Selon l’ONG protestante de défense des chrétiens "Portes Ouvertes", 260 millions de chrétiens ont été persécutés dans le monde en 2019, soit un sur huit. Ces chiffres ressortent de l'Index mondial de persécution des chrétiens, publié par l'organisation le 15 janvier 2020.
Le nombre de chrétiens persécutés est en augmentation pour
la septième année consécutive. L'ONG basée aux Pays-Bas définit la persécution
contre les chrétiens comme "toute hostilité à l’égard d’une personne ou
d’une communauté, motivée par l’identification de celle-ci à la personne de
Jésus-Christ". Cette tendance à la hausse s’explique notamment par la
radicalisation des sociétés, notamment en Inde (10eme position dans l’Index), où
de plus en plus de chrétiens sont touchés par la politique des nationalistes
hindous, selon "Portes Ouvertes".
Cinq fois plus d'églises ciblées
L'organisation liste aussi les principaux pays de
persécution, qui sont depuis des années toujours les mêmes. Les cinq premiers
sont ainsi la Corée du Nord, l'Afghanistan, la Somalie, la Libye et le
Pakistan.
Les attaques contre les bâtiments religieux ont également
fortement augmenté. Cinq fois plus d'églises ont ainsi été ciblées en 2019 qu'en
2018.
Le nombre de chrétiens tués est cependant, lui, en diminution. 2'983 chrétiens ont péri dans le cadre de persécutions dans l’Index 2020 contre 4'305 dans l’Index 2019. Pour la cinquième année consécutive, le Nigeria est en tête des pays où le plus grand nombre de chrétiens sont morts à cause de leur foi.
Les nouvelles technologies au service de la persécution
Cette persécution contre les chrétiens prend plusieurs
formes, explique Patrick Victor, directeur de Portes Ouvertes, à Vatican News. Il dénonce notamment la
persécution invisible qui peut frapper les chrétiens: par exemple en Inde,
"il y a un double langage, on veut nous dire que tout va bien pour les
chrétiens, et d’un autre côté, on s'aperçoit qu’un chrétien qui est d’arrière
plan hindou ne peut rester chrétien, il aura énormément de pression sur lui
pour rester hindou".
Par ailleurs, les nouvelles technologies peuvent également
être utilisées à des fins de persécutions. "Nous observons par exemple le
fichage biométrique des chrétiens", détaille Patrick Victor. "On fait
rentrer les chrétiens dans une espèce de carcan dans lequel ils vont se
retrouver fichés et dans lequel leur liberté religieuse est évidemment
fortement limitée".
Autre constat de "Portes Ouvertes", la situation
reste extrêmement difficile pour les personnes qui choisissent de se convertir
au christianisme. Ce sont eux qui subissent la persécution la plus forte.
"Dans beaucoup de pays et dans beaucoup de familles, cette conversion est
vue comme un abandon, un abandon de la culture, un abandon de l’islam, et cet
abandon a souvent pour conséquences des attaques ou des meurtres sur la
personne", assure Patrick Victor. (cath.ch/vaticannews/com/rz)