Le président indonésien Joko Widodo a approuvé, le 7 février 2020, le creusement d'un tunnel pour relier la mosquée Istiqlal à la cathédrale catholique de Jakarta. Dans le plus grand pays musulman du monde, ce geste a une portée hautement symbolique pour la paix entre les religions.
Alors
qu’il visitait les travaux de rénovation de la mosquée Istiqlal, le président
Widodo a approuvé un projet de tunnel entre la plus grande mosquée d’Asie du
Sud-Est et la cathédrale Sainte-Marie de l’Assomption. Les deux lieux de culte
se font face dans le centre de la capitale, seulement séparés par une avenue
encombrée.
Le
cardinal Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Jakarta et président de la
conférence épiscopale indonésienne, a salué l’initiative, estimant que "ce
tunnel de l’amitié correspond à l’initiative initiale de l’ancien président
Sukarno, qui voulait faire de la construction de la mosquée Istiqlal un symbole
d’harmonie et d’amitié".
Les deux
lieux de culte représentent deux héritages culturels majeurs. Pour le président
indonésien, le tunnel représentera la cohésion interreligieuse dans le pays et
encouragera la fraternité entre les deux communautés.
Le
chantier de rénovation de la mosquée a débuté en mai 2019. Joko Widodo espère
qu’il sera achevé d’ici le prochain mois du ramadan (23 avril - 23 mai). Pour y
parvenir, le gouvernement a investi l'équivalent de près de 32 millions d'euros.
Pour les Indonésiens, la grande mosquée Istiqlal, construite entre 1961 et
1978, est un symbole du dialogue interreligieux depuis sa conception par un
architecte chrétien, Frederich Silaban. Sukarno (1901-1970), premier président
de la République d’Indonésie, avait voulu construire la mosquée près de la
cathédrale et de l’église protestante Immanuel, en guise de symbole d’unité
nationale, d’harmonie et de tolérance interreligieuse. (cath.ch/eda/mp)