Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • no_image
    Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France © CEF

    Révision des lois de bioéthique: vive inquiétude des évêques de France

    Les évêques catholiques de France disent leur inquiétude devant le projet de révision des lois de bioéthique qui va être discuté à la chambre haute du Parlement français. Dans un communiqué publié le 13 janvier 2020, ils estiment qu'"aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet".

    Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), réuni du 6 au 8 janvier 2020, "tient à exprimer son inquiétude devant le projet de révision des lois de bioéthique dont la discussion au Sénat se prépare".

    Des contradictions insolubles

    Dans l’état actuel du

    projet de loi, trois points particuliers engageraient encore davantage la

    société française dans des contradictions insolubles, estime le Conseil permanent

    de la CEF. "S’ils étaient adoptés définitivement, ils témoigneraient d’une

    grave méprise quant à ce qu’est l’éthique, méprise qui, si elle n’était pas

    clarifiée, serait de l’ordre de l’insouciance pour l’avenir".

    1. Soumettre, comme le

    veut la loi, l’engendrement par procréation médicalement assistée (PMA) d’un

    nouvel être humain à un "projet parental" est, pour les évêques,

    "discutable". Le pouvoir ainsi reconnu aux parents ne risque-t-il pas

    de devenir absolu ? Comment le projet de loi va-t-il exprimer la pleine

    reconnaissance du droit de l’enfant qui est une "personne" ?

    La considération première, le respect de l’enfant

    En effet, établir des

    critères applicables aux adultes qui veulent devenir parents pour autoriser ou

    non ceux-ci à bénéficier d’une technique d'Assistance médicale à la procréation

    (AMP) ne suffira pas à garantir une prise en compte suffisante de la dignité de

    l’enfant. Le respect de l’enfant devrait être la considération première.

    2. La légalisation de la

    filiation sans père ni ascendance paternelle et de la maternité par simple

    déclaration de volonté, devant le notaire, sans que la femme vive la gestation,

    met en œuvre "l’invraisemblable", ont pu dire certains.

    Un engrenage

    Est-il juste d’entraîner

    la société dans cet engrenage ?, demandent les évêques. "Notre République

    est basée sur le respect de la conscience. Cela ne commande-t-il pas de prévoir

    le recours à la l’objection de conscience pour ceux et celles, les notaires par

    exemple, qui se refuseraient, en conscience, à être engagés malgré eux dans la

    réalisation de cet 'invraisemblable' ? Cette clause de conscience s’impose

    aussi à propos de l'interruption médicalisée de grossesse (IMG). Sans une telle

    expression dans la loi du respect de la conscience de chacun, n’irions-nous pas

    vers la mise en place d’une police de la pensée, contraire à notre liberté

    démocratique ?"

    3. L’extension du

    diagnostic préimplantatoire ouvre la voie à une sélection accrue des enfants à

    naître, "sélection que notre pays professe pourtant de refuser en

    souhaitant une société inclusive. Un 'eugénisme libéral', dépendant de la

    décision des parents potentiels ou du parent potentiel, serait ainsi toléré.

    Des parents ayant un enfant portant une maladie génétique nous alertent

    publiquement sur la 'déshumanisation' que produirait un tel tri sélectif.

    Vouloir l’enfant sans aucun variant génétique est non seulement une illusion,

    mais ce serait aussi 'déshumaniser' notre humanité !", selon le Conseil

    permanent de la CEF.

    Fuite en avant

    "Ces trois points

    sont significatifs de la fuite en avant dans laquelle sont prises nos sociétés

    occidentales, soumises au libéralisme et aux lois du marché: les désirs

    individuels y sont exacerbés par l’apparente satisfaction que la conjonction

    des techniques médicales et juridiques semble promettre".

    La CEF remercie toutes

    celles et tous ceux qui prennent au sérieux les enjeux de la loi en discussion.

    Ils saluent en particulier les parlementaires qui travaillent à mettre "de

    la lucidité et du bon sens éthique" à propos de l’humain dans le texte de

    la loi.

    "Nous encourageons

    les citoyens inquiets à faire connaître leurs réserves et à exprimer leurs

    points de vue. Nous redisons que tout enfant humain est appelé à grandir dans

    le déploiement de sa liberté et dans le respect de sa dignité, en communion

    avec tous les autres, et cela tout au long de sa vie, quelle que soit son

    origine ethnique ou sociale, sa religion ou son absence de religion et son

    orientation sexuelle. Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un

    objet", conclut le Conseil permanent de la Conférence des évêques de

    France (cath.ch/cef/be)

    Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France est composé de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la CEF, de ses deux vice-présidents, Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, et Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, ainsi que Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois, Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux, Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, et Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers.

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus