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    Le livre VI du Droit canon traite des sanctions dans l'Eglise © Maurice Page

    Pape François: "Le droit canon est un rempart contre les abus"

    Le travail de révision du Livre VI du Code droit canonique portant sur les sanctions de l'Eglise touche à sa fin, s'est réjoui le pape François le 21 février 2020 en recevant les membres du Conseil pontifical pour les textes législatifs à l'issue de leur assemblée plénière. Cette réforme comprend notamment une modification des peines canoniques.

    Dès 2008, le pape Benoît XVI avait appelé à abroger

    les normes dépassées du Code de droit canonique de 1983 ainsi qu'à en corriger

    certaines ou à combler des lacunes existantes. Depuis plusieurs années, le

    Conseil pontifical pour les textes législatifs travaillait à la révision du

    Livre VI du Code droit canonique intitulé 'De sanctionibus in Ecclesia', (Les sanctions dans l'Eglise).

    Ce travail touche à sa fin s'est réjoui le pontife

    et remplit son objectif: ”actualiser la législation pénale pour la rendre plus

    organique et conforme aux nouvelles situations et problématiques de l'actuel

    contexte socio-culturel”. Il s'agit donc de poursuivre cette tâche avec ténacité.

    Il est en effet nécessaire d'approndir le vrai sens

    du droit de l'Eglise. Bien que subordonnée au service de la communion, la norme

    juridique a un rôle nécessaire. Le pape a donc encouragé les membres

    du Conseil pontifical pour les textes législatifs à éduquer au droit

    canon afin de faire comprendre son rôle au regard du salut des âmes et la

    garantie de la vertu de justice.

    Aimer le droit canon

    Selon le pape, il est nécessaire d'aimer le droit

    canon. En effet, celui-ci n'est pas un obstacle à la présumée efficacité

    pastorale de ceux qui veulent résoudre les problèmes sans la loi, mais une garantie

    de la recherche de solutions non arbitraires et véritablement justes. De cette

    manière, la loi peut être un rempart contre les abus, un bouclier protecteur

    pour les plus faibles susceptibles d'être victimes des puissants.

    La loi pénale est pastorale. C'est pourquoi la

    procédure judiciaire ne doit être engagée que si le rétablissement de la

    justice n'est pas possible par d'autres moyens. En ce sens, la sanction pénale

    reste le recours extrême, quand toutes les autres voies possibles pour obtenir

    la conformité réglementaire se sont révélées inefficaces. Elle implique encore

    une dimension de réparation et désire le bien du coupable.

    La loi n'est pas incompatible avec la charité

    Parce que chaque crime affecte toute l'Eglise, la sanction canonique n'est pas un simple outil coercitif, mais a un caractère nettement médicinal, a encore noté le successeur de Pierre. En fin de compte, elle représente un moyen positif en vue de la réalisation du Royaume, pour reconstruire la justice dans la communauté des fidèles, appelée à la sanctification personnelle et commune.
    Avant la prise de parole du pape, le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, s'est exprimé. Ce travail de réforme doit aider à dépasser la pensée selon laquelle l'application du système pénal est incompatible avec la charité demandée par l'Eglise. Pour Mgr Filippo Iannone, cette idée représente en effet un danger et risque de provoquer de la confusion et des scandales parmi les fidèles. Pour cela, l'application des lois par les pasteurs demeure nécessaire. La miséricorde sans la justice conduit à la dissolution de l'ordre, a-t-il rappelé. (cath.ch/imedia/cg/mp)

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