Les évêques doivent être sensibles à la “nouveauté” proposée par l’Esprit Saint, a affirmé le pape François le 6 octobre 2019. Il s’exprimait dans son homélie de la messe d’ouverture du synode pour l’Amazonie, célébrée dans la basilique Saint-Pierre au Vatican.
Les évêques, a assuré le pontife, ont reçu la charge
épiscopale en “don de Dieu” pour être eux-mêmes des “dons”. Ils ne peuvent donc
se l’approprier, sous peine de devenir des “fonctionnaires”. Au contraire, ils
doivent agir gratuitement, sans profit, en faisant leur joie dans le service.
Ce don, a-t-il détaillé, est un “amour brûlant envers Dieu et envers nos
frères”. Le primat d'Italie s’est attaché à définir quelle devait être
l’attitude des Pères synodaux – essentiellement des évêques – lors de leurs
trois semaines de travaux.
“Que Dieu nous préserve de l’avidité des nouveaux colonialismes!”
Ce don d’amour, a-t-il ainsi poursuivi, ne peut conduire à
rester “immobile”, où être “suffoqué” par les craintes et la défense du statu
quo. C’est plutôt une invitation à agir sans “timidité”, mais avec “prudence”.
Pour l’évêque de Rome, les Pères synodaux ne doivent donc pas avoir une
“attitude défensive” mais plutôt discerner pour être sensibles à la “nouveauté”
proposée par l’Esprit Saint. Alors, le “feu” de la mission ne s’éteindra pas,
a-t-il espéré, et les “chemins” seront renouvelés. “En aucune façon, l’Eglise
ne peut se limiter à une pastorale de l’entretien”, a interpellé le pape en
citant Benoît XVI.
Le pape a également mis les Pères synodaux en garde contre la tentation d’imposer l’Evangile au lieu de l’offrir, ce qui revient selon lui à une “colonisation”. “Que Dieu nous préserve de l’avidité des nouveaux colonialismes!”, a-t-il interpellé en évoquant les récents incendies qui ont dévasté l’Amazonie. Evangéliser, a-t-il assuré, c’est “vivre l’offrande (…) dans l’amour humble”, en étant prêt au martyre. En sortant de son texte, le pontife a rappelé que certains cardinaux avaient eux-mêmes durement souffert pour l'Evangile.
Avec cette homélie, le pape François a dénoncé deux attitudes qu’il redoute pour ce synode dédié à la zone amazonienne: une défense arc-boutée des pratiques et l’imposition d’un modèle ‘occidental’ sur ce territoire. Une mise au point importante alors que l’assemblée synodale étudiera la question des 'viri probati', c’est-à-dire la possibilité d'ordination d’hommes mariés d’âge mûr pour pallier le manque de prêtres dans ce territoire immense. (cath.ch/imedia/xln/rz)