Tout ce qui est présent dans l’Instrumentum Laboris sera pris en compte au sein de l’assemblée synodale, y compris la question des 'viri probati', a affirmé le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques. Cependant, le document préparatoire “n’est pas un document pontifical“, mais un “recueil d’expressions locales", a-t-il insisté. Il s'exprimait lors de la présentation du synode pour l’Amazonie au Vatican le 3 octobre 2019
Une des solutions au manque de prêtres en Amazonie apportée
dans l’Instrumentum Laboris, 'les
viri probati' (des hommes qui pourraient être ordonnés prêtres bien qu'étant
mariés), sera bien présente lors des débats de ce synode, a affirmé le cardinal
Baldisseri. En effet, “tout ce qui est présent dans le document sera pris en
considération“. Il y est cependant aussi stipulé que le “célibat des prêtres
est un don pour l’Eglise“. Mais concernant les zones les plus reculées, la
possibilité d’ordination d’hommes d’âges avancé et mariés, “préférablement
indigènes“, sera étudiée.
Une vie sacramentelle très pauvre
Ce texte préparatoire, a-t-il néanmoins rappelé, “n’est pas
un document pontifical“, mais un “recueil d’expressions locales“ élaboré
pendant deux ans. Les évêques sont chargés de les écouter. Il “faut écouter et
ne pas juger“ car ce n’est pas un document magistériel, mais un instrument de
travail constituant une base pour commencer les travaux et construire de zéro
le document final. Au bout du processus, a-t-il insisté, seul le pontife
décidera.
L’Eglise fait face en Amazonie à un manque important de ministres ordonnés, a reconnu quant à lui le cardinal Claudio Hummes, rapporteur général du synode. Par conséquent, 80% des communautés ont une vie sacramentelle très pauvre. Certes, des prêtres et des prélats exercent la catéchèse, mais celle-ci rencontre des difficultés à être mise en pratique par manque de sacrements. Les ministres ordonnés capables de célébrer la messe se font rares, c’est pourquoi il convient de chercher de “nouveaux chemins pour apporter l’Eucharistie“.
L’Eglise bénéficie “d’une histoire héroïque“ en Amazonie
Concernant les craintes émises par le gouvernement brésilien
d’une atteinte à sa propre souveraineté, le cardinal Hummes a assuré qu’un
dialogue avait été amorcé à ce sujet avec le gouvernement brésilien. “Nous
travaillons dans l’espace offert“ par l’accord entre le Saint-Siège et le
Brésil, a-t-il assuré.
Chacune des parties dispose selon lui d’une “expérience
différente“. Les catholiques sont “bien présents“. “Nous revendiquons cela:
nous avons une expérience réelle et vraie de ce qu’est l’Amazonie“, a insisté
le prélat brésilien.
L’Eglise est établie dans la région depuis quatre siècles,
et fait donc partie intégrante de l’identité de l’Amazonie, a-t-il estimé. Elle
bénéficie d’une “histoire héroïque“ dans cette région, notamment après avoir
donné beaucoup de martyrs. Beaucoup d’indigènes sont encore éloignés de
l’Eglise mais Dieu est souvent présent dans leur histoire, a-t-il encore
considéré. Pour le cardinal brésilien, l’évangélisation doit par conséquent
passer par le dialogue interreligieux.
La “clameur de la terre et celle des pauvres“
Aujourd’hui, a déclaré le cardinal Hummes, il est crucial
d’adopter une approche à la fois écologique et sociale. Celle-ci doit intégrer
la justice dans les discussions sur l’environnement afin d’écouter “la clameur
de la terre et celle des pauvres“, car il s’agit du “même cri“. Les
possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la
pauvreté et rendre la dignité aux exclus et préserver la nature. “Tout est
lié“, a-t-il martelé.
Pour évangéliser, il s’agit encore d’annoncer Jésus tout en
appelant à sauvegarder la maison commune. Il convient en effet de préserver
toute vie: la biodiversité, mais aussi les êtres humains – en particulier les
indigènes, les petits agriculteurs et les individus vivant dans les périphéries
des grandes villes. “Lorsque nous faisons du mal à la terre, nous en faisons
également aux êtres, et vice versa“. (cath.ch/imedia/ah/rz)