Son intervention se tenait à l'occasion des trois journées interdisciplinaires organisées du 7 au 9 janvier.
Le Conseil de l'Europe et le Saint-Siège fêtent cette année
le 50e anniversaire de l'entrée du plus petit Etat du monde au sein de cette
organisation fondée en 1949. Comme quatre autres Etats, le Canada, les
Etats-Unis, le Japon et le Mexique, le Saint-Siège en est membre observateur et
partage, par ce biais, des interventions "nombreuses et circonstanciées",
a souligné le "ministre des Affaires étrangères" du Vatican.
Les chrétiens pour le bien commun
Les diplomates envoyés depuis 50 ans par le Saint-Siège
auprès du Conseil de l'Europe sont forts des enseignements de l'Eglise
catholique sur la question des droits de l'homme et de la dignité humaine, a
rappelé Mgr Gallagher. Ils sont riches de la réflexion doctrinale
"approfondie" centrée sur l'origine de la personne humaine
"créée à l'image de Dieu". Ils permettent d'offrir une vision
"harmonieuse" dans laquelle les droits sont "équilibrés"
par des devoirs respectifs. Plus largement, a estimé le diplomate vatican,
"les chrétiens ont un rôle particulièrement important à jouer en
Europe".
A travers leur propre témoignage au sein de la société, ils
peuvent rappeler le fondement éthique qui doit orienter l'action de chaque
citoyen, a affirmé le prélat britannique. Celui-ci doit être "orienté à
l'édification du bien commun" auquel tous les hommes aspirent. A ce titre,
a-t-il pris soin de préciser, l'Europe ne doit pas faire fi de son fondement et
de ses racines chrétiennes. D'autant plus que les droits humains et la dignité
humaine constituent l'un des thèmes qui revêt la plus grande importance pour le
Saint-Siège.
Au fil des annnées, les diplomates envoyés par le Siège apostolique ont d'ailleurs su faire preuve d'une "présence active" au sein de la communauté internationale, a encore indiqué Mgr Gallagher. C'est dans ce cadre, a-t-il insisté en guise d'exemple, qu'ils ont pu contribuer à la formation d'un corpus juridique international protecteur de la personne humaine. "La véritable mission chrétienne sera toujours celle qui témoignera de la dignité humaine", a-t-il encore estimé.
Eviter les "malentendus" sur la crise migratoire
Afin d'illustrer ses propos, Mgr Gallagher a notamment
souligné la voix portée par l'Eglise sur les migrations. Les migrants ne sont
rien d'autre que des "frères et des sœurs qui cherchent une vie meilleure
loin de la pauvreté, de la faim, de l'exploitation et de la répartition injuste
des ressources de la planète", a-t-il noté. Pour affronter de manière
adéquate cette problématique plus qu'actuelle, certains principes doivent être
selon lui affirmés avec clarté.
Pour lui, il existe trois grands "malentendus" sur
la question: une mauvaise perception de l'assimilation, le renfermement des
migrants sur eux-mêmes, le renoncement à sa propre identité en voulant
respecter les autres cultures. Un dernier danger subsiste: celui de transformer
le phénomène des migrations en un "terrain favorable" pour le trafic
d'êtres humains.
A l'occasion du 50e anniversaire de la présence du
Saint-Siège au Conseil de l'Europe, Mgr Gallagher a par ailleurs réitéré le vœu
"si cher" que les Européens – catholiques ou non – puissent ensemble
"s'ouvrir à l'avenir pour continuer, contre vents et marées, à bâtir notre
chère Europe". (cath.ch/imedia/pad/rz)